Des perspectives mitigées pour la production de blé en Afrique du Nord

Des perspectives mitigées pour la production de blé en Afrique du Nord

Les prévisions pour 2025 à l’échelle mondiale restent globalement inchangées La production mondiale de blé en 2025 devrait s’élever à 795 millions de tonnes, ce qui correspond à la production de l’année précédente, selon les dernières prévisions de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En mai, « les prévisions restent globalement inchangées par rapport au mois précédent, seuls des ajustements mineurs ayant été apportés pour tenir compte de facteurs météorologiques », a estimé l’agence onusienne dans son nouveau Bulletin sur l’offre et la demande de céréales. Selon les prévisions de la FAO, les perspectives sont mitigées en Afrique du Nord. D’après le document publié en début de ce mois, « le Maroc connaît une récolte inférieure à la moyenne, l’Algérie prévoit une récolte de blé proche de la moyenne, et l’Egypte (où l’irrigation est très utilisée) devrait enregistrer une production moyenne ou bien supérieure à la moyenne ». Il est à noter que la production totale de maïs en Afrique du Sud connaît une légère révision à la hausse en mai. L’institution l’impute à la « constance des conditions météorologiques favorables depuis le début de l’année ». Elle prévoit ainsi « un relèvement de la récolte en 2025 après la production de 2024 qui avait été réduite par le temps sec ». Le Maroc connaît une récolte inférieure à la moyenne, selon la FAO Il ressort dudit rapport que les prévisions de production de blé dans l’Union européenne ont été légèrement revues à la hausse ce mois-ci, suite à l’amélioration des conditions météorologiques dans les pays du Sud qui ont soutenu les prévisions de rendement global. Après le creux observé au terme de l’année écoulée, l’organisation internationale s’attend ainsi à un fort rebond de la production en 2025. Elle prévient toutefois que la sécheresse, qui touche les régions septentrionales fait peser un léger risque de dégradation des rendements. La FAO revoit également à la hausse ses prévisions de production concernant le Royaume-Uni, la  Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord qui se rapproche de la moyenne quinquennale, constatant cependant  que « les températures anormalement chaudes du mois d’avril ont soulevé quelques inquiétudes sur les rendements potentiels ». A cause des conditions météorologiques défavorables et de la réduction des superficies, les prévisions concernant la Fédération de Russie restent identiques. Quand bien même les perspectives concernant le blé tablent toujours sur une production inférieure à la moyenne, du fait des effets du conflit, les précipitations du mois d’avril ont contribué à améliorer les conditions de culture dans certaines régions d’Ukraine, fait remarquer la FAO. De l’avis de l’agence,  les perspectives de production en Amérique du Nord restent proches de celle de l’année dernière. «Aux Etats-Unis d’Amérique, les craintes de sécheresse persistent, ce qui devrait maintenir la production totale de blé à un niveau légèrement inférieur à celui de 2024», estime-t-elle. En dépit du fait que le temps chaud et sec observé en Inde a entraîné une révision à la baisse des prévisions de production nationales, l’institution «s’attend toujours à ce que 2025 soit l’année d’une récolte de blé record  en Asie et revoit légèrement à la hausse les prévisions de production du Pakistan. En mai, les prévisions de production de blé en République islamique d’Iran et en Turquie restent inférieures à la moyenne, annonce la FAO. Si les prévisions de production dans l’hémisphère Sud sont légèrement revues à la hausse, l’institution s’attend en revanche à ce que la production de blé recule par rapport à 2024 en Australie, bien qu’elle reste supérieure à 30 millions de tonnes. Alain Bouithy

L’Éthiopie et le Groupe de la Banque africaine de développement signent un accord de subvention de 84,3 millions de dollars destiné à améliorer la production de blé

L’Éthiopie et le Groupe de la Banque africaine de développement signent un accord de subvention de 84,3 millions de dollars destiné à améliorer la production de blé

Le Groupe de la Banque africaine de développement a accordé des subventions totalisant 84,3 millions de dollars à l’Éthiopie pour faire progresser la production de blé et augmenter les revenus des producteurs dans ce pays. Le ministre des Finances de l’Éthiopie, Ahmed Shide, et le directeur général adjoint du Groupe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Est, Abdul Kamara, ont signé l’accord de subvention le 2 août 2023, à Addis-Ababa. L’appui financier sera destiné à la mise en œuvre du Projet de développement de la chaîne de valeur du blé résilient au changement climatique en Ethiopie. La subvention comprend 54 millions de dollars américains du Fonds africain de développement, la fenêtre de prêts à titre préférentiel du Groupe de la Banque pour les pays à faible revenu, 20 millions de dollars du gouvernement des Pays-Bas, 10 millions de dollars de la société agroalimentaire OCP Africa et 300 000 dollars du Centre mondial sur l’adaptation. Le gouvernement éthiopien fournira 10 millions de dollars en financement de contrepartie. Le projet comprend trois volets : la productivité et la production du blé adapté au changement climatique ; l’infrastructure du marché et l’agrofinancement ;  la coordination et la gestion de projets. Dans le cadre de son initiative phare Technologies pour la transformation agricole en Afrique (TAAT), le Groupe de la Banque africaine de développement a aidé l’Éthiopie et plusieurs autres pays du continent à stimuler la productivité agricole. Le Projet a été créé pour intensifier et maintenir les résultats réussis émanant du TAAT. Le plan, qui soutient les initiatives d’autosuffisance en blé de l’Éthiopie, sera mis en œuvre sur une période de cinq ans. Le projet bénéficiera à 500 000 ménages constitués de petits exploitants agricoles. Dans sa déclaration lors de la séance de signature, tenue à Addis-Abeba, M. Kamara a déclaré : « Le projet garantit que les fermiers en Éthiopie seront capables d’accéder aux intrants agricoles pour augmenter la production locale de blé, de sorte que les perturbations de l’approvisionnement résultant de la crise Russie-Ukraine n’aggraveront pas la situation de sécurité alimentaire déjà rendue précaire par le Covid-19, le changement climatique et l’augmentation du coût de la vie. Il vise également à soutenir les progrès exemplaires de l’Éthiopie dans l’atteinte de l’autosuffisance en blé et l’orientation vers l’exportation, un modèle que d’autres pays africains devraient imiter. » Le directeur général adjoint du Groupe de la Banque a ajouté : « la signature de cette subvention démontre l’engagement inébranlable de la Banque à soutenir l’Éthiopie et son peuple, et réaffirme davantage le partenariat entre la Banque et le gouvernement éthiopien dans la réalisation de la vision de l’Éthiopie à devenir un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure d’ici 2025. » De son côté, le ministre des Finances de l’Éthiopie, S.E. Ahmed Shide, a salué le soutien de la Banque, soulignant que le projet accélérera et aidera les initiatives visant à l’autosuffisance en blé de son gouvernement. L’Éthiopie est le deuxième plus important producteur de blé en Afrique subsaharienne, après l’Afrique du Sud. Le pays prévoit de devenir autosuffisant en blé et exportateur net d’ici 2025/26, dans le but de produire 4,2 millions de tonnes supplémentaires de blé par irrigation en déployant des technologies et des innovations éprouvées telles que le TAAT. La subvention porte l’engagement actuel de la Banque en Éthiopie à 1,23 milliard de dollars, couvrant les secteurs clés des services de base, de l’énergie, des transports, de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement et de l’agriculture, ainsi que le secteur privé.

La BAD veut stimuler la production de blé en Afrique

La BAD veut stimuler la production de blé en Afrique

Pour se passer du blé importé de la Fédération de Russie, la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé récemment qu’elle prépare un plan accéléré d’un milliard de dollars. Selon le président de la BAD, Akinwumi Adesina, pour sevrer l’Afrique du blé russe, l’institution panafricaine procède actuellement à une levée des fonds en vue d’aider 40 millions d’agriculteurs africains à utiliser des technologies résistantes au climat et à augmenter leur production de variétés de blé tolérantes à la chaleur. Pour rappel, le blé fait partie des quatre produits exportés par la Russie et l’Ukraine. Cet aliment, comme beaucoup d’autres, devrait devenir plus cher dans le monde, comme l’a relevé récemment BBC. « Les prix des produits de base ont grimpé en flèche en raison des perturbations de l’offre causées par l’invasion russe, qui a bloqué le flux de céréales et de métaux en provenance de la région », a fait remarquer la radio-télévision britannique dans un article visible sur son site Internet. Il est important de rappeler également que « la Russie et l’Ukraine jouent toutes les deux un rôle stratégique sur les marchés internationaux des matières premières », a poursuivi BBC. D’où la crise qui se profile au niveau de ces produits et bien d’autres. Selon l’Agence Anadolu, entre 2018 et 2020, l’Afrique a importé pour 3,7 milliards USD de blé (32% du total des importations africaines de blé) en provenance de la Fédération de Russie et pour 1,4 milliard USD en provenance d’Ukraine (12% des importations totales de blé africain). Citant un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), un organe subsidiaire de l’Assemblée générale des Nations unies, la même source indique que « pas moins de 25 pays africains importent plus d’un tiers de leur blé des deux pays et 15 d’entre eux en importent plus de la moitié ». Pour rappel, les prix mondiaux du blé ont progressé de 2,1% au cours du mois de février 2022, selon les données recueillies par l’Agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Dans un rapport couvrant cette période, l’organisation internationale avait attribué cette hausse essentiellement aux incertitudes qui règnent quant aux flux des disponibilités mondiales depuis les ports de la mer Noire. Dans son dernier Bulletin sur l’offre et la demande de céréales, publié à la même période, et qui contient des prévisions préliminaires pour la production mondiale de céréales en 2022, la FAO avait également annoncé que la production mondiale de blé devrait progresser et atteindre 790 millions de tonnes. L’agence onusienne estimait alors que « les rendements élevés prévus et le niveau important des superficies plantées en Amérique du Nord et en Asie devraient compenser la légère baisse attendue dans l’Union européenne et les incidences négatives de la sécheresse sur les cultures dans certains pays d’Afrique du Nord ». Une semaine plus tard, la FAO alertait sur des hausses des prix alimentaires mondiaux qui pourraient osciller entre 8% et 20% dans le sillage de la guerre en Ukraine. Ainsi que l’a rapporté l’ONU sur son site officiel, « le conflit pourrait entraîner une baisse soudaine des exportations de blé de la Russie et de l’Ukraine, alors que cette céréale est l’aliment de base pour plus de 35% de la population mondiale ». Dans un article, les Nations unies ont expliqué que « la crainte de la FAO vient du fait que Kiev et Moscou sont deux des poids lourds de l’exportation de céréales, représentant un tiers des exportations et surtout, d’engrais utilisés dans les champs de la moitié du monde ». Alain Bouithy