36,82 millions d’habitants recensés au Maroc

L’accroissement démographique entre 1960 et 2024 en baisse continue Le Maroc compte désormais 36.828.330 habitants dont 36.680.178 Marocains et 148.152 étrangers. Tels sont les nouveaux chiffres issus du septième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) mené par le Haut-commissariat au plan (HCP) au 1er septembre 2024. D’après les résultats globaux du RGPH 2024, validés par le Conseil de gouvernement du jeudi 7, comparé au recensement de 2014, « l’effectif de la population a enregistré un accroissement absolu de 2.980.088 habitants, soit un taux d’accroissement annuel moyen de 0,85% au cours de cette période, contre 1,25 % entre 2004 et 2014 », a indiqué l’institution dans une note rendant publique une première analyse de l’évolution de la population et des ménages. 148.152 étrangers vivent au Maroc Selon la même source, « le nombre d’étrangers résidant dans le Royaume a augmenté de 61.946 entre 2014 et 2024, soit une augmentation annuelle de 5,6 % ». Les données montrent en outre que la population a atteint 23.110.108 habitants en milieu urbain, avec une augmentation de 2.677.669 entre 2014 et 2024, soit un taux d’accroissement annuel moyen de 1,24%. Le taux d’accroissement annuel moyen en milieu rural est en revanche de 0,22%, la population ayant atteint 13.718.222 habitants, soit une augmentation de 302.419 par rapport au recensement de 2014. D’après les experts de l’institution, la population du Maroc a plus que triplé depuis 1960 et «s’est renforcée ainsi, de plus de 25 millions d’habitants en 2024, bien que l’accroissement démographique observé le long de cette période est en diminution continue». Le taux d’accroissement moyen est passé ainsi de 2,6% entre 1960 et 1982 à 1,25% entre 2004 et 2014 et a atteint 0,85% entre 2014 et 2024. Comme l’explique le HCP dans sa note, cette dynamique démographique est portée principalement par le milieu urbain. En effet, «la population urbaine qui s’élevait à environ 3,4 millions en 1960 est passée à 23,1 millions d’habitants en 2024, soit 19,7 millions de plus qu’en 1960 et un accroissement au rythme de 3,04 % par an ». L’organisme fait également remarquer que la population est passée de 8,2 millions à 13,7 millions en milieu rural, avec un taux d’accroissement annuel moyen de 0,8% au cours de la même période. Cinq régions concentrent 70% de la population nationale Toujours selon l’organisme public, cinq régions abritent 71,2% de la population nationale. « La région de Casablanca-Settat vient en tête avec 7 millions et 689 mille habitants et un poids de 20,9%, suivie de la région de Rabat-Salé-Kénitra avec 5 millions et 133 mille habitants, puis la région de Marrakech-Safi avec 4 millions et 892 mille habitants, la région de Fès-Meknès avec 4 millions et 468 mille habitants, et la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 4 millions et 30 mille habitants », a-t-il souligné. Le HCP précise que « la dynamique démographique observée entre 2014 et 2024 est portée principalement par les régions de l’axe Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima, d’une part, et par les régions de Marrakech-Safi et Souss-Massa, d’autre part ». Il note en outre que la contribution de ces régions au croît global de l’effectif de la population entre 2014 et 2024 est de 86,2%, avec des taux d’accroissement démographique variant entre 0,79% dans la région de Marrakech-Safi et 1,26% dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Sept grandes villes accueillent près de 40 % de la population urbaine L’analyse des données recueillies montrent par ailleurs que sept grandes villes accueillent près de 40% de la population urbaine. En effet, l’institution indique dans sa note que sept grandes villes concentrent 37,8% de la population urbaine du Royaume, avec respectivement 3 millions et 236 mille habitants à Casablanca, suivie par Tanger avec un million et 275 mille, Fès avec un million et 183 mille, Marrakech avec un million et 15 mille, Salé avec 945 mille, Meknès avec 562 mille et Rabat avec 516 mille. Ces chiffres font état en outre d’une augmentation du nombre de ménages au Maroc qui s’élève désormais à 9.275.038, répartis entre 6.173.930 ménages en milieu urbain et 3.101.108 en milieu rural. Le HCP précise que ce chiffre a augmenté de 1.961.232 depuis 2014, soit un taux annuel moyen de 2,4%. En milieu urbain, l’augmentation est de 1.366.187 ménages (2,5 % par an) et en milieu rural, de 595.045 (2,2 % par an). Réduction de la taille moyenne des ménages Les données suggèrent en revanche une réduction de la taille moyenne des ménages qui est passée de 4,6 à 3,9 personnes entre 2014 et 2024 à l’échelle nationale, de 4,2 à 3,7 personnes en milieu urbain, et de 5,3 à 4,4 en milieu rural. Les résultats du nouveau recensement font également état d’une urbanisation continue et de disparités régionales marquées. En effet, les chiffres montrent que le taux d’urbanisation a atteint 62,8% en 2024 contre 60,4% en 2014. Dans le détail, « ce taux est plus important dans les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra (92,4%), Dakhla-Oued Ed-Dahab (80,4%), Casablanca-Settat (73,3%) et Rabat-Salé-Kénitra (70,7%) », a fait savoir le HCP indiquant que les plus faibles taux sont enregistrés dans les régions de Marrakech-Safi (46,0%) et Drâa-Tafilalet (36,7%). Alain Bouithy
Le niveau de vie au Maroc s’est amélioré entre 2013 et 2019, mais à un rythme plus long

Le niveau de vie au Maroc s’est amélioré entre 2013 et 2019, indique le Haut-commissariat au plan (HCP) dans une récente étude sur l’«Evolution du niveau de vie des ménages et impact de la pandémie de Covid-19 sur les inégalités sociales». Cette amélioration a toutefois été marquée par une nette décélération par rapport à la période 2006-2013,relève l’institution publique dans une note rendue publique mercredi 24 mars précisant que les inégalités sociales et la pauvreté monétaire au Maroc ont été appréhendées à partir des données issues de son enquête nationale sur les sources de revenu réalisée auprès d’un échantillon de 3.290 ménages du premier décembre 2019 à fin mars 2020. Qu’à cela ne tienne, les données recueillies par le Haut-commissariat montrent globalement que le niveau de vie a augmenté en dirham constant à un taux annuel de 2,7% au cours de cette période, contre 3,6% entre 2007 et 2014. Comme le relève le HCP dans sa note, cette progression a concerné aussi bien le milieu urbain où le niveau de vie par tête a progressé de 2,4% entre 2013 et 2019 contre 2,6% entre 2007 et 2014 ; que le milieu rural où il a progressé de 2,7% contre 4,6%. Mesuré par la dépense de consommation annuelle moyenne des biens et services acquis par les ménages marocains, le niveau de vie par ménage en 2019 est évalué, au niveau national, à 86.094DH, soit 7.175 DH par mois, 95 950 DH en zones urbaines(8.000 DH par mois) et 64.530 DH en zones rurales (5.378 DH par mois), souligne la même source. L’étude du HCP révèle en outre que près de 66,1% des ménages ont un niveau de vie inférieur à la moyenne nationale. Ilssont 59,9% en milieu urbain et 79,6% en milieu rural à se trouver dans la même situation, selon l’institution statistique qui précise qu’à dépense égale par ménage, le niveau de vie diffère selon les tailles des ménages. L’institution chargée de la production, de l’analyse et de la publication desstatistiques officielles au Maroc en conclut qu’en termes nominaux, le niveau de vie par tête est passé de 15.900DH en 2013 à 20.389 DH en 2019. D’après elle, «cette amélioration a profité aussi bien aux citadins, pour lesquels le niveau de vie est passé de 19.500 DH en 2014 à 24.500 DH en 2019, qu’aux ruraux, passant de 10.425 DH à 13.360DH au cours de la même période». C’est ainsi qu’aux termes de cette progression, «le niveau de vie a augmenté en dirham constant à un taux annuel de 2,7% entre 2013 et 2019, contre 3,6% entre 2007 et 2014», fait elle savoir. Le niveau de vie moyen étant fortement influencé par le degré de dispersion de la dépense des ménages et tiré vers le haut par les dépenses les plus élevées au détriment des dépenses les plus prépondérantes, pour remédier à cette limite, le Haut-commissariat explique que «le niveau de vie médian est utilisé pour avoir une première estimation plus globale du niveau de vie». Tout en sachant qu’«il représente la valeur de la dépense qui scinde la population en deux segments sociaux à taille égale: 50% de la population vivant en dessous de ce niveau de vie et 50% au-dessus», souligne le HCP. On en arrive à ce constat que la moitié des ménages dépense moins de 67.500 DH par an, soit 5.625 DH par mois, au niveau national. Selon l’étude du HCP, «cette valeur médiane s’élève à 74.090 DH par an en milieu urbain, 6.174 DH par mois, et à 54.900 DH par an en milieu rural, 4.575 DH par mois». Autre enseignement à tirer sur ce point, c’est que le niveau de vie médian, mesuré par personne, montre qu’«un Marocain sur deux vit avec une dépense annuelle inférieure à 15.187 DH en 2019 (1.266 DH par mois). Par milieu de résidence, le niveau de vie médian est de l’ordre de 18.040 DH par personne dans les villes(1.503 DH par mois) et de 11.233 DH dans la campagne (936 DH par mois)». Entre 2013 et 2019, l’étude laisse apparaître que la progression du niveau de vie a profité à l’ensemble des ménages, particulièrement aux catégories les plus modestes, et est moins inégalitaire. Au cours de cette période, le niveau de vie par habitant et catégorie sociale «a connu une amélioration en termes réels de 3,5% pour les 20% des ménages les plus défavorisés contre 3,9% entre 2007 et 2014 ; 2,9% pour la catégorie sociale intermédiaire contre 3,6% entre 2007 et 2014 ; 2,5% pour les 20% des ménages les plus aisés contre 2,4% entre 2007 et 2014». A ce sujet, le Haut-commissariat constate que le schéma de la répartition sociale du niveau de vie est marqué par les trois principaux traits. Le premier concerne la moitié la plus aisée de la population (50% de la population appartenant au haut de l’échelle sociale) qui réalise 75,1% de la masse totale des dépenses (contre 75,8% en 2014), alors que la moitié la plus modeste n’en dispose que de 24,9% (24,2% en 2014). Le deuxième trait porte sur les 10% des personnes les plus aisées qui ont un niveau de vie supérieur à 37.631 DH et réalisent près de 30,9% des dépenses totales de consommation, alors que les 10% les plus modestes, avec un niveau de vie inférieur à 7.402 DH, n’en effectuent que 2,9%. Puis, les 20% des personnes les plus aisées qui totalisent 46,1% de la consommation totale des ménages (47% en 2014), contre 7% pour les 20% les moins aisées (6,7% en 2014). L’institution statistique en conclut que «les inégalités du niveau de vie, mesurées par l’indice de Gini, affichent une nette baisse passant de 39,5% en 2013 à 38,5% en 2019, dénotant une croissance économique qui aurait été pro-pauvres». Concernant la pauvreté et la vulnérabilité monétaires, des phénomènes observés surtout ruraux, il apparaît qu’elles ont continué leur baisse en 2019. En effet, l’étude révèle qu’«au niveau national, l’incidence de la pauvreté absolue a baissé de 4,8% en 2013 à 1,7% en 2019. Par milieu