Situation économique de la République du Congo: concevoir des instruments fiscaux efficaces pour une foresterie et une croissance économique durables

Situation économique de la République du Congo: concevoir des instruments fiscaux efficaces pour une foresterie et une croissance économique durables

ECONOMIE. Un nouveau rapport de la Banque mondiale publié aujourd’hui indique que l’économie congolaise se redresse progressivement avec une croissance du PIB estimée à 1,9 % en 2023. La croissance devrait atteindre 3,5 % en 2024, soutenue par les activités pétrolières comme non pétrolières qui devraient croître respectivement de 4.2 % et 3.5%. Cette reprise demeure fragile principalement en raison de l’instabilité de la production pétrolière. Selon le 11ème rapport sur la situation économique de la République du Congo, l’inflation s’est accélérée en 2023 atteignant 4,3 % en moyenne. Parallèlement, l’insécurité alimentaire grave augmente, touchant désormais 59 % de la population. La pauvreté généralisée persiste avec près d’un Congolais sur deux vivant avec moins de 2,15 dollars par jour. Le rapport souligne l’importance pour la République du Congo de concevoir des instruments fiscaux efficaces pour une foresterie et une croissance économique durables. Les forêts occupent deux tiers du territoire congolais, et le pays a réussi à maintenir un taux de déforestation faible et stable, malgré le développement économique et l’exploitation forestière illégale. Au cours de la dernière décennie, le Congo a entrepris d’importantes réformes de la politique forestière pour renforcer la durabilité, avec notamment un nouveau code forestier promulgué en 2020. Le pays s’est engagé à réduire ses émissions de CO2 de 32 % d’ici 2030, nécessitant pour cela un soutien financier extérieur d’environ 7.1 milliards de dollars pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Malgré le rôle crucial que joue la forêt congolaise, ainsi que les forêts du bassin du Congo en général, le financement international reste encore insuffisant. « Pour soutenir la durabilité des forêts malgré les contraintes budgétaires et les financements internationaux limités, le Congo peut envisager des instruments de recettes fiscales intelligents face au climat. Il s’agirait d’aligner les taux d’imposition sur la durabilité des méthodes de production du bois, tels que le système de « bonus-malus » introduit dans certains pays de la région. », déclare Louise Pierrette Mvono, représentante résidente de la Banque mondiale pour la République du Congo. Pour répondre aux défis multiformes auxquels est confronté le secteur forestier congolais, le rapport préconise : la combinaison d’instruments fiscaux et d’une meilleure gouvernance forestière à travers l’amélioration de l’application des lois, du contrôle et la transparence pour aider la République du Congo à protéger ses forêts tout en renforçant le rôle du secteur forestier dans l’économie; le renforcement de la coopération régionale grâce à des réglementations harmonisées, une meilleure application de la loi et un meilleur alignement des politiques fiscales forestières pour permettre aux pays du bassin du Congo de mieux faire face aux défis transfrontaliers, d’améliorer les capacités institutionnelles et d’attirer davantage de financements internationaux ; un soutien international et une indemnisation à plus grande échelle des efforts déployés par les pays du bassin du Congo pour préserver leurs forêts qui constituent un bien public mondial essentiel sous la forme de services de régulation du climat et de biodiversité. « La République du Congo a pris de l’avance sur les autres pays de la CEMAC pour mettre en œuvre l’interdiction d’exportation de grumes à partir de juillet 2023. Cette mesure favorise la diversification économique et l’accès aux marchés, la transition étant facilitée par les investissements antérieurs dans les infrastructures et les capacités, ainsi que le nouveau code forestier », ajoute Vincent De Paul Tsoungui Belinga, économiste principal et principal auteur du rapport.

Burkina Faso/Situation économique dans l’espace UEMOA : le Président de la Commission rend compte au Chef de l’Etat

Burkina Faso/Situation économique dans l’espace UEMOA : le Président de la Commission rend compte au Chef de l’Etat

Le Président de la Transition, Chef de l’Etat le Capitaine Ibrahim TRAORE a accordé cet après-midi une audience au président de la Commission de l’Union économique et monétaire Ouest africaine (UEMOA), Abdoulaye DIOP. Le Président de la Commission de l’UEMOA a indiqué avoir partagé au cours de cette audience avec le Chef de l’Etat, un certain nombre de dossiers importants pour la marche de l’Union et les dossiers concernant le Burkina Faso. Cette rencontre a été surtout une occasion pour Abdoulaye DIOP de rendre compte au Président TRAORE des conclusions de la dernière session de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UEMOA, tenue à Abidjan au mois de décembre 2022 et du fonctionnement de la Cour de justice de l’institution avec la nomination de nouveaux juges, qui ont pris fonction en février dernier. « Cette occasion nous a permis de faire le tour de l’actualité économique, de lui présenter la situation économique de notre Union qui est globalement satisfaisante, malgré quelques tensions que nous avons au niveau des déficits budgétaires et légèrement au niveau de la dette publique », a indiqué Abdoulaye DIOP. Il a soutenu que cette situation économique difficile est liée aux décisions fortes prises par les Chefs d’Etat pour appuyer les populations face à la crise inflationniste que l’espace UEMOA a connue, à la suite de la guerre en Ukraine et des dysfonctionnements des chaînes d’approvisionnement au niveau mondial. Ces mesures prises pour soulager les populations ont impacté, selon lui, le déficit budgétaire et augmenté le taux d’endettement des Etats membres. Toutefois, a rassuré M. DIOP, la situation dans l’Union reste globalement positive et gérable. Le Président de la Commission a aussi rendu compte au Chef de l’Etat de l’initiative prise au sein de l’UEMOA en matière sécuritaire à savoir le projet qui porte sur l’interconnexion et l’informatisation des postes de police frontaliers. L’UEMOA a profité féliciter le Burkina Faso pour « la belle et parfaite organisation » de la 28e édition du FESPACO et renouvelé la disponibilité de la Commission à accompagner les autorités de la transition.

La situation économique du pays n’est pas faite pour rassurer les Marocains

La situation économique du pays n’est pas faite pour rassurer les Marocains

Les ménages marocains n’ont toujours pas confiance en la situation économique du pays. La persistance des craintes liées aux perspectives du chômage, du coût de la vie et de l’épargne a continué de plomber le moral de ces derniers au quatrième trimestre 2019, selon les chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP). S’il s’est légèrement amélioré par rapport au trimestre précédent, le moral des ménages s’est, en effet, dégradé par rapport au même trimestre de l’année précédente « à travers la persistance du pessimisme relatif aux perspectives du chômage, du coût de la vie et de l’épargne », a souligné l’institution publique. « Ce ressenti négatif est constaté aussi au niveau de l’évolution, entre 2018 et 2019, de la situation des droits de l’Homme, de la protection de l’environnement et de la qualité des services sociaux », a expliqué le HCP dans une note d’information sur les résultats de l’enquête de conjoncture qu’il a menée auprès des ménages au terme de l’année 2019. En effet, l’indice de confiance des ménages (ICM) qui synthétise cette confiance s’est établi à 77,8 points, au lieu de 74,8 points enregistrés le trimestre précédent et 79,8 points une année auparavant. Les résultats de l’enquête permanente de conjoncture auprès des ménages montrent que l’indice de confiance des ménages continue sa tendance baissière entamée depuis le premier trimestre de 2018. Selon les données du HCP, au cours du quatrième trimestre de 2019, près de la moitié des ménages (43,0%) ont déclaré une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, plus d’un tiers (34,0 %) un maintien au même niveau et moins d’un quart (23,0%) une amélioration. « Le solde d’opinion sur l’évolution passée du niveau de vie est resté négatif, à moins 20,0 points, contre moins 20,2 points au trimestre précédent et moins 13,3 points au même trimestre de l’année passée », a noté le Haut-commissariat. Soulignons que l’enquête du HCP a révélé que moins d’un tiers des ménages (28,8%) a déclaré s’attendre à une dégradation du niveau de vie, près de la moitié (44,5%) à un maintien au même niveau et 26,7% à une amélioration.Il ressort ainsi que le solde d’opinion relatif à cet indicateur est passé à moins 2,2 points au lieu de moins 3,7 points le trimestre précédent et 9,0 points le même trimestre de l’année 2018. Dans le même temps, l’enquête de conjoncture a fait apparaître qu’une majorité des ménages, soit 79,5%, s’attendent à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois et que seuls 7,9% sont plus optimistes. La perception par les ménages de l’évolution du chômage est telle qu’il est ressorti de l’enquête que le solde d’opinion est resté négatif à moins 71,6 points contre moins 71,8 points un trimestre auparavant et moins 70,0 points un an auparavant. L’érosion de la confiance des ménages a été aussi perceptible en ce qui concerne les achats des biens durables. En effet, au quatrième trimestre de 2019, plus de la moitié d’entre eux (55,6%) ont considéré que le moment n’est pas opportun de les effectuer. Ils n’étaient que 26,3% à croire que la conjoncture est au contraire favorable.Ainsi, pour le Haut-commissariat, « le solde d’opinion de cet indicateur est resté négatif, passant à moins 29,2 points contre moins 37,7 points le trimestre précédent et moins 36,7 points le même trimestre de l’année 2018 ».A l’inverse de ce qui a été jusque-là observé au titre du quatrième trimestre 2019, l’enquête du HCP a relevé qu’une proportion assez importante des ménages (65,6%) a estimé que ses revenus couvrent ses dépenses au cours de ce trimestre, alors que 30,4% d’entre eux ont déclaré s’endetter ou puiser dans leur épargne tandis que 4,0% ont affirmé épargner une partie de leur revenu.Après analyse, « le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle des ménages est resté ainsi négatif, à moins 26,4 points contre moins 29,5 points le trimestre précédent et moins 28,4 points une année auparavant », a relevé le Haut-commissariat.Concernant l’évolution de leur situation financière au cours des 12 derniers mois, il apparaît que 31,4% contre 9,3% des ménages considèrent qu’elle s’est dégradée.Ainsi que l’a souligné le HCP, cette perception est restée négative, « avec un solde d’opinion de moins de 22,1 points en amélioration par rapport au trimestre précédent où il enregistrait moins 26,0 points et en dégradation par rapport au même trimestre de l’année précédente où il enregistrait moins de 20,7 points ».Quant à l’évolution de leur situation financière au cours des 12 prochains mois, l’enquête de conjoncture a fait apparaître que 27,6% contre 11,7 % des ménages, s’attendent à une amélioration de leur situation financière.Dans ces conditions, « le solde d’opinion de cet indicateur enregistre 15,9 points contre 12,8 points un trimestre auparavant et 19,1 points un an auparavant », a fait savoir le Haut-commissariat. Analysant l’évolution d’autres indicateurs trimestriels de la conjoncture, notamment sur la perception des ménages relative à d’autres aspects des conditions de vie dont la capacité des ménages à épargner et l’évolution des prix des produits alimentaires, l’enquête apporte beaucoup d’enseignements. Ainsi, il apparaît que la perception de la capacité future des ménages à épargner est restée pessimiste, que 17,8% contre 82,3% des ménages s’attendent à épargner au cours des 12 prochains mois. Sur ce point, « le solde d’opinion relatif à cet indicateur est resté négatif, à moins 64,5 points au lieu de moins 64,4 points au trimestre précédent et moins 63,0 points au même trimestre de l’année passée ». Toujours selon le HCP, 85,2% des ménages déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des 12 derniers mois contre une proportion minime des ménages (0,1%) qui ressentent leur diminution. La perception est telle que « le solde d’opinion est ainsi resté négatif, à moins 85,1 points, après avoir été de moins 83,7 points le trimestre précédent et de moins 90,3 points une année auparavant ». Pour 82,7% des ménages, les prix des produits alimentaires devraient continuer à augmenter au cours des 12 prochains mois, contre 0,5 %