Congo-Brazzaville : 61 milliards dégagés pour plonger cinq générations de Congolais dans des abysses à l’UMNG

PARLONS-EN. Arrêté à 61 milliards 352 771 348 FCFA, soit une augmentation de 0,63 % par rapport à l’année précédente au cours de laquelle il s’élevait à 60 990 706 574 FCFA, le budget de l’Université Marien Ngouabi (UMNG) pour l’exercice 2025 culmine comme jamais, mais pour un recrutement massif d’enseignants sans grade de docteur . Le 30 octobre 2024, le Comité de direction de l’UMNG, présidé par Louis Bakabadio, conseiller à l’éducation et l’enseignement supérieur du président de la République, adoptait le budget 2025 de l’UMNG, légèrement en hausse pour entre autres : moderniser les infrastructures, soutenir les activités de recherche et des projets spécifiques tels que, l’ouverture de la filière de formation en anesthésie -réanimation à la faculté des sciences de la santé, recruté un personnel qualifié capable de former des cadres de qualité. Chassez le naturel, il revient au galop. Le président -professeur, Gontran Ondzoto, à une semaine de quitter ses fonctions, s’est empressé de signer et clôturer le recrutement. Ce recrutement jette une pierre à la figure de la ministre de l’Enseignement supérieur Delphine Emmanuel Adouki avec qui ce dernier entretenait des relations plus que délétères : exécrables ! D’aucuns pensent qu’il « règle ses problèmes », mais sans élégance procédurale. Ce faisant, il perpétue ainsi la jurisprudence inouïe inaugurée par le Pr Jean Rosaire Ibara en 2018. Malheureusement, cette manœuvre qui consiste à tenter de résoudre le chômage des fils et filles à papa en leur accordant la charge des enseignements condamne le Congo et le plus grand nombre de ses étudiants à vivre hors du circuit éducatif international. En effet, le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) établit des critères pour l’accréditation des offres de formation professionnelle au sein des universités des pays membres. Ces critères visent à garantir la qualité et la pertinence des programmes proposés. Les critères d’accréditation des formations professionnelles 1) des programmes définissant clairement les prérequis et les qualifications nécessaires pour l’entrée des étudiants (niveau bac) ; 2) des programmes bien structurés, avec une organisation claire des disciplines par niveau et une semestrialisation conforme au système Licence-Master-Doctorat (LMD) ; 3) des enseignants devant posséder des qualifications appropriées, généralement au moins le grade de Maître Assistant (Doctorat ou PhD) dans la hiérarchie des grades du CAMES. Pour les filières professionnelles, des professionnels ayant un niveau de Master 2 avec une expérience professionnelle d’au moins dix ans peuvent également être recrutés. Il s’agit ici d’une exception très restrictive à la règle et non la norme reconnue. Malheureusement, le dernier recrutement repose quasi exclusif sur des Master 1 et 2, au détriment des dossiers déposés par plusieurs titulaires de Doctorat/PhD qui ont disparus, alors même qu’ils sont déjà vacataires. Il faut dire que 72% du corps enseignant est vacataire, payé à dents de scie depuis plus de 15 ans et attend le recrutement. Les critères de qualification des enseignants dans l’enseignement supérieur privé ont été définis pour garantir une qualité académique conforme aux standards nationaux et internationaux par les décrets n° 96-221 du 13 mai 1996 et n°2004-327 du 6 juillet 2004 qui disposent que les personnels enseignants des établissements privés doivent justifier d’une formation d’enseignant ou de pédagogue. Cela est confirmé dans le récent décret n° 2022-1300 du 21 septembre 2022, à travers les articles 19, 20, 21 et 22, où il est écrit : « Seuls les enseignants qui possèdent les diplômes ou les qualifications au moins équivalentes à ceux de leurs homologues des établissements publics de l’enseignement supérieur peuvent participer à la formation des étudiants ». La norme des établissements publics est celle du CAMES : Doctorat ou PhD. C’est donc grave pour le Congo dont les étudiants sont déclassés en France, au Burkina Faso, au Burundi… Si Anatole Collinet Makosso il est encore évangéliste, s’il a donné des conférences chez des vrais francs-maçons ou la rigueur est de mise, s’il est ce docteur qui nous conseille de bien écrire et s’il est réellement un vrai premier ministre qui se soucis encore de l’avenir des Congolais et de la « rigueur de l’Etat », il doit prendre simplement des notes pour annuler ce recrutement comme il abrogeait autrefois des notes du ministre Jean Baptiste Ondaye. Dans le même ordre d’idées, il est étonnant que Delphine Emmanuelle Adouki qui a du sang centrafricain dans ses veines refuse de suivre l’exemple du professeur – président Archange Touadera qui tient à une formation de qualité. Comme écrit dans notre livre, paru en 2023, » Espace francophone, les systèmes éducatifs au creux de la vague : cas du Congo « , “ Une vision commune voudrait que l’éducation contribue à créer des meilleures sociétés. Mais comment l’école et l’université pourraient – elles avoir la capacité de transformer la société si le navire chavire, faute de bon gouvernail ? « . Prélude d’y revenir, il sied de dire, si les dirigeants incompétents, médiocres et méchants ne reculent pas, le peuple doit prendre ses responsabilités. Car l’Alma mater c’est la base… Ghys Fortune BEMBA DOMBE
Université Marien NGOUABI: Le CEVPU décrète une grève générale et illimitée à compter du lundi 19 août 2024 (Congo)

AVIS DE GREVE. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le Corps des enseignants vacataires et prestataires des universités (CEVPU) « déplore le manque de volonté du gouvernement » à régler les heures de vacation, malgré les efforts des enseignants pour préserver un climat social favorable au bon fonctionnement de l’Université Marien Ngouabi (UMNG). Face à cette situation, le CEVPU annonce une grève générale et illimitée à l’UMNG à partir du lundi 19 août 2024. Ci-dessous, l’intégralité du communiqué : « Le Corps des Enseignants Vacataires et Prestataires des Universités (CEVPU) s’est réuni en Assemblée Générale Extraordinaire ce samedi 17 août 2024 au Centre Sportif de Makélékélé à Brazzaville pour rendre compte des démarches entreprises auprès des autorités en charge des questions liées à la recherche des solutions aux problèmes qui minent les enseignants vacataires et prestataires de l’Université Marien NGOUABI (UMNG) et conduite à tenir. Les enseignants vacataires et prestataires de l’Université Marien NGOUABI ont suivi avec attention le compte rendu fait par le Bureau Exécutif sur les démarches entreprises concernant le paiement des heures de vacation qui devrait intervenir avant la fête du 15 août 2024, selon les propos de madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation Technologique en date du 25 juillet 2024 lors d’une séance de travail en présence du président de l’UMNG et de son équipe technique. Après analyse et débats, le CEVPU constate avec amertume le manque de volonté du Gouvernement pour le paiement des heures de vacation malgré le sens de responsabilité des enseignants vacataires et prestataires à préserver un climat social favorable au bon fonctionnement de l’UMNG. Eu égard à ce qui précède, le CEVPU décrète une grève générale et illimitée à l’UMNG à compter du lundi 19 août 2024 dès 7h00 jusqu’à l’éclaircissement sur les modalités de recrutement des enseignants vacataires en qualité de permanents et le paiement des heures de vacation des années 2019-2020 ; 2020-2021, 2021-2022(60%), 2022-2023 et 2023-2024.Sur ce, le CEVPU demande à tous les enseignants vacataires d’arrêter toute participation liée aux activités académiques, notamment la correction des copies d’examens des semestres en cours. Par ailleurs, le CEVPU met en garde toute récupération de sa grève aux fins politiques et attire l’attention des Chefs d’établissements et des responsables de parcours de l’UMNG pour toute intimidation à l’égard des enseignants vacataires. Fait à Brazzaville, le Pour l’Assemblée Générale Extraordinaire, Le président, Dr. Ghislain Allure BUESO NZAMBI »
Brazzaville/Littérature : « Gahi ou l’affaire des autochtones » d’Henri Djombo sur les planches de l’université Marien Ngouabi

LIVRES. Henri Djombo, auteur congolais, a dédicacé, le 18 juin 2022 à Brazzaville, son dixième roman intitulé, « Gahi ou l’affaire des autochtones ». Ce roman raconte l’histoire amoureuse d’un jeune enseignant bantou et d’une jeune fille autochtone qui commence dans la partie septentrionale de la République du Congo. La jeune femme nommée Gahi, est âgée de 18 ans et est analphabète. Elle vit dans la forêt avec sa communauté. Son prétendant, un enseignant amoureux, s’appelle Niamo. Il est si amoureux qu’il se donne pour tâche essentielle de l’ouvrir au savoir. Et la jeune fille ne le déçoit pas. Elle se donne à fond et finit sa scolarité qu’elle boucle avec une thèse de doctorat. Les années s’écoulant, Gahi et Niamo travaillent pour l’Organisation des Nations unies. Trois intellectuels prennent la parole pour présenter cet ouvrage. C’est le professeur Rony Yala qui ouvre le bal en prêtant ses propos à Henri Djombo qui selon lui, parle tant de la campagne que de la ville, sans laisser de côté les problèmes des peuples autochtones. Le Pr Mukala Kadima Nzuzi, se livre à son tour à cet exercice intellectuel en invitant chacun à trouver des réponses à un certain nombre de questions. Il dénonce le fléau des préjugés et de la discrimination auxquels pense l’auteur dans ce roman. Mais des personnes n’encouragent pas la vie de ce couple. Ce mariage inacceptable pour les bantous qui pensent qu’il ne devrait avoir lieu. Pour les autochtones, c’est purement un acte de trahison. Henri Djombo estime que son roman ne montre que le besoin de cohabitation entre les bantous et les autochtones. Florent Sogni Zaou
Université Marien Ngouabi : Près de 50 milliards de Fcfa de budget 2021

Le Comité de direction de l’Université Marien-Ngouabi (Umng) a adopté, le 19 août à Brazzaville, le budget exercice 2021 à 49 milliards 616 millions 118 mille 880 Fcfa contre 70 milliards 928 millions 763 mille 410 Fcfa en 2020, soit une baisse de 30,5%. Cette réduction du budget est liée à la réduction des prévisions d’investissement du fait des difficultés économiques et financières dues la pandémie de la Covid-19 que connaît l’univers dont la république du Congo. Présidant les travaux, le président du Comité de direction, Louis Bakabadio a dit en substance que les choix budgétaires permettront d’honorer, entre autres, l’accueil du 20ème concours d’agrégation de médecine et disciplines associées. Le 20ème concours d’agrégation en médecine et disciplines associées aura lieu à Brazzaville du 2 au 11 novembre prochain. Le Comité de direction a sollicité pour cela du gouvernement, le financement à titre exceptionnel, pour son organisation. Par ailleurs, le Comité de direction a adopté le rapport d’activités, le compte administratif, le compte de gestion exercice 2019 et le plan d’actions 2020. Florent Sogni Zaou
Enseignement supérieur : La Faculté des lettres et des sciences humaines se transforme en Faculté des lettres, arts et sciences humaines.

Le Conseil technique de l’Université Marien-Ngouabi, a adopté, le 17 février 2017 à Brazzaville, sous la direction du Recteur de cette institution, le Pr Jean Rosaire Ibara, la nouvelle dénomination de la Faculté des lettres et des sciences humaines (FLSH) qui s’appellera Faculté des lettres, arts et sciences humaines (FLASH). Ce dossier, soumis au Conseil technique par le doyen de la FLSH, le Pr Dieudonné Tsokini, a obtenu l’assentiment du plénum des membres de cette instance dirigeante de l’Université Marien-Ngouabi, en ce qu’il vise la création de deux parcours-type de formation, à savoir, d’une part le parcours Arts du spectacle et plastique avec des options y afférentes qui sont le théâtre, le cinéma pour les Arts du spectacle et la peinture pour les arts plastiques et d’autre part, le parcours Anthropologie. Le Pr Tsokini a indiqué qu’à travers ces nouveaux parcours, la Faculté des lettres et des sciences humaines élargit son offre de formation afin de répondre aux besoins de la société, car les demandes en formation en Arts du spectacle, en arts plastiques et en anthropologie sont considérables. La diversité culturelle du Congo, a-t-il expliqué, attend d’être explorée, enseignée, diffusée pour une meilleure valorisation de l’identité nationale. Il a ajouté que cet élargissement de l’offre est motivé par une forte demande qui va permettre l’éclosion des vocations jusque-là non exprimées par défaut de cadre d’enseignement et de formation, mais également par l’exigence institutionnelle de s’arrimer aux standards internationaux, puis que, a-t-il fait remarquer, la FLSH est l’une des facultés de l’espace du Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur (CAMES) à demeurer encore à ce jour sous cette appellation réductionniste. Cette dénomination intervient pratiquement à la veille des examens prévus dans quelques semaines. L’université Marien-Ngouabi dont la Faculté des lettres, arts et sciences humaines (FLASH) est en passe d’entrer dans une nouvelle phase d’incertitude après une année académique (2015-2016) souvent perturbée. Les étudiants réclament le paiement de la bourse du quatrième trimestre 2016 et le lancement de la nouvelle campagne de dépôt de dossiers, en vue de l’attribution et du renouvellement de la bourse au titre de l’année académique 2016-2017. Les bombes lacrymogènes lancées par les agents de la force publique ont dérangé tant le personnel administratif et enseignant que les passants et autres usagers. Elles ont provoqué un véritable mouvement de fuite des étudiants où certains auraient même escaladé les murs pour s’en mettre à l’abri.