Carlo Pesta : La danse transcende les barrières de l’âge, de la langue et des cultures

Carlo Pesta : La danse transcende les barrières de l’âge, de la langue et des cultures

Président et directeur artistique du Ballet de Milan INTERVIEW. Le Balletto di Milano (Ballet de Milan), dont la réputation dans la danse classique et moderne n’est plus à faire, a été chaleureusement accueilli par le public casablancais lors de son Grand Gala de danse, au Studio des Arts Vivants, en février dernier. Retour sur l’identité de la compagnie, son projet artistique et son rapport au public marocain, avec son président et directeur artistique Carlo Pesta. Le Grand Gala du Ballet de Milan a été très bien reçu à Casablanca. Avant d’y revenir, pouvez-vous nous présenter votre compagnie ? Carlo Pesta : Le Balletto di Milano est l’une des compagnies les mieux établies du paysage chorégraphique italien. A Milan, nous sommes l’un des principaux centres chorégraphiques, juste après la compagnie du Teatro alla Scala. Nous avons également été désignés ambassadeurs de la danse italienne dans le monde, ce qui représente à la fois un honneur et une responsabilité. Autorisée depuis 1996 à porter le nom de la grande ville de Milan, la compagnie est aussi universellement prisée, car elle attire des artistes talentueux, nous permettant ainsi de recruter des danseurs d’un très haut niveau. Nous bénéficions du soutien du ministère italien de la Culture, de la région Lombardie et de la ville de Milan. Nous collaborons également avec les ambassades, les consulats et les institutions culturelles italiennes dans de nombreux pays. Quelle est la particularité artistique du Ballet de Milan ? Quelle est votre signature ? Notre démarche s’inscrit dans le registre néoclassique, qui consiste à redynamiser le ballet classique via l’ouverture à des formes d’expressions plus contemporaines. Il s’agit donc non pas de rompre avec la tradition mais de la faire évoluer, d’essayer de substituer d’autres formes, d’autres mouvements, qui résonneraient davantage avec notre époque. Cette quête perpétuelle fait partie de notre propre histoire, car nous refusons de nous fixer dans une forme immuable ; il s’agit au contraire d’interroger sans cesse nos autres possibilités artistiques. Est-ce cette approche qui explique votre succès auprès du public ? Je le pense. Pour un directeur artistique, c’est gratifiant de toucher des publics qui n’ont pas nécessairement l’habitude de la danse. Capter de nouveaux spectateurs, c’est créer un moment de vraie émotion artistique. Dans certaines villes, le public connaît déjà bien cet univers. Mais ailleurs, voir des gens découvrir une œuvre et s’y intéresser est encore plus fort. A Casablanca, j’étais très heureux de voir autant d’enfants et de jeunes dans la salle. De nombreux ados avaient des yeux émerveillés. Effectivement, plusieurs jeunes semblaient fascinés par le spectacle. La danse attire-t-elle particulièrement les jeunes ? Oui, très souvent. La danse possède en elle une dimension universelle, physique, qui dépasse toute considération d’âge, de langue ou de culture. Le corps en mouvement, la musique qui l’accompagne, touchent de premier abord les émotions. C’est souvent le cas pour les jeunes, mais il y a aussi bien sûr les adultes. Un mot sur les danseurs qui ont émerveillé le public : comment les choisissez-vous ? Le choix des danseurs est fondamental pour la réussite d’une compagnie. Nous recrutons surtout dans les académies les plus prestigieuses du monde. La technique est incontournable, je cherche surtout des personnalités artistiques. La technique est nécessaire mais pour faire vivre une œuvre, il faut véritablement interpréter. Dans plusieurs de nos spectacles, inspirés de chefs-d’œuvre comme Anna Karénine ou Roméo et Juliette, il faut placer les danseurs devant de vrais personnages. « Le public marocain a une sensibilité qui me rappelle beaucoup celle des Italiens » Vous êtes un habitué des scènes marocaines. Comment percevez-vous le public marocain ? J’attache une grande importance au Maroc. J’y viens depuis de nombreuses années et chaque passage me confirme le dynamisme et les progrès du pays. Le public marocain a une sensibilité qui me rappelle beaucoup celle des Italiens : beaucoup de spontanéité et une philosophie de vie basée sur la joie. Mais il est important de continuer à développer l’offre culturelle. Le théâtre et la danse reposent sur un échange d’énergie entre la scène et la salle. Plus il y a de spectacles, plus cette relation se renforce, contribuant ainsi à l’émergence d’une véritable culture du spectacle vivant. Vous avez été danseur. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur vos spectacles ? Il s’agit d’émotions différentes. Lorsque je dansais, j’étais concentré sur moi-même. Aujourd’hui, ma responsabilité est beaucoup plus large, elle concerne toute la compagnie et la qualité de chacune des productions. Chaque spectacle reste toujours un moment très fort. Je compare souvent la création d’un spectacle à une naissance. Votre compagnie est très active à l’international… Tout à fait, nous tournons beaucoup. La structure compte 42 personnes dont 28 artistes permanents et nous donnons environ 120 spectacles par an. Cette année, nous nous sommes déjà produits dans quatorze pays. Nous venons de Paris où nous étions au théâtre Bobino avant de venir au Maroc. La tournée continue ensuite en Italie, en France, en Grèce et à Malte. Un dernier mot pour conclure Nous sommes très heureux d’être au Maroc, où les échanges culturels que nous développons sont particulièrement fertiles, grâce à la collaboration avec la Società Dante Alighieri à l’étranger. Rappelons que l’Italie possède une tradition artistique très ancienne dans des domaines comme la musique, l’opéra et la danse. Notre mission est de faire vivre cet héritage et de le partager avec les publics du monde entier. Partout où nous nous produisons, nous recevons un accueil chaleureux. Et cela reste, pour un artiste, la plus belle des récompenses. Propos recueillis par Alain Bouithy

Maroc/Politique monétaire. Bank Al-Maghrib privilégie la prudence et maintient son taux directeur

Maroc/Politique monétaire. Bank Al-Maghrib privilégie la prudence et maintient son taux directeur

Le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir inchangé le taux directeur à 2,25%, à l’issue de sa première réunion trimestrielle de l’année 2026, tenue mardi 17 mars à Rabat, s’alignant ainsi sur les anticipations et prédictions de nombreux experts et investisseurs. Bank Al-Maghrib (BAM) optera-t-elle pour le statu quo ou pour un ajustement du taux directeur ? Telle est la question que nous nous posions à la veille de la première réunion de l’année de la Banque centrale. Après avoir analysé l’évolution de la conjoncture économique nationale et internationale, ainsi que les projections macroéconomiques à moyen terme de la Banque, le Conseil a finalement jugé approprié de maintenir le TD inchangé, rejoignant ainsi le consensus en faveur d’une stabilité du taux directeur prédit, anticipé notamment par Attijari Global Research (AGR) et BMCE Capital Global Re search (BCGR). Cette décision  tient compte notamment de la poursuite de la dynamique notable de l’activité économique, des niveaux modérés prévus de l’inflation, ainsi que de la forte incertitude entourant les perspectives internationales. Elle intègre également les résultats des stress tests réalisés par BAM pour l’économie nationale. Concernant l’escalade du conflit au Moyen-Orient, que certaines institutions craignaient susceptible d’influencer sa décision, BAM a estimé que « cette guerre ne serait pas sans conséquence à travers, notamment, les canaux des comptes extérieurs, en particulier les cours de l’énergie ». Qu’à cela ne tienne, selon les évaluations préliminaires de l’institution publique, « l’impact serait relativement contenu dans le scénario retenu d’un conflit de courte durée, mais pourrait s’avérer plus marqué dans le cas contraire », a-t-elle souligné. Quoi qu’il en soit, « la forte dynamique des secteurs non agricoles, tirée par l’investissement dans les infrastructures économiques et sociales, devrait se poursuivre et la production agricole connaîtrait un rebond notable à la faveur des conditions climatiques exceptionnelles qui ont prévalu au cours des derniers mois », a expliqué BAM. Lors de cette session, le Conseil a en outre noté que l’inflation a évolué à des niveaux bas, en lien avec l’amélioration de l’offre de certains produits alimentaires et le repli des prix des carburants. Selon ses prévisions, à moyen terme, elle devrait s’accélérer graduellement tout en restant à des niveaux modérés. Elle ressortirait ainsi « quasi stable d’une année à l’autre à 0,8% en 2026, puis atteindrait 1,4% en 2027 ». Le Conseil estime par ailleurs que les conditions climatiques très favorables devraient se traduire par une nette hausse de la production agricole. Selon ses estimations, basées sur une superficie emblavée de 3,9 millions d’hectares, la récolte des trois principales céréales atteindrait 82 millions de quintaux. Ainsi, BAM table sur un rebond de la valeur ajoutée agricole de 14,4% en 2026, suivi d’un recul de 5,3% en 2027 sous l’hypothèse d’un retour à une campagne céréalière moyenne. La croissance de l’économie nationale devrait se situer à 5,6% en 2026 Selon l’institution, la croissance des activités non agricoles resterait robuste, oscillant autour de 4,5%, tandis que celle de l’économie nationale devrait se situer à 5,6% en 2026, avant de ralentir à 3,5% en 2027. Enfin, le Conseil s’est engagé à continuer de suivre de près la conjoncture interne et externe et en particulier les développements au Moyen-Orient ainsi que leurs conséquences sur l’activité économique et l’inflation, et à fonder ses décisions, sur la base des données les plus actualisées. Alain Bouithy

Première réunion de l’année du Conseil de Bank Al-Maghrib : BAM optera-t-elle pour le statu quo ou un ajustement du taux directeur ?

Première réunion de l’année du Conseil de Bank Al-Maghrib : BAM optera-t-elle pour le statu quo ou un ajustement du taux directeur ?

Investisseurs et institutions financières scrutent la décision de la Banque centrale MAROC. Le premier Conseil de l’année de Bank Al Maghrib (BAM), qui se tient aujourd’hui, maintien dra-t-il son taux directeur in changé ou la Banque centrale décidera-t-elle de l’ajuster ? Dans un contexte marqué par l’escalade du conflit au Moyen-Orient, la question d’un éventuel im pact sur la décision de l’ins titution monétaire alimente également les analyses. Si ces questions préoccu pent de nombreux experts et investisseurs, le consensus semble toutefois pencher en faveur d’une stabilité du taux directeur, selon Attijari Global Research (AGR) et BMCE Capital Global Re search (BCGR).En effet, pour les inves tisseurs financiers interrogés par AGR, cette session de vrait se traduire par une sta bilité du taux directeur de Bank Al-Maghrib. Un avis partagé par BCGR, qui pré voit également son maintien à son niveau actuel. Selon AGR, les résultats de son enquête du mois de mars auprès de 35 investis seurs considérés parmi les plus influents du marché fi nancier marocain, font res sortir un consensus quasi-unanime de ces der niers en faveur d’une stabi lité du taux directeur de Bank Al-Maghrib. Dans sa récente publica tion « Research Report-Stra tegy », la filiale du groupe Attijariwafa bank dédiée à l’analyse et à la recherche sur les marchés financiers afri cains note que la probabilité d’un statu quo du TD est de 99% contre seulement 1% pour une hausse de 25 points de base (pbs), rap porte la MAP ajoutant que la probabilité d’un abaisse ment du taux directeur est nulle.Par catégorie d’investis seurs, les institutionnels lo caux et les acteurs de référence sont unanimes en faveur d’un maintien du TD inchangé. De son côté, BKGR s’at tend à ce que le Conseil de BAM maintienne inchangé le taux directeur. Dans son récent « Flash Strategy », le bureau de recherche panafri cain spécialisé en analyse fi nancière (sell-side) de BMCE Capital estime que « la pru dence apparaît comme la voie la plus raisonnable », dans un cadre macroécono mique mêlant apaisement sur le plan interne et volati lité à l’extérieur. Cité par la MAP, BKGR explique que la Banque cen trale « devrait donc opter pour un statu quo sur le taux directeur, le temps de laisser les signaux économiques se stabiliser et d’éviter tout mouvement prématuré dans un environnement mondial aussi instable ». Pour rappel, à l’issue de sa dernière réunion trimes trielle de l’année 2025, tenue le 16 décembre dernier, le Conseil de Bank Al-Maghrib avait jugé approprié le ni veau d’alors du taux direc teur et avait ainsi décidé de le maintenir inchangé à 2,25%.Cette décision avait été prise après examen de l’évo lution de la conjoncture éco nomique et des projections macroéconomiques à moyen terme de Bank Al-Maghrib d’alors. Lors de cette session, le Conseil avait relevé la per formance remarquable des activités non agricoles ainsi que les signes de reprise sur le marché du travail. Pour ce qui est de l’infla tion, BAM prévoyait qu’elle « continue d’évoluer à des niveaux bas, ressortant à 0,8% en moyenne sur les dix premiers mois de 2025, sous l’effet notamment de l’amé lioration de l’offre de cer tains produits alimentaires, en particulier l’huile d’olive, et de la baisse des prix des carburants et lubrifiants ». Selon les projections de l’institution, elle devrait s’accélérer graduellement pour converger vers des ni veaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix. Ainsi, elle s’établirait à 1,3% en 2026, puis à 1,9% en 2027, tandis que sa composante sous-jacente ressortirait à 0,7% cette année avant de s’accélérer à 1,9% en 2027. ​Il est à rappeler égale ment qu’au regard du ni veau d’incertitude encore élevé, observé au terme de l’année écoulée, en lien no tamment avec la persistance des tensions géoécono miques sur le plan interna tional et les conditions climatiques au niveau in terne, le Conseil s’était en gagé à « continuer de suivre de près l’évolution de la conjoncture et de fonder ses décisions, réunion par réu nion, sur la base des don nées les plus actualisées ». Alain Bouithy 

Commerce de gros: Une hausse modérée des ventes attendue au premier trimestre 2026

Commerce de gros: Une hausse modérée des ventes attendue au premier trimestre 2026

Les patrons des entreprises opérant dans le secteur du commerce de gros  anticipent une hausse modérée des ventes au premier trimestre 2026, selon le Haut-commissariat au plan (HCP). D’après les résultats de l’enquête de conjoncture menée par l’institution publique au titre du premier trimestre 2026, « les anticipations des grossistes, pour le premier trimestre 2026, affichent une hausse du volume global des ventes selon 22% d’entre eux, et une stabilité selon 68% ». Dans sa récente note d’information, l’organisme marocain chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles explique que cette évolution serait principalement attribuable à la hausse prévue des ventes dans le « Commerce de gros de produits alimentaires, de boissons et de tabac», le «Commerce de gros de biens domestiques » et le « Commerce de gros de produits agricoles bruts et d’animaux vivants ». Elle serait également justifiée par la baisse des ventes attendues dans le «Commerce de gros d’équipements de l’information et de la communication» et les «Autres commerces de gros spécialisés» (comprend principalement le commerce de gros de combustibles, de minerais et de métaux…) La note ajoute que les commandes prévues pour le premier  trimestre 2026 seraient d’un niveau normal selon 79% des chefs d’entreprise, tandis que l’emploi connaîtrait une augmentation des effectifs selon 21% des grossistes (une stabilité selon 77%). Au quatrième trimestre 2025, les ventes du secteur du Commerce de gros sur le marché local auraient connu une augmentation selon 26% des grossistes, et une stabilité selon 62%, a également indiqué l’institution dans sa note. De l’avis du Haut-commissariat au plan, cette évolution serait due principalement à la hausse des ventes dans le «Commerce de gros d’équipements de l’information et de la communication », le « Commerce de gros d’autres équipements industriels » et les «Autres commerces de gros spécialisés» (comprend principalement le commerce de gros de combustibles, de minerais et de métaux).Cette évolution serait également liée à la baisse des ventes dans le « Commerce de gros de produits alimentaires, de boissons et de tabac», a indiqué le HCP. S’agissant de l’emploi, 86% des chefs d’entreprise pensent qu’il  aurait connu une stabilité. Ils sont 88% à soutenir que les stocks de marchandises se seraient situés à un niveau normal.Enfin, 32% des chefs d’entreprise estiment que les prix de vente auraient affiché une baisse et une stabilité selon 66%. Alain Bouithy

Après le recul des services marchands non financiers fin 2025 : Les patrons du secteur prévoient un redressement de l’activité au début de 2026 (Maroc)

Après le recul des services marchands non financiers fin 2025 : Les patrons du secteur prévoient un redressement de l’activité au début de 2026 (Maroc)

L’activité du secteur aurait toutefois enregistré une baisse, selon 49% des chefs d’entreprise  Les chefs d’entreprise relevant du secteur des services marchands non financiers s’attendent à une évolution globalement positive de l’activité au cours du premier trimestre 2026, selon le Haut-Commissariat au plan (HCP). Les anticipations des patrons de ce secteur « pour le 1er trimestre 2026 révèlent une augmentation de l’activité globale selon 36% d’entre eux et une baisse selon 14% », d’après les résultats de l’enquête de conjoncture menée par l’institution publique auprès de ces derniers. Ces anticipations seraient dues, d’une part, à la hausse de l’activité prévue dans les branches des «Transports terrestres et transport par conduites» et de l’« Entreposage et services auxiliaires des transports » et, d’autres part, à la baisse de l’activité attendue dans les branches des «transports par eau», des «Activités de location et location-bail» et des «Activités immobilières», explique le HCP dans sa récente note d’information. A noter que 63% des chefs d’entreprise prévoient une stabilité de la demande, et que 28% anticipent une augmentation, précise l’organisme chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc qui souligne également que 61% des patrons tablent sur une stabilité des effectifs employés, alors que 22% prévoient une hausse. Toujours selon le Haut-Commissariat, «au quatrième trimestre 2025, l’activité du secteur des services marchands non financiers aurait enregistré une baisse selon 49% des patrons et une hausse selon 34% ». Dans sa note, l’institution explique que cette évolution aurait été le résultat de la baisse des activités de «Télécommunications», du « Transport aérien» et des «Activités de location et location-bail». Elle s’expliquerait également par l’augmentation d’activité enregistrée dans les branches de l’« Hébergement et Restauration», des « Transports terrestres et transport par conduites » et de l’« Entreposage et services auxiliaires des transports », poursuit le HCP indiquant en outre que le taux d’utilisation des capacités de prestation (TUC) du secteur se serait établi à 74%. Par ailleurs, 84% des patrons du secteur des services marchands non financiers estiment que les carnets de commandes du secteur se seraient situés à un niveau normal. 23% des chefs d’entreprise sondés estiment que l’emploi aurait connu une augmentation, tandis que 60% pensent qu’il serait resté  stable. L’autre enseignement de cette enquête est qu’une majorité de chefs d’entreprise (83%) estime que le remplacement d’une partie des équipements et l’extension de l’activité ont constitué les principales dépenses d’investissements réalisées en 2025. Alain Bouithy

Maroc/Marché immobilier en 2025 : Hausse modérée des prix et regain des ventes

Maroc/Marché immobilier en 2025 : Hausse modérée des prix et regain des ventes

Une reprise des ventes portée par les terrains et les biens professionnels Le marché immobilier a montré des signes de reprise modérée en 2025, selon les chiffres publiés conjointement par Bank Al-Maghrib (BAM) et l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC). L’analyse des données recueillies au titre de l’année écoulée montre une légère hausse de l’indice des prix des actifs immobiliers (IPAI) de 0,6% d’une année à l’autre, soulignent les deux institutions publiques dans une récente note conjointe sur la tendance globale du marché immobilier au titre de l’année 2025. « Cette progression est attribuable aux augmentations de 0,8% des prix des biens résidentiels, de 0,4% de ceux des terrains et de 0,3% de ceux des biens à usage professionnel », expliquent BAM et l’ANCFCC. Dans le même temps, les ventes se sont accrues de 3,1% en 2025, portées par les hausses de 1,3% des ventes des biens résidentiels, de 7,5% de celles des terrains et de 7,4% de celles des biens à usage professionnel. Il est à noter qu’au seul quatrième trimestre de 2025, l’indice des prix a enregistré une hausse de 0,2% sur un an, reflétant des progressions de 0,2% pour le résidentiel et pour les biens à usage professionnel. A l’inverse, les prix des terrains ont stagné au moment où « les transactions ont affiché une progression de 3,6%, portée par des augmentations de 0,6% pour le résidentiel, de 12% pour les terrains et de 7,5% pour les biens à usage professionnel », apprend-on. Comparé au trimestre précédent, l’indice des prix des actifs immobiliers a enregistré une hausse trimestrielle de 0,2%, reflétant l’accroissement des prix de l’ensemble de ses catégories, avec des augmentations de 0,1% pour le résidentiel, de 0,4% pour les terrains et de 0,3% pour les biens à usage professionnel. Parallèlement, le nombre de transactions a progressé de 18,4%. Par catégorie, les ventes se sont accrues de 15% pour les biens résidentiels, de 25,4% pour les terrains et de 29,6% pour les biens à usage professionnel. La tendance par catégorie d’actifs montre que les prix du résidentiel ont progressé de 0,2%, en glissement annuel, suite aux hausses des prix des appartements (0,3%), des maisons (0,1%) et  des villas (2,4%). Les chiffres suggèrent en outre que les transactions ont parallèlement « affiché une hausse de 0,6%, avec des accroissements de 0,4% pour les appartements et de 23% pour les villas », souligne la note qui fait état, en revanche, du recul des ventes des maisons de 0,9%. Comparés au trimestre précédent, la même source indique que les prix du résidentiel ont affiché une hausse de 0,1%, en raison d’un accroissement des prix des appartements (0,1%), de ceux des maisons (0,5%) et de ceux des villas (2,3%). Quant aux transactions, elles ont augmenté de 15%, recouvrant des hausses de 15,4% pour les appartements, de 8,5% pour les maisons et de 13,8% pour les villas. S’agissant des prix du foncier, les données font état d’une stagnation et d’une progression de 12% du nombre de transactions, sur un an. Par rapport au trimestre précédent, les prix des terrains et le nombre de transactions se sont inscrits en hausse respectivement de 0,4% et de 25,4%. Enfin, comparés à la même période de l’année écoulée, les prix ont augmenté de 0,2%, suite au bond de 0,2% des locaux commerciaux et de 0,1% des bureaux. En parallèle, les transactions se sont accrues de 7,5%, reflétant des progressions de 8,2% des ventes des locaux commerciaux et de 4,7% de celles des bureaux. « En glissement trimestriel, l’indice des prix des biens à usage professionnel s’est accru de 0,3%, reflétant des hausses de 0,4% pour les locaux commerciaux et de 0,9% pour les bureaux », ont noté BAM et l’ANCFCC, ajoutant que le nombre de transactions a progressé de 29,6%, avec des accroissements de 25,2% pour les locaux commerciaux et de 49,2% pour les bureaux. Alain Bouithy

Projection du film  « Les Yeux de l’Espoir » de Lotfi Barjy au Complexe culturel Anfa : Courage et créativité au-delà du handicap

Projection du film  « Les Yeux de l’Espoir » de Lotfi Barjy au Complexe culturel Anfa : Courage et créativité au-delà du handicap

Le court métrage «Les Yeux de l’Espoir» a été projeté récemment au Complexe culturel Anfa de Casablanca lors d’une  soirée qui a réuni artistes, professionnels du cinéma, journalistes et un public venu nombreux soutenir une initiative culturelle engagée. La projection de cette œuvre, du réalisateur Lotfi Barjy, s’est déroulée dans une ambiance conviviale et émouvante. Elle a suscité une vive émotion parmi l’assistance, qui a chaleureusement applaudi les acteurs pour leur performance et leur implication dans ce projet cinématographique à forte dimension sociale. Il faut dire que la trame du film interpelle à bien des égards à travers l’histoire inspirante d’Adil Mansour, étudiant universitaire non-voyant qui, par ses multiples talents et sa détermination, démontre que le handicap ne constitue pas une limite à la créativité ni à la réussite. D’un bout à l’autre de ce récit sensible et humaniste, le réalisateur met en lumière les réalités vécues par les personnes non-voyantes au Maroc, à travers une approche artistique sincère et engagée, tout en portant un message d’espoir et de dépassement de soi. Lors de cette soirée, organisée par l’Association Arts, Cultures et Créations de l’Université Hassan II de Casablanca, en partenariat avec la Faculté des lettres et des sciences humaines Aïn Chock, un  hommage a été rendu à deux personnalités du monde artistique : le scénariste et réalisateur Hassan Benjelloun, figure majeure du cinéma marocain, et Fattah Ngadi, compositeur et acteur de cinéma. S’exprimant à cette occasion, Hassan Benjelloun a salué l’engagement du réalisateur Lotfi Barjy, soulignant sa persévérance et son dévouement pour le cinéma, malgré ses responsabilités en tant que professeur à l’Université Hassan II. Le scénariste et réalisateur a également félicité les jeunes artistes ayant participé à cette production, tout en insistant sur l’importance de transmettre l’expérience aux jeunes créateurs et de les accompagner à travers des masterclasses et des projets collaboratifs. Prenant la parole à son tour, Fattah Ngadi a salué cette belle initiative culturelle et affirmé sa volonté de collaborer avec les jeunes talents dans les domaines de la musique et du cinéma. L’acteur et directeur du Théâtre El Kanfaoui, Hicham Bahloul, a également saisi  cette occasion pour rappeler le rôle déterminant des grands réalisateurs marocains, notamment Hassan Benjelloun, qui ont permis à de nombreux acteurs d’émerger sur la scène cinématographique nationale, à l’instar de Mohamed Naji et Mekouar Saddik. Il a par la suite encouragé les jeunes à s’engager dans les projets cinématographiques à venir. La soirée a été ponctuée de prestations musicales avec la chanteuse Ihssan Lazrak qui a interprété « Ayam Chiti » de Fairuz ainsi que « Ana Hor » d’Abdelhadi Belkhayat, tandis que Nisrine a repris « Kan Endna Tahoun » de Fairuz, des performances chaleureusement accueillies par le public. Plusieurs trophées et attestations de mérite ont été remis aux participants et contributeurs du projet. Ainsi, le Prix de Mérite et Reconnaissance a été attribué au réalisateur Lotfi Barjy. Le Prix d’Interprétation Masculine est revenu à Walid Handach, tandis que Lamya Chemsi a reçu le Prix d’Interprétation Féminine. D’autres distinctions ont été décernées au cours de cette soirée, qui a bénéficié du soutien de plusieurs partenaires, dont Image Factory, IHB, LionsGeek, le Complexe Culturel Anfa, le Groupe Scolaire Le Giron, l’Atelier Pouchkine FLSHA et l’École IGA Casablanca. Il s’agit des Prix d’Encouragement (Saad Bouchakou), Prix d’Encouragement – Organisation (Chayma Machallah) et du Prix Réalisation Vidéo Hommage (Rada Bouaita). Alain B.

Maroc. Un début d’année morose pour l’industrie nationale 

Maroc. Un début d’année morose pour l’industrie nationale 

Stagnation de la production et baisse des ventes enregistrées à fin janvier 2026, selon Bank Al-Maghrib  L’enquête mensuelle de conjoncture de Bank Al-Maghrib (BAM) au titre du mois de janvier  2026 fait ressortir une stagnation de la production industrielle et une baisse des ventes, annonce l’institution publique affirmant, dans ces conditions, que le taux d’utilisation des capacités (TUC) se serait situé à 77%. Selon les résultats de l’enquête, menée du 2 au 26 février 2026, la production aurait enregistré une hausse dans l’«agroalimentaire» et dans la « mécanique et métallurgie» et une baisse dans le «textile et cuir» et dans la «chimie et parachimie». Synthétisés sous forme de soldes d’opinion dans la récente enquête mensuelle de conjoncture dans l’industrie (N°277, Janvier 2026) de la Banque centrale, ils montrent une évolution contrastée des ventes qui auraient évolué différemment, selon les secteurs, tout en enregistrant un repli global aussi bien sur le marché local qu’à l’export. D’après BAM, les ventes auraient ainsi connu une augmentation dans l’«agroalimentaire» et dans le «textile et cuir», une stagnation dans la « mécanique et métallurgie» et une baisse dans la «chimie et parachimie». Par destination, les ventes globales auraient reculé aussi bien sur le marché local qu’à l’étranger. L’institution ajoute que les commandes auraient, pour leur part, enregistré une stagnation, recouvrant une hausse dans l’«agroalimentaire» et dans la « mécanique et métallurgie» et une diminution dans le «textile et cuir» et dans la «chimie et parachimie». Quant aux carnets de commandes, l’enquête révèle qu’ils se seraient situés globalement à un niveau normal, avec des niveaux supérieurs à la normale dans l’«agroalimentaire» et dans la «mécanique et métallurgie» et inférieurs à la normale dans le «textile et cuir» et dans la «chimie et parachimie». Il est à souligner que les industriels anticipent une hausse globale de la production et des ventes dans toutes les branches au cours des trois prochains mois, à l’exception du «textile et cuir» où ils s’attendent à une stagnation de la production. Il faut toutefois noter que près d’une entreprise sur quatre indique des incertitudes quant à l’évolution future de la production. Dans le détail, la production de la branche «agroalimentaire» aurait augmenté et le TUC se serait situé à 70%; les ventes auraient progressé, recouvrant un accroissement sur le marché local et une baisse des expéditions à l’étranger, tandis que les commandes se seraient accrues, avec un carnet qui se serait situé à un niveau supérieur à la normale. Bien que les chefs d’entreprise s’attendent à une hausse de la production et des ventes pour les trois prochains mois, une entreprise sur quatre déclare  cependant des incertitudes quant à l’évolution future de la production et des ventes. Toujours selon BAM, la production de la branche « textile et cuir » est ressortie en baisse dans l’ensemble des sous-branches, à l’exception de l’«industrie textile» où elle aurait augmenté. Le TUC se serait établi à 82% alors que les ventes auraient progressé dans toutes les sous-branches hormis l’«industrie de l’habillement et des fourrures » où elles auraient stagné. Pour leur part, les commandes auraient reculé dans l’ensemble des sous-branches, à l’exception de l’«industrie du cuir et de la chaussure»; tandis que les carnets de commandes se seraient situés à un niveau inférieur à la normale dans toutes les sous-branches. Ainsi, «pour les trois prochains mois, les industriels s’attendent à une stagnation de la production et à une hausse des ventes», révèle l’institution, notant toutefois que 41% des entreprises déclarent des incertitudes quant à leur évolution future. S’agissant de la «chimie et parachimie», les résultats de l’enquête montrent que la production aurait connu un repli et que le TUC se serait établi à 76%, tandis que les ventes se seraient repliées aussi bien sur le marché local qu’à l’étranger et les commandes auraient baissé, avec un carnet qui se serait situé à un niveau inférieur à la normale. Malgré ces replis, les entreprises anticipent une hausse de la production et des ventes dans les trois mois à venir. Enfin, la production de la «mécanique et métallurgie» se serait accrue et le TUC se serait établi à 87% au cours de la même période, alors que les ventes auraient enregistré une stagnation, avec une hausse des expéditions à l’étranger et une baisse des ventes locales et les commandes auraient progressé, avec un carnet qui se serait situé à un niveau supérieur à la normale. « Pour les trois prochains mois, les industriels anticipent une hausse de la production et des ventes », a précisé Bank Al-Maghrib, rappelant toutefois que près du tiers des industriels indiquent des incertitudes quant à l’évolution future de la production. Alain Bouithy