Congo/RDC. Regard sur le passé. Youlou Mabiala dans l’OK Jazz

Congo/RDC. Regard sur le passé. Youlou Mabiala dans l’OK Jazz

RETRO. Le 15 août 1966, le jeune Gilbert Youlou, qui sort d’un groupe vocal « Les Griots » de Brazzaville, apparaît pour la première fois en public au sein de l’Ok jazz. Son ascension ne commencera à se faire que vers la fin de l’année 1966, avec la sortie des titres à succès, comme « Ombimi mbue » et « Baboteli ngai yo », parus aux éditions « Epanza Makita ». Ainsi que d’autres parus aux éditions « Boma bango » et « Vicklong »: « Mpungu ya bango », « Nakoluka yo nzela nionso », « Numéro ya Kinshasa », « Dodo tuna na motema », « Nakopesa yo motema » et bien sûr « Nabosani adresse  » ci-dessous  qui ont fait de Youlou Mabiala la vedette confirmée de l’Ok jazz. Clément Ossinondé

RDC/Congo. L’incontournable duo Faya Tess & Kanta Nyboma rend hommage au Prince Youlou Mabiala

RDC/Congo. L’incontournable duo Faya Tess & Kanta Nyboma rend hommage au Prince Youlou Mabiala

HOMMAGE. Au temps des classiques & de la rumba. Tel est le titre de la mémorable série discographique destinée aux vieilles gloires de la musique congolaise. Une imagination mélodique prodigieuse, du meilleur duo musical actuel de la diaspora congolaise, Faya Tess et Kanta Nyboma. Un phrasé délicieusement « Rumba » hérité des grands noms de la musique congolaise dont le duo pérennise les œuvres mémorables en leur donnant une seconde vie. Faya Tess & Kanta Nyboma – un timbre d’une homogénéité inégalée. Ils sont sans doute tout simplement les plus grands interprètes du moment. Dans la présente série – Au temps des classiques – « Mamou » du Prince Youlou Mabiala est le titre phare. Le duo fait preuve d’un niveau d’inspiration à ce point inébranlable. Enfin, l’art du duo Faya Tess et Kanta Nyboma n’a cessé depuis de s’affirmer en ce qui concerne le voicing, d’une merveilleuse transparence. Voulant une musique populaire et lisible, l’une de ses armes secrètes est le tempo. Écouter ! Clément OSSINONDE

Youlou Mabiala, nous avons toujours une pensée pour toi, 15 ans après ta tragédie

Youlou Mabiala, nous avons toujours une pensée pour toi, 15 ans après ta tragédie

Un malheureux accident est intervenu le 15 Août 2004 à Pointe-Noire (Congo), au cours des festivités marquant le 44ème anniversaire de l’indépendance du Congo. Notre héraut national, le virtuose du chant, Gilbert Youlou Mabiala est terrassé par une crise d’hypertension. La suite, on la connaît. Hospitalisé d’abord au Centre hospitalier de Loandjili, à Pointe Noire, quelques semaines après au Centre hospitalier universitaire de Brazzaville, Youlou Mabiala a été évacué ensuite à Paris où il y réside jusqu’à maintenant. Si ses jours ne sont certes plus en danger, sa carrière par contre a pris un coup. Aussi, la possibilité pour lui de reprendre la scène reste encore un point d’interrogation. Car, il s’en est sorti avec des séquelles qui nécessitent une longue rééducation. Youlou Mabiala est l’une des plus marquantes personnalités de la « Rumba odemba » dans son ensemble. Le destin devait sourire à cet enfant de Brazzaville, où il était né le 06 mars 1947. Intégration dans l’OK Jazz En effet, membre du groupe vocal « Les Mains Blanches » de Brazzaville, Youlou Mabiala est découvert par le grand maître Luambo Makiadi « Franco », au cours d’un séjour à Brazzaville, suivi immédiatement par un engagement historique dans l’OK Jazz, le 13 Août 1966, date de son premier concert à Kinshasa, au «Cosbaki » (complexe sportif Bandal-Kintambo). Youlou Mabiala devient dans les années qui suivent une grande vedette populaire de la chanson congolaise. Il saura toucher toutes les sensibilités par des compositions qui puisaient au plus profond de la tradition de la Rumba. Quelques facilités dans le répertoire et une incroyable fécondité créatrice. Sa première composition dans l’OK Jazz « Obimi mbwe », suivie de « Likweyi », « Marie Hélène », «Suzy », « Mpoungu ya bolingo »…lui fait acquérir une maîtrise impressionnante dans le domaine de l’écriture. Son art n’a cessé depuis de s’affirmer en ce qui concerne le voicing, d’une meilleure transparence. A l’aise aussi bien aux côtés des chanteurs plus « classiques », comme Josky, Kiambukuta, Michel Boyibanda ou Uta Mayi et Ndombe Opetum , que dans les musiques de la « rumba odemba », Youlou Mabiala est doué d’une personnalité sonore très particulière : un timbre fin et une vigueur qui l’apparente à l’ancien chanteur de l’OK Jazz et du Rock-A-Mambo dans les années 50 : José Philippe Lando « Rossignol » L’avènement de l’Orchestre Rumbaya des « Trois Frères » Hélas ! 1978, Youlou Mabiala, en harmonie avec son tuteur Luambo Makiadi quitte l’OK Jazz, avec lui Michel Boyibanda pour créer à Brazzaville, l’orchestre Rumbaya des « Trois Frères » : Youlou Mabiala – Michel Boyibanda – Loko Massengo « Djeskain ». La sortie solennelle du groupe a lieu le 18 Juillet 1978 au cinéma Vog de Brazzaville, en présence des invités de marques kinois : Tabu Ley, Ndombe Opetum, Mavatiku Visi, Matete Kanda, Lukezo Luansi. Enracinés dans les sources de la véritable Rumba, « Les Trois Frères» déploient de lumineuses variations sur des thèmes délicieusement nostalgiques, « Saley », « Midi », « Kumbe Kumbe », « Diallo », «Nenette », « Petit chérie », « Bolingo eloko » etc. Le succès est grandiose, mais c’est un groupe éphémère qui restera tout de même dans l’histoire de la musique congolaise. Création de l’Orchestre Kamikaze-Loningisa En effet, Youlou Mabiala quitte l’orchestre Rumbaya des « Trois Frères » pour former le 28 Août 1981 au cinéma Vog à Brazzaville son orchestre Kamikaze-Loningisa. Il est composé des musiciens : Youlou Mabiala, Serge Lemo Kiambukuta, Sele, Bola Bolith, Pindu et Miguel (chant), Souza Vangu, Dercy Mandiangu (guitare solo), Kiala Don Joli (guitare rythmique), Djaffar Loumbamba (guitare basse), Lilas Simon Nona (batterie-tumbas), Iblo, Jeff, Zinga et Augustin (cuivres) C’est le début pour Youlou Mabiala de donner un nouvel élan a une véritable musique de danse, à partir des influences conjuguées de son maître de rythme Luambo Makiadi « Franco ». Emouvant, le nombre impressionnant de disques sortis entre 1981 – 1995. Ses divers aspects sont ici mis en lumière dans un survol de 14 ans de «Kamikaze-Loningisa », successivement des titres à succès, comme : « Point final » « Bakita », « Hélène », « Maka », « Carte postale », « Jean Jacques », « Mbou André », Mamou », « Loufoulakari », « Mon avocat a voyagé » « Dona Beija » et tant d’autres. Notons, que tout au long de son parcours avec son groupe Kamikaze-Loningisa, Youlou Mabiala est demeuré en bon terme avec Luambo Makiadi. Il y même reparti plus d’une fois participé aux enregistrements de l’OK Jazz ; comme en 1987 avec la reprise des ancien succès de l’OK Jazz, dont « Vikina » une composition de Youlou Mabiala. La mort de Franco le 12 Octobre 1989 suivi de la dissolution de l’OK Jazz en 1993 et de la création de Bana OK en 1994, par Lutumba « Simaro » qui emporte avec lui tous les anciens de l’OK Jazz, (sauf Madilu) sème une certaine panique au sein de la famille biologique de Luambo. Soucieux, de pérenniser sa mémoire, elle confie à Youlou Mabiala la responsabilité d’exhumer l’OK Jazz , au cours d’une sortie officielle qui a lieu le 24 Décembre 1966. Youlou Mabiala en devient le chef d’orchestre. C’est assez modestement, qu’il va s’affirmer comme le musicien le plus fidèle à la mémoire de Luambo Makiadi, son « héritier ». Il sort la chanson «Mwana Luambo », dont le texte lui attire le courroux de Lutumba Simaro qui s’est senti humilié. Le tournant malheureux pour Youlou Mabiala Mais, les chiens aboient, la caravane passe. Au beau milieu de son explosion, l’OK Jazz de Youlou Mabiala, qui est à cheval entre Kinshasa et Brazza, se distingue par l’imagination mélodique et l’audace harmonique de ses chansons, telles que : « Qui cherche qui ? », « Pourquoi moi », « Coup fort » « Métamorphose », « Bina Luambo », « Dilay », « Petit frère », « Okassone » et « Michina ». Il est à l’honneur, aux festivités commémoratives du 44ème

Pamelo Mounk’a et Youlou Mabiala, l’unique occasion de leur prestation en duo

Pamelo Mounk’a et Youlou Mabiala, l’unique occasion de leur prestation en duo

En 1986, Pamelo Mounk’a et Youlou Mabiala sont au plus haut de leur carrière. Ils sont parmi les meilleurs artistes congolais de Brazzaville à avoir fait connaître leurs œuvres à une audience internationale. Ils enregistrent ensemble un album dont les morceaux remportent un énorme succès. Les deux légendes se complètent et le public est conquis. On aurait jamais pensé à réunir ces deux là. Le producteur Norbert Miambanzila rencontre les deux stars internationales de la rumba et ensemble ils mitonnent trois fabuleux morceaux « Atipo » et « Djimo Ivi » de Pamelo, « Moustiquaire » de Youlou Mabiala sur un album intitulé « Lisanga ya ba ndoki » qui coïncidera même avec l’élévation de Pamélo à la tête de l’orchestre Bantous comme chef d’orchestre. Si on devait élire à Brazzaville en 1986 le duo le plus merveilleux de notre musique ce serait sûrement celui-là. En effet, quand un des meilleurs de la rumba « Odemba »/OK Jazz (Youlou) rencontre un des meilleurs du style A.Fiesta/Bantous (Pamelo) ça donne une énorme musique, aussi bien à écouter qu’à danser. Si vous cherchez un cadeau de fête d’anniversaire pour une personne éprise de musique, de rumba ou des paroles instructives, nous vous recommandons amicalement de lui procurer l’unique duo Pamelo Mounk’a et Youlou Mabiala en 1986 (éditions Norbert Miab).

Coup de force de Youlou Mabiala sur « Le Chemin d’Avenir »

Coup de force de Youlou Mabiala sur « Le Chemin d’Avenir »

Le chemin d’Avenir du Congo-Brazzaville C’est parti ! Youlou-Mabiala longtemps en arrêt maladie, suite à l’accident vasculaire cérébral intervenu le 15 août 2004 à Pointe-Noire, renoue peu à peu avec le micro. Aussi le premier acte posé après beaucoup d’effort a été cette chanson dédiée au programme cher au Président Denis Sassou N’Guesso : « Le Chemin d’Avenir ». Youlou-Mabiala a tenu ainsi à sa manière, à témoigner sa gratitude au Président de la république pour tout le soutien dont il a été l’objet depuis son séjour médical en France. Il a tenu aussi à rendre hommage à tous ceux qui de loin ou de près ont contribué ou continuent à contribuer à l’évolution de sa bonne santé. Pour revenir à la chanson « Le Chemin d’Avenir », nous pouvons partager l’œuvre de Youlou-Mabiala telle qu’elle est, simplement dans des conditions modestes, sans trop de décor, l’essentiel étant de nous faire une idée des efforts qu’il fait, et qui prouve ici l’occasion de découvrir, son travail, son univers. Cette chanson n’est pas la finalité, ce qui compte c’est la voie pour y arriver. Avec Youlou-Mabiala on a envie désormais d’échanger, de dialoguer, pour expliquer la manière dont évolue sa voix, prendre un point de départ et avancer ensemble avec lui jusqu’à la prochaine production.