
En visite au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tengandogo, le gouvernement burkinabè a salué, mercredi, les prouesses réalisées par les équipes médicales engagées dans la troisième campagne de transplantation rénale, indiquant que cette nouvelle étape, qui marque une progression dans la prise en charge locale de l’insuffisance rénale chronique terminale, constitue une avancée majeure vers la souveraineté sanitaire du pays.
Après une première transplantation rénale réalisée avec succès le 29 juillet 2025, puis une deuxième campagne ayant permis deux interventions réussies les 3 et 4 février 2026, les équipes médicales burkinabè et leurs partenaires ont réalisé avec succès une troisième phase sur trois couples donneurs-receveurs.
En visite auprès des équipes médicales et des patients, une délégation gouvernementale conduite par le ministre chargé de l’Enseignement supérieur, Adjima Thiombiano, a salué le 29 juillet 2026 une avancée importante pour le système sanitaire burkinabè.
« Nous avons constaté l’effectivité de cette session de transplantation rénale, qui montre véritablement une prouesse non seulement des équipes, mais du système de santé dans son ensemble », a déclaré le ministre.
Selon lui, cette initiative répond à la vision du gouvernement de permettre aux populations de bénéficier de soins spécialisés grâce à des compétences développées au niveau national.
Pour Adjima Thiombiano, les résultats obtenus témoignent également des efforts consentis par les Burkinabè à travers leurs contributions au financement des équipements et infrastructures sanitaires nécessaires.
Il a invité les populations à comprendre que « les sacrifices ne sont pas vains », soulignant que ces avancées sont rendues possibles grâce à la mobilisation collective.
La néphrologue au CHU de Tengandogo, le docteur Fatimata Diallo, a expliqué que la transplantation rénale est le fruit d’un long processus de préparation. « C’est un parcours du combattant », a-t-elle indiqué, précisant que les patients concernés par cette troisième campagne sont suivis depuis novembre et décembre 2025.
Avant toute intervention, les équipes procèdent à une série d’examens pour vérifier l’éligibilité des receveurs et des donneurs, leur compatibilité ainsi que l’absence de contre-indications médicales.
Pour cette campagne, les donneurs sont issus de l’entourage familial des patients. Le premier patient opéré a reçu le rein de son frère aîné, tandis que le deuxième bénéficiaire doit recevoir celui de son oncle. Le troisième couple prévu concerne une jeune femme dont le donneur est un cousin paternel.
La spécialiste précise qu’après la transplantation, les patients bénéficient d’un suivi médical rapproché, notamment durant les trois premiers mois. Ils doivent également suivre un traitement immunosuppresseur afin d’éviter le rejet du greffon. Les donneurs, quant à eux, font également l’objet d’un suivi régulier après leur intervention.
« Les patients transplantés n’ont normalement plus besoin de dialyse lorsque tout fonctionne bien, mais ils restent des patients fragiles qui nécessitent une surveillance », a-t-elle expliqué.
Au-delà des trois interventions, cette campagne nourrit l’espoir de nombreux malades souffrant d’insuffisance rénale. Selon la néphrologue, environ 800 patients sont actuellement sous dialyse au Burkina Faso. La transplantation apparaît donc comme une nouvelle option thérapeutique offrant une meilleure qualité de vie et une meilleure espérance de survie pour les patients éligibles.
Pour David, donneur lors de cette campagne, le geste posé en faveur de son petit frère relève avant tout de la solidarité familiale. « Ce n’est pas moi qui souffrais, c’est mon petit frère. Comme on ne peut pas rester sans rien faire quand un membre de la famille souffre, j’ai décidé de lui donner une chance de vivre », a-t-il confié.
Avec trois campagnes organisées en une année et six transplantations réalisées ou programmées depuis le lancement du programme, le Burkina Faso consolide progressivement ses capacités dans un domaine médical longtemps réservé aux évacuations sanitaires à l’étranger.
AIB
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