La Banque mondiale exhorte le Gabon à réformer les subventions aux carburants tout en protégeant les populations les plus vulnérables

La Banque mondiale exhorte le Gabon à réformer les subventions aux carburants tout en protégeant les populations les plus vulnérables

ECONOMIE. Le Gabon doit réformer les subventions aux carburants tout en protégeant les plus pauvres pour le développement d’une économie verte et résiliente, selon a Banque mondiale. L’institution financière internationale exhorte ce pays d’Afrique centrale à « réformer les subventions aux carburants afin d’en limiter le coût économique, environnemental et social, tout en renforçant les programmes de protection sociale de manière à soutenir les populations les plus vulnérables et d’améliorer la viabilité des finances publiques ». Si l’économie gabonaise a bénéficié en 2022 des cours élevés du pétrole, la hausse des prix internationaux de l’énergie a également entraîné d’importants coûts budgétaires au détriment des dépenses sociales pour les plus vulnérables et de l’environnement, constate-t-on dans la dernière édition de la Note de conjoncture économique du Gabon rendue publique récemment. la reprise économique du Gabon s’est accélérée, pour atteindre 3,1 % en 2022 Selon le document, qui s’intéresse plus particulièrement aux réformes des subventions aux carburants, la balance commerciale et les finances publiques du pays ont bénéficié des prix élevés des produits de base et de la bonne tenue des exportations de matières premières comme le pétrole, le bois et le manganèse, permettant ainsi au pays d’enregistrer en 2022 son plus fort excédent budgétaire depuis les chocs sur les prix du pétrole de 2014. L’institution de Bretton Woods note cependant que « les effets prolongés de la pandémie de COVID-19 sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, conjugués à l’impact de l’invasion russe en Ukraine, ont fait grimper les prix mondiaux de l’alimentation et de l’énergie ». Il se trouve qu’au même moment, la population gabonaise, en particulier les habitants les plus vulnérables, ressentait de plus en plus durement les effets de l’inflation. Face à cette situation, le gouvernement a augmenté les dépenses destinées à subventionner les carburants et les denrées alimentaires dans le but de contenir la hausse du coût de la vie pour les ménages. Dans le but de limiter l’augmentation du coût budgétaire induit par les subventions aux carburants, le Gabon a décidé de libéraliser progressivement les prix pour le secteur industriel à partir de juin 2022, tout en maintenant inchangés les prix pour les ménages, rappelle la Banque. Malgré les efforts fournis dans cette perspective, « le coût budgétaire des subventions aux carburants a continué d’augmenter », a indiqué l’organisme international qui l’estime à 100,6 milliards de francs CFA en 2022, soit 0,7 % du PIB. D’après les estimations de l’organisme international, « les dépenses publiques allouées à ces subventions ont représenté les deux tiers des dépenses publiques totales consacrées à la santé, et plus de la moitié de celles affectées à l’éducation au cours de la même année ». Pour la représentante résidente de la Banque mondiale pour le Gabon, Aissatou Diallo, « les coûts d’opportunité fiscaux et sociaux des subventions sont extrêmement élevés ». Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ledit « rapport souligne l’importance de développer une économie viable et intégrative, résistante aux chocs et de façon durable », souligne-t-elle précisant que cela nécessite d’investir massivement tant dans les infrastructures que dans le capital humain. D’autant plus que « les subventions aux carburants profitent essentiellement aux couches les plus aisées de la population », constate Sonia Barbara Ondo Ndong, coauteure du rapport, qui plaide pour « des politiques alternatives plus efficaces et mieux ciblées pour soutenir les personnes les plus vulnérables ». Martin Kam