Centrafrique : le ton monte à l’Assemblée nationale après des soupçons de divulgation de secrets professionnels

Centrafrique : le ton monte à l’Assemblée nationale après des soupçons de divulgation de secrets professionnels

Depuis ces derniers jours, un climat de méfiance prévaut au sein de la Représentation nationale. Le président de l’institution a pris des arrêtés pour limoger ou remplacer certains de ses proches collaborateurs. Si certains analystes y voient une réorganisation administrative, d’autres, par contre, affirment que ces décisions sont la preuve d’un malaise au sein du parlement. Même s’il est difficile d’avoir plus d’informations sur les différentes décisions de Simplice Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée nationale, les faits témoignent d’un climat de méfiance qui règne entre les députés et le reste du personnel. D’abord, dans un arrêté pris, le 14 novembre, le président de l’Assemblée Nationale a rappelé à ses collègues les dispositifs fixant le nombre d’éléments de sécurité requis pour chaque membre du bureau selon les grades. Plusieurs fois, les députés de la 7ème législature ont été critiqués en raison du nombre élevé d’éléments de sécurité qu’ils ont pour leur protection. Soupçons de propagation d’informations Un autre arrêté, signé le même jour, a mis fin aux fonctions du chargé de mission en matière de développent du tourisme. Même si la note n’a pas précisé les raisons de ce limogeage, des informations rapportées à Radio Ndeke Luka indiquent que l’homme serait soupçonné de divulgation de secrets professionnels. Ce climat de malaise se fait sentir à travers une circulaire, signée le 15 novembre par Simplice Mathieu Sarandji, exigeant à tous les députés, membres du cabinet, personnel et visiteurs, de déposer leurs téléphones à l’entrée avant toute audience avec le président de l’institution. Aucune loi votée depuis l’ouverture de la 2nde session D’après de nombreux témoignages recueillis par la rédaction de Radio Ndeke Luka, beaucoup d’élus de la Nation ne s’intéressent plus assez aux activités parlementaires. Ils ne sont plus réguliers aux débats et évitent d’être critiqués ou qualifiés d’opposants voire de traitres. Depuis l’ouverture en octobre dernier de la session ordinaire en cours, aucune loi n’a été votée. Par exemple, le débat suivi du vote de loi sur le commerce extérieur de la RCA, qui devait avoir lieu mercredi 15 novembre, a été repoussé à une date non définie. Depuis l’adoption de la nouvelle Constitution, un climat de méfiance s’est installé entre les parlementaires à l’Assemblée nationale.

L’arrestation de Ghislain Muhiwa renforce les soupçons de la Lucha

L’arrestation de Ghislain Muhiwa renforce les soupçons de la Lucha

Au mois de mai, lors de l’éruption du volcan Nyiragongo, Ghislain Muhiwa et ses camarades avaient dénoncé des détournements de dons destinés aux victimes du sinistre par certains agents de la fondation au Nord-Kivu. Les faits se sont déroulés ce dimanche (22 août 2021) en fin de journée. Lors de son arrestation, le militant a été escorté par des agents des renseignements ainsi que des policiers. Ceux qui étaient présents sur les lieux ont signalé également la présence de l’avocat de la fondation. Bienvenu Matumo, présent sur les lieux et membre de la Lucha dénonce une instrumentalisation de la justice. « Nous sommes étonnés que ceux qui dénoncent sont ceux qui sont poursuivis alors qu’il y a eu des cas d’arrestation dans ce dossier. Nous demandions qu’il puisse y avoir plus d’investigation en interne pour qu’on puisse savoir qui sont les personnes qui ont détourné une partie de l’aide. Depuis ce moment-là, il y a un acharnement, une instrumentalisation de la justice parce qu’on veut absolument plaire à la première dame et quand on discute avec les magistrats, on nous dit clairement que le dossier appartient à la première dame et qu’il faut y aller avec toutes les assurances possibles », s’inquiète l’activiste… Lire la suite sur DW