Le Ghana intensifie les efforts pour stimuler le commerce intra-africain

Le Ghana accélère la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) afin d’ouvrir de nouvelles perspectives aux entreprises ghanéennes à travers l’Afrique, en passant d’un commerce basé sur les matières premières à une valeur ajoutée pour ses exportations traditionnelles telles que l’or, le pétrole et le cacao. S’exprimant lors de la tournée de présentation de la Foire commerciale intra-africaine au Ghana (IATF) 2025, le Ministre ghanéen du commerce, de l’agrobusiness et de l’industrie, Elizabeth Ofosu-Adjare, a souligné l’engagement du gouvernement à créer un environnement propice à la prospérité des entreprises dans le cadre de la ZLECAf en améliorant l’infrastructure commerciale, le financement et l’accès au marché. Dans le cadre de notre programme d’expansion des marchés, le Bureau national de coordination de la ZLECAf apporte un soutien concret à plus de 2 000 MPME au Ghana. Cette initiative comprend la sensibilisation, les programmes de formation à la préparation au marché, la formation sur les règles d’origine de la ZLECAf, le financement du commerce et les initiatives d’accès aux marchés. Le Ghana a également mené des expéditions commerciales ciblées en Afrique de l’Est, emmenant des entreprises ghanéennes au Kenya, en Tanzanie et au Rwanda afin d’explorer des opportunités en temps réel et de négocier des contrats d’approvisionnement », a déclaré la Ministre dans un discours lu en son nom par le Coordinateur national par intérim du Bureau national de coordination de la ZLECAf, Benjamin Kwaku Asiam. La tournée de présentation commerciale de l’IATF2025 a réuni des représentants du gouvernement, des acteurs du monde des affaires, notamment des entreprises et des investisseurs, ainsi que des dirigeants de la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank). L’événement a été axé sur la promotion du commerce intra-africain sous le thème : Tirer parti des chaînes de valeur régionales et continentales : Accélérer l’industrialisation de l’Afrique et la compétitivité mondiale grâce à la ZLECAf. Le Business Roadshow est l’une des cinq tournées de présentation prévues à Accra, Nairobi, Johannesburg, Lagos et Alger en prélude à la quatrième édition de la Foire commerciale intra-africaine biennale 2025 (IATF2025), qui se tiendra à Alger, Algérie, du 4 au 10 septembre 2025. L’IATF est le premier événement africain en matière de commerce et d’investissement, offrant aux entreprises une plate-forme leur permettant de présenter des biens et d’échanger des informations sur le commerce et l’investissement au sein du marché unique du continent. Dans son discours liminaire, le Secrétaire général de la ZLECAf, S.E. Wamkele Mene a souligné que l’IATF offre une plate-forme inégalée pour l’échange d’information sur le commerce et l’investissement ; ajoutant qu’il s’agit d’un marché d’idées, de possibilités et de partenariats. « Au moment où nous nous efforçons à développer le commerce intra-africain, à créer des chaînes de valeur régionales et à accélérer l’industrialisation, l’IATF sert de plateforme clé pour mettre en relation les entreprises, les investisseurs, les gouvernements et les innovateurs africains. Il s’agit d’un catalyseur pour transformer la promesse de la ZLECAf en résultats concrets : accords commerciaux signés, investissements mobilisés et création d’emplois. En établissant un grand marché intégré, la ZLECAf encourage les pays à se spécialiser et à ajouter de la valeur aux produits, en attirant les investissements et en créant des emplois », a-t-il poursuivi. Mene a ajouté que cette démarche soutient la diversification économique, la réduction de la pauvreté et la vision de l’Afrique pour un développement durable et inclusif. Dr Yemi Kale, Économiste en chef et Directeur général de la Recherche du Groupe Afreximbank, a décrit l’IATF comme le marché commercial de la ZLECAf, qui donne vie aux efforts de l’Afrique pour commercer davantage avec elle-même non seulement dans les matières premières, mais aussi dans les biens à valeur ajoutée, les services et les innovations. « L’un des obstacles persistants au commerce intra-africain n’est pas seulement les droits de douane ou la logistique, c’est aussi l’accès à des informations commerciales précises, opportunes et exploitables. Le commerce ne peut prospérer en l’absence d’informations », a déclaré le Dr Kale, ajoutant que l’IATF2025 fournit une plate-forme pour y remédier. Il a invité les entreprises et les agences gouvernementales ghanéennes à participer à l’IATF2025, où plus de 2 000 exposants d’Afrique et d’ailleurs présenteront leurs produits à plus de 35 000 visiteurs et acheteurs de plus de 140 pays. Il a ajouté que l’IATF2025 devrait être sanctionnée par des accords commerciaux et d’investissement dépassant 44 milliards de dollars US. Au total, l’IATF a attiré plus de 4 500 exposants, plus de 70 000 visiteurs et a facilité la conclusion de contrats d’une valeur supérieure à 100 milliards de dollars US. La dernière édition, qui s’est tenue au Caire, a attiré près de 2 000 exposants de 65 pays et a généré 43,7 milliards de dollars US en transactions commerciales et d’investissement. La prochaine édition de l’IATF2025 sera accueillie par le Gouvernement de la République Démocratique Populaire d’Algérie. Prenant la parole lors du Business Roadshow, Son Excellence Mourad Louhaidia, Ambassadeur d’Algérie au Ghana, a souhaité la bienvenue aux visiteurs et exposants attendus à Alger, tout en réaffirmant l’engagement de son gouvernement à garantir le plein succès de l’IATF2025, notamment par la mobilisation des infrastructures de transport et d’hébergement, ainsi que par la facilitation de l’entrée sur le territoire pour tous les participants. « L’ambassade d’Algérie accélérera le traitement des visas pour tous les participants en provenance du Ghana. Nous avons mis en place une équipe dédiée au sein de l’ambassade pour gérer l’ensemble des demandes d’informations et de visas dans le cadre de l’IATF2025 », a ajouté S.E. Louhaidia. L’IATF2025 comprendra une exposition commerciale, le programme Creative Africa Nexus (CANEX) mettant en lumière les industries culturelles, un forum sur le commerce et l’investissement de quatre jours et le salon africain de l’automobile. Les journées spéciales mettront à l’honneur certains pays, des entités des secteurs public et privé, le tourisme, les attractions culturelles, ainsi que la Journée de l’Afrique globale, qui célèbre les liens avec la diaspora africaine. Parmi les autres activités figurent la mise en relation entre entreprises et entre entreprises et pouvoirs publics, le
Maroc: Attijariwafa bank et le Secrétariat de la ZLECAf signent un protocole d’accord

Le groupe Attijariwafa bank et le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ont signé, en marge de l’Édition 2024 du Forum international Afrique Développement, un protocole d’accord visant à accélérer les impacts de la ZLECAf afin de faciliter le commerce et l’investissement sur le Continent. Paraphé par M. Mohamed El Kettani, Président Directeur Général du groupe Attijariwafa bank et par S.E.M. Wamkele Mene, le Secrétaire Général du Secrétariat de la ZLECAf,ce protocole d’accord porte sur la coopération des deux parties en vue de mobiliser des ressources, d’identifier et d’accompagner la mise en œuvre de projets dans les secteurs prioritaires comme l’infrastructure, l’énergie, l’agriculture, l’agro-industrie, l’automobile, l’industrie pharmaceutique, les transports et la logistique. Les deux parties se sont également engagées à soutenir les sociétés commerciales africaines (African Trading Companies) qui facilitent et stimulent le commerce intra-africain, à promouvoir la participation des femmes et des jeunes entrepreneurs à la ZLECAf pour favoriser davantage la création d’emplois et de projets, et à s’appuyer sur le Club Afrique Développement du groupe Attijariwafa bank, comme plateforme d’échange Sud-Sud en faveur de la communauté des entrepreneurs africains. Ainsi, le groupe Attijariwafa bank et la ZLECAf se sont entendus, à travers cet accord, sur les principes fondamentaux de cette coopération. Il s’agit notamment de : S’exprimant lors de la cérémonie de signature, S.E.M. Wamkele Mene, Secrétaire Général du Secrétariat de la ZLECAf, s’est félicité de la conclusion de cet important protocole d’accord qui témoigne de la volonté des deux parties de porter leur coopération à un niveau supérieur et de renforcer davantage le rôle du secteur bancaire africain dans l’accompagnement des opérateurs économiques africains dans la prospection des opportunités d’affaires sur l’ensemble du continent et d’élargir ainsi leur ambitions de façon à contribuer efficacement à la prospérité économique en Afrique. Étant convaincu de l’importance de cette initiative, Monsieur le Secrétaire général a rappelé « la nécessité de renforcer également les canaux de communication sur les opportunités d’affaires sur le continent et la priorisation des projets d’infrastructures fédérateurs à même de contribuer à l’accélération des mouvements de personnes et capitaux ». Monsieur le Secrétaire Général a souligné également « la nécessité d’impliquer l’ensemble des forces vives des nations africaines et d’encourager les opérateurs économiques à s’approprier les objectifs de la ZLECAf dont l’objectif principal reste la mise en place d’un espace économique épanoui profitable à tous les peuples africains. » Lors de son intervention, M. Mohamed El Kettani, Président Directeur Général du groupe Attijariwafa bank a déclaré: « En découvrant les capacités actuelles de la ZLECAF, nous devenons conscients de l’apport considérable de cette initiative pour le développement économique de l’Afrique. Cette zone de libre-échange a le potentiel de transformer profondément les échanges commerciaux intra-africains, en éliminant les barrières tarifaires et non tarifaires, et en stimulant les investissements directs étrangers. » Et d’ajouter : « en tant qu’institution financière panafricaine, Attijariwafa Bank est fermement engagée à accompagner cette dynamique de croissance et d’intégration économique. Cette convention représente non seulement une avancée significative pour nos deux organisations, mais également une opportunité unique de tirer parti des synergies créées par cette coopération renforcée. Nous sommes impatients de collaborer à travers des activités comme le Forum International Afrique Développement (FIAD), et de profiter plus amplement des opportunités économiques qu’offre notre continent en plein essor. Ensemble, nous œuvrerons à la construction d’une Afrique plus intégrée, plus compétitive et plus prospère. » Ce protocole d’accord illustre l’engagement continu du groupe Attijariwafa bank et du Secrétariat de la ZLECAf pour une intégration économique africaine plus profonde favorisant le développement durable, la croissance économique et l’augmentation du commerce intra-africain.
Le marché africain dépassera bientôt celui d’Asie et d’Europe, selon un rapport
Disposant d’une population très importante et surtout jeune, la Zone de libre-échange continentale africaine offre de riches possibilités de croissance économique. Cependant, un sous-développement prononcé des infrastructures empêche les échanges intrarégionaux, selon un récent rapport. Avec ses plus de 1,4 milliard d’habitants, l’Afrique représente déjà près de 20% de la population mondiale. En 2023, elle est la deuxième zone du monde la plus peuplée derrière l’Asie (avec 4,7 milliards). Sa population compte déjà pour le double de celle de l’Europe (743 millions), fait ressortir un récent rapport de la Fondation Mo Ibrahim, fondée en 2006 par l’homme d’affaires et philanthrope soudanais-britannique éponyme. La Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) représente donc une énorme opportunité pour l’Afrique, selon le rapport. Qui plus est, la population de l’Afrique est la plus jeune du monde et devrait augmenter de manière significative à partir de 2060. Les ressources naturelles du continent, y compris les minéraux essentiels pour les technologies renouvelables, le rende indispensable à une économie verte, qui aspire à réduire les émissions de carbone. Des avantages Si l’Asie restera la région la plus peuplée du monde en 2100, elle commencera à diminuer à partir de 2060. L’Amérique du Nord et l’Océanie continuent de croître, mais la population africaine est estimée être la seule à augmenter considérablement. Née en 2021, la Zleca est le plus grand marché potentiel au monde, souligne le rapport. Elle engage ses signataires à supprimer les droits de douane sur 90% des marchandises, à libéraliser progressivement le commerce des services et à éliminer les autres barrières non tarifaires. Avec ses plus de 1,4 milliard de personnes, la taille du marché de la Zleca a dépassé le marché unique de l’UE, l’accord États-Unis-Mexique-Canada (USMCA) et le marché commun du Sud (MERCOSUR) combinés, d’après le rapport. Il s’agit de l’accord de libre-échange le plus important pour le nombre de pays membres. Des problèmes Malgré tout, le commerce intercontinental reste faible, ne représentant que moins de 13% du commerce total de l’Afrique, en comparaison aux 66,9 % de l’Europe, aux 63,8% de l’Asie et aux 44,4% des Amériques, ajoute la fondation. L’Afrique est confrontée à un important déficit d’infrastructures, avec des réseaux de transports qui ne reflètent pas sa population, constate aussi le rapport. En l’absence d’infrastructures appropriées pour faciliter les déplacements au sein du continent, le commerce intrarégional continuera d’être coûteux et inaccessible, quelles que soient les réductions tarifaires. L’Afrique occupe plus d’un cinquième de la superficie terrestre mais possède moins de 8% des routes et des rails dans le monde.
Le Projet Commun d’Appui à la Mise en Œuvre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine fait le point sur ses avancées

Le projet d’appui à la mise en œuvre de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf), un projet conjoint établi et financé par la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), le Cadre Intégré Renforcé (CIR), la Banque Islamique de Développement (BID), la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (ITFC) et le Fonds de Développement du Commerce (TDFD), a annoncé aujourd’hui un certain nombre de développements importants du projet et l’exécution d’activités clés pour soutenir l’opérationnalisation de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf) au Burkina Faso, en Guinée, au Niger, au Sénégal et au Togo. En janvier et février 2022, des consultations ont eu lieu entre la CEA, la CIR, l’ITFC, la TDFD et les pays bénéficiaires pour préparer les termes de référence des activités clés du projet conjoint et leur calendrier de mise en œuvre. Dans sa première phase, qui s’étend jusqu’en Juin 2023, le projet prévoit la mise en œuvre de trente activités dont d’importants ateliers dans les pays, la réalisation d’études spécifiques et la conception d’instruments de communication. Ces activités sont organisées en trois grandes catégories pour soutenir l’opérationnalisation de la ZLECAf : renforcement des capacités et sensibilisation sur la ZLECAf, développement d’outils d’information sur la ZLECAf et développement d’instruments de politique pour soutenir la mise en œuvre de la ZLECAf. Pour les populations africaines, il est important de réaliser la promesse de la ZLECAf d’une intégration économique plus grande et plus profonde afin d’attirer les investissements, de développer le commerce, de créer de meilleurs emplois, d’éliminer la pauvreté et d’accroître la prospérité partagée. La mise en œuvre réussie de l’accord de libre-échange est essentielle pour la réalisation de cet engagement et les pays bénéficiaires du projet conjoint, à savoir le Burkina Faso, la Guinée, le Niger, le Sénégal et le Togo, doivent disposer des capacités, des outils d’information et des instruments politiques nécessaires pour mettre en œuvre efficacement la ZLECAf. C’est la raison pour laquelle le projet conjoint entre le CIR, la BID, l’ITFC, la TDFD et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique a été développé pour soutenir l’opérationnalisation de la ZLECAf. Les activités de soutien du projet ont été proposées par les pays bénéficiaires conformément aux plans d’action inclus dans leurs stratégies nationales de ZLECAf. Depuis mars 2022, les activités exécutées dans les pays bénéficiaires sont les suivantes : Au cours de la prochaine étape de cette première phase du projet, les questions suivantes seront abordés dans les interventions du projet afin de développer des outils d’information et des instruments politiques : Somme toutes, une quinzaine d’activités approuvées dans le cadre du projet sont prévues d’ici à juin 2023 dans les cinq pays bénéficiaires.
Pleins feux sur l’intégration des économies de l’Afrique du Nord dans le cadre de la ZLECAf
Lors du Forum de Rabat, les intervenants ont souligné la nécessité pour l’Afrique d’unir ses forces, afin de progresser dans r la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour que celle-ci puisse contribuer pleinement au développement et à la transformation du continent. Dans le cadre de son nouveau programme One Trade Africa, le Centre du commerce international (ITC) a organisé le Forum de Rabat en partenariat avec le Secrétariat Général de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), sous l’égide du Gouvernement du Royaume du Maroc et avec le soutien des ministères du commerce de l’Egypte et des pays membres de l’UMA, à savoir l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie. Les conférenciers ont mis en évidence la complémentarité des économies de l’Afrique du Nord et ont exprimé la volonté commune d’augmenter le flux des échanges entre les pays d’Afrique du Nord et garantir une amélioration de l’accès aux marchés à l’échelle du continent. Comme l’a souligné Son Excellence M. Taieb Baccouche, Secrétaire général de l’Union du Maghreb Arabe, il est plus que jamais nécessaire pour les États du Maghreb de s’engager concrètement dans l’organisation d’une intégration régionale effective. Force est de constater que malgré les divers atouts dont dispose la région et qui offrent l’occasion d’approfondir le développement tant souhaité, le commerce intra-maghrébin représente aujourd’hui moins de 5 % des échanges et le coût de cette faible intégration est évalué, pour chacun des pays, à la privation de 2 à 3% du PIB annuel, révèle M. Baccouche. Selon Son Excellence Moulay Hafid El Alami, Ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Economie verte et du Numérique du Royaume du Maroc, « la mise en place de la ZLECAf devrait accélérer l’intégration de nos marchés nationaux respectifs et le développement des chaines de valeurs continentales, de manière à mettre en exergue les complémentarités entre nos économies, stimuler les échanges intra-africains et favoriser le positionnement de chacun des pays membres dans les chaines de valeurs régionales, continentales et mondiales ». La ZLECAf permettra ainsi d’augmenter le commerce intra-africain de 52 % d’ici 2022, en vue de créer un meilleur environnement macro-économique pour les MPME qui représentent plus de 80 % des entreprises du continent et de contribuer à un gain en bien-être estimé à 16,1 Mds US$, rapporte S.E le Ministre El Alami. Par ailleurs, Mme Coke-Hamilton, directrice exécutive de l’ITC, a affirmé que l’opérationnalisation de la ZLECAf devrait remodeler et transformer les pays africains en accélérant la croissance, en diversifiant les exportations et en attirant les investissements. En effet, lors du panel de haut niveau, Mme Lilia Hachem Naas, cheffe du Bureau pour les pays arabes de l’ITC, a rappelé que l’intégration maghrébine, jalon essentiel du processus d’intégration continental, présente d’énormes opportunités en termes de croissance et d’emploi. Le panel a reconnu le rôle majeur que jouent les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) dans l’économie, notamment en termes de création d’emplois et d’augmentation du commerce transfrontalier. Toutefois, ces MPME continuent de faire face à diverses contraintes, dont l’accès à l’information et à l’intelligence commerciale, l’accès aux marchés et l’accès au financement. Ce dernier demeure un aspect critique qui freine la croissance des petites entreprises. En effet, Afreximbank affirme que 40 % des MPME dans les pays en voie de développement rencontrent des difficultés d’accès au financement, ce qui nécessite des solutions innovantes et adaptées aux besoins de ces entreprises. Pour pallier ces difficultés, il faut non seulement offrir un meilleur accès aux financements mais également encourager les investissements, accroître la dissémination et l’accès à l’information et créer un environnement favorable qui permet au secteur de se développer et de mener à bien ses affaires. Le panel a également reconnu que le processus d’opérationnalisation de la ZLECAf en Afrique en est à ses débuts. Des expériences similaires de créer et faire fonctionner efficacement des espaces économiques commun, tels que l’UEMOA, la CEDEAO ou encore l’Union européenne, ont pris beaucoup de temps. Selon l’exemple de l’Union européenne, l’intégration est un processus à long terme qui requiert une vision, une volonté politique, de la résilience et surtout qui doit d’engendrer des bénéfices concrets pour tous les acteurs, et notamment pour le secteur privé. Parmi les recommandations énoncées dans la « Déclaration de Rabat », figurent la nécessité d’œuvrer ensemble en faveur de la réduction des barrières au commerce, de l’harmonisation des législations, de l’opérationnalisation des corridors commerciaux et de l’amélioration de la connectivité routière, ferroviaire, maritime et aérienne entre les pays de l’Afrique du Nord, d’une transformation digitale du continent, et enfin, d’une revitalisation de l’Union du Maghreb Arabe. Les pays participants ont suggéré de mettre en place un Comité consultatif régional, composé des pays membres de l’UMA et de l’Egypte, qui assurera le suivi annuel et évaluera les progrès de l’opérationnalisation de la ZLECAf en Afrique du Nord.
Le Document de stratégie d’intégration régionale de l’Afrique centrale 2019-2025 présenté à Yaoundé pour accélérer l’agenda de la Zone de libre-échange continentale africaine

Le ministre de l’Économie, de la planification et de l’administration du territoire, également gouverneur de la Banque africaine de développement pour le Cameroun, Alamine Ousmane Mey, a ouvert, lundi 16 septembre à Yaoundé, au Cameroun, l’atelier de restitution du Document de stratégie d’intégration régionale de l’Afrique centrale, pour la période 2019-2025 (DSIR-AC). L’atelier de restitution a réuni les ministres gouverneurs du Tchad et de la République centrafricaine : Issa Doubragne, ministre tchadien de l’Économie et de la planification du développement, Félix Moloua, ministre centrafricain de l’Économie, du plan et de la coopération, ainsi que Daniel Ona Ondo, président de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), Ahmad Allam-Mi, secrétaire général de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), et Daniel Molongandzeyi, directeur général de l’intégration au ministère du Plan, de la statistique et de l’intégration régionale de la République du Congo. « C’est avec beaucoup d’espoir, d’intérêt et d’attention que nos pays et nos communautés accueillent le nouveau Document de stratégie d’intégration régionale de l’Afrique centrale, pour la période 2019-2025, dans le but d’accélérer l’intégration en Afrique centrale », a déclaré Alamine Ousmane Mey, saluant la publication du nouveau DSIR-AC 2019-2025. « Au niveau continental, les objectifs et piliers du DSIR-AC sont en adéquation avec ceux de l’Union africaine en matière d’intégration. Au niveau régional, il prend en compte la vision stratégique à l’horizon 2025 de la CEEAC et le programme économique régional 2017-2021 de la CEMAC » a ajouté le ministre. Dans son allocution d’ouverture, le directeur général de la région Afrique centrale à la Banque africaine de développement, Ousmane Doré, a indiqué que le nouveau DSIR-AC 2019-2025 avait été élaboré dans un contexte de changements institutionnels majeurs à la Banque, notamment le rapprochement avancé des régions à travers une décentralisation désormais effective. « Cette stratégie d’appui à l’intégration régionale tient compte du contexte socio-économique actuel de la région, de ses défis et faiblesses, mais aussi, de ses forces et opportunités. Il propose de tirer parti des avantages comparatifs de la région, notamment de ses abondantes ressources forestières et minières, de ses diverses zones écologiques et sa situation géographique stratégique » a souligné Ousmane Doré. « Une intégration régionale effective en Afrique centrale permettra, en outre, de stimuler l’essor des marchés nationaux, d’accroître les flux commerciaux et d’investissement, d’atténuer les carences institutionnelles et d’infrastructures, et d’impulser une transformation structurelle en vue d’un développement plus équitable et durable, qui contribuera à réduire les facteurs de fragilité » a-t-il poursuivi. « Ce nouveau document d’assistance régionale de la Banque pour l’Afrique centrale a été conçu en étroite concertation avec la CEMAC, la CEEAC, les gouvernements de la région, le secteur privé et les partenaires au développement. Doté d’un programme indicatif de près de 30 opérations régionales pour un montant global de 4,4 milliards de dollars américains, sa mise en œuvre nécessitera un partenariat renforcé » a précisé Solomane Kone, responsable-pays de la Banque au Cameroun. Le Document de stratégie d’intégration régionale de l’Afrique centrale pour la période 2019-2025 couvre sept pays : Cameroun, Congo, Centrafrique, Gabon, Guinée équatoriale, République démocratique du Congo et Tchad. Il répond aux priorités des communautés économiques régionales et de leurs pays membres. Les échanges tenus lors d’une table ronde organisée pour la circonstance ont mis en exergue la nécessité, pour les différentes parties prenantes, de s’approprier le contenu du Document adopté le 28 mars 2019 par les Conseils d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement, pour une opérationnalisation et une accélération de l’agenda de l’intégration régionale en Afrique centrale, en particulier celui de la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).