DEPF: Les Etats-Unis affichent des perspectives de croissance solide

L’économie américaine a fortement progressé au quatrième trimestre 2021 (6,9% en rythme annualisé après 2,3 % au T3), selon une analyse de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du Ministère marocain de l’Economie et des Finances. La reconstitution des stocks a fortement contribué à la croissance (4,9 points), a-t-elle expliqué dans sa note de conjoncture du mois de février dernier. Pour l’ensemble de l’année 2021, « l’économie a progressé de 5,7%, le plus haut depuis 1984. La croissance devrait se poursuivre à un rythme modéré mais robuste en 2022 (4% selon le FMI) », a indiqué la DEPF soulignant que la demande intérieure est soutenue par la solide consommation des ménages et les mesures de relance budgétaire. Selon son analyse, les perspectives sont confrontées à une inflation persistante, une politique monétaire plus restrictive, des incertitudes sur la pandémie et des tensions géopolitiques (avec la Russie et la chine). Si la croissance devrait ralentir début 2022, freinée par la récente vague d’infections au variant Omicron, la DEPF a toutefois noté que les nouveaux cas Covid-19 se sont inscrits en fort repli, après avoir atteint un pic la mi-janvier. Il est à noter que la croissance de l’activité du secteur privé a ralenti en janvier, comme le montre l’indice PMI composite (51,1 après 57,0 en décembre). Selon la DEPF, « la décélération a concerné le secteur manufacturier (55,5 après 57,7) et, surtout, celui des services (51,2 après 57,6), perturbé par le variant Omicron. Néanmoins, les ventes de détail ont rebondi en janvier (+3,8% après -2,5% en décembre), les consommateurs ayant continué à dépenser malgré la flambée des cas de COVID-19 et la forte inflation ». Concernant le taux de chômage, il s’est établi à 4% en janvier après un creux de 3,9% en décembre, marquant une baisse de 2,4 points depuis un an. D’après les chiffres disponibles, « l’économie a créé 467 000 emplois nets en janvier contre 510 000 en décembre et une moyenne mensuelle de 555 000 en 2021. Les loisirs et l’hôtellerie ont mené les gains, malgré la vague d’omicron. L’emploi non agricole a augmenté de 19,1 millions depuis avril 2020, mais reste en baisse de 2,9 millions (ou 1,9%) par rapport à son niveau d’avant la pandémie en février 2020 ». Quant au taux d’inflation, il apparait qu’il « poursuit sa montée pour atteindre 7,5% en janvier, son plus haut niveau depuis 1982, amplifiée par une forte demande, des ruptures d’approvisionnement, une flambée des coûts de l’énergie et une pénurie de main-d’œuvre ». Tandis que l’inflation sous-jacente a rebondi à 6% en janvier. Notons que pour faire face aux pressions persistantes d’inflation, « la Fed a indiqué que son programme d’assouplissement quantitatif se terminera en mars et qu’elle envisage des hausses de taux d’intérêt peu de temps après », a fait savoir la DEPF. Martin Kam avec CP