Hamid Nassour : l’Afrique reste dans le viseur des puissances occidentales (tribune)

Hamid Nassour : l’Afrique reste dans le viseur des puissances occidentales (tribune)

TCHAD. Dans une tribune adressée aux Transformateurs et Transformatrices, militants du parti d’opposition fondé par l’ancien Premier ministre Succès Masra, Hamid Nassour estime que « tout laisse penser que l’Afrique est plus que jamais dans le viseur des puissances occidentales ». Doctorant en administration publique, titulaire d’un master en économie, option finances, il affirme que « c’est leur prochain terrain stratégique ». Lire ci-dessous l’intégralité de cette adresse. « Chers transformateurs et transformatrices, Ne devons-nous pas, pour une fois, nous poser la vraie question : et si ce n’était pas l’Occident qui était derrière l’emprisonnement de Masra ? Parce que chaque fois qu’un Africain intelligent se lève pour réveiller son peuple, les Occidentaux se sentent immédiatement menacés : pétrole, diamants, or. Dès qu’un leader devient conscient et indépendant, il devient une cible. L’histoire est là pour nous rappeler. Nous avons vu Sékou Touré subir pressions et isolement. Nous avons vu Patrice Lumumba être éliminé dans une barbarie extrême : son corps a été découpé, dissous dans l’acide, effacé pour qu’il ne reste aucune trace de lui. Nous avons vu des dirigeants africains refuser de se soumettre et être écrasés. Nous avons vu Ngarta Tombalbaye être tué pour avoir dit non à l’Occident. Ce ne sont pas des coïncidences. C’est une logique. Aujourd’hui, avec la présence active de services de renseignement comme la CIA et d’autres en Afrique, notamment chez nous, il devient légitime de s’inquiéter. Nos compatriotes les plus conscients sont observés, influencés , et parfois ciblées. Pour les puissances occidentales, l’Afrique reste une réserve stratégique de ressources pour leurs générations futures. Ils ne disent rien ouvertement, mais au fond, ils savent qu’ils feront tout pour freiner ou neutraliser tout Africain qui veut réellement la prospérité de son pays. Récemment encore, pour des intérêts liés au pétrole, ils ont avancé en Amérique du Sud en mettant la main sur les ressources du Venezuela. Ils ont étouffé des pays comme Cuba parce qu’ils ont refusé de se soumettre. Et aujourd’hui, ils sont présents au Moyen-Orient, alimentant tensions et guerres, notamment autour de l’Iran, grande puissance pétrolière. Chers compatriotes, tout indique que l’Afrique est plus que jamais dans leur viseur. C’est leur prochain terrain stratégique. Dans ce contexte, peut-on vraiment exclure que Masra soit victime des intérêts occidentaux qui agissent dans l’ombre chez nous ? Plus le temps passe, plus cette hypothèse devient sérieuse. Nous devons ouvrir les yeux.Nous devons poser les bonnes questions puisque sans la bénédiction de l’occident , il ne fera même pas 1 heure en prison . Libérez notre président……partagez au max , sauvons notre président ». Par Hamid Nassour

Tchad. Mahamat KaKa face au poids du sang et de l’histoire

Tchad. Mahamat KaKa face au poids du sang et de l’histoire

HAUT-ET-FORT. En cherchant à marcher sur les traces de son père, Mahamat Idriss Déby alias Kaka, a lui-même passé la corde autour de son cou, une corde aujourd’hui difficile à détacher. À l’ère des réseaux sociaux, les crimes politiques ne se dissimulent plus aussi facilement. En voulant s’éterniser au pouvoir, Mahamat KaKa porte une lourde responsabilité politique et morale dans l’assassinat de Yaya Dillo, opposant courageux, constant et engagé dans la lutte contre l’injustice. À cela s’ajoutent la mort de plusieurs militants du parti Les Transformateurs, ainsi que l’arrestation arbitraire de son président, Dr Succès Masra pour des motifs clairement politiques. Mahamat Kaka a cru qu’en utilisant l’argent du trésor public, il pourrait acheter le silence et solder le prix du sang de Yaya Dillo. Mais il s’est trompé. Yaya Dillo a bâti une valeur : celle de la justice. Une valeur désormais profondément ancrée dans la conscience du peuple tchadien. L’affolement du régime, notamment après le départ d’Ousman Dillo vers le Soudan, révèle les failles d’un système sécuritaire de la DGRI met de l’ANS plus occupé à surveiller les ragots que les véritables menaces. Face à un renseignement régional plus structuré et plus efficace, le pouvoir tchadien apparaît vulnérable. Comme en 2019, Mahamat Kaka a senti le danger lorsque les Tchadiens ont compris les manœuvres de manipulation. C’est dans cette peur qu’il est allé chercher une protection extérieure, s’agrippant au soutien de la France, craignant que l’orage ne vienne du côté soudanais. Le sang de Yaya Dillo continuera de hanter ce pouvoir. Car l’injustice finit toujours par se payer. Dieu n’aime pas l’injustice, et aucun régime bâti sur le sang ne dure éternellement. Par Makaila N’guebla Journaliste- défenseur des droits humains et militant altermondialiste

Tchad: la stratégie de Succès Masra vis-à-vis du référendum interroge

La campagne bat son plein en vue du référendum constitutionnel de dimanche. Le camp du « oui » a notamment organisé mardi un meeting à Sarh, dans le sud du pays, tandis que le Premier ministre Saleh Kebzabo était à Abéché dans l’Est. La caravane du « non », pour sa part, était à Moundou, 2ᵉ ville du Tchad. Et Succès Masra, lui, poursuivait sa grande tournée méridionale à Kelo. L’opposant a fait évoluer son discours au fil de ses déplacements, passant d’un ni-oui ni-non, à un « oui » à la nouvelle Constitution, qu’il qualifie de « moindre mal ». Une prise de position diversement appréciée. Succès Masra explique avoir évolué au contact des populations qu’il rencontre : mettre fin rapidement à la transition est la « priorité », il faut donc être « cohérent » et voter ce texte, « bien qu’imparfait », dit-il, quitte à le modifier « plus tard », une fois au pouvoir… Lire la suite sur RFI

CEEAC : Le Président Félix Tshisekedi, facilitateur de la CEEAC pour la réconciliation politique au Tchad, a reçu M. Succès Masra, un opposant tchadien

CEEAC : Le Président Félix Tshisekedi, facilitateur de la CEEAC pour la réconciliation politique au Tchad, a reçu M. Succès Masra, un opposant tchadien

Les questions relatives à la réconciliation entre le pouvoir et l’opposition au Tchad ont été examinées au cours de l’audience que le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a accordée, ce mardi 2 mai à la Cité de l’Union africaine, à M. Succès Masra, Président du parti d’opposition tchadien « Le Réformateur. » Le Chef de l’État est le facilitateur désigné par ses pairs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) dans la crise tchadienne. L’homme politique tchadien a déclaré, au sortir de l’audience, qu’il a échangé avec le Président Tshisekedi sur des questions en rapport avec la réconciliation des Tchadiens pour un « retour à une véritable démocratie » à la fin de la transition au Tchad avec un gouvernement choisi par le peuple Tchadien. Il a indiqué avoir présenté au Chef de l’État, au nom d’une vaste majorité des tchadiens, des propositions devant conduire à la réconciliation nationale dans son pays.  » La RDC, à travers son Président, vient ainsi au chevet du Tchad », a martelé M. Masra ». Auparavant, Didier Manzenga, ministre congolais du tourisme et envoyé spécial de la CEEAC pour la crise tchadienne, a indiqué qu’il était question pour le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de recevoir l’homme politique tchadien dans le cadre de sa mission de facilitateur dans la crise politique dans ce pays de l’Afrique centrale : à savoir échanger avec toutes les parties prenantes dans cette crise, ceux qui ont participé au dialogue national ainsi que ceux qui n’y ont pas participé, et ce en vue de la réconciliation nationale. Un représentant du Secrétaire général de l’ONU et le Président de la Commission de la CEEAC ont assisté à cette audience.