Au Sud-Kivu, une mine d’or chinoise attaquée et 5 employés chinois pris en otage

En République démocratique du Congo, dans la province orientale du Sud-Kivu, une mine d’or exploitée par des Chinois a été attaquée par un groupe armé. L’attaque a fait un mort et un blessé, alors que cinq membres du personnel chinois sont détenus comme otages.
RD Congo. Sud-Kivu : suspension des activités de six entreprises chinoises

Ces sociétés chinoises sont BM Global Business, Congo Blueant Mineral, Oriental ressources Congo, Yellow Water Ressources, New Oriental Mineral et Group Cristal Service. Elles ont toutes été suspendues de leur activité dans la région. Cette décision fait suite à une alerte lancée par la communauté locale, comme le déclare Clément Mutewa, militant des droits de l’homme et coordinateur d’une structure de jeunesse dans le territoire de Mwenga. « Ce sont des entreprises chinoises qui ne remplissent pas les conditions requises par le code minier en vigueur. Ces sociétés opéraient dans l’illégalité car elles ne disposent pas des documents essentiels qui les autorisent à opérer dans le secteur minier sur le territoire de Mwenga. Pire encore, ces Chinois, lorsqu’ils cherchent à exploiter les minéraux bruts, utilisent des produits extrêmement toxiques qui polluent la terre » , explique Clément Mutewa, coordinateur de la jeunesse de la communauté locale du territoire de Mwenga… Lier la suite sur DW
RDC : un réseau mafieux surfacture le prix du passeport au Sud-Kivu (APLC)

SOCIETE. L’Agence de prévention pour la lutte contre la corruption (APLC) dénonce un réseau mafieux dans la province du Sud-Kivu, auteur de surfacturation du prix du passeport congolais. Dans un communiqué de presse du 18 mai 2021, cette structure de la Présidence de la République rapporte qu’au lieu de faire payer 99 USD (prix officiel), le responsable du centre de capture et un groupe d’individus exigent aux requérants un montant de 150 USD. « Les passeports sont délivrés sur place au centre de capture moyennant le prix de 150 dollars américains. Tout le monde sait qu’au Congo le prix officiel c’est 99 ou 90 dollars. D’une part, on nous explique que les 20 dollars sur la majoration est censé couvrir les frais de fonctionnement », fait remarquer le coordonnateur de l’APLC, Ghislain Kikangala. Concernant les 20 USD de frais de fonctionnement, il s’interroge : « « Si tel est le cas deux questions se posent : Qui l’a autorisé ? Et surtout comment peut-on s’assurer que cette somme est effectivement consacrée aux frais de fonctionnement du centre ? « , S’interroge Ghislain Kikangala. » Le communiqué de presse de l’APLC renseigne qu’en mettant à nu cette dénonciation, l’APLC s’en tient aux résultats des enquêtes menées dans la province du Sud- Kivu par une équipe de ses agents depuis le 14 mai dernier. Ce problème de majoration du prix du passeport qui se pose à Bukavu, se pose également à Kinshasa. Le responsable de l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption promet de faire des investigations pour prendre des mesures qui s’imposent. « Il n’est pas impossible que nous puissions nous occuper des faits que vous nous signalez à Kinshasa. Maintenant que ce que vous me dites, je le considère comme une dénonciation, et bien sûr à ce moment-là, l’APLC prendra ses responsabilités par rapport à cette situation », a promis M. Kikangala. Des prix officiellement connus Sur place au centre de capture des passeports à Bukavu, ces frais supplémentaires en dehors des autres frais exigés par l’ANR pour identification des requérants sont reconnus. Selon des témoignages, la première étape, c’est l’achat du formulaire à la banque. Le prix du formulaire est de 99 dollars, officiellement connu. Juste après, vient ensuite l’étape de l’Agence nationale des renseignements ANR pour identification. Selon des informations reçues, il faut débourser entre 20$ et 30$ US. Au retour au centre, il faut payer un montant de 20$ comme frais de capture avant le retrait du passeport qui intervient un mois après. Plusieurs requérants affirment avoir déboursé jusqu’à 200$ pour avoir le passeport.
RD Congo. Ce que cachent les menaces actuelles contre le Dr Denis Mukwege

TRIBUNE. Je lis ci et là des messages de haine et d’intimidation contre le Dr Denis Mukwege dont le péché capital est d’avoir dénoncé les massacres des congolais à Kipupu secteur d’Itombwe en territoire de Mwenga, au Sud-Kivu. Se sont déchaînées depuis lors des menaces qui vont jusqu’à exiger le retrait de son prix Nobel de la Paix reçu en 2018. Visiblement le Dr Mukwege dérange. Il dérange la meute qui tue en toute impunité à l’Est du Congo et qui tient à ce que tout se passe en silence. Il dérange ce régime AFDL qui a développé l’habitude de prendre pour cible toute élite intellectuelle congolaise qui ose marcher à contre-courant de son agir criminel. Il est devenu un témoin gênant qui inévitablement dérange ce système dénoncé dans le Rapport Mapping et decidé depuis 1996 à « nettoyer » des congolais pour pouvoir prendre possession du Congo et de ses richissimes ressources naturelles. La teneur de ces menaces haineuses, je l’appréhende au prisme de la théorie de Jacques Semelin qui explique le mode opératoire des genocidaires. Dans son ouvrage “Purifier et détruire. Usages politiques des massacres et genocides”, J. Semelin explique la manière dont le processus des violences aboutit aux massacres humains. Il met à nu la manière par laquelle les manipulations de langage et des esprits préparent au passage à l’acte, notamment en élaborant préalablement un imaginaire et une justification. Ainsi donc, avant de s’attaquer à un individu ou à un peuple, les assassins se lancent dans une campagne de dénigrement, en chosifiant leur adversaire, en le chargeant de tous les maux “imaginaires” jusqu’au point de faire croire à l’opinion que seules sa disparition et la solution finale peuvent rétablir l’ordre social brisé par ses dire et faire. Cette campagne haineuse contre le médecin congolais est à prendre très au sérieux, car elle s’inscrit dans cette logique mortifère. Elle est indicatrice du projet échoué en 2012 lorsque les mêmes sicaires avaient décidé de mettre fin à la vie de ce témoin gênant à son propre domicile, entraînant la mort de sa sentinelle. Ma grande crainte actuelle est que cette campagne haineuse soit pour préparer les esprits au pire qui peut s’abattre incessamment sur ce digne fils de la RDC. Ouvrons l’œil et formons une muraille autour de ce joyau du peuple congolais et de ce vaillant défenseur des opprimés et des sans-voix. Germain Nzinga (Chercheur indépendant)
RDC : l’ONU s’inquiète de l’escalade des violences entre communautés dans le Sud-Kivu

RD Congo (ONU) -Au moins 128 personnes, dont 21 femmes et sept enfants, ont été tuées lors de violents affrontements entre des groupes armés et les forces armées nationales ainsi que lors d’attaques contre les civils dans la région des Hauts Plateaux du Sud-Kivu, entre février 2019 et juin 2020, déplore le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) en République démocratique du Congo. « La violence n’est ni une option viable, ni encore moins une solution pour résoudre les griefs qui peuvent exister entre les communautés », a déclaré la Représentante spéciale du Secrétaire général et cheffe de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO), Leila Zerrougui, en réaction à ces informations. « Tous les habitants des Hauts Plateaux doivent s’engager résolument dans la recherche de solutions pacifiques durables qui profitent à toutes les communautés, dans le respect des droits de chacun », a affirmé la représentante de l’ONU. 42 femmes et cinq enfants ont également été violés, plus de 95 villages, des écoles et des centres de santé ont été incendiés et plus de 110.000 personnes déplacées par ces violences, selon le BCNUDH. Un regain de violence et des discours de haine La région, qui comprends les territoires de Fizi, Mwenga, et Uvira, connait des cycles de violence intercommunautaire de longue date liés à la transhumance et à l’accès à la terre. Un regain de violence a été noté depuis février 2019 avec la participation de groupes armés étrangers et le recours à des messages de haine propagés par des membres des différentes communautés vivant en RDC ou à l’étranger à travers les discours publics, les médias et les réseaux sociaux. Selon la MONUSCO, le cycle d’attaques et de représailles se poursuit. Au mois de juillet 2020, au moins 32 autres civils ont été tués dans la zone, dont 15 dans une attaque contre Kipupu et quatre autres villages dans le territoire de Mwenga le 16 juillet, tel que documenté par une mission effectuée sur place avec le soutien de la MONUSCO. Mme Zerrougui a en outre condamné les discours de haine et les appels à la violence lancés depuis la RDC comme depuis l’étranger, rappelant qu’ils sont « inacceptables et exposent leurs auteurs à des poursuites ». Multiplier les efforts pour neutraliser les groupes armés Avec l’appui de la MONUSCO, les forces de défense et de sécurité déployées dans la région ont multiplié les efforts pour neutraliser les groupes armés impliqués dans les attaques et assurer la protection des populations civiles, en particulier dans les sites de déplacés. Ces efforts doivent se poursuivre dans le strict respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire. L’accès à l’assistance humanitaire a été perturbé par des attaques perpétrées contre les organisations humanitaires et les camps des déplacés. Ces graves violations du droit international humanitaire empêchent des milliers de personnes de recevoir une aide vitale alors qu’elles ne peuvent plus accéder à leurs champs et que leurs réserves alimentaires ont été pillées ou détruites. La MONUSCO réitère sa détermination à travailler avec les forces armées de RDC (FARDC) pour la protection des civils et la sécurisation des zones affectées par la violence. La Mission continuera également de soutenir les initiatives de dialogue intercommunautaire engagées par les autorités nationales et nationales pour garantir la paix et la sécurité dans la province. Porter assistance aux déplacés Pour sa part le Fonds des Nations Unies pour l’enfance a annoncé mardi qu’il allait apporter une aide à des milliers de personnes déplacées qui ont fui les violences dans la région des Hauts Plateaux du Sud-Kivu. L’UNICEF confirme que plus de 40.000 personnes – dont 7.500 enfants de moins de 5 ans et plus de 1.500 femmes enceintes – ont fui les villages des territoires d’Uvira, de Fizi et de Mwenga depuis mai en raison de l’intensification des conflits interethniques qui ont anéanti les moyens de subsistance de milliers de personnes. Le Fonds estime que 10 centres de santé ont été pillés et rendus inutilisables, tandis que 18 autres ont été abandonnés par le personnel médical fuyant la violence. Au moins 28 écoles ont été pillées ou endommagées en décembre 2019 et n’ont pas été reconstruites depuis, laissant des milliers d’enfants sans endroit pour étudier. L’UNICEF et ses partenaires concentrent actuellement leurs activités dans la région de Mikenge, où 40.000 personnes ont trouvé refuge dans les zones forestières, non loin de leur lieu d’origine. L’UNICEF a joué un rôle clé dans la réouverture de l’hôpital de Mikenge, qui avait été déserté par le personnel médical. L’agence a fourni 4 tonnes de kits médicaux d’urgence comprenant des médicaments, des fournitures médicales et des équipements médicaux et de stérilisation de base pour la prise en charge de 20.000 personnes sur trois mois. Elle fournit également des services médicaux et de vaccination de base par le biais de cliniques mobiles à environ 23.000 personnes déplacées qui ont trouvé refuge au Mont Mitumba. L’UNICEF s’efforce également de réunir ou de placer dans des familles d’accueil 17 enfants qui avaient été séparés de leurs parents, et a distribué deux kits de recréation pour des activités d’équipe destinées à 300 enfants à Mikenge et à Bijombo. Dans les prochains jours, l’UNICEF et ses partenaires vont distribuer 4 tonnes de rations alimentaires d’urgence à 4.000 personnes vulnérables (femmes enceintes et allaitantes, et personnes âgées), ainsi que 200 cahiers d’exercices aux enfants non scolarisés de Mikenge et Bijombo. L’UNICEF avertit que des milliers de personnes déplacées dans la région des Hauts Plateaux du Sud-Kivu ont un besoin urgent de nourriture, d’abris, d’assistance en matière de santé et d’éducation, et appelle les partenaires humanitaires à intensifier leur intervention dans la région. La crise du Sud-Kivu est passée inaperçue alors que la RDC est aux prises avec la crise d’Ebola jusqu’à récemment et de multiples crises dans la partie orientale du pays. L’appel de de fonds humanitaire pour les enfants de RDC est de 301 millions de dollars. Au 15 juillet 2020, seuls 27 millions de dollars avaient été reçus