Maroc: Statu quo de BAM sur le taux directeur à 2,25%

Politique monétaire

Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25%, conformément aux anticipations largement partagées par les investisseurs financiers interrogés par Attijari Global Research (AGR) et BMCE Capital Global Research (BKGR). Il s’agit du troisième maintien consécutif depuis le début de l’année 2026.

Cette décision tient compte du niveau d’incertitude toujours élevé, de l’évolution à moyen terme de l’inflation à des niveaux modérés et de la consolidation attendue de l’activité économique non agricole, a indiqué la Banque centrale au terme de sa troisième réunion trimestrielle de l’année 2026, tenue mardi 22 septembre.

Lors de cette session, le Conseil a considéré que les incertitudes pesant sur les perspectives économiques demeurent à un niveau très élevé. Selon son analyse, « sur le plan externe, elles découlent de la persistance des conflits et des fortes tensions géoéconomiques, des inquiétudes grandissantes concernant l’approvisionnement en produits énergétiques et alimentaires ainsi qu’en intrants essentiels, des répercussions de l’envolée des rendements souverains sur les marchés financiers, ainsi que des manifestations de plus en plus prononcées du changement climatique ».

Le Conseil, qui entend suivre de près l’évolution de la conjoncture externe et interne et de fonder ses décisions, réunion par réunion, sur la base des données les plus actualisées, indique qu’au niveau interne, les incertitudes sont liées aux conditions climatiques et à l’orientation future de la politique économique.

En raison de la baisse des prix de certains produits alimentaires, le Conseil a relevé que l’inflation est restée faible, s’établissant à 0,3% en moyenne sur les huit premiers mois de l’année. Selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, elle devrait ressortir à 0,7% sur l’ensemble de l’année 2026 et augmenter à 1,5% en 2027, tirée par sa composante sous-jacente.

Dans un communiqué, l’institution publique anticipe une hausse de l’inflation sous-jacente, qui passerait de -0,2% cette année à 2,2% en 2027, sous l’effet de « la dissipation de l’impact de la contraction de sa composante alimentaire, notamment les prix de l’huile d’olive, et la persistance de l’inflation importée à un niveau relativement élevé ».

Selon les projections de BAM, le rythme des activités non agricoles décélérerait de 4,5% en 2025 à 3,1% cette année, en raison d’une évolution moins favorable que prévu de certaines branches, notamment les industries extractives et manufacturières, avant de remonter à 4% en 2027.

Compte tenu d’une récolte céréalière estimée par le Département de l’Agriculture à 93 millions de quintaux (MQx), la valeur ajoutée agricole marquerait un rebond de 16% cette année, avant de reculer de 7,6% en 2027 sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne de 50 MQx.

Le Conseil anticipe ainsi un ralentissement de la croissance de l’économie nationale. Selon les projections de Bank Al-Maghrib, elle passerait de 4,9% en 2025 à 4,4% cette année puis à 2,9% en 2027.

D’après la Banque centrale, « l’effet de la flambée des cours de l’énergie sur les prix domestiques reste limité », grâce notamment aux subventions accordées aux professionnels du transport routier et au maintien des prix du gaz butane et de l’électricité. Elle s’attend, en revanche, à ce que la facture énergétique s’alourdisse « de 28,4% à 138,1 milliards de dirhams cette année, avant de revenir à 116 milliards en 2027, et les achats de produits bruts augmenteraient de 53,4% en 2026 et de 8,3% en 2027 ».

Les importations de biens resteraient très dynamiques dans l’ensemble. BAM table sur une progression de 15,6% cette année des acquisitions de biens d’équipement puis 8,8% en 2027, pour atteindre 250,7 milliards de dirhams.

« Au niveau des exportations, les expéditions du secteur automobile reprendraient graduellement, après une quasi-stabilité en 2025, pour s’établir à 202,2 milliards en 2027 », prévoit l’institution qui estime que les ventes de phosphate et de ses dérivés se raffermiraient de 9,7% cette année, en raison notamment de l’envolée des cours des engrais, puis de 12,1% à 122,6 milliards de dirhams en 2027.

Alain Bouithy

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