La Banque africaine de développement célèbre 60 ans d’investissements transformateurs en Tunisie

La Banque africaine de développement a célébré, jeudi et vendredi à Tunis, son 60e anniversaire lors d’un évènement officiel qui a mis en lumière les investissements réalisés depuis 1967 en Tunisie pour appuyer le développement socio-économique du pays. Placée sur le thème « 60 ans à faire la différence », la célébration a rassemblé près de 200 invités, dont le ministre tunisien de l’Économie et de la Planification, M. Samir Abdelhafidh, des membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatique, divers partenaires techniques et financiers ainsi que des bénéficiaires de projets financés par la Banque. « Nous avons investi en Tunisie près de 11 milliards de dollars américains (près de 35 milliards de dinars tunisiens) à travers 193 projets pour accompagner le développement inclusif et durable de la Tunisie », a souligné M. Mohamed El Azizi, directeur général du Groupe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique du Nord. Ces investissements couvrent des secteurs stratégiques comme le transport, l’eau et l’assainissement, l’agriculture, l’énergie, l’éducation, le développement du secteur privé, entre autres. Parmi ces investissements transformateurs figurent notamment la modernisation de plus de 70 % du réseau routier avec 4 000 kilomètres de routes réhabilitées, l’accès à l’eau potable pour près d’un million de personnes en milieu rural, le renforcement de la sécurité alimentaire par le soutien à la structuration des chaînes de valeur d’huile d’olive et de céréales, la création de 75 000 emplois directs grâce à des programmes tels que « CAP Emploi » et le financement du premier partenariat public-privé en Tunisie pour la production de 100 MW d’énergie photovoltaïque à Kairouan. M. El Azizi a saisi cette occasion pour rendre hommage à l’un des pères fondateurs et premier vice-président de la Banque, M. Mansour Moalla, pour sa contribution au rayonnement de l’institution. « Les interventions de la Banque africaine de développement se sont toujours inscrites en droite ligne des référentiels de développement de la Tunisie », a salué le ministre Abdelhafidh, qualifiant la Banque de « partenaire de premier plan pour le développement de la Tunisie ». À l’issue de la cérémonie, qui s’est déroulée dans une ambiance conviviale animée par des troupes artistiques et musicales, M. El Azizi a remis le trophée « Faire la différence » à M. Abdelhafidh, pour son rôle déterminant dans la consolidation du partenariat entre la Banque et la Tunisie. La Banque africaine de développement « continuera à mobiliser davantage de ressources pour les secteurs public et privé, à innover et à adapter ses approches pour répondre aux priorités du pays », a assuré M. El Azizi. Dans le cadre des festivités, une cérémonie de plantation de 60 arbres par 60 membres du personnel de la Banque a eu lieu, ce vendredi, au Parc urbain Ennahli à Tunis. L’évènement était organisé en collaboration avec les scouts tunisiens d’Ariana, en présence du représentant du gouverneur de la ville, du directeur général de l’Agence nationale de la protection de l’environnement, des membres du personnel de la Banque en Tunisie et des représentants des médias. Cette cérémonie a montré symboliquement la prise en compte des considérations environnementales dans les projets que la Banque finance pour contribuer à un avenir plus résilient et prospère dans les pays africains, en particulier en Tunisie. La responsable du bureau pays du Groupe de la Banque en Tunisie, Mme Malinne Blomberg, qui est également directrice générale adjointe de l’institution pour l’Afrique du Nord et responsable pays pour la Libye et la Mauritanie, a tenu à saluer l’engagement et le dynamisme de la jeunesse tunisienne, représentée par les scouts d’Ariana, qu’elle a remerciés pour leur mobilisation exemplaire. Au terme de la cérémonie, un panneau commémoratif portant l’inscription « Jardin de l’éternelle Afrique » a été inauguré dans le Parc Ennahli pour marquer l’engagement de la Banque africaine de développement en faveur de l’environnement et du climat. afdb
La stratégie pays 2022-2026 de la Banque africaine de développement pour le Bénin donne des signaux très positifs à mi-parcours

En trois ans, la production de riz au Bénin a quasiment doublé passant de 406 000 tonnes en 2020 à près de 712 000 tonnes en 2023, dépassant l’objectif de 700 000 tonnes initialement prévu. La production de maïs a grimpé à 1,7 million de tonnes en 2023, contre 1,5 million de tonnes trois ans plus tôt. La part de la production de l’anacarde transformée a plus que doublé sur la période, soit 40,26 % contre 19 %, grâce aux activités de transformation de la zone industrielle de Glo-Djigbé, soutenue par les opérations de la Banque en appui aux réformes. Ces résultats encourageants ont été obtenus grâce à deux projets agricoles financés par le Groupe de la Banque africaine de développement dans le cadre de sa stratégie pays 2022-2026 pour le Bénin. Le Projet d’appui aux infrastructures agricoles dans la vallée de l’Ouémé et le Projet d’appui à la production vivrière et de renforcement de la résilience dans les départements de l’Alibori, du Borgou et des Collines ont apporté un souffle nouveau aux producteurs agricoles béninois, selon la revue à mi-parcours du Document de stratégie pays 2022-2026 de la Banque africaine de développement, publiée le 11 février 2025. Grâce à ces projets, 1 022 hectares de terres hydro-agricoles et 6 522 hectares de bas-fonds ont été aménagés dans ce pays ouest-africain du golfe de Guinée. Des progrès significatifs ont aussi été réalisés dans la production de lait : 125,25 millions de litres en 2023 contre 115 millions de litres en 2021, ainsi que pour la viande, avec une production de 108 000 tonnes en 2023 contre 87 000 tonnes en 2021. Dans le secteur des transports, les interventions de la Banque, notamment les travaux en cours au Port Autonome de Cotonou, devraient relancer le trafic portuaire pour atteindre 15 millions de tonnes en 2026 (9,57 millions de tonnes en 2023). Au niveau énergétique, quelque 1 447 kilomètres de linéaires de réseau haute tension sont en cours de construction et 5,2 kilomètres de lignes moyenne tension ont déjà été livrées. Sont en cours de réalisation 1 584 kilomètres de linéaires de réseau basse tension tandis que 101,55 kilomètres sont déjà achevés. Ces infrastructures ont permis de brancher 880 nouveaux abonnés et ont contribué à améliorer le taux national d’accès à l’électricité, qui est passé de 36,5 % en 2020 à près de 40 % en 2023. Ce taux en milieu rural s’est aussi amélioré, passant de 10,4 % en 2020 à 12 % en 2023. Dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, le taux d’accès à l’eau potable a atteint 80 % en milieu rural en 2023 grâce à la construction de 2 300 linéaires de conduites d’eau et à la connexion de 31 486 compteurs d’eau dans le cadre de projets d’eau financé par la Banque. Les interventions de la Banque ont également permis de réduire considérablement le nombre de personnes exposées aux inondations. « Pour l’obtention de résultats rapides, la Banque et le gouvernement du Bénin mettent davantage l’accent sur l’innovation financière, tels que les instruments de garanties pour mobiliser les solutions financières innovantes et les mécanismes de financement basé sur les résultats », a déclaré, Robert Masumbuko, le responsable du bureau pays de la Banque africaine de développement au Bénin. Le Groupe de la Banque africaine de développement figure parmi les principaux partenaires techniques et financiers du Bénin. Le 1er janvier 2025, le portefeuille actif du Groupe de la Banque pour le Bénin comprenait 16 opérations totalisant un montant de 1,2 milliard de dollars.
La Banque africaine de développement s’associe à Interpol pour lutter contre la criminalité financière et renforcer les efforts de lutte contre la corruption en Afrique

Le Groupe de la Banque africaine de développement a franchi une étape importante dans sa lutte contre la corruption et la criminalité financière en signant (jeudi 20 février, DNR) une lettre d’intention avec l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol). Le Groupe de la Banque est la première banque multilatérale de développement à établir une telle collaboration avec Interpol. La lettre d’intention a été signée mercredi 20 février 2025 par le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina et le secrétaire général d’Interpol, Valdecy Urquiza, qui s’est rendu au siège de la Banque à Abidjan. Ce partenariat renforcera la collaboration entre le Bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption de la Banque africaine de développement et le Centre de lutte contre la criminalité financière et la corruption d’Interpol. Il sera axé sur le partage d’expertise, le renforcement des capacités d’enquête et l’élaboration de mesures préventives contre les nouvelles menaces de criminalité financière, notamment la cybercriminalité, les mesures de lutte contre la corruption et le financement de la lutte contre le terrorisme. Cette initiative intervient alors que l’Afrique est confrontée à d’importants défis liés aux flux financiers illicites, estimés à près de 90 milliards de dollars par an, ce qui représente une perte de ressources qui pourraient être investies dans des besoins de développement essentiels, notamment dans les infrastructures d’approvisionnement d’eau et d’assainissement, de santé, d’alimentation et d’énergie. En tant qu’institution qui déploie environ 10 milliards de dollars par an dans le financement du développement, dont la majorité est consacrée à des projets gouvernementaux, le Groupe de la Banque africaine de développement apporte un éclairage crucial sur les flux financiers régionaux et les défis du développement, a déclaré M. Adesina. « Ce partenariat démontre notre engagement à protéger les ressources de développement et à veiller à ce qu’elles parviennent bien à leurs bénéficiaires », a déclaré M. Adesina. « En tant qu’institution financière la plus transparente au monde sur deux éditions consécutives [selon l’évaluation des portefeuilles souverains réalisée par Publish What You Fund], nous appliquons une tolérance zéro en matière de corruption et de financement du terrorisme. En unissant nos forces à celles d’Interpol, nous renforçons notre capacité à aider les pays africains à mettre en place des systèmes robustes de lutte contre le blanchiment d’argent et la criminalité financière. » Les progrès rapides de la technologie numérique ont également entraîné une augmentation des crimes financiers sur Internet. Selon l’évaluation de la fraude financière mondiale 2024 d’Interpol, les compromissions de courriels professionnels, les arnaques amoureuses, l’hameçonnage et autres fraudes en ligne constituent des menaces croissantes pour l’économie numérique de l’Afrique. « La corruption et la criminalité financière comptent parmi les plus grands obstacles au développement économique et social en Afrique et dans le monde. La nature évolutive de la criminalité financière, en particulier dans l’environnement numérique, nécessite des partenariats solides entre les forces de l’ordre et les institutions financières », a déclaré M. Urquiza, élu en novembre 2024 comme secrétaire général d’Interpol. « Le resserrement des relations entre Interpol et le Groupe de la Banque africaine de développement aidera les forces de l’ordre et les institutions financières en Afrique à lutter contre les menaces de plus en plus sophistiquées de la criminalité financière », a-t-il souligné. M. Adesina a déclaré que la Banque continuera à relever ces défis en : Renforçant les capacités et en aidant les pays africains à affermir une gouvernance transparente et responsable, ainsi que des institutions robustes capables de stimuler une croissance inclusive et durable et des économies résilientes. Renforçant les systèmes de connaissance du client et de diligence raisonnable afin de prévenir et de lutter contre la fraude et la corruption. Veillant à ce que les ressources de la Banque soient utilisées aux fins prévues, de manière transparente et responsable, une pratique qui a valu à la Banque d’être reconnue, sur deux éditions consécutives, comme la banque multilatérale de développement la plus transparente au monde par Publish What You Fund. La délégation de haut niveau d’Interpol qui accompagnait le secrétaire général Urquiza comprenait Silvino Schlickmann, directeur de la gouvernance et Paule Ouédraogo, cheffe du Bureau régional d’Interpol. Le Groupe de la Banque africaine de développement était représenté par des membres de la haute direction du président Adesina, dont la directrice du Bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption, Paula da Costa. Afdb.
Le Guichet d’action climatique de la Banque africaine de développement alloue 31 millions de dollars au renforcement de la résilience climatique dans quatre pays

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé un financement de plus de 31 millions de dollars par le biais de son Guichet d’action climatique (CAW) pour renforcer la résilience climatique en Sierra Leone, au Soudan du Sud, à Djibouti et à Madagascar. Le Guichet d’action climatique du Fonds africain de développement du Groupe de la Banque vise à mobiliser 4 milliards de dollars d’ici fin 2025 pour fournir un accès rapide et cohérent au financement climatique, soutenir le cofinancement et donner la priorité aux pays les plus vulnérables, aux États fragiles et à ceux touchés par les conflits. Le Fonds africain de développement est le guichet concessionnel du Groupe de la Banque. Le financement, approuvé en novembre et décembre 2024, soutiendra des projets innovants en réponse au premier appel à propositions de projets de la CAW. Quarante et un projets pionniers d’adaptation au changement climatique, d’une valeur de 321,75 millions de dollars, ont été sélectionnés lors de la première vague de financement, l’accent étant mis sur la lutte contre le changement climatique, le renforcement des moyens de subsistance des communautés vulnérables, notamment des femmes et des jeunes, et l’amélioration des systèmes d’information climatique. Les projets bénéficieront également d’un cofinancement climatique de 28,13 millions de dollars provenant de sources telles que le Fonds vert pour le climat. En Sierra Leone, le projet WASH (Water, Sanitation and Hygiene) et de rénovation de l’environnement aquatique de Freetown recevra 5 millions de dollars pour améliorer l’accès à des services durables d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH) et introduire des réseaux d’observation hydrométéorologique modernisés et des systèmes d’alerte précoce, au bénéfice d’environ 700 000 personnes. Un autre élément clé du projet est la création d’une carte interactive des inondations pour la péninsule de Freetown, un outil essentiel pour la réduction des risques de catastrophe. Au Soudan du Sud, le Projet de transformation des systèmes agroalimentaires résilients au climat a reçu 9,4 millions de dollars pour développer des technologies d’adaptation au changement climatique qui améliorent la productivité agricole et la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ce programme comprend également un volet de réhabilitation axé sur 1 200 hectares de terres ainsi que sur des infrastructures rurales et offrira une formation à environ 8 000 personnes. Parmi les bénéfices attendus, on compte une réduction prévue d’environ 720 000 tonnes d’émissions de CO2 et la création de 180 000 emplois directs, avec un accent particulier mis sur les femmes et les jeunes ; en outre, 90 000 agriculteurs seront formés aux pratiques agricoles climato-intelligentes. À Djibouti, le Projet d’entrepreneuriat des jeunes pour l’adaptation au changement climatique recevra 7,5 millions de dollars pour renforcer la résilience de la productivité des systèmes agricoles, en particulier dans les domaines de l’horticulture et du pastoralisme, notamment en augmentant le taux d’autosuffisance de certaines cultures maraîchères de 10 % à 30 %. Il devrait également générer environ 3 500 emplois permanents, dont une part importante pour les jeunes et les femmes, et créer 200 nouvelles micros, petites et moyennes entreprises. Le projet de résilience climatique par la préservation de la biodiversité des parcs, à Madagascar, a reçu 9,4 millions de dollars pour investir dans la conservation de la biodiversité en protégeant les parcs nationaux de Lokobe, Nozy Hara et Andringitra. Le projet restaurera 100 % de ces zones protégées, séquestrant 10 millions de tonnes de CO2 et créant 1 500 emplois verts, dont 500 réservés aux femmes. Outre la conservation de l’environnement, il permettra de booster la production agricole dans les communautés environnantes, augmentant ainsi la production de riz de 24 000 tonnes et celle de céréales, de légumineuses et d’autres cultures de 14 000 tonnes. De plus, 24 000 agriculteurs recevront une formation en irrigation et 12 groupes d’agriculteurs dirigés par des femmes recevront des kits agricoles. Kevin Kariuki, vice-président chargé de l’Électricité, de l’Énergie, du Changement climatique et de la croissance verte à la Banque africaine de développement, a déclaré : « Le Guichet d’action climatique catalyse des solutions transformatrices dans les régions d’Afrique les plus vulnérables au climat. Qu’il s’agisse de renforcer la sécurité de l’approvisionnement en eau en Sierra Leone, de faire progresser l’agro-industrie dirigée par des jeunes à Djibouti ou de restaurer la biodiversité à Madagascar, ces initiatives vont au-delà de l’adaptation : ce sont des moteurs de prospérité. Grâce à ces investissements, nous donnons aux communautés les moyens de résister aux chocs climatiques, de créer des emplois et d’accélérer une croissance économique inclusive. » Anthony Nyong, directeur du changement climatique et de la croissance verte à la Banque mondiale, a déclaré : « Ces initiatives ne se contentent pas d’apporter une réponse au changement climatique, elles donnent aux communautés les moyens de prendre leur avenir en main. Elles montrent que le financement de l’adaptation peut et doit être dirigé vers les communautés vulnérables qui en ont le plus besoin. Le Guichet d’action climatique est plus qu’un simple mécanisme de financement, c’est une bouée de sauvetage pour les communautés qui sont confrontées chaque jour aux dures réalités du changement climatique. » Depuis, le Guichet a lancé deux autres appels, respectivement axés sur l’atténuation et l’assistance technique. BAD
Mission 300 : le Sommet africain de l’énergie concrétise les efforts visant à raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030

Dans une initiative audacieuse pour répondre à la crise énergétique persistante de l’Afrique, le Groupe de la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement organiseront un Sommet africain de l’énergie les 27 et 28 janvier pour faire avancer un plan ambitieux visant à fournir de l’électricité à 300 millions d’Africains d’ici 2030. Ce sommet, qui se tiendra à Dar es Salaam, en Tanzanie, réunira 13 chefs d’État africains, des partenaires internationaux, des organismes philanthropiques et des dirigeants du secteur privé pour faire avancer la Mission 300 — une initiative novatrice visant à élargir l’accès à l’énergie et à accélérer la transition vers une énergie propre sur le continent. « L’heure est venue d’agir », a déclaré Franz Drees-Gross, directeur régional pour l’infrastructure, Afrique de l’Ouest et centrale, à la Banque mondiale. « Mission 300 ne représente pas seulement un objectif ambitieux, c’est un mouvement… nous créons un impact durable qui alimentera la croissance de l’Afrique et permettra à des millions de personnes d’accéder aux services essentiels fournis par l’électricité », a indiqué jeudi M. Drees-Gross aux journalistes lors d’une conférence de presse. Le Groupe de la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement ont lancé cette initiative en avril 2024 dans le cadre d’une collaboration sans précédent, aux côtés d’autres partenaires mondiaux, afin de combler le déficit persistant d’accès à l’énergie en Afrique, en tirant parti de technologies et de financements innovants. Près de 600 millions d’Africains, n’ont pas accès à l’électricité, représentant 83 % de la population mondiale privée d’électricité. « Le sommet à venir dévoilera de nouvelles initiatives visant à stimuler la mobilisation des ressources nationales et à encourager le commerce transfrontalier afin de répartir les risques et d’accroître le financement de l’accès à l’énergie », s’est félicité Wale Shonibare, directeur de la Banque africaine de développement chargé des solutions financières, de la politique et de la régulation de l’énergie, dans son allocution d’ouverture. L’Alliance mondiale pour l’énergie au service des populations et de la planète (GEAPP) et la Fondation Rockefeller ont d’ores et déjà engagé 10 millions de dollars pour créer un mécanisme d’assistance technique destiné à soutenir des projets dans le domaine de l’électricité dans 11 pays africains. « Ce qui différencie cette initiative de ce que les institutions ont fait par le passé, c’est l’approche « tout le monde met la main à la pâte » avec de nombreuses institutions travaillant main dans la main pour mettre en œuvre ce programme ambitieux », a expliqué Sarvesh Suri, directeur régional de la Société financière internationale chargé de l’industrie pour les infrastructures et les ressources naturelles en Afrique. Principaux résultats attendus du Sommet africain de l’énergie Le sommet s’achèvera sur la signature de la Déclaration de Dar es Salaam sur l’énergie, dans laquelle les gouvernements africains s’engagent à accélérer l’accès à l’énergie, à promouvoir l’adoption des énergies renouvelables et à attirer les investissements privés. Treize pays pilotes, dont le Nigéria, la République démocratique du Congo et la Côte d’Ivoire, s’engageront à mener des réformes dans cinq domaines clés : la production d’électricité à faible coût, l’intégration énergétique régionale, l’amélioration de l’accès à l’énergie, la promotion des investissements privés et le renforcement des services publics. Les institutions financières, telles que la Société financière internationale, devraient présenter de nouveaux véhicules d’investissement et des initiatives de financement pour soutenir le rôle du secteur privé dans la promotion des solutions d’énergie renouvelable distribuée. La réunion de deux jours mettra également en lumière les succès du secteur de l’énergie dans certains pays, établira une alliance des acteurs du secteur pour accélérer les investissements dans les infrastructures énergétiques et renforcera la planification régionale de l’énergie, les échanges commerciaux et les cadres politiques pour soutenir la mise en œuvre du Plan directeur continental et du Marché unique africain de l’électricité. La stratégie de Mission 300 englobe à la fois le développement du réseau traditionnel et des solutions innovantes hors réseau pour atteindre les communautés reculées. Le programme donnera la priorité aux modèles de financement durables et relèvera des défis cruciaux tels que les asymétries de devises dans le financement des projets. Daniel Schroth, directeur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique à la Banque africaine de développement, a souligné l’urgence de la mise en œuvre. « Il y a urgence, car 2030 est dans cinq ans à peine, et nous devons fournir, non pas des raccordements prévus, mais des raccordements réels à 300 millions de personnes d’ici 2030. » Le sommet devrait attirer plus de 1 000 participants de toute l’Afrique et du monde entier, marquant une étape cruciale dans le parcours du continent vers l’accès universel à l’énergie.
Sénégal : la Banque africaine de développement lance un projet pionnier d’efficacité énergétique

La Banque africaine de développement a approuvé un prêt de 8,51 millions d’euros pour le Programme de promotion des lampes d’éclairage efficace du Sénégal (PPLEEF), une initiative pionnière visant à faire progresser l’efficacité énergétique dans le pays. Ce projet constitue le premier investissement de la Banque entièrement dédié à l’efficacité énergétique du côté de la demande, établissant ainsi une nouvelle référence pour le développement durable en Afrique. Le Programme de promotion des lampes d’éclairage efficace en passe de transformer l’utilisation de l’énergie au Sénégal, profitant à près de 700 000 ménages et 80 000 petites entreprises dans les régions de Dakar, Thiès et Diourbel. Grâce au remplacement des ampoules à incandescence obsolètes et inefficaces par des éclairages LED modernes, le projet permettra de réaliser d’importantes économies d’énergie, de réduire les coûts d’électricité et de diminuer les émissions de carbone. L’élément central de l’initiative est son modèle innovant de financement sur facture, qui permet aux consommateurs de rembourser le coût du nouvel éclairage grâce aux économies d’énergie mensuelles. Ce modèle garantit que le programme est à la fois accessible et abordable pour tous les participants. Jalel Chabchoub, chargé en chef de l’efficacité énergétique au Département des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique de la Banque africaine de développement, a souligné la portée plus large de l’initiative : « Le Programme de promotion des lampes d’éclairage efficace du Sénégal est une étape importante dans l’engagement national du Sénégal en faveur du développement durable et de l’accès universel à l’énergie. Ce programme permettra de réduire la demande et la consommation d’énergie aux heures de pointe, et l’approche de financement sur facture sera utilisée ultérieurement pour introduire des appareils plus efficaces. En tant que première phase du programme d’éclairage efficace du Sénégal, le PPLEEF ouvrira la voie à un avenir énergétique plus durable, non seulement au Sénégal, mais aussi dans toute l’Afrique. » Au-delà de ses avantages immédiats pour le Sénégal, le programme est un modèle reproductible et évolutif pour d’autres pays africains. En réduisant la consommation d’énergie, ce programme retarde le besoin d’investissements coûteux dans de nouvelles centrales électriques, en particulier pendant les périodes de forte demande. « Ce projet aura un impact positif sur les budgets des ménages et des petites entreprises en réduisant leurs factures d’énergie », a déclaré Mme Mame Coumba Ndiaye, directrice générale de l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (AEME) du Sénégal. « Il soulagera le réseau avec une économie annuelle d’électricité de plus de 189 GWh. Ces économies seront réorientées vers le renforcement de la disponibilité de l’électricité et l’amélioration de l’accès pour les populations », a-t-elle précisé. Sur la période 2019-2024, la Banque a engagé environ 6 milliards de dollars dans des projets énergétiques à travers l’Afrique. Grâce au lancement du PPLEEF et la dynamique impulsée par l’initiative « Mission 300 », lancée conjointement par le Groupe de la Banque africaine de développement et le Groupe de la Banque mondiale, aux côtés d’autres partenaires, l’Afrique réalise des avancées significatives pour combler son déficit en matière d’accès à l’énergie. Ces efforts soulignent un engagement croissant en faveur du développement durable et de l’équité énergétique à travers le continent.
Tunisie : la Banque africaine de développement accorde un prêt de plus de 80 millions d’euros pour la modernisation d’infrastructures routières dans sept gouvernorats du pays

La Banque africaine de développement a accordé à la Tunisie, un prêt de 80,16 millions d’euros pour mettre en œuvre la phase 3 du Programme de modernisation des infrastructures routières. Le projet approuvé par le Conseil d’administration de la Banque le 9 décembre dernier, pour un coût total de 86,21 millions d’euros, est cofinancé sur un prêt de 80,16 millions d’euros de la Banque (92,98% du coût total du projet) et une contrepartie du gouvernement de Tunisie pour 6,05 millions d’euros. Le projet consiste notamment au renforcement de 188,9 kilomètres de routes classées dans sept gouvernorats : Kef, Kasserine, Sousse, Sfax, Kairouan, Siliana et Gafsa qui, malgré les nombreuses potentialités dont ils regorgent, sont confrontés à des contraintes de transports liées à la dégradation du réseau routier. L’intervention de la Banque permettra d’améliorer la qualité du réseau routier classé de Tunisie et les conditions de circulation des usagers dans les zones ciblées. Elle contribuera à la promotion d’un système de transport efficient et durable de façon à soutenir la croissance et créer les conditions favorables à la circulation des biens et des personnes dans les différentes régions. Le secteur des transports joue un rôle important dans l’économie tunisienne. Il contribue pour environ 5 % à la constitution du PIB et génère quelques 160 000 emplois directs et indirects. Le projet qui sera exécuté de 2025 à 2030, s’inscrit dans la continuité des deux précédentes phases du programme. « La Banque africaine de développement a, au cours des 10 dernières années, contribué à rénover et à moderniser environ 4 000 kilomètres de routes, 104 kilomètres d’autoroutes et à construire plusieurs ouvrages d’art en Tunisie. Ces interventions ont permis une amélioration sensible du niveau de service du réseau, en sécurisant différents itinéraires par des ouvrages de franchissement permanent, et facilitant l’accès aux centres socio-économiques en désenclavant des régions. La réhabilitation et l’entretien des infrastructures routières dans le cadre de la troisième phase du Projet de modernisation des infrastructures routières, contribueront à la promotion du secteur privé et des PME locales, ainsi qu’à la création d’emplois pour les jeunes », a déclaré Solomon Quaynor, vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement chargé du Secteur privé, de l’Infrastructure et de l’Industrialisation. « L’intervention de la Banque bénéficiera aussi aux micro-entreprises d’entretien routier permettant la pérennisation des infrastructures et créera en même temps des opportunités de marché pour les entrepreneurs. Cette opération améliorera, en outre, la desserte des régions à haute valeur ajoutée agricole contribuant ainsi à la sécurité alimentaire de la Tunisie, grâce, notamment, au développement de chaînes de valeur portées par le secteur privé », a-t-il ajouté. En permettant la mise à niveau des tronçons reliant les régions frontalières de la Tunisie à l’Algérie, le projet induira, non seulement, un équilibrage régional en matière d’infrastructures routières des zones les plus défavorisées. En outre, il contribuera à une baisse du chômage des jeunes par la création d’emplois pour l’entretien du réseau et, par conséquent, à l’atténuation de la pauvreté dans des zones vulnérables du pays. Le projet renforce deux des « High5 », les cinq priorités opérationnelles de la Stratégie décennale 2024-2033 de la Banque : « intégrer l’Afrique », « améliorer la qualité de vie des populations en Afrique », contribuant ainsi à concrétiser la vision de la Banque pour une Afrique prospère, inclusive, résiliente et intégrée. BAD
La route Lomé-Cotonou, réhabilitée avec l’appui du Fonds africain de développement, renforce l’intégration économique et dynamise l’entrepreneuriat

Sous le soleil éclatant d’Aného, ville côtière, située à une quarantaine de kilomètres de Lomé, la capitale du Togo, Lionel Djondo traverse, à pas mesurés, le chantier de son futur hôtel en bord de mer. Bruits de pelleteuse, odeur du ciment frais qui se dégage des murs en construction, sous le clapotis des vagues de l’Atlantique, Lionel Djondo décrit avec enthousiasme, l’ambition de son projet qui sort de terre. « On voit les choses en grand, lance-t-il. Ce sera un hôtel d’une quarantaine de chambres. On aura la piscine face à la mer et aux palmiers. Un vrai petit paradis, à peine à quelque 30 mètres de la voie principale. C’est l’élément qui a déterminé le choix de l’endroit ». Cet ancien banquier de 44 ans s’est lancé dans l’hôtellerie et la restauration en misant sur un pari audacieux : l’impact de la réhabilitation de la route Lomé-Cotonou. Pour lui, cette route, qui relie deux des capitales les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest, est une promesse d’avenir, une source d’opportunités. Pas très loin du chantier de l’hôtel, son restaurant « le Miadjoe », est idéalement situé en face de l’embouchure du lac Togo, une nouvelle villégiature de plus en plus prisée des touristes. Là aussi, c’est la proximité de la route qui a déterminé l’implantation du restaurant. L’entrepreneur a rapidement constaté une nette augmentation de la fréquentation, portée par la fluidité des déplacements rendus possibles par la route réhabilitée et par l’éclairage nocturne nouvellement installé, qui permet aux clients de venir en toute sérénité, de jour comme de nuit. « Depuis qu’on a la route, on a beaucoup plus de clients, et comme la route est éclairée la nuit, ils peuvent aussi rester plus tard », raconte Lionel, convaincu d’avoir flairé le bon filon. Une aubaine pour un établissement qui s’anime fréquemment à la nuit tombée en proposant des spectacles musicaux et des évènements culturels. Cette route a été financée à hauteur de 40,85 millions de dollars américains dans le cadre de la deuxième phase du Projet de réhabilitation de la route Lomé-Cotonou, par le Fonds africain de développement, le guichet de prêts à taux concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement. Avec ce financement, le Groupe de la Banque réaffirme sa volonté de faire des corridors de puissants viviers économiques et industriels de développement des pays africains. Pour l’institution, en effet, l’investissement dans des infrastructures d’envergure peut transformer les économies et les conditions de vie des populations en Afrique. Cette route constitue un tronçon du corridor routier stratégique Abidjan-Lagos, long de 1 028 kilomètres, véritable épine dorsale du développement en Afrique de l’Ouest qui doit relier le Togo, le Bénin, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Nigéria. La Banque assure le rôle de chef de file dans la mobilisation des financements de ce gigantesque projet intégrateur. Désormais en 2×2 voies élargies, avec un revêtement de qualité et un éclairage solaire, la portion de route concernée par le mégaprojet Abidjan-Lagos garantit une sécurité accrue aux automobilistes et aux piétons, notamment grâce à la construction de passerelles-piétons surélevées, conçues pour protéger les usagers les plus vulnérables. Des infrastructures annexes ont également été modernisées, comme le poste de contrôle frontalier Sanvee Condji/Hillacondji entre les deux pays, où les opérations sont désormais plus fluides, favorisant le transport de marchandises et les déplacements des habitants. Le poste-frontière incarne une nouvelle approche de la gestion des flux aux frontières : efficace, rapide et adaptée à l’essor des échanges commerciaux entre les pays de la région. Plus qu’un simple chantier routier, le tronçon Lomé-Cotonou réhabilité incarne une intégration régionale réussie, accompagnée d’un dynamisme économique certain, avec notamment des retombées positives qui dépassent les frontières des deux pays concernés. Entre Lomé et Cotonou, Lionel Djondo n’est pas le seul à profiter de cette transformation. En parcourant la route, longue de 150 kilomètres, désormais élargie et modernisée, on découvre comment elle redessine la vie de toute une région et stimule l’activité économique de nombreuses communautés. Accélérateur de développement Alexis Coffi Aquereburu, le maire d’Aného observe, avec fierté, la métamorphose de sa commune. « C’était une route difficile, étroite et dangereuse. Aujourd’hui, elle a complètement changé le visage des villes et villages qu’elle traverse. Elle a accéléré le développement d’Aného dans le sens où elle a permis l’installation d’hôtels, l’organisation d’événements culturels et touristiques, mais également l’installation de plusieurs entreprises ». « La route bâtit l’intégration africaine en développant à la fois une économie de proximité et une économie de distance. C’est vraiment un outil indispensable pour construire un développement dans la paix », poursuit l’édile, qui salue le renforcement des échanges commerciaux, la fluidité des échanges humains et l’amélioration de la coopération régionale. Maël Gnancadja, concessionnaire automobile entre Lomé et Cotonou, profite lui aussi de la dynamique régionale de l’intégration. Installé à Lomé, où se déroule l’essentiel de ses activités, il parcourt, chaque week-end, ce tronçon pour retrouver sa famille au Bénin voisin. La fluidité des passages au poste-frontière rénové de Sanvee Condji/Hillacondji a grandement facilité ses déplacements tant personnels que professionnels. La réhabilitation de la route lui a donné pour ambition de développer non seulement ses concessions existantes au Togo et au Bénin, mais également d’étendre son activité aux pays voisins d’Afrique de l’Ouest, notamment le long du corridor Abidjan-Lagos. En attendant, Maël Gnancadja est satisfait des retombées économiques sur ses affaires. « Quand une route est bonne, on peut y mettre des véhicules de qualité, des bus et des camions de qualité. On peut offrir un meilleur service. C’est un cercle vertueux, accélérateur de croissance », se réjouit-il. Un peu plus loin, le long des rivages d’Aného, Johnny Humpati, pêcheur depuis son enfance et actuel conseiller pour la Fédération nationale des unions des coopératives de pêche du Togo, a les yeux rivés sur l’océan. « Toute la région dépend de notre pêche, et la route a transformé notre activité », se félicite-t-il. Johnny révèle que désormais, même à la tombée de la nuit, des commerçantes attendent en bord de mer le retour des pêcheurs pour récupérer le poisson frais et l’acheminer rapidement vers les marchés. Les