Protestation contre la proposition de nomination de l’ex-ministre algérien des Affaires étrangères, M. Sabri Boukadoum comme émissaire de l’ONU pour la Libye

Protestation contre la proposition de nomination de l’ex-ministre algérien des Affaires étrangères, M. Sabri Boukadoum comme émissaire de l’ONU pour la Libye

L’Assemblée Mondiale Amazighe fustige la proposition de nomination de l’ex-ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, comme émissaire de l’ONU pour la Libye. Son président, Rachid RAHA, l’a fait savoir dans une lettre adressée au Secrétaire Général des Nations Unies, António Guterres. A lire ci-dessous: « Monsieur Le Secrétaire Général, Vous venez de proposer au Conseil de sécurité, l’ex-ministre algérien des Affaires étrangères, M. Sabri Boukadoum, comme nouvel émissaire des Nations Unies pour la Libye. Permettez-nous de vous exprimer que nous déplorons et nous protestons profondément ladite proposition pour diverses raisons, surtout que ce représentant diplomatique n’est qu’une marionnette des généraux algériens, qui ont confisqué le pouvoir en Algérie. Sachez bien que ladite proposition ne ferait incontestablement qu’approfondir le blocage à trouver des solutions politiques et pacifiques, qui garantiraient la stabilité, la paix et le progrès au peuple libyen et à ses aspirations démocratiques. Pire, ladite proposition d’un émissaire algérien c’est comme jeter de l’huile sur le feu. Déjà, les Nations Unies à travers son Haut-commissaire aux droits de l’homme avait condamné l’état algérien de la flagrante violation des droits de l’homme, en ce qui concerne les détentions illégales et les procès expéditifs des militants des évènements du « Hirak d’Algérie » (1). Même le parlement de l’Union Européenne a fait de même (2). Ce que nous ne comprenons pas, c’est comment vous proposez un diplomate d’un Etat qui ne fait que déstabiliser toute notre région d’Afrique du Nord, un diplomate à la solde des généraux algériens qui s’obstinent à armer les mercenaires sahraouis de Polisario, à bloquer la résolution du Sahara occidental, et à soutenir les terroristes djihadistes de Sahel.  N’oublions pas que ces hauts officiers algériens, qui devraient normalement être traduits devant la Cour Pénale Internationale de la Haye, sont à l’origine de la création du sinistre groupe terroriste Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), comme l’attestent l’étude de François Gèze et Salima Mellah (3) et les publications de Habîb Souaïdia (La sale guerre, Ed. La Découverte, Paris 2001) et d’Hichem Aboud (La Mafia des Généraux, JC Lattès 2002). De ce fait, ils sont les responsables directs de tous les meurtres commis, et qui continuent à être commis, au sein des pays du Sahel, et inclus ceux contre vos propres casques bleus de la Minusma. Comment se fait-il que vous proposez la nomination d’un diplomate à la solde des généraux algériens, qui pourraient fort probablement être derrière le dernier coup d’Etat des militaires maliens, des généraux véreux et criminels qui ont transformé le Sahel en une poudrière et où le massacre des civils ne cesse et dont ses services secrets militaires (DRS) protègent et fournissent des informations satellitaires à ses mercenaires djihadistes au Sahel, comme le célèbre Iyad Ag Ghali d’Ansar Dine ? Monsieur Le Secrétaire Général, Si vous voulez vraiment que les pourparlers politiques inter-libyens aboutissent à des résultats positifs, il faudrait deux conditions essentielles. En définitive, essayer de nommer un émissaire qui ne soit pas d’origine des pays dits « Arabes », un diplomate qui ne serait ni un « nationaliste arabiste », proche de l’Egypte et des Emirats Arabes Unis, ni un proche des « frères musulmans » de la Turquie et de Qatar, un diplomate qui ne manifeste aucune adversité  à l’identité, à la langue, à l’histoire et civilisation amazighes, pour ne pas continuer à exclure les représentants des communautés autochtones : Amazighs, Touarègues et Toubous. Ce qu’il faudrait et ce qui est fort recommandable c’est de penser, par exemple, à nommer un émissaire suisse, allemand ou belge, … qui pourrait faire son possible pour trouver une solution politique à ce conflit fratricide, en convaincant les factions libyennes de l’opportunité d’adopter un état fédéral qui permettrait la représentation aux plus hautes instances du pouvoir des représentants des plus importantes régions de la Libye.  Veuillez agréer, Monsieur Le Secrétaire Général, mes salutations les plus distinguées. Signé: Rachid RAHA Président de l’Assemblée Mondiale Amazighe«