Edition. Loubaba Laalej dévoile sa « Voix intérieure »

Dans son ouvrage « Voix intérieure : Écrits et œuvres », l’écrivaine, poétesse et artiste-peintre marocaine Loubaba Laalej invite les lecteurs à un débat sur la nature de la voix intérieure et la forme de ce dialogue silencieux fait d’images et de mots que l’on médite au fond de soi. Pour elle, cette « voix intérieure » s’apparente même à une forteresse intime, un espace protégé où réside l’âme humaine dans toute sa profondeur et sa particularité. Cette réflexion dense et philosophique est structurée en trois chapitres : « Voix de sagesse, m’entends-tu ? », « Voix des échos ! » et « Langage intérieur ». Loubaba soulève une question fondamentale : doit-on comprendre la notion de « voix intérieure » comme étant simplement les « pensées intérieures » traduites sous forme de langage en soi?Si cela est vrai, cela impliquerait que toute pensée est intrinsèquement liée au langage. Pour l’auteure, cependant, penser revient à « parler intérieurement ». Ce qu’elle désigne comme une « parole intérieure » serait donc une forme primordiale de pensée capable d’exister avant le langage lui-même. C’est ce que pense aussi l’écrivain français Jean-Baptiste Baldini, préfacier de cet ouvrage : « Il est surtout question de repérer ce qui dans notre propre humanité relève du jeu de la voix intérieure. L’idée même d’une intériorité psychique, d’un monde à soi caché au regard des autres, est sans doute tributaire de la possibilité d’entretenir à tout instant un dialogue avec soi-même. Cette possibilité, que l’auteure a largement mise en acte, de délibérer dans son for intérieur, confère à la vie psychique une profondeur délibérative et un recul face au flux du monde, sans qu’il soit véritablement question d’un espace clos sur lui-même, que le terme intériorité pourrait laisser entendre ». D’autre part, lire les poèmes de Loubaba Laalej procure une impression persistante d’une parole qui se lève, une manière d’appel ou d’invitation essentielle. L’emploi du vers, en offrant une liberté d’articulation à la phrase, agit comme une cadence singulière et marque visuellement, pour le regard, la tension née de la désillusion ou de l’interrogation humaine. Selon l’écrivain et poèteMounir Serhani, en lisant « Voix intérieure » de la poétesse marocaine Loubaba Laalej, nous pourrons dire que la voix/la voie poétique y est un moyen d’extérioriser les dedans humains (sentiments, cris, contemplations, méditations, aveux, etc.), notamment par le biais du registre lyrique. « Dans ce sens, elle a bien réussi à exprimer l’authenticité de ses émotions, de sa sensibilité, de son intimité. Sensibilité poétique et sensibilité plastique, picturale, car l’union passionnelle de la poésie et de la peinture enfante de merveilleux fragments poétiques d’une richesse et d’une sensibilité jubilatoires. Les illustrations viennent autrement à la langue et même sans écrire. Il suffit de lire, d’accueillir la parole de la poétesse qui tombe en ces dedans comme la différence bienfaisante, la confirmation de soi par le tout extérieur », note-t-il dans la préface de cet ouvrage. Le recueil « Une voix intérieure » de la poétesse Loubaba Laalej, accompagné de l’élégante traduction du critique Abdallah Cheikh, constitue un dialogue poétique et plastique qui puise ses racines dans la philosophie de la poésie, dans sa quête incessante de l’exploration des distances et de la proximité, selon l’expression de l’anthropologue Abdallah Hamoudi. « L’œuvre poétique tissée par la plume de la poétesse dépasse tout ce qui est superficiel et tente de pénétrer l’intime. Mais quelle est ici la différence entre l’intime et la profondeur ? Dans la poétique du son, l’intime est voilé par une référence inspirée du monde de la psychologie ; bien que ce soit une âme qui refuse de s’installer dans cette existence poétique humaine limitée que Sigmund Freud a définie », souligne le critique et poèteIbrahim El Keraoui dans sa préface. Pour sa part le poète et journaliste Driss Allouch considère qu’il s’agit d’une voix intérieure qui vient du fond de l’âme et qui, en apaisant son inquiétude, trace les premiers mots dans le journal de l’univers et de de l’existence.«Le journal de la vie qui s’attarde sur les détails du quotidien, du vécu, de la réflexion et de l’irréfléchi, et qui explore les profondeurs des contradictionsde la vie dans son ensemble : celle de la poétesse et plasticienne Loubaba Laalej.C’est ce que racontent ces textes, ainsi que ces fragments qu’elle tisse en phrases, bénissant le pas vers les deux rives, à savoir la forme et le contenu, le sens et la structure, l’architecture des textes et l’ingénierie de leur composition, selon le gré des doigts de leur créatrice», indique-t-il dans sa préface de cet ouvrage. A.A Loubaba Laalej met la poésie et l’art à l’honneur au SIEL. Dans une atmosphère chaleureuse, empreinte de partage intellectuel et de célébration artistique, la séance de dédicace de l’ouvrage «Voix intérieure » de l’écrivaine et artiste peintre Loubaba Laalej a captivé un public enthousiaste lors du Salon International de l’Édition et du Livre 2026. Cet événement culturel a rassemblé un vaste panel d’intellectuels, écrivains, artistes, universitaires ainsi qu’un public passionné par la littérature et les arts plastiques, curieux de plonger dans l’univers unique de l’auteure. L’occasion a permis d’instaurer un espace exceptionnel d’échange sur l’écriture poétique, l’expression artistique et les liens profonds unissant texte et image. Les discussions ont révélé toute la profondeur humaine et artistique de l’œuvre, en mettant en lumière la richesse créative insufflée par Loubaba Laalej. Le public, captivé et réceptif, a manifesté une vive admiration pour cette approche où poésie, peinture et introspection s’entrelacent dans une recherche commune de sens, de beauté et d’émotion. Il convient également de souligner que la traduction en arabe de ce recueil a été réalisée par Abdellah Cheikh. L’ouvrage est enrichi par des préfaces signées par deux figures majeures de la littérature marocaine, Driss Allouch et Ibrahim El Keraoui, ajoutant une dimension supplémentaire à cette œuvre déjà saisissante.