Pacte vert : la Commission investit 1,5 milliard d’euros dans des projets innovants axés sur les technologies propres

Pacte vert : la Commission investit 1,5 milliard d’euros dans des projets innovants axés sur les technologies propres

La Commission lance aujourd’hui le deuxième appel à projets à grande échelle au titre du Fonds pour l’innovation, l’un des plus grands programmes mondiaux pour la démonstration de technologies innovantes à faible émission de carbone, financé par les recettes provenant de la mise aux enchères des quotas d’émission du système d’échange de quotas d’émission de l’UE. Doté d’un budget de 1,5 milliard d’euros, l’appel financera des technologies les dernières percées technologiques dans le domaine des énergies renouvelables, les industries à forte intensité énergétique, le stockage d’énergie, et le captage, l’utilisation et le stockage du carbone. Le vice-président exécutif Frans Timmermans a déclaré : « Le Fonds pour l’innovation contribue à développer les solutions technologiques nécessaires à la transition écologique. Avec cet appel, nous soutiendrons des projets innovants, en les accélérant et en leur permettant l’accès sur le marché le plus rapidement possible. Cet investissement soutiendra la décarbonisation de l’économie européenne, ouvrant la voie à la neutralité climatique en 2050 et renforçant le leadership technologique européen à l’échelle mondiale. »

Les technologies propres feront grimper la demande des métaux

Les technologies propres feront grimper la demande des métaux

La transition vers les énergies propres ne sera pas sans conséquence sur le marché des minéraux et des métaux, a dernièrement révélé la Banque mondiale dans un rapport qui traite des possibles conséquences que l’essor des technologies énergétiques faibles en carbone pourrait avoir sur le secteur minier. La progression de trois technologies de production d’énergies «vertes» que sont l’éolien, le solaire et le stockage d’énergie par batteries fera augmenter la demande de certains minéraux et métaux, a prévenu l’institution de Bretton Woods qui se base sur un rapport rendu public récemment « The Growing Role of Minerals and Metals for a Low-Carbon Future ». La Banque cite en l’occurrence l’acier, l’aluminium, l’argent, le cuivre, le plomb, le lithium, le manganèse, le nickel et le zinc. Selon ce document, cette augmentation concernera aussi certains minéraux rares, tels que l’indium, le molybdène et le néodyme. « Cette hausse pourrait être particulièrement marquée sur le segment des accumulateurs électriques, où l’augmentation de la demande de métaux (aluminium, cobalt, fer, plomb, lithium, manganèse et nickel) pourrait être multipliée par plus de 1.000% si les pays prennent les mesures nécessaires pour maintenir les températures à ou en deçà de 2° C », a expliqué la BM. Cette situation devrait faire le bonheur des pays riches en minéraux, si l’on en croit le rapport qui montre, en effet, que le passage à un avenir sobre en carbone leur offrirait de nouvelles opportunités. A signaler que cette hausse de la demande ne profitera à ces pays qu’à condition qu’ils « adoptent des stratégies de long terme leur permettant de prendre des décisions d’investissement judicieuses », a averti la BM. Par ailleurs, le rapport a estimé que ces pays devront instaurer des mécanismes appropriés pour préserver les populations locales et l’environnement afin d’anticiper cette croissance de la demande. Directeur principal du pôle mondial d’expertise en énergie et industries extractives à la Banque mondiale, Riccardo Puliti a assuré qu’avec une meilleure planification, les pays riches en ressources naturelles peuvent bénéficier de la hausse de la demande pour leur croissance et leur développement. « S’ils développent leur secteur minier de façon durable, les pays qui disposent des capacités et des infrastructures pour fournir les minéraux et les métaux nécessaires aux technologies propres auront une occasion unique de dynamiser leur économie », a-t-il soutenu. Au regard des tendances actuelles, des pays comme « le Chili, le Pérou et (peut-être) la Bolivie joueront un rôle essentiel dans l’offre de cuivre et de lithium, de même que le Brésil pour la bauxite et le minerai de fer, ainsi que l’Afrique australe et la Guinée pour le platine, le manganèse, la bauxite et le chrome », a indiqué la Banque mondiale dans un communiqué. Dans ce document, il est indiqué que la Chine restera un acteur de premier plan, tant sur le plan de la production qu’au niveau des réserves, pour quasiment tous les métaux essentiels dans les différents scénarios de réduction des émissions de carbone. La même source ajoute que l’Inde occupe une place dominante pour le fer, l’acier et le titane, tandis que l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines sont bien placées pour la bauxite et le nickel. Comme l’a souligné la BM, la demande future de certains métaux n’est pas uniquement tributaire du degré d’engagement des différents pays à l’égard d’un avenir faible en carbone. Elle est également motivée par des choix entre diverses technologies. « Ce sont surtout les technologies peu émettrices de carbone qui s’avèrent les plus faciles à mettre en œuvre et les plus utiles qui détermineront en grande partie le marché des matières premières sur les 50 prochaines années », a estimé l’institution. Pour bien comprendre, la Banque mondiale cite par exemple les trois principales catégories de véhicules alternatifs, à savoir électriques, hybrides et à hydrogène. Ils ont des conséquences différentes sur la demande de métaux : les véhicules électriques ont besoin de lithium, les véhicules hybrides de plomb et les véhicules à hydrogène de platine, a-t-elle expliqué. Pour l’institution de Bretton Woods, il est évident que la demande pour les différents métaux et minéraux dépendra des composants nécessaires aux technologies à faibles émissions de carbone, à mesure que des changements économiques et des évolutions techniques se produiront. Dans ce cas, si les pays riches en ressources naturelles veulent être bien positionnés sur le marché, ils « devront disposer de données économiques fiables et d’une parfaite connaissance du marché, mais aussi être capables d’utiliser ces informations pour élaborer des plans, définir des investissements et concevoir des activités durables ». Au-delà de tout cela, l’on craint que « l’intensification des activités d’extraction et de production aura certainement aussi des conséquences locales non négligeables sur les systèmes d’approvisionnement en eau, les écosystèmes et les populations », conclut le document.