Clément Miérassa : Le Congo-Brazzaville s’achemine vers une présidentielle anticonstitutionnelle en 2026

Le Congo-Brazzaville s’achemine tout droit vers une énième élection présidentielle qui contrevient à la loi, en flagrante violation de la Constitution, selon Clément Miérassa, président du Rassemblement des Forces du Changement (RFC).

À l’orée de l’élection présidentielle prévue en mars 2026, le Parti congolais du travail (PCT) et son président, Denis Sassou N’Guesso, se trouvent dans une situation d’anticonstitutionnalité, ne respectant pas les dispositions constitutionnelles en vigueur, mettant ainsi en péril la légalité et la crédibilité du processus électoral à venir.

Les Congolais sont appelés aux urnes en mars 2026 pour élire leur président. Face à cette échéance cruciale, l’opposition congolaise, par le biais du Rassemblement des Forces du Changement (RFC), exprime sa vive inquiétude et appelle le gouvernement à créer les conditions nécessaires à une élection inclusive, libre, crédible, apaisée et respectueuse de la Constitution.

La démocratie commence par le respect des lois et des textes fondamentaux, au premier rang desquels figure la Constitution, norme juridique suprême. Comme le rappelait l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo : « Celui qui ne respecte pas la Constitution n’est pas un démocrate. »

La Constitution du 20 janvier 2022, fruit d’un processus difficile ayant coûté la vie à de nombreux Congolais, visait à faire évoluer les institutions de la République. Ses articles 227 et 228 prévoient la création du Conseil national de dialogue, organe chargé de favoriser la réconciliation, l’apaisement et le consensus entre les forces vives de la nation sur les grandes questions d’intérêt national. Or, depuis 2015, cet organe essentiel n’a jamais été mis en place.

Dans ses interviews du 14 octobre 2025 sur R7 et TV Podcast, Clément Miérassa a déclaré que le président de la République et le PCT ne sont pas en conformité avec la loi, en s’appuyant sur les arguments suivants :

Tous les citoyens congolais sont égaux devant la loi et ont droit à la protection de l’État. La loi doit être appliquée à tous, sans exception. Aucun citoyen, fût-il président de la République ou membre d’un parti au pouvoir, n’est au-dessus d’elle. À ce titre, le Parti congolais du travail (PCT), au pouvoir depuis 2002, n’a jamais respecté l’obligation de déclaration du patrimoine de ses membres élus ou nommés à des fonctions publiques et devrait, par conséquent, être suspendu conformément à la Constitution.

Il est important de rappeler qu’en 1992, alors qu’il était dans l’opposition, Denis Sassou N’Guesso déclarait, lors d’un meeting URD-PCT tenu le 29 novembre 1992 sur le boulevard des Armées :
« J’insiste pour dire que lorsque la Constitution est violée, les démocrates ne doivent pas l’accepter. Jamais, jamais, jamais nous n’accepterons qu’un gouvernement censuré organise des élections dans un pays, et nous prenons l’opinion internationale à témoin.
Jamais, jamais nous n’accepterons que soient organisées des élections hors la loi. Là aussi, nous prenons l’opinion internationale à témoin.
Je crois que tous les responsables de ce pays doivent penser aux intérêts du peuple, à la paix et à l’unité nationale. Partout ailleurs en Afrique, là où les dirigeants ont méprisé ces principes, ils ont plongé leur peuple dans des drames que nous connaissons.
J’appelle tous les dirigeants de ce pays, ainsi que le président de la République, à ne pas mettre en danger la paix et l’unité nationale.
J’appelle le président de la République à sauver la Constitution, à sauver la démocratie et à sauver la paix. »

Dans la même veine, le président du Rassemblement des Forces du Changement (RFC) a appelé le peuple congolais à faire preuve de combativité, affirmant que rien ne s’obtient sans lutte :
« Rien ne nous sera donné sur un plateau d’argent ; nous obtiendrons tout à travers le combat, et ce combat nécessite des sacrifices. »

Aujourd’hui, le président Denis Sassou N’Guesso et le PCT doivent assumer pleinement leurs responsabilités afin de garantir aux Congolais une élection libre, transparente et pacifique, dans le respect de la paix durement acquise. Ils doivent s’abstenir de toute manœuvre susceptible d’attiser les tensions ou de compromettre la stabilité nationale, à un moment où l’Afrique et le monde sont déjà fragilisés par de multiples crises.

Fredrich Gunther M’bemba

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