Congo/Terre des Légendes et des Lumières. Henri Lopes, un homme au grand cœur

Tant de souvenirs me lient à l’ancien Premier Ministre Henri Lopes. Début septembre 2019, la santé de Mère Azo, Maman Josephine Akouala, ma mère, que je n’avais pas revue, depuis septembre 2014, pour des raisons politico-personnelles, se dégradait de plus en plus. Aucune amélioration n’était prévisible.

Malgré les nombreux messages d’inquiétude qui me parvenaient, je redoutais le déplacement de Brazzaville, tenu par l’instinct sécuritaire que me commandait mes charges de Représentant en Europe de l’Opposition Congolaise.

L’ancien Premier Ministre Henri Lopes et moi résidions, en région parisienne, dans deux villes voisines. Autant que moi, il était fort préoccupé par la maladie de Mère Azo, ne comprenant pas ce qu’il considerait comme une insouciance, voire de la légèreté, de ma part, en laissant s’éteindre une mère sans l’assister de près.

C’est alors que le Premier Ministre Henri Lopes m’avoua de jouer son rôle de frère aîné. Au cours de l’un de nos échanges, il me fit part de son séjour privé à Brazzaville, avec l’option généreuse et filiale de se rendre aux côtés de Mère Azo. C’est ce qu’il fit, avec Maman Christiane, sa compagne, le 31 septembre 2019. Mon cousin Narcisse Ello qui était de la partie s’était chargée de les conduire chez ma sœur, Mme Odile Ampion, où était logée ma mère.

Les images ci-dissous sont la parfaite représentation des séquences de l’heureuse rencontre du couple Henri Lopes avec ma mère, en présence de ma sœur. On y reconnaît l’ancien Premier Ministre dans son humilité, conscient, l’homme qu’il est, de ses limites et de ses faiblesses qu’il exprime par une posture modeste et un respect sincère à l’égard de ma mère. Attitude identique pour sa compagne qui prend Mère Azo dans ses bras.

Le Premier Ministre a prêté une oreille attentive à la voix à peine audible de ma mère, assise sans force, en faisant de petits mouvements de ces deux mains amaigries, venant appuyer ses propos. Le Premier Ministre me révélera, à son retour en France, que la mobilité des mains de ma mère, lors des échanges, traduisait son activité cérébrale encore vivace, malgré sa maladie.

Lorsqu’il avait été annoncé à Mère Azo que M. Henri Lopes viendrait la saluer, elle s’était dite bien sa peau de faire sa connaissance. Ayant entendu parler de M. Henri Lopes, comme un enfant des Pays de Gamboma, à l’intelligence vive. Elle savait que Henri Lopes était métis, d’une parenté avec Maman Baza, aïeule du village Ossio, à la sortie nord de la cité de Gamboma.

Le Premier Ministre Henri Lopes et Maman Christiane ont, tour à tour, dit leur plaisir d’avoir pris contact avec Mère Azo. Ils lui ont conseillé la stricte observance de ses traitements médicaux, avant de la quitter.

Six mois plus tard, le 5 mars 2020, Mère Azo trouve la mort. Le Premier Ministre Henri Lopes ne me laisse m’offrir de prétexte pour ne pas me rendre au Congo. Je l’écoute. Le 10 mars 2020, Maman Nicole et moi sommes à Brazzaville pour les obsèques de Mère Azo qui sera portée en terre, le 18 mars 2020, en pleine crise du COVID.

Au moment où, dans quelques jours, vont être lancées les funérailles de M. Henri Lopes qui nous a quittés le 2 novembre 2023, je dis ma fierté d’avoir appelé le Premier Ministre Ya Henri. C’était un Monsieur très cultivé et qui avait toujours une anecdote à raconter.Une figure brillante de la Nation congolaise. Un homme de grand cœur, à la modestie qui demeurera légendaire. Son ouverture d’esprit me manquera.

Que la dernière accolade fraternelle que je lui ai faite, à la sortie de la messe d’action de grâce, à la mémoire de Aaron Kymia, petit fils de l’Ambassadeur Rodolphe Adada, à l’Eglise américaine de Paris, il y a peu de temps, soit le lien immortel que je garde de lui jusqu’à mon jour là.

Repose en paix, Ya Henri.

Ne sont pas clos mes hommages à ta mémoire.

Ouabari Mariotti

Paris 5 novembre 2023

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