Les infrastructures de transport de Madagascar bénéficient d’un appui majeur du Groupe de la Banque mondiale

Les infrastructures de transport de Madagascar bénéficient d’un appui majeur du Groupe de la Banque mondiale

Les infrastructures de transport jouent un rôle essentiel dans l’économie malgache. Elles soutiennent le commerce intérieur, l’acheminement des produits alimentaires, le tourisme et les exportations. Cependant, des décennies de sous‑investissement, aggravées par la fréquence des cyclones, ont fragilisé plusieurs axes stratégiques du pays. Pour renforcer l’efficacité, la sécurité et la résilience climatique des infrastructures de transport et de logistique le long des principaux corridors économiques, le Groupe de la Banque mondiale a approuvé un financement de 200 millions de dollars en faveur du Projet multimodal de transport et de logistique de Madagascar. Le projet réhabilitera et renforcera des sections clés de l’emblématique chemin de fer Tananarive–Côte Est, une ligne de 371 kilomètres reliant la capitale au principal port du pays, à Toamasina. Il soutiendra également la construction d’un port sec et d’une plateforme logistique à proximité d’Antananarivo, afin de désengorger le port et de fluidifier la circulation des marchandises entre la côte et l’intérieur du pays. Dans les secteurs maritime et fluvial, le projet appuiera la réhabilitation des ports de Majunga, au nord‑ouest, et de Tuléar, au sud‑ouest, notamment par la remise en état des quais, des infrastructures d’accès et des équipements essentiels. Ces investissements permettront d’assurer un fonctionnement portuaire tout au long de l’année et de renforcer la résilience des installations face aux cyclones. Le projet prévoit également la réouverture et la réhabilitation d’environ 200 kilomètres du canal des Pangalanes, sur la côte est, grâce à des dragages ciblés, à la protection des berges et à l’installation d’aides modernes à la navigation. Il contribuera ainsi à restaurer une voie fluviale essentielle reliant des communautés côtières isolées et à promouvoir un mode de transport résilient face aux changements climatiques. Dans le secteur aérien, le projet financera des améliorations en matière de sécurité, de sûreté et de résilience climatique dans les aéroports régionaux de Toamasina, Fort‑Dauphin et Tuléar. Ces investissements contribueront à maintenir la connectivité intérieure du pays, à soutenir le tourisme et à garantir un accès fiable aux populations, notamment pour les opérations de secours et les interventions en cas de catastrophes. Au total, le projet devrait bénéficier à environ 3,8 millions de personnes, en améliorant l’accès à des transports plus sûrs, plus fiables et plus résilients. Les communautés et les entreprises situées le long du corridor ferroviaire nord, notamment autour d’Antananarivo, bénéficieront de services de fret plus efficaces et d’une réduction de la congestion. Parallèlement, les populations côtières, commerçants, pêcheurs et acteurs du tourisme, profiteront d’un meilleur accès aux marchés grâce à la modernisation des ports et au rétablissement de la navigation sur le canal. Le transport aérien régional renforcé contribuera également à sécuriser les chaînes d’approvisionnement et à maintenir la connectivité dans des régions particulièrement exposées aux cyclones. « L’amélioration des transports est une priorité nationale pour Madagascar. La faible connectivité demeure un frein majeur à l’emploi et à la croissance économique. Ce projet ouvrira de nouvelles opportunités, renforcera la cohésion sociale et contribuera à réduire l’isolement des communautés à travers le pays. Nous remercions le Groupe de la Banque mondiale pour son engagement renouvelé dans un secteur crucial pour l’avenir de Madagascar et pour son investissement dans des infrastructures stratégiques qui permettront de mieux relier les marchés et les populations », a déclaré le Dr Hery Ramiarison, ministre de l’Économie et des Finances de Madagascar. Le projet met également l’accent sur le renforcement des capacités des institutions en charge de la gestion des infrastructures ferroviaires, portuaires et aéroportuaires, ainsi que sur l’amélioration de la supervision en matière de sécurité et la modernisation de la gouvernance du secteur. Ces réformes sont essentielles pour améliorer la qualité des services, assurer la durabilité des investissements à long terme et favoriser une participation accrue du secteur privé, en particulier dans les services ferroviaires et logistiques. « Les Malagasy méritent un système de transport qui fonctionne pour eux, et non un système qui cède à chaque cyclone ou inondation », a déclaré Atou Seck, Représentant du Groupe de la Banque mondiale à Madagascar. « Ce projet vise à construire un avenir plus durable : un pays mieux connecté, où un agriculteur du sud, un pêcheur de la côte est ou un entrepreneur d’Antananarivo peut compter sur des infrastructures opérationnelles tout au long de l’année. En réhabilitant conjointement les chemins de fer, les ports, les voies navigables et les aéroports, nous aidons Madagascar à réduire les coûts de transport, à protéger des chaînes d’approvisionnement vitales et à garantir la continuité des échanges pour les populations et les entreprises, même face aux chocs climatiques. » Le projet multimodal de transport et de logistique vient compléter les investissements en cours du Groupe de la Banque mondiale dans le réseau routier de Madagascar, notamment à travers le Projet de durabilité du secteur routier et le Projet Connecter Madagascar pour une croissance inclusive, qui visent à réhabiliter et moderniser des routes nationales et régionales stratégiques. Ensemble, ces opérations portent l’appui total du Groupe de la Banque mondiale aux infrastructures de transport à Madagascar à 1,1 milliard de dollars et traduisent une approche intégrée visant à renforcer durablement le système de transport du pays — des routes aux chemins de fer, en passant par les ports, les voies navigables et les aéroports. Le projet multimodal de transport et de logistique bénéficiera également d’un cofinancement de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB). BM

La croissance de l’Afrique subsaharienne se maintient, mais les risques de dégradation s’accumulent

La croissance de l’Afrique subsaharienne se maintient, mais les risques de dégradation s’accumulent

Une politique industrielle plus avisée peut favoriser la transformation économique et créer des emplois Selon l’État des lieux de l’économie africaine (anciennement Africa’s Pulse), la reprise de l’Afrique subsaharienne après une décennie de chocs mondiaux montre des signes d’essoufflement, avec des prévisions de croissance pour 2026 révisées à la baisse de 0,3 point de pourcentage par rapport aux estimations publiées par le Groupe de la Banque mondiale en octobre 2025. Les risques géopolitiques — notamment le conflit au Moyen-Orient —, le poids élevé du service de la dette et des contraintes structurelles de longue date continuent de peser sur la capacité de la région à accélérer sa croissance et à créer des emplois. Le dernier bulletin semestriel du Groupe de la Banque mondiale sur la situation économique en Afrique subsaharienne prévoit que la croissance se maintiendra à 4,1 % en 2026 (soit le même rythme qu’en 2025), tout en constatant une intensification des risques de dégradation. Le renchérissement des combustibles, des denrées alimentaires et des engrais, conjugué au durcissement des conditions financières, risque fortement de tirer l’inflation à la hausse, de perturber l’activité économique et de toucher plus durement les ménages les plus vulnérables, qui consacrent une part plus importante de leurs revenus à l’alimentation et à l’énergie. « À court terme, les gouvernements doivent concentrer leurs ressources limitées sur la protection des foyers les plus vulnérables. Parallèlement, le maintien de la stabilité macroéconomique — par la maîtrise de l’inflation et une gestion budgétaire prudente — sera crucial pour traverser le choc actuel et permettre aux pays africains de rebondir plus rapidement au sortir de la crise », souligne Andrew Dabalen, économiste en chef du Groupe de la Banque mondiale pour la Région Afrique. Le niveau élevé d’endettement public et le poids croissant du service de la dette continuent de restreindre la capacité des pays à financer leurs priorités de développement et à investir dans les infrastructures de base nécessaires à la création d’emplois en plus grand nombre et de meilleure qualité. Dans l’ensemble, les investissements publics en capital restent inférieurs d’environ 20 % à leur niveau de 2014, tandis que le ratio du service de la dette publique extérieure rapporté aux recettes a doublé au cours des huit dernières années, passant de 9 % en 2017 à 18 % en 2025. En outre, l’inflation devrait atteindre 4,8 % en 2026, sous l’effet principalement des répercussions du conflit au Moyen-Orient. La baisse des financements extérieurs, et en particulier la réduction de l’aide au développement, accentue les pressions pour les pays à faible revenu. Alors que plus de 620 millions de personnes rejoindront le marché du travail africain d’ici 2050, les pays du continent doivent évoluer vers une croissance plus productive, plus diversifiée et davantage portée par le secteur privé, qui sera créatrice d’emplois. Cela nécessitera une action coordonnée aux niveaux régional, national et sectoriel, appuyée par des investissements dans les infrastructures, les compétences et les institutions, de manière à abaisser les coûts pour les entreprises et à attirer les investissements privés. Ce numéro de l’État des lieux de l’économie africaine consacre sa section thématique à la politique industrielle en tant qu’instrument de croissance économique et de création d’emplois. Les pays y ont recours pour développer des secteurs spécifiques et se positionner de manière à tirer parti de la demande croissante dont la production africaine fait l’objet, des minerais indispensables aux technologies émergentes aux produits pharmaceutiques. Le rapport souligne que les pays devraient adopter des politiques qui favorisent un apprentissage rapide et orientent stratégiquement l’économie vers des biens et services à plus haute valeur ajoutée, susceptibles de créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité. Des politiques industrielles bien conçues peuvent contribuer à déverrouiller les gains de productivité et la création d’emploi, dans la mesure seulement où elles reposent sur une appréciation réaliste des possibilités et des contraintes propres à chaque pays et sont utilisées avec modération. Ces politiques doivent pouvoir s’appuyer sur de solides capacités de mise en œuvre et s’inscrire dans des écosystèmes plus larges, à savoir des infrastructures fiables, une main-d’œuvre qualifiée, un accès au financement et une intégration régionale des marchés. La réussite des politiques industrielles en Afrique reposera sur une mise en œuvre rigoureuse, un soutien axé sur les activités économiques et non sur les entreprises, des critères de performance clairs, des stratégies de sortie crédibles, et une intégration régionale plus poussée, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Sans ces fondements, la politique industrielle risque de déboucher sur des enclaves isolées et inefficaces plutôt que d’impulser une transformation économique générale. B.M.

La Banque mondiale nomme Djibrilla Issa, directeur de division pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie

La Banque mondiale nomme Djibrilla Issa, directeur de division pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie

La Banque mondiale a annoncé (en début de semaine, DNR) la nomination de Djibrilla Issa au poste de directeur de division pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie. Dans l’exercice de ses nouvelles fonctions, M. Issa assurera la coordination de l’engagement de la Banque mondiale dans ces cinq pays, en travaillant en étroite collaboration avec les gouvernements, les partenaires au développement et les parties prenantes. Son action s’articulera notamment autour de la promotion de l’emploi, à travers des investissements stratégiques dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la connectivité numérique et le capital humain, en vue de soutenir une croissance inclusive et durable. « C’est un honneur pour moi d’assumer cette nouvelle responsabilité et de renforcer le partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec les pays dont j’aurai la charge de soutenir les ambitions de développement », a déclaré Djibrilla Issa, directeur de division pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie. « Je me réjouis de collaborer étroitement avec les autorités nationales et nos partenaires afin de mettre en œuvre des solutions concrètes et adaptées aux aspirations des populations. » De nationalité nigérienne, M. Issa a intégré la Banque mondiale en 2001 en qualité de spécialiste du secteur financier. En 20 ans, il y a occupé des postes de responsabilité dans diverses régions du monde, acquérant une solide expertise opérationnelle et managériale. Avant cette nomination, M. Issa a occupé le poste de directeur sectoriel Finance, compétitivité et investissement pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan. Dans ce rôle, il a conduit le dialogue politique et apporté un soutien opérationnel en faveur d’une croissance inclusive dans des environnements nationaux complexes. Antérieurement à son parcours à la Banque mondiale, M. Issa a exercé des fonctions de direction dans le domaine de la supervision et de la régulation bancaires à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), tout en contribuant à des travaux de recherche et d’enseignement sur le commerce et l’intégration régionale. M. Issa sera basé à Dakar, au Sénégal, d’où il pilotera l’engagement stratégique et les programmes pays de la Banque mondiale à travers un portefeuille de près de 6 milliards de dollars sur les cinq pays. BM

Les pays du bassin du Congo tracent une voie stratégique vers les marchés carbone grâce à des feuilles de route pour monétiser la richesse forestière

Les pays du bassin du Congo tracent une voie stratégique vers les marchés carbone grâce à des feuilles de route pour monétiser la richesse forestière

Six pays du bassin du Congo — Cameroun, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Guinée équatoriale, Gabon et République du Congo — travaillent à prendre des mesures audacieuses pour débloquer des paiements fondés sur les résultats et le financement climatique. Les feuilles de route stratégiques pour le marché du carbone et le financement climatique dans le secteur forestier des pays du bassin du Congo,nouvellement lancées et développées avec le soutien de la Banque mondiale, servent de plans pour transformer la vaste richesse forestière de la région en un moteur puissant de croissance résiliente au climat, de développement durable et d’emplois verts. Ces feuilles de route fournissent des plans spécifiques à chaque pays, pour aider les pays du bassin du Congo à haute forêt et faible déforestation (HFLD) à s’engager de manière crédible et efficace sur les marchés mondiaux du carbone, à mobiliser un financement basé sur les résultats et à transformer leurs actifs forestiers en moteurs de croissance résiliente face au climat. Adaptées à la préparation et au paysage institutionnel de chaque pays, les feuilles de route s’appuient sur les données fondamentales des Comptes écosystémiques forestiers et recommandations politiquespour le bassin du Congo pour créer un cadre complet alignant les objectifs nature et climatique avec les priorités nationales de développement. Dans le cadre des services analytiques et consultatifs (ASA) plus larges de la Banquemondiale pour le bassin du Congo, ces feuilles de route visent à transformer le récit du développement régional — passant d’une perte ou dégradation forestière à une croissance axée sur les forêts. « Les forêts du bassin du Congo offrent plus que la simple régulation climatique mondiale — elles représentent des actifs financiers essentiels et une opportunité de développement », a déclaré Chakib Jenane, directeur régional de la pratique de la Banque mondiale pour la région Afrique de l’Ouest et du Centre. « Ces feuilles de route constituent le lien crucial et montrent comment les pays peuvent convertir le capital naturel en investissements tangibles générant des revenus, des emplois et de la résilience pour les communautés locales. » Les feuilles de route appellent à une coordination institutionnelle renforcée, des mécanismes équitables de partage des bénéfices, ainsi qu’à des systèmes numériques robustes de Surveillance, Reporting et Vérification (MRV) alignés sur l’article 6 de l’Accord de Paris. Alors que des pays comme le Gabon, la République du Congo progressent avec des accords pilotes basés sur les résultats et des progrès REDD+, d’autres comme la Guinée équatoriale et la République centrafricaine en sont aux premiers stades de leur développement. Les opportunités abondent également en République démocratique du Congo et au Cameroun. Les feuilles de route mettent en lumière les lacunes et priorisent les actions clés qui permettront aux pays de tirer parti du potentiel des marchés du carbone et du financement climatique. « Les marchés du carbone peuvent changer la donne pour les pays du bassin du Congo — mais seulement si les conditions favorables sont en place », a déclaré Cheick Fantamady Kanté, directeur de division de la Banque mondiale pour le Cameroun, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale, le Gabon et la République du Congo. « Ces feuilles de route stratégiques offrent un guide pratique de bout en bout pour que les gouvernements mettent en œuvre le financement carbone, en mettant l’accent sur la bonne gouvernance, l’engagement du secteur privé et les bénéfices pour les communautés locales. » Élaborées à travers de larges consultations des parties prenantes et ancrées dans des priorités nationales, ces feuilles de route aident les pays à : Ces feuilles de route climatiques pour les marchés du carbone représentent une convergence d’emplois, d’environnements et d’agendas économiques. BM

Depuis 2010, les économies des « marchés frontières » enregistrent des performances inférieures à leur potentiel

Depuis 2010, les économies des « marchés frontières » enregistrent des performances inférieures à leur potentiel

La progression des investissements y a été divisée par deux, une baisse plus marquée que dans les autres économies à faible et moyen revenu Selon une nouvelle étude de la Banque mondiale, les marchés dits « frontières » — un ensemble composé principalement d’économies à revenu intermédiaire considérées comme des terrains d’essai pour les champions économiques de demain — ne sont pas globalement parvenus à concrétiser leur potentiel au cours des dernières décennies.  La progression des investissements par habitant depuis le début des années 2020 n’y atteint même pas en moyenne la moitié de son niveau des années 2010. L’expérience des marchés frontières les plus performants livre toutefois des enseignements pour les 56 économies qui composent actuellement ce groupe. Pour les investisseurs internationaux en quête d’opportunités au-delà des économies à revenu élevé, les marchés frontières représentent le milieu du spectre : ils sont généralement moins étroitement intégrés aux marchés financiers mondiaux que les marchés émergents, mais davantage que d’autres économies en développement qui n’appartiennent ni à la catégorie « émergente » ni à la catégorie « frontière ». La création de ces deux classes d’actifs dans les années 1980 et 1990 — une initiative à laquelle le Groupe de la Banque mondiale, via la Société financière internationale (IFC), a largement contribué — a permis d’orienter des flux d’investissements privés considérables vers les  « À l’exception d’une poignée d’économies qui se sont hissées, au cours des 25 dernières années, dans la catégorie investissement des agences de notation financière, les marchés frontières pourraient bien constituer la plus grande déconvenue en matière de développement économique, affirme Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Économie du développement. Les habitants des marchés frontières sont, en moyenne, plus instruits et vivent plus longtemps que ceux des autres économies en développement. Leurs politiques publiques et institutions sont de meilleure qualité. Certains d’entre eux sont dotés de ressources naturelles abondantes. Mais les marchés frontières n’ont pas transformé ces atouts en progrès — et ils demeurent, dans le monde en développement, ceux qui peuvent donner des résultats le plus facilement et rapidement possible.  Les marchés frontières comptent aujourd’hui 1,8 milliard d’habitants (soit un cinquième de la population mondiale) et devraient en abriter près de 800 millions de plus au cours des 25 prochaines années, soit davantage que le reste du monde réuni. Plus d’un tiers d’entre eux se situent en Afrique subsaharienne. Beaucoup sont riches en minerais indispensables aux nouvelles technologies liées aux énergies renouvelables, aux télécommunications et à l’électronique grand public. Leurs institutions sont souvent plus robustes que celles des autres économies en développement. De plus, les marchés frontières présentent un attrait particulier pour les investisseurs : ces 25 dernières années, la dynamique des actions sur ces marchés s’est révélée en grande partie découplée des conditions financières mondiales, qui n’expliquent qu’une fluctuation des rendements sur huit, contre une exposition bien supérieure dans les économies avancées ou les marchés émergents. « Ces économies joueront un rôle déterminant pour relever le défi de l’emploi dans le monde en développement, car elles abriteront près d’un cinquième des 1,2 milliard de jeunes qui y atteindront l’âge de travailler dans la prochaine décennie, souligne M. Ayhan Kose, économiste en chef adjoint du Groupe de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives. Les marchés frontières les plus performants ont suivi des trajectoires diverses, mais ils présentent un certain nombre de stratégies communes : des politiques propices à la croissance, des infrastructures favorisant l’investissement, une gestion des finances publiques plus rigoureuse et un cadre institutionnel qui attire l’investissement privé. Ces stratégies ont été payantes : le revenu par habitant dans le premier quartile a presque quadruplé ces 25 dernières années. » Plus généralement, toutefois, les marchés frontières ont en moyenne peu progressé depuis 2000 dans leur capacité à attirer des investissements. Le rythme de croissance des investissements par habitant dans ces économies s’est essoufflé ces 25 dernières années, pour tomber à 2 % dans les années 2020, soit moins de la moitié du niveau enregistré au cours des deux décennies précédentes. Les marchés frontières ne représentent aujourd’hui que 3,1 % des flux mondiaux de capitaux, et moins de 5 % de la production économique mondiale. Les économies frontières ont accompli des avancées politiques considérables sur le plan de l’ouverture de leurs marchés financiers : leur degré d’ouverture atteint désormais environ la moitié de celui des économies avancées, contre environ un cinquième seulement en 2000.Dans la pratique, cependant, le développement des marchés financiers a été timide. Les marchés en monnaie locale, par exemple, restent relativement sous-développés et les banques et institutions financières nationales ont tendance à accorder moins de crédit aux ménages et aux entreprises privées que dans les économies émergentes. Une discipline budgétaire plus rigoureuse sera déterminante pour permettre aux économies frontières de concrétiser leur potentiel dans les années à venir. La part des dépenses publiques dans le PIB a augmenté, tandis que les recettes ont stagné. Cette situation a entraîné une aggravation du fardeau de la dette et une hausse des défauts de paiement. Actuellement, le niveau des paiements nets d’intérêts sur la dette dans un marché frontière type, qui s’élève à environ 2,5 % du PIB, est supérieur à celui observé dans les marchés émergents ou les autres économies en développement. Près de 40 % des marchés frontières ont connu au moins un défaut de paiement entre 2000 et 2024. Depuis la pandémie de COVID-19, ces économies cumulent plus de défauts de paiement que tous les autres pays réunis. Plusieurs marchés frontières sont toutefois parvenus à surmonter ces écueils. Le Viet Nam, l’un des pays les plus pauvres du monde au tournant du siècle, se classe désormais parmi les dix économies les plus dynamiques des 25 dernières années. Après la guerre civile des années 1990, le Rwanda s’est affirmé comme l’une des réussites économiques phares de l’Afrique subsaharienne, en s’appuyant largement sur le tourisme et d’autres secteurs des services. Par ailleurs, quatre marchés frontières — la Bulgarie, le Costa Rica, le Panama et la Roumanie — ont accédé au statut d’économie à revenu élevé depuis 2012. Pour exploiter pleinement leur potentiel, ces économies ne devront pas se contenter d’ouvrir leurs marchés. Elles devront aussi les développer et mettre en place les garde-fous institutionnels nécessaires à leur bonne gouvernance. BM

L’économie mondiale fait preuve de résilience dans un contexte commercial et politique historiquement incertain

L’économie mondiale fait preuve de résilience dans un contexte commercial et politique historiquement incertain

Une économie en développement sur quatre reste néanmoins plus pauvre qu’elle ne l’était en 2019 Selon les dernière Perspectives économiques mondiales de la Banque mondiale, l’économie mondiale résiste mieux qu’anticipé, malgré la persistance des tensions commerciales et les incertitudes politiques. La croissance devrait légèrement fléchir à 2,6 % en 2026, avant de remonter à 2,7 % en 2027, marquant une stabilisation sur les deux prochaines années. Il s’agit donc d’une révision à la hausse par rapport aux projections publiées au mois de juin. Cela s’explique en grande partie par une croissance plus forte qu’anticipé aux États-Unis, ce pays contribuant environ aux deux tiers de la révision à la hausse pour 2026. Néanmoins, si ces prévisions se confirment, les années 2020 sont en passe d’être la décennie qui aura connu la croissance mondiale la plus faible depuis les années 1960. Ce manque de dynamisme a pour conséquence de creuser les écarts entre niveaux de vie dans le monde, souligne le rapport. À la fin de l’année 2025, les revenus par habitant dépassaient leurs niveaux de 2019 dans la quasi-totalité des économies avancées, mais demeuraient en deçà dans une économie en développement sur quatre. En 2025, la croissance a été portée à la fois par une intensification des échanges, en prévision de futurs changements dans les politiques commerciales, et par une réorganisation rapide des chaînes d’approvisionnement mondiales. Cet élan devrait toutefois s’atténuer en 2026, avec le ralentissement progressif du commerce et de la demande intérieure. Le ralentissement qui en résultera devrait cependant être atténué par l’assouplissement des conditions financières mondiales et par l’expansion budgétaire de plusieurs grandes économies.  L’inflation mondiale devrait légèrement diminuer pour atteindre un taux de 2,6 % en 2026, dans un contexte de baisse des tensions sur les marchés du travail et des prix de l’énergie. La croissance devrait reprendre de la vigueur en 2027, tirée par l’ajustement des flux commerciaux et un climat politique moins incertain.  « Année après année, la capacité de l’économie mondiale à générer de la croissance s’érode, alors que sa résilience face à l’incertitude des politiques publiques semble se renforcer, analyse Inderjit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Économie du développement. Mais, avec le temps, cette divergence entre dynamisme et résilience économiques ne pourra que fracturer les finances publiques et les marchés du crédit.  Au cours des prochaines années, la croissance de l’économie mondiale devrait être plus faible que celle observée pendant les années 1990 — une décennie déjà marquée par des difficultés —, tandis que les niveaux d’endettement public et privé atteignent des records historiques. Afin de conjurer la stagnation et le chômage, les gouvernements des économies émergentes et avancées doivent s’employer vigoureusement à libéraliser l’investissement privé et le commerce, maîtriser la consommation publique et investir dans les nouvelles technologies et l’éducation. » En 2026, la croissance dans les économies en développement devrait ralentir à 4 %, contre un taux de 4,2 % l’année dernière, avant de remonter légèrement à 4,1 % en 2027, à la faveur de l’apaisement des tensions commerciales, de la stabilisation des prix des produits de base, de l’amélioration des conditions financières et du renforcement des flux d’investissement. Les projections sont plus favorables pour les pays à faible revenu, où la croissance devrait atteindre 5,6 % en moyenne sur la période 2026-2027, portée par le raffermissement de la demande intérieure, la reprise des exportations et la modération de l’inflation. Toutefois, cela ne suffira pas à réduire l’écart de revenu entre les économies en développement et les économies avancées. Le revenu par habitant dans les économies en développement ne devrait progresser que de 3 % en 2026, soit un point de pourcentage de moins que la moyenne enregistrée entre 2000 et 2019. À ce rythme, il représentera l’équivalent de 12 % seulement de celui des économies avancées.  Ces tendances pourraient accentuer encore le défi de la création d’emplois auquel sont confrontées les économies en développement, où 1,2 milliard de jeunes atteindront l’âge de travailler au cours de la prochaine décennie. Afin de relever ce défi, il faudra déployer un ensemble complet de mesures articulé autour de trois grands axes. D’abord, renforcer le capital physique, numérique et humain pour accroître la productivité et l’employabilité. Ensuite, améliorer l’environnement des affaires en renforçant la crédibilité de l’action publique et la certitude réglementaire, afin que les entreprises puissent se développer. Enfin, mobiliser des capitaux privés à grande échelle pour soutenir l’investissement. Toutes ces actions conjuguées peuvent contribuer à réorienter la création d’emplois vers des activités plus productives et formelles, soutenant ainsi la croissance des revenus et la réduction de la pauvreté. Les économies en développement doivent en outre renforcer la viabilité de leurs finances publiques, mise à mal ces dernières années par une conjonction de chocs, par des besoins de développement croissants et par le renchérissement du service de la dette. Dans un chapitre spécial, le rapport présente une analyse détaillée de l’utilisation des règles budgétaires par les économies en développement. Ces dispositions consistent à fixer des limites chiffrées sur les emprunts et les dépenses publiques afin de mieux gérer les deniers de l’État. Elles sont généralement corrélées à une croissance plus forte, à des investissements privés plus élevés, à des secteurs financiers plus stables, et à une plus grande capacité à faire face aux chocs extérieurs.  « Avec une dette publique à son plus haut niveau en plus de 50 ans, les économies émergentes et en développement doivent restaurer de toute urgence leur crédibilité budgétaire, explique Ayhan Kose, économiste en chef adjoint du Groupe de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives. Des règles budgétaires bien conçues peuvent aider les gouvernements à stabiliser la dette, à reconstituer des marges de manœuvre et à répondre plus efficacement aux chocs. Mais il ne suffit pas de les adopter pour qu’elles se traduisent en plus de stabilité et de croissance. Tout l’enjeu est d’assurer aussi leur crédibilité, leur application et l’engagement politique qui va avec. » Qu’il s’agisse de l’imposition de limites sur le déficit, la dette, les dépenses ou les recettes, plus de la moitié des économies en développement ont désormais instauré au moins une règle budgétaire. Elles voient généralement leur solde budgétaire s’améliorer de 1,4 point de pourcentage du PIB au bout de cinq ans (après neutralisation des

Le Groupe de la Banque mondiale élargit l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour améliorer la santé des communautés au Burundi

Le Groupe de la Banque mondiale élargit l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour améliorer la santé des communautés au Burundi

Une nouvelle usine de traitement d’eau potable à Bujumbura ajoutera bientôt 60 000 m³ d’eau propre par jour à l’approvisionnement de la ville, améliorant ainsi l’accès fiable pour les familles et les entreprises. Le projet d’accès à l’eau potable et à l’assainissement (PAEPA)  approuvé, étendra l’accès à l’eau potable à 615 000 personnes dans tout le pays, dont environ 490 000 habitants de Bujumbura qui bénéficieront d’un approvisionnement en eau sûr et fiable directement à leur domicile. Le projet fournira également des services d’assainissement de base à 55 000 personnes vivant en zones rurales, contribuant à réduire les maladies hydriques et à améliorer la santé des communautés.  « L’accès à l’eau potable et à l’assainissement est fondamental pour le développement de tout pays. Reconnaissant ce besoin essentiel, le Projet d’Accès à l’Eau Potable et à l’Assainissement (PAEPA) au Burundi est mis en œuvre selon une Approche Programmatique Multi-Phase (MPA), qui permet le partage des connaissances régionales », a déclaré Babacar Faye, Directeur Pays du Groupe de la Banque mondiale pour le Burundi. Le Burundi continue de faire face à des défis importants en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement, particulièrement dans les zones rurales mal desservies, tandis que le changement climatique exerce une pression accrue sur des infrastructures existantes et fragiles. Les réformes en cours du gouvernement visent à transformer le secteur, à ouvrir la voie à une participation accrue du secteur privé et à mobiliser des investissements substantiels à l’avenir. Pour soutenir ces objectifs, le Groupe de la Banque mondiale a approuvé le PAEPA, financé par un don de 80 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA)*. Cette opération marque la première intervention de la Banque dans le secteur de l’eau et de l’assainissement au Burundi depuis plus de 15 ans, témoignant d’un engagement renouvelé à améliorer les services essentiels à l’échelle nationale. Faisant preuve d’une forte appropriation et d’un leadership affirmé, le Gouvernement du Burundi apporte un financement de contrepartie de 10 millions de dollars pour investir dans des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène (EAH) résilients. Au-delà des infrastructures, le projet contribuera à améliorer la performance de la Régie de Production et de distribution d’Eau et d’électricité du Burundi (REGIDESO), à réduire les pertes d’eau et à appuyer les opérateurs privés qui fournissent des services dans les communautés rurales. Il renforcera également la sécurité hydrique à long terme grâce à un plan de gestion d’un aquifère transfrontalier. Cette nouvelle opération soutient les priorités de développement du Burundi et s’aligne sur la mission de la Banque mondiale visant à développer des infrastructures résilientes au climat tout en renforçant la gouvernance, le capital humain et la création d’emplois dans le secteur de l’eau, hygiène et assainissement. BM

Algérie : Répondre aux défis climatiques et soutenir le développement durable

Algérie : Répondre aux défis climatiques et soutenir le développement durable

L’économie algérienne a poursuivi sa progression en 2025, avec une croissance de 4,1 % au premier semestre et une expansion attendue de 3,8 % sur l’ensemble de l’année. Les secteurs hors hydrocarbures ont enregistré une croissance de 5,4 %, tandis que l’inflation a reculé à 1,7 % sur les neuf premiers mois, portée par la baisse des prix des denrées alimentaires, et le maintien d’un taux de change stable, selon le dernier rapport de la Banque mondiale portant sur la situation économique de l’Algérie pour l’automne 2025. Cette dynamique est soutenue par la poursuite de la croissance des industries et des services hors hydrocarbures. Par ailleurs, les exportations d’hydrocarbures ont diminué, tandis que les importations ont augmenté sous l’effet de la demande d’investissement. Cependant, ces évolutions ont exercé une pression sur les comptes extérieurs, et les recettes d’hydrocarbures restent inférieures à leurs niveaux précédents, ce qui souligne l’importance de maintenir les efforts de mobilisation des recettes et d’amélioration de l’efficacité de la dépense publique. « Alors que l’Algérie renforce sa compétitivité dans un environnement mondial en mutation, le pays peut s’appuyer sur ses progrès récents pour avancer vers une croissance plus rapide, portée par le secteur privé, créatrice d’emplois de qualité et favorable à l’innovation. Des politiques claires et prévisibles, associées à des mesures qui encouragent l’investissement et l’innovation, peuvent soutenir les progrès accomplis et renforcer la compétitivité. » a déclaré Cemile Hacibeyoglu Ceren, représentante résidente du Groupe de la Banque mondiale en Algérie. La croissance hors hydrocarbures devrait demeurer dynamique, tout en connaissant un léger ralentissement en 2026–2027. La croissance du PIB est projetée à 3,5 % en 2026, et à 3,3 % en 2027. La poursuite soutenue des réformes, en particulier celles visant à améliorer le climat des affaires, à élargir l’accès au financement et à renforcer la concurrence, sera déterminante pour soutenir la diversification et la création d’emplois. « L’allègement des pressions sur les prix et la performance soutenue des secteurs hors hydrocarbures constituent des signaux encourageants. Le maintien de ces avancées grâce à la poursuite des réformes peut soutenir une croissance plus vigoureuse, durable et diversifiée. », a indiqué Daniel Prinz, économiste de la Banque mondiale pour l’Algérie. Le rapport souligne également l’importance de mieux intégrer la dimension climatique dans les politiques de développement. Cela permettrait de préserver la compétitivité de l’économie dans un contexte où les partenaires commerciaux intensifient leurs efforts de décarbonation, notamment avec l’entrée en vigueur l’année prochaine du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’Union européenne. BM