La France révise à la baisse ses prévisions de croissance pour 2024

Le gouvernement français a révisé à la baisse ses prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB) de l’hexagone pour 2024 de 1,4% à 1%, dans un contexte de ralentissement économique en Europe, notamment en Allemagne. L’annonce a été faite, dimanche soir, par le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, qui était l’invité du journal télévisé de 20 heures de TF1. « Il faut tenir compte du nouveau contexte géopolitique : la guerre en Ukraine, les affrontements au Moyen-Orient, la situation en mer Rouge, le ralentissement économique très marqué en Chine et une récession en Allemagne en 2023 », a expliqué le responsable gouvernemental. Ces nouvelles prévisions de croissance s’approchent de celles faites par la Commission européenne de la Banque de France, et sont similaires à celles du Fonds monétaire international (1%). L’OCDE s’attend à une augmentation du PIB français de seulement 0,6% cette année, en recul de 0,2 point par rapport à ses prévisions de novembre. Le ministre a en outre dévoilé un plan d’économies de l’ordre d’au moins « 10 milliards d’euros » sur notamment l’énergie, l’immobilier et les achats auquel tous les ministères contribueront. MAP

RD Congo: le FMI révise à la hausse ses prévisions de croissance pour cette année et 2022

RD Congo: le FMI révise à la hausse ses prévisions de croissance pour cette année et 2022

Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour la République démocratique du Congo (RDC) pour 2021 et 2022. « Malgré la persistance de la pandémie de COVID-19, l’économie se redresse ; la croissance pour 2021-2022 a été révisée à la hausse à 5,4% et 6,2% respectivement », a récemment annoncé l’institution financière internationale dont une équipe, dirigée par Mercedes Vera Martin, a mené des discussions virtuelles (4-13 octobre) et des réunions avec les autorités à Kinshasa du 20 au 27 octobre. Cette croissance est soutenue par une production minière plus élevée que prévu et un rebond de la croissance des secteurs non extractifs, a expliqué l’organisme international soulignant l’inflation est restée ancrée autour de 5%. « Les évolutions externes plus favorables qu’anticipé, soutenues par les prix élevés des matières premières, ont permis une augmentation significative des réserves internationales brutes à 3,3 milliards de dollars à la mi-octobre 2021 (contre 0,8 milliard de dollars fin 2020) », a indiqué Mercedes Vera Martin au terme de la mission estimant que cela reflète des achats de devises plus proactifs par la banque centrale et l’allocation générale de DTS reçue fin août. Selon elle, l’augmentation des recettes fiscales a permis des dépenses supplémentaires, principalement d’investissement, sans remettre en cause la cible de déficit budgétaire pour la fin 2021. Dans une déclaration au terme de cette mission, Mercedes Vera Martin a estimé en outre que « renforcer la mobilisation des recettes reste un objectif clé qui doit être soutenu par des progrès continus dans les réformes fiscales, y compris la modernisation et la numérisation de l’administration fiscale, l’amélioration du respect des obligations fiscales, le rétablissement du bon fonctionnement du système de TVA, la mise en œuvre du système de traçabilité des droits d’accise et la rationalisation des dépenses fiscales et des charges non fiscales ». Soulignons que les autorités se sont engagées à améliorer la gestion des finances publiques pour limiter les dépenses non prioritaires, notamment en respectant la chaîne des dépenses, en contrôlant la masse salariale et en limitant les coûts budgétaires liés à la tarification des carburants. Pour le FMI, « ceci est crucial pour créer de l’espace pour les dépenses favorisant la croissance dans des secteurs prioritaires tels que la santé, l’éducation et les infrastructures ». Dans sa déclaration, la responsable de l’équipe du FMI a par ailleurs estimé que « l’amélioration de la gouvernance reste une pierre angulaire du programme, avec un accent continu sur le renforcement de la gestion des ressources extractives ; l’amélioration de la transparence, de la redevabilité et de l’efficacité dans la gestion des finances publiques ; la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent ». Concernant ce dernier point, elle a noté que les autorités travaillent sur des amendements à la loi sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, pour répondre aux recommandations standard internationales, ainsi qu’à des amendements au cadre de la déclaration de patrimoine conformément à l’article 99 de la Constitution. Enfin, à ses yeux, « faire avancer les réformes structurelles est essentiel pour soutenir la reprise et promouvoir une croissance plus élevée et plus inclusive ». Et pour cause, le succès du programme dépend de politiques macroéconomiques prudentes et d’un climat des affaires amélioré pour attirer les investissements privés. Martin Kam

Maroc. Misant sur un minimum vital, le nouveau gouvernement ne se mouille pas trop

Maroc. Misant sur un minimum vital, le nouveau gouvernement ne se mouille pas trop

Plus d’un an et demi après le début de la pandémie, le Maroc se remet progressivement mais sûrement de la crise liée au Covid-19 qui a ébranlé plusieurs pans de son économie. « En dépit des effets inédits générés par la crise et le repli de l’économie mondiale, l’économie nationale connaît une embellie significative », a récemment déclaré Sa Majesté le Roi Mohammed VI lors de son adresse au Parlement. « Grâce aux mesures adoptées sous Notre impulsion, il est attendu qu’en 2021, le Maroc, si Dieu le veut, réalise un taux de croissance supérieur à 5,5%, ce qui constitue une performance inégalée depuis des années et compte parmi les plus élevées à l’échelle régionale et continentale », a prédit le Souverain qui s’exprimait ainsi à l’occasion de l’ouverture de la 1ère session de la première année législative de la 11ème législature. Comme l’attestent les estimations diffusées au fil des mois par les institutions économiques nationales et internationales, qui se sont livrées à l’exercice de la prévision de croissance, les rythmes de la reprise laissent à présent présager de belles perspectives pour l’année 2021. En effet, quand bien même la vigueur de la reprise semble varier sensiblement d’une institution à l’autre, les pronostics produits par le Centre marocain de conjoncture (CMC), Bank Al-Maghrib (BAM), le Haut-commissariat au plan (HCP), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale sont jusqu’alors tous optimistes. Dans son nouveau rapport annuel n° 53, intitulé « 2022 : Relance en perspective », le Centre marocain de conjoncture table sur un taux de croissance de 7,1% pour cette année. Cette estimation délibérément élevée s’appuie sur l’amélioration des conditions sanitaires constatée au milieu du premier semestre après le soubresaut pandémique enregistré en début d’année, la cadence soutenue du déroulement de la campagne de vaccination et l’acheminement vers une immunité collective, selon l’observateur privé. Les prévisions découlent aussi de « l’engouement des opérateurs pour la reprise de l’activité, l’excellente campagne agricole et la forte croissance qui se profile pour l’économie mondiale », ajoute le CMC dans son rapport qui présente, par ailleurs, le bilan économique et social relatif à l’année 2020 tout en faisant état des prévisions et cadrage des années 2021 et 2022. Si les grosses vagues de craintes et d’incertitudes engendrées par le coronavirus devraient s’aplanir en 2022, avec notamment l’avancée des mesures prophylactiques, le Centre prévient cependant que le climat de confiance ne se serait pas pour autant entièrement rétabli. « Le doute et la peur d’un retour de manivelle devraient persister dans les esprits des opérateurs économiques », a-t-il fait savoir. Dans ce contexte, le CMC annonce qu’elle abaisse légèrement sa prévision de croissance pour l’année prochaine à 4,1%. Après actualisation de ses dernières estimations, Bank al-Maghrib prévoit pour sa part que « le PIB en termes réels terminerait l’année avec un rebond de 6,2%, en révision à la hausse de 0,9 point par rapport aux prévisions de juin dernier ». « Cette amélioration reflète une augmentation de 18,8% de la valeur ajoutée agricole, compte tenu d’une récolte céréalière de 103,2 millions de quintaux, et une augmentation de 4,6% de celle non agricole », a expliqué la Banque centrale à l’issue de la troisième réunion trimestrielle qui s’est tenue le mercredi 13 octobre dernier. A noter qu’en 2022, BAM pense que la croissance se consoliderait à 3%, recouvrant un repli de 3,3% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne, et un accroissement de 3,6% de celle des activités non agricoles. De son côté, le FMI a également relevé ses prévisions de croissance pour le Maroc en 2021. L’institution de Bretton Woods anticipe désormais une progression de 5,7% du produit intérieur brut (PIB) contre 4,5% auparavant. Quant à la Banque mondiale, il ressort de ses projections qu’elle s’attend maintenant à un taux de croissance de 5,3% pour cette année. Après avoir progressé de 15,2% au deuxième trimestre 2021 et s’être raffermie de 5,9% au troisième trimestre, la croissance économique se situerait à 4,3% au quatrième trimestre 2021, au lieu d’une baisse de 5,1% au même trimestre de l’année précédente. C’est ce qu’a indiqué le HCP dans sa note sur la situation économique nationale rendue publique en début de mois, précisant que ce raffermissement tient compte d’une hausse de 18,5% de la valeur ajoutée agricole et de 2,5% de celle des activités hors agriculture. Soulignons que le nouveau gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch a pour sa part situé le rythme de la croissance économique à une moyenne de 4% durant les cinq prochaines années. Ce chiffre paraît bien éloigné de ceux avancés récemment par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) qui, dans sa note de conjoncture du mois de septembre (N°295), prédisait que l’économie nationale devrait clôturer l’année 2021 avec une croissance du PIB, en volume, entre 5,5% et 5,8%. A en croire ce département relevant du ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, « cette évolution globale devrait quasiment combler l’écart de la production apparu en 2020 et contribuer à redresser progressivement les principaux agrégats macro-économiques ». Quoique nous réserve l’avenir, on ne peut qu’espérer que l’activité économique continue de se renforcer, comme le suggèrent les indicateurs conventionnels et à haute fréquence auxquels la DEPF fait allusion dans sa note de conjoncture. Des indicateurs qui «portent à l’optimisme et à l’espoir, renforçant la confiance des citoyens et des ménages et stimulant l’esprit d’initiative chez les opérateurs économiques et les investisseurs », comme l’a relevé SM. le Roi Mohammed VI dans son discours au Parlement. Alain Bouithy

Maroc. Bank Al-Maghrib relève ses prévisions de croissance pour cette année à 6,2%

Maroc. Bank Al-Maghrib relève ses prévisions de croissance pour cette année à 6,2%

Bank Al-Maghrib a maintenu mercredi 13 son taux directeur inchangé à 1,5%, estimant que son niveau actuel demeure «approprié», et relevé ses prévisions de croissance pour cette année à 6,2%. «L’orientation de la politique monétaire reste largement accommodante, assurant des conditions de financement adéquates», a justifié le Conseil de politique monétaire de Bank Al-Maghrib à l’issue de sa troisième réunion trimestrielle de l’année 2021. Analysant la conjoncture économique national ainsi que les projections macroéconomiques à moyen terme de l’institution publique, la Banque centrale a relevé des progrès significatifs réalisés par le Maroc en matière de vaccination, la poursuite de la reprise de l’activité économique et l’évolution de l’inflation à des niveaux modérés en dépit d’une certaine accentuation des pressions inflationnistes externes. Le Conseil, qui s’est enquis également des derniers développements sur le marché de change et de l’impact des interventions récentes de la Banque pour résorber les excédents conjoncturels de devises, a en outre noté qu’après une relative accélération à 1,6% en moyenne au deuxième trimestre de 2021 et à 2,2% en juillet, l’inflation est revenue à 0,8% en août en lien avec la baisse des prix des produits alimentaires à prix volatils. Selon les prévisions de BAM, l’inflation « devrait ressortir à 1,2% sur l’ensemble de cette année et s’établir à 1,6% en 2022 et ce, après un taux de 0,7% en 2020 », tandis que sa composante sous-jacente devrait passer de 0,5% en moyenne en 2020 à 1,4% en 2021 et atteindrait 2,1% en 2022. Poursuivant son analyse de l’évolution de la conjoncture économique nationale, Bank Al-Maghrib a annoncé que la reprise devrait se poursuivre, « soutenue par les progrès notables de la campagne de vaccination, la très bonne campagne agricole, le stimulus budgétaire ainsi que l’orientation accommodante de la politique monétaire ». Des projections de la Banque centrale, il ressort que le PIB terminerait l’année 2021 avec un rebond de 6,2%, en révision à la hausse de 0,9 point par rapport aux prévisions de juin dernier. Dans son communiqué, BAM a indiqué que «  cette amélioration reflète une augmentation de 18,8% de la valeur ajoutée agricole, compte tenu d’une récolte céréalière de 103,2 millions de quintaux, et une augmentation de 4,6% de celle non agricole ». D’après l’institution publique, la croissance devrait se consolider à 3% l’année prochaine, « recouvrant un repli de 3,3% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne, et un accroissement de 3,6% de celle des activités non agricoles ». Analysant l’évolution du marché du travail, la Banque a noté une amélioration de 1,3 point du taux d’activité à 46,1% alors que le taux de chômage s’est aggravé de 0,5 point à 12,8%. Elle a, à cette occasion, rappelé que les données du deuxième trimestre 2021 qui font ressortir une création de 405 mille emplois en glissement annuel, jugeant ce nombre en deçà des 533 mille actifs qui ont rejoint le marché au cours de la même période. Pour ce qui est des échanges extérieurs, la reprise du commerce de biens observée en août dernier devrait se poursuivre avec une hausse des exportations de 22,6% en 2021 puis de 5,9% en 2022, a indiqué BAM soulignant qu’elle serait tirée principalement par les ventes du phosphate et dérivés et la construction automobile. Les importations devrait de leur côté s’accroître de 19,6% en 2021, en raison essentiellement des augmentations prévues des achats de biens d’équipement et de consommation, ainsi que de l’alourdissement de la facture énergétique. Mais elles devraient accuser une décélération de leur rythme à 4% en 2022. En 2022, sous l’hypothèse d’un allègement significatif des restrictions sanitaires, les recettes voyages connaîtraient un rebond à 60,7 milliards (après une baisse de 8,6% à 33,3 milliards de dirhams prévue en 2021); tandis que les transferts des MRE, après une progression importante de 27,7% en 2021, baisserait de 5% à 82,7 milliards en 2022. Selon BAM, qui tient compte, en particulier, des financements extérieurs prévus du Trésor et de l’allocation de DTS de 10,8 milliards de dirhams, « les avoirs officiels de réserve se situeraient à 335 milliards de dirhams à fin 2021 et à 345,1 milliards à fin 2022 ». Pour ce qui est du crédit bancaire au secteur non financier dont la progression a accusé un léger ralentissement à 3,3% au deuxième trimestre, il devrait terminer cette année avec une hausse de 3,7% puis augmenter de 3,8% en 2022, a-t-elle poursuivi. S’agissant des finances publiques, Bank Al-Maghrib a noté une amélioration de 9,3% des recettes ordinaires, alors que les dépenses globales se sont alourdies de 8%, en lien notamment avec les augmentations des dépenses de biens et services, des transferts aux collectivités territoriales et de la charge de compensation. Le déficit de caisse, qui intègre une réduction du stock des opérations en instance d’un montant de 18,5 milliards, s’est établi à 67,4 milliards, au lieu de 48,2 milliards à la même période en 2020. Ainsi, « le déficit budgétaire, hors privatisation, devrait s’améliorer, selon les projections de Bank Al-Maghrib, passant de 7,6% du PIB en 2020 à 7,3% en 2021 et à 6,8% en 2022 », a-t-elle déduit. Alain Bouithy

Révision à la baisse des prévisions de croissance pour 2020 (Maroc)

Révision à la baisse des prévisions de croissance pour 2020 (Maroc)

La tension hystérique et l’affolement hypocondriaque qui ont prévalu depuis le déclenchement de la crise semblent s’atténuer, a constaté le Centre marocain de conjoncture (CMC) qui a dévoilé récemment ses nouvelles prévisions de croissance pour 2020. Malgré les maigres indices précurseurs disponibles à ce jour, le CMC dont les analyses sont qualifiées de fiables a élaboré une nouvelle esquisse des perspectives de croissance de l’économie nationale pour l’exercice en cours. D’après les nouvelles données, qui prennent en considération les dernières informations relatives aux conséquences de la crise sanitaire qui sévit actuellement au Maroc et partout ailleurs, l’économie nationale devrait connaître « un taux de croissance négatif conjecturable du Produit intérieur brut à prix constants de l’ordre de -3,2% pour l’exercice 2020 ». Rappelons que dans ses projections de mars dernier, le Centre marocain de conjoncture avait annoncé qu’il prévoyait une croissance de 0,8% pour cette année. Un chiffre qu’il s’est empressé de corriger sur la base des nouvelles données. Selon les explications de l’observatoire privé, « cette contre-performance économique devrait découler du retrait de l’ensemble des secteurs sous les effets multiples déclenchés par la maladie du Covid-19, de la psychose et de la perte de confiance en passant par les restrictions des déplacements et le confinement pour arriver au stade de l’état d’urgencesanitaire ». Pour établir ses nouvelles prévisions, le Centre marocain de conjoncture a retenu un certain nombre d’hypothèses présentées dans son 40ème numéro de sa publication « Info-CMC ». Dans l’hypothèse que la crise sanitaire prendrait fin au milieu de l’année et que la reprise ne redémarrera que plus tard et d’une façon progressive, le CMC table sur une campagne agricole 2019-2020 assez sèche qui provoquerait un affaissement notable de la production céréalière, laquelle ne dépasserait guère les 40 millions de quintaux. Si le Centre est sceptique quant à l’effet immédiat que produirait la baisse du taux directeur de Bank Al Maghreb d’un quart de point sur l’économie réelle, il estime en revanche que « la politique budgétaire largement accommodante, initiée par la création du Fonds spécial de gestion de la pandémie du coronavirus et la solidarité agissante des Marocains, pourrait bien faire éviter la faillite à un bon nombre d’entreprises et sauver des emplois ». Outre ces quatre hypothèses, le CMC axe également sa prévision sur un redressement du prix du pétrole au milieu de l’année pour se stabiliser autour de 50 dollars, après la chute qu’il a accusée atteignant presque les 20 dollars, en supposant que l’inflation resterait contenue à un niveau assez bas. La dernière hypothèse présume enfin qu’« avec l’élargissement de la bande des fluctuations possibles concernant les termes de change, la parité du dirham pencherait plutôt vers une dépréciation par rapport aux deux monnaies principales : le dollar et l’euro ». Dans ses prévisions, le CMC indique que tous les autres secteurs subiront les retombées néfastes induites par la maladie Covid-19, à l’exception de la branche des produits pharmaceutiques, du secteur du commerce et des services non marchands. Concernant le secteur agricole, il pense qu’il « devrait afficher une diminution de sa valeur ajoutée en volume d’environ 3% en raison des conditions climatiques pernicieuses enregistrées durant l’hiver », tandis que « les autres secteurs devraient pâtir des dégâts causés par le coronavirus et ce à des degrés divers en accusant un ralentissement ou carrément une baisse de l’activité ». Très touché par la crise sanitaire, le secteur de l’hébergement et la restauration devrait voir sa valeur ajoutée en termes réels fléchir d’environ 25 % tant la reprise serait lente et difficile. Dans sa note, le CMC souligne que les services de transport aussi bien aérien, ferroviaire que routier devraient marquer le pas et leur valeur ajoutée globale connaîtrait un fléchissement conséquent en glissement annuel. De son côté, le secteur de l’industrie extractive devrait subir l’impact du rétrécissement des marchés extérieurs induit par le mouvement dépressif de l’économie mondiale, a-t-il fait savoir. Revenant sur la croissance pour 2020, le Centre pense que son rythme perdrait de son tonus et pourrait connaître une baisse si la situation reste en l’état. « Dans cette texture anticipée de la croissance de l’économie nationale pour l’année 2020, la contribution des activités des industries manufacturières resterait modeste et se situerait en deçà de 1% aux termes de l’année », a-t-il prévenu. Et de faire remarquer qu’aujourd’hui certaines de ces activités peinent à trouver des marchés ou sont bloquées par manque d’approvisionnement en matière première et produits intermédiaires. Pendant ce temps, d’autres sont complètement à l’arrêt comme la branche principale de l’industrie automobile qui, comme nous l’avons annoncé dans une de nos éditions précédentes, devrait progressivement reprendre ses activités industrielles, selon l’un des acteurs majeurs de ce secteur. Alain Bouithy