Congo : numérique en pleine tourmente et hécatombe à tous les étages ( lecture en 4 min )

Congo : numérique en pleine tourmente et hécatombe à tous les étages ( lecture en 4 min )

PARLONS-EN. Un vent eschatologique souffle sur le Congo ces derniers temps. Les rafales secouent le secteur du numérique et fauchent également des vies humaines. Les décès récents au sommet de la pyramide se sont ajoutés à ceux que le Congo enregistre quotidiennement. Firmin Ayessa, Philippe Mvouo et Saturnin Okabé se sont éteints, comme des Congolais ordinaires, ceux qui sont abandonnés à leur triste sort dans les hôpitaux de Brazzaville. Tandis que, Nick Fila est en France pour des contrôles sanitaires et Pierre Oba malade depuis des années est à cheval entre Brazzaville et l’Afrique du Sud. Ces événements animent le débat public. La mort et la maladie en Afrique ont toujours fait polémiques et suscitent boucs émissaires. Au Congo, en particulier, chaque décès et maladie suscitent des théories conspirationnistes. Sassou-Nguesso, sorciers ou riches deviennent les cibles faciles. Certaines églises, focalisées sur l’évangile de la prospérité, les fausses prophéties et l’argent, appelées églises de réclame, feignent d’esquiver ces sujets. Les leaders d’opinion brillent par leur silence, laissant les internautes spéculer à l’approche de l’élection présidentielle. Pendant ce temps, les conditions de vie se détériorent, les hôpitaux sont défaillants, et des fonds massifs partent en évacuations sanitaires ou rapatriements de corps des dignitaires qui sont enterrés en grande pompe. L’argent du Congo sert à cela et non au paiement des budgets de transfert, des pensions de retraite, des bourses, des salaires, des entrepreneurs, etc. L’hécatombe dessine son ombre sur le Congo. Numérique : cœur de la puissance nationale sous pression Le numérique n’est plus un simple outil d’innovation : il bat au rythme de la politique, de l’économie, de l’éducation, de la santé et de la démocratie. La régulation et Congo Télécom restent au centre des enjeux. Congo Télécom est acteur majeur de la numérisation du Congo malgré l’augmentation du parc d’abonnés en fibre optique aujourd’hui à 40 milles clients sur un potentiel de 800 milles ( chiffres E2C) mais est orphelin financièrement. L’Agence de régulation des postes et communications électroniques (Arpce) impose une transparence qui ferme les zones grises et les rétrocommissions jadis captées par des réseaux opaques. L’État congolais hésite entre modernisation fiscale et arrangements familiaux informels, avec des menaces contre l’Arpce. Au-delà des télécoms, la souveraineté numérique est en jeu. Christian Yoka outrepasse les directives de la Cemac, pressant un trésor public non structuré – encore dépendant de signatures manuelles – pour contrôler toutes les institutions, au mépris de la séparation des pouvoirs prônée par la Cemac et M. Sassou. De son côté, Christel Denis Sassou-Nguesso voit son heure venue. Son neveu, Junior Omar Bongo, qui après le pétrole, s’implante chaque jour encore plus dans le secteur par sa société Yao Corp dans les fibres optiques via Silicon Connect. Depuis trois ans, il domine le projet de Facture Numérique, à coup de milliards de fcfa au détriment d’initiatives déjà opérationnelles, comme l’ont confié des parlementaires sous anonymat lors de notre enquête. Que devient ce secteur, fierté de la révolution numérique déclenchée par Yves Castanou depuis 2010, face à la prolifération d’acteurs, l’appât du gain, les échecs et les influences politiques ?Collinet Makosso ferme-t-il les yeux sur les errements de Christian Yoka et Léon Juste Ibombo, tolérant folklore et manque de cohésion ? Les faux pas d’Ibombo et la taxe numérique controversée Le ministre Ibombo crée une commission dite « indépendante et inclusive », mais viole les textes en imposant unilatéralement un organe de gestion, sans sessions statutaires. Cette maladresse a occasionné contestations internes et une convocation parlementaire de Ibombo devant la commission des lois – signe d’un déficit institutionnel et juridique. Ibombo, en glissant une taxe sur les terminaux dans la loi de finances, au profit d’une Agence de développement du numérique (Aden) contredit M. Sassou qui vante la vulgarisation du numérique dans ses discours. Cette mesure impopulaire freine l’accès aux équipements en faveur des jeunes et des ménages modestes; elle est sans résultats visibles ni redevabilité. Elle risque de : Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Bénin/Agenda du secteur du numérique et de la digitalisation : 2023, année de passage à l’échelle

Bénin/Agenda du secteur du numérique et de la digitalisation : 2023, année de passage à l’échelle

La salle « Fleuve jaune » du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération, a servi de cadre le vendredi 03 février 2023 à la présentation de l’agenda 2023 du secteur du numérique et de la Digitalisation, présidée par la Ministre Aurelie ADAM SOULE ZOUMAROU. Impact, renforcement de la résilience, passage à l’échelle, seront les maitres-mots de cette année 2023 dans le secteur du numérique et de la digitalisation. 2023 sera l’année de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale d’Intelligence et des Mégadonnées (SNIAM) et de la poursuite de nombreux chantiers tels que le déploiement des salles numériques et e-services, le cadre règlementaire notamment le code du numérique, la loi sur la radiodiffusion numérique et la protection des données. L’extension des sites mobiles et la phase pilote de la 5G, seront également des points marquants de l’année 2023. La Ministre Aurelie ADAM SOULE ZOUMAROU annonce également deux réformes majeures à savoir la mutualisation des travaux de construction d’infrastructures passives et l’insertion de la formation aux compétences numériques minimales dans les cursus de formations classiques et de certification. Dans le secteur des médias, l’accent sera mis sur la poursuite de la modernisation de l’ORTB, le lancement de la chaîne A+ Bénin, la mise en place d’un cadre pour l’organisation du secteur de la publicité et le lancement de la TNT avec la mise sur le marché des décodeurs. Pour rappel, les crédits alloués au Ministère du Numérique et de la Digitalisation au titre de l’exercice budgétaire 2023, s’élèvent à trente et un milliards soixante-quinze millions quatre-vingt-un mille (31 075 081 000) FCFA soit 9 003 433 000 F CFA pour les dépenses ordinaires et 22 071 648 000 F CFA pour les dépenses en capital. Les principales actions envisagées sont : La présentation de l’agenda du secteur, a été également l’occasion pour le secteur privé (FAI et opérateurs de téléphonie mobile), l’Alliance Smart Africa et les partenaires au développement tels que le PNUD, la GIZ d’exposer les actions phares en lien avec le secteur du numérique, prévues pour l’année 2023. L’activité a connu la participation du Président de l’ARCEP, Flavien BACHABI ; du Président de l’APDP, Yvon DETCHENOU ; de l’Ambassadeur des Etats-Unis près le Bénin, Son Excellence Monsieur Brian Shukan du Directeur Général de Smart Africa, Lacina KONE.

Congo: Présentation des plateformes de suivi des taxes dans le secteur du numérique

Congo: Présentation des plateformes de suivi des taxes dans le secteur du numérique

L’absence d’outils de suivi automatisé des transactions financières, a donné lieu à des nouvelles dispositions, contenues dans la loi de finances 2019. Pour combler ces lacunes, l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (ARPCE) a été responsabilisée par le gouvernement pour mettre en place des solutions de télé-règlement, de certification des paiements électroniques et de suivi en temps réel des transactions financières de l’Etat. C’est ainsi que, au cours d’une réunion tenue, mercredi 18 septembre à Brazzaville, sous la supervision d’Henri Loundou, Directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget, l’ARPCE, conduite par son Directeur Général Yves Castanou, a présenté les avancées des projets en cours de développement. Il s’agit notamment du projet Telecom revenue monitoring system (TRVS), un outil développé pour répondre aux besoins croissants des autorités réglementaires et fiscales. Cet outil automatisé et entièrement fiable, selon l’ARPCE, permettra non seulement de capter et de comptabiliser la totalité des revenus réels tirés des cartes de recharges et des ventes de services télécoms, mais aussi de contre-vérifier les déclarations financières à partir de données collectées à la source, et d’effectuer les redressements fiscaux nécessaires ; de surveiller et analyser l’évolution du marché des services mobiles et de maîtriser les flux financiers de ce secteur vital pour l’économie nationale. La deuxième plateforme présentée est le Mobile money monitoring (M3). C’est une plate-forme de surveillance de l’argent mobile, conçue pour les gouvernements et organismes de règlementation. Cette solution offre aux autorités toute la visibilité dont elles ont besoin pour imposer le respect des lois et règlementations d’argent mobile en vigueur, comme le respect de la quantité de l’argent électronique autorisé à un opérateur.  Autre plateforme : l’Unité de certification des paiements (UCP). C’est un système qui certifie les paiements, au nom de l’Etat congolais, sur l’ensemble des paiements électroniques sur le territoire. L’UPC définit la chaîne de conformité de bout en bout, et le rôle des prestations dans la nouvelle norme pour les paiements « mobile money certifié ». L’UPC permet aussi une interconnexion avec le ministère des Finances au système e-paie et peut être interconnectée à la Direction générale des impôts et des domaines (DGID). L’ARPCE a également exposé sur le projet Timbre électronique fiscal (TEF). Un timbre d’horodatage et une preuve de la certification d’un paiement sécurisé, grâce à un numéro de TEF unique qui est associé à chaque bordereau, titre, facture ou quittance émise par le facturier. Dans le cadre de la dématérialisation et d’un meilleur suivi des recettes de l’Etat, le TEF peut être utilisé pour payer les droits de certaines formalités administratives, comme la demande de passeport, de permis de conduire, de titres fonciers, d’actes de naissances, en s’affranchissant ainsi des anciens timbres fiscaux papiers. La dernière plateforme présentée est le Hub numérique-suivi des transactions financières. Ce Hub est un système centralisé de volumétrique et de suivi des services de transferts de fonds, ainsi que des paiements pour le contrôle réglementaire et fiscal, l’analyse des données à des fins de lutte contre le blanchiment d’argent, l’exploitation des données pour la sécurité nationale, la sécurité et la protection des consommateurs, la connaissance et le suivi du marché des services de transferts d’argent.