Maroc. La valeur des échanges extérieurs poursuit sa tendance haussière

Maroc. La valeur des échanges extérieurs poursuit sa tendance haussière

La valeur des échanges extérieurs de biens et services a poursuivi sa tendance haussière au terme des neuf premiers mois de l’année 2022, en raison essentiellement du maintien des prix des matières premières à des niveaux élevés et de la reprise des recettes voyages, selon Bank Al-Maghrib (BAM). La Banque centrale a ainsi noté, sur la même période, une augmentation de 37,4% des exportations et une progression de 43,8% des importations. En conséquence, « le déficit commercial s’est creusé de 81,6 milliards pour se situer à 234,5 milliards de dirhams et le taux de couverture est revenu de 60,2% à 57,6% », a-t-elle relevé dans sa Revue mensuelle de la conjoncture économique, monétaire et financière du mois de novembre. Selon la même source, l’amélioration des exportations observée au cours de cette même période s’explique essentiellement par le rebond de 66,6% des ventes des phosphates et dérivés. L’augmentation des ventes est intervenue suite à « l’accroissement des prix, particulièrement ceux des engrais qui ont connu une hausse de 102,4% par rapport aux neuf premiers mois de 2021 », a précisé BAM affirmant que l’évolution des exportations a concerné l’ensemble des secteurs. Dans sa récente revue, Bank Al-Maghrib fait également état de la hausse de 34,9% des ventes du secteur automobile, attribuable en grande partie à l’augmentation de 56,2% des ventes de la construction automobile à 37,4 milliards. Selon le document rendu public récemment, les exportations du secteur «agricole et agroalimentaire» ont poursuivi leur dynamique avec une progression de 20,8% à 61,4 milliards, reflétant des croissances de 22,4% des ventes de l’industrie alimentaire et de 18,5% de celles des produits agricoles. Tirées par la hausse de 28,8% des ventes des «vêtements confectionnés» et de 19,6% de celles des «articles de bonneterie», les expéditions du secteur «textile et cuir» se sont pour leur part accrues de 26,7% à 33,4 milliards, au titre des neuf premiers mois de l’année. Quant aux exportations du secteur de l’«électronique et électricité», les données analysées montrent qu’elles ont progressé de 34,3% à 13,2 milliards et celles de l’aéronautique ont enregistré une augmentation de 53,3% à 16,1 milliards. Pour la Banque centrale, l’évolution  de ce secteur reflète des bonds de 60,6% enregistrés au niveau des ventes du segment d’assemblage et de 39,7% pour celui de l’«EWIS1». Sur l’évolution observée au niveau des importations, BAM estime que sa hausse a été tirée principalement par l’alourdissement de la facture énergétique et des achats de demi-produits, suite particulièrement à la flambée des cours sur le marché international. Pour bien comprendre cette variation, il est important de noter que les importations de produits énergétiques ont plus que doublé pour atteindre 114,7 milliards, sous l’effet des augmentations de 130,4% à 56,6 milliards des achats du gas-oils et fuel-oils et de 191,6% à 19 milliards de ceux des «houilles, cokes et combustibles solides similaires», comme l’a expliqué Bank Al-Maghrib dans sa revue. En lien respectivement avec le renchérissement de l’ammoniac et du souffre intégrés dans la fabrication des engrais phosphatés, les acquisitions de demi-produits se sont accrues de 51,1% et celles des produits bruts de 63,3%, a en outre fait savoir la Banque centrale. Quant aux importations des produits alimentaires, BAM constate qu’elles ont connu une progression de 52,5% à 67,1 milliards, attribuable essentiellement aux approvisionnements en blé qui sont passés d’une année à l’autre de 9,8 milliards à 20,3 milliards, reflétant des augmentations de 53% des prix à l’import et de 36,1% des quantités. Il est à rappeler que les achats de biens d’équipement et de biens de consommation ont enregistré au cours de cette période « des hausses respectives de 19,4% et 8,5%, portant leur valeur à 108,5 milliards et 99,3 milliards », a indiqué Bank Al-Maghrib. Résultat d’un accroissement de 55,3% des exportations, plus important que celui de 45,8% des importations, la balance des services (dont le solde excédentaire) s’est améliorée de 66,6% à 76,6 milliards de dirhams au titre de la même période, a par ailleurs relevé BAM dans sa revue mensuelle. La Banque centrale a en particulier indiqué que les recettes voyages ont plus que doublé passant de 24,9 milliards à fin septembre 2021 à 62,2 milliards à fin septembre 2022 ; tandis que les transferts des MRE ont affiché une nouvelle progression de 11,6% à 80,8 milliards de dirhams. Tiré par un accroissement de 35,9% des recettes, le flux net des IDE a pour sa part augmenté de 50,8% pour se situer à 19,7 milliards. Quant au flux net des investissements directs des Marocains à l’étranger, « il a connu une amélioration de 44,8% à 4,3 milliards, résultat d’une légère hausse de 260 millions des investissements et d’un repli de 1,1 milliard des cessions », a annoncé Bank Al-Maghrib. Soulignant enfin que « l’encours des avoirs officiels de réserves s’est établi à 340,7 milliards de dirhams », selon la revue. Ce qui, précise-t-elle, représente ainsi l’équivalent de 5 mois et 26 jours d’importations de biens et services. Alain Bouithy

Le tertiaire génère plus des deux tiers du PIB mondial

Le tertiaire génère plus des deux tiers du PIB mondial

La réforme des échanges de services peut renforcer les chaînes de valeur mondiales et les performances économiques et profiter largement aux consommateurs du monde entier, a indiqué l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un nouveau rapport intitulé « Services trade policies and the global economy ». Selon l’organisation internationale d’études économiques, la réforme des échanges de services peut renforcer les chaînes de valeur mondiales et les performances économiques et profiter largement aux consommateurs du monde entier. « L’amélioration des politiques commerciales en matière de services peut stimuler la croissance inclusive de l’économie en favorisant l’accès à l’information, aux compétences, à la technologie, aux financements et aux marchés, qui sont la clé du succès d’une économie mondiale où le numérique occupe une place grandissante, a expliqué l’OCDE. Du nouveau rapport, il ressort que les services génèrent plus des deux tiers du produit intérieur brut (PIB) mondial, emploient la plus grande partie des travailleurs et créent la plupart des nouveaux emplois dans le monde. Le document a toutefois précisé qu’ils restaient soumis à des restrictions des échanges dans des secteurs comme les télécommunications, les services financiers, les transports, la logistique et les services professionnels. Globalement, l’OCDE a estimé que les coûts des obstacles aux échanges et à l’investissement dans les secteurs de services demeuraient élevés. A ce propos, des analyses récentes de l’organisation ont indiqué qu’ils dépassaient largement les droits de douane moyens sur les produits échangés. «Les consommateurs et les entreprises assument le coût de ces restrictions qui peut être chiffré comme s’il s’agissait d’une taxe sur les ventes », a noté l’organisation. Evoqant le cas des secteurs comme les transports, la logistique et la construction, l’organisation a fait observer que « la majoration des prix qui en résulte est estimée à 20% en moyenne, mais atteint près de 80 % dans certains pays, imposant ainsi des coûts supplémentaires considérables aux entreprises manufacturières et en définitive aux consommateurs ». Et de souligner que les formalités administratives à remplir sur les marchés de services induisaient souvent des coûts supplémentaires pour les exportateurs qui cherchent à entrer sur plusieurs marchés – on estime à 40 % environ l’équivalent tarifaire ad valorem des différences de réglementation. Selon l’OCDE, les PME seraient les premières à bénéficier de l’ouverture des marchés de services. « Bien souvent, les PME pensent qu’il est au-delà de leurs capacités de recenser les exigences réglementaires de chaque pays, d’adapter leurs méthodes de production et de réunir les documents attestant de leur mise en conformité. La réduction des coûts d’entrée sur le marché contribuerait à améliorer l’inclusivité des échanges de services en permettant à davantage de PME de saisir les opportunités qui se présentent à l’échelle mondiale », peut-on lire. « La réforme des politiques et des échanges de services peut doper les PME, réduire les coûts des échanges, renforcer l’économie numérique et contribuer à ce que la mondialisation profite à tous », a soutenu le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, notant que « l’accès aux chaînes de valeur mondiales passe par des marchés de services ouverts et bien réglementés ». Au final, le rapport fait une série de recommandations. L’organisation propose notamment aux pays de procéder à des réformes coordonnées des politiques relatives aux échanges de services et des réglementations. Ces réformes consistes à réduire les restrictions touchant l’entrée sur le marché et la circulation des professionnels, qui créent une discrimination à l’encontre des prestataires de services étrangers ; adopter des réformes stratégiques dans tout le spectre des politiques d’échanges, d’investissement et de concurrence afin de faciliter les échanges de services ainsi que cibler les obstacles présents dans les secteurs des transports et de la logistique pour réduire les coûts des échanges.