République du Congo: sans visa, mais pas sans règles

Pour une hospitalité congolaise responsable

TRIBUNE. La décision annoncée par le Chef d’Etat de la République du Congo, le Président Denis Sassou Nguesso, le 25 mai 2026, Journée de l’Afrique, et réaffirmée lors du discours du 66ème anniversaire de l’indépendance du pays, est historique

A compter du 1er janvier 2027, la République du Congo supprimera le visa d’entrée pour tous les ressortissants africains. C’est un acte d’essence panafricaniste pure qui place la République du Congo dans le sillage des grandes nations qui ont choisi d’abattre les murs hérités de la colonisation. C’est le rêve d’une Afrique qui circule enfin librement, sur la terre de ses ancêtres.

A ce stade, tout porte à croire que la décision sera mise en œuvre et que les textes sont en cours de préparation. Mais une nation qui s’ouvre ne se livre pas. Le panafricanisme n’est pas le laxisme.

Toutes les sociétés du monde, et celles d’Afrique n’y font pas exception, recèlent des citoyens habités par des travers. L’Afrique est riche de ses travailleurs, de ses étudiants, de ses entrepreneurs, mais elle porte aussi ses délinquants et ses fuyards. Le dire n’est pas stigmatiser, c’est être lucide. D’où la première règle imposable, le casier judiciaire propre.

Exiger de l’Africain qui désire pénétrer en République du Congo un extrait de casier judiciaire vierge, datant d’au moins trois mois, ce n’est pas lui barrer la route. C’est s’assurer de sa bonne citoyenneté et de sa bonne moralité. C’est dire que le Congo accueille des frères, pas des repris de justice, en rupture avec leur pays.

Cette exigence de moralité doit s’accompagner d’une exigence de traçabilité. L’administration congolaise doit demander une certification légale du lieu de résidence du candidat dans son pays d’origine et, surtout, l’identité complète du Congolais ou de la personne résidant légalement au Congo qui l’accueille. Nom, prénom, adresse exacte, pièce d’identité et attestation d’hébergement légalisée.

Cette disposition est capitale pour que la terre congolaise ne se retrouve pas avec des citoyens africains, sans domicile fixe, réduits à traîner dans les rues des cités congolaises, mués en mendiants, avec tout ce que cela comporte de velléités de banditisme et de tendance à la violence contre autrui pour vivre. On n’accueille pas l’anonymat, on accueille une personne.

Et, une fois les conditions d’entrée remplies, l’hospitalité doit devenir encadrement. Sans visa ne veut pas dire sans titre. Pour tout séjour au-delà de 90 jours, il doit être octroyé une Carte de Séjour Temporaire Africaine, renouvelable chaque année. Elle impliquerait la preuve de moyens de subsistance, un carnet de vaccination. Donnerait droit à la circulation, au tourisme et aux affaires, mais pas automatiquement au travail salarié ou à l’ouverture d’un commerce, qui doivent rester soumis à une autorisation spécifique.

Enfin, pour que la loi soit respectée, elle doit sanctionner. Les causes d’expulsion doivent être clairement notifiées dès l’entrée, sur un document remis et signé. Une exigence à la fois protectrice pour les Congolais et servant de correction aux mauvaises tenues.

Faux documents, condamnation pénale au Congo, atteinte à l’ordre public, vagabondage organisé ou exercice illégal d’une activité doivent entraîner l’expulsion immédiate. Et une fois expulsé, plus question de rentrer en République du Congo, quel que soit le motif, pendant une longue période, et à vie en cas de crime grave.

Le Président Denis Sassou Nguesso a eu la volonté politique d’ouvrir la porte. Au gouvernement de s’approprier les qualités administratives pour poser les règles de la maison.

Les Congolais voudraient d’une maison africaine ouverte, mais propre, ordonnée et sûre.

Paris 31 août 2026

Ouabari Mariotti

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