
TRIBUNE. A l’observation, trois problématiques majeures dominent l’actualité nationale et soulèvent des interrogations citoyennes voire politiques.
D’abord, la réforme électorale. L’heureuse dissolution de la C.E.I. a ravivé l’espoir démocratique vite éteint par la proposition gouvernementale. Le problème de la défunte C.E.I. était moins sa structuration que le statut juridique de ses commissaires centraux. Proposer un organe électoral tricephale, c’est éluder le problème à défaut de l’élucider. C’est multiplier le problème par trois. Le modèle sénégalais proposé par le gouvernement peut contribuer, dans le contexte ivoirien, à alimenter la méfiance, la suspicion. La structure de l’ancienne C.E.I. peut valablement être reconduite. Il faut simplement revoir le mode de désignation des commissaires. Un appel à candidatures de personnalités ni partisanes , ni fonctionnaires.
Ensuite, la monnaie Eco. L’initiative est salutaire, le processus d’adoption l’est moins. On ne donne pas une monnaie au peuple. Celui-ci, de façon souveraine, se dote d’une monnaie, d’où la pertinence de l’organisation d’un référendum. L’Eco ne doit pas être la monnaie des élites politiques et technocratiques, mais celle du peuple.
Enfin, l’orpaillage illégal. Le mal est profond. Nous ne sommes pas en présence d’un fait divers. Le problème est politique. Il faut une réponse politique. Le parlement doit se saisir de la question et jouer son rôle de contre-pouvoir. La création d’une commission parlementaire, la convocation du gouvernement pour explication sont des exigences démocratiques qui s’imposent en l’espèce. Le droit est le résultat du contexte social. Les conséquences écologiques, sanitaires, économiques et sécuritaires actuelles de l’orpaillage illégal rendent notre arsenal juridique caduc. Il faut une nouvelle législation pour un meilleur encadrement juridique de l’extraction de l’or en Côte d’Ivoire.
Par ailleurs, qu’est-ce qui explique l’absence des membres du gouvernement et des parlementaires dans les débats médiatiques sur les trois sujets ? Les journalistes et les intellectuels ne peuvent que dénoncer et faire des propositions, les décisions relèvent de la compétence des politiques.
Par Geoffroy-Julien Kouao
Politologue et essayiste
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