Maroc. La production de phosphates et dérivés ralentit 

Maroc. La production de phosphates et dérivés ralentit 

Début d’année sous pression pour le secteur extractif L’activité du secteur extractif montre des signes d’essoufflement, selon les statistiques publiées par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’Economie et des Finances. L’orientation observée début 2026 prolonge une dynamique amorcée au quatrième trimestre de l’année 2025. En effet, après une consolidation de 6,7% au premier trimestre, de 10,9% au deuxième trimestre et de 5,2% au troisième trimestre 2025, la performance de la valeur ajoutée du secteur extractif s’était repliée de 3,4% au quatrième trimestre 2025. Rappelons qu’au terme de l’année écoulée, la valeur ajoutée du secteur extractif s’était accrue en moyenne de 4,9%, après une augmentation de 13,6% un an plus tôt, comme l’a relevé la DEPF dans sa note de conjoncture du mois d’avril 2026 (N°350). La tendance observée au dernier trimestre 2025 s’est confirmée en début d’année en cours, ressort-il de cette note qui fait état de la baisse de la production de phosphates et dérivés à fin février 2026. Selon la même source, « au cours des deux premiers mois de 2026, la production de phosphate roche, principal baromètre de l’activité du secteur extractif, a accusé une baisse de 9,9%, après une hausse de 13,6% un an auparavant, indique ce département. Cette tendance est également observée du côté de la production des dérivés de phosphates, les données montrant un repli de 7,8% au cours de la même période, après une augmentation de 10,8% il y a une année, indique la DEPF. En parallèle, la valeur des exportations de phosphates et dérivés « a repris une évolution positive au cours du mois de février 2026, enregistrant une hausse de 8,9%, après un retrait de 43,4% un mois plus tôt et une hausse de 5,2% un an auparavant », a-t-elle fait savoir, précisant que cette évolution a été portée, plus particulièrement, par le renforcement de la valeur des exportations des engrais naturels et chimiques (+17,7%), tirée par la hausse du volume (+9,3%) et du prix (+7,8%). En ce qui concerne les ventes à l’étranger de l’acide phosphorique, les chiffres montrent qu’elles se sont aussi accrues, en valeur, bien que dans une moindre mesure (+1,1%) en février 2026. Suite au repli de la valeur des expéditions des dérivés de phosphates de 17,1% et de celle du phosphate brut de 10,8%, la valeur des ventes à l’étranger de phosphates et dérivés a baissé de 16,5% au terme des deux premiers mois de 2026, après une hausse de 6,1% à fin février 2025. Quant à la valeur des exportations des autres extractions minières, les statistiques montrent qu’elle s’est raffermie de 35,8% au terme des deux premiers mois de 2026, après une amélioration de 13,2% un an auparavant. Pour rappel, lors de la première réunion trimestrielle de l’année de son Conseil, tenu mardi 17 mars, Bank Al-Maghrib avait indiqué que les perspectives d’évolution des cours des matières premières sur les marchés internationaux restent très incertaines et soumises à des pressions haussières. Selon le scénario central retenu par la Banque centrale, en ce qui concerne le phosphate et ses dérivés, « les cours du DAP d’origine marocaine devraient, selon les estimations de la Commodities Research Unit (CRU), augmenter à 816 dollars la tonne en 2026, portés par, outre la poursuite des restrictions sur les exportations chinoises, les perturbations du commerce mondial des engrais et des intrants essentiels à leur production, avant de revenir à 703 dollars en 2027 ». L’institution publique prévoyait, en revanche, que les prix du phosphate brut s’inscriraient en légère baisse sur l’horizon de prévision. Poursuivant ses prévisions sur le volet des comptes extérieurs, BAM avait estimé que « les ventes de phosphates et dérivés devraient poursuivre leur tendance haussière en 2026, avec une augmentation de 19,4%, suivie d’une diminution de 8,7% en 2027 à 108,8 milliards de dirhams ». Alain Bouithy

Maroc. Les exportations subissent le contrecoup de la baisse des phosphates et dérivés

Maroc. Les exportations subissent le contrecoup de la baisse des phosphates et dérivés

Les ventes du secteur automobile sont ressorties en forte hausse au cours des onze premiers mois de l’année 2023, selon les dernières statistiques de l’Office des changes. Portées par l’accroissement des ventes du segment de la construction (+12,64 milliards de dirhams), celles du câblage (+10,42 MMDH) et celles de l’intérieur véhicules et sièges (+2,19 MMDH), elles ont affiché un accroissement de 30,2% équivalant à +30,26 MMDH, à fin novembre dernier, s’établissant ainsi à 130,64 MMDH. Cette évolution laisse présager un record historique au terme de l’année écoulée. Il est important de noter que la hausse des exportations dans le secteur automobile a permis de contrebalancer la décélération des exportations des phosphates et dérivés au cours de la même période. En effet, selon les indicateurs mensuels des échanges extérieurs au titre du mois de novembre  2023, les exportations de marchandises ont affiché une quasi-stabilité se situant à 392,44 MMDH à fin novembre 2023. Et d’après les explications de l’Office, « cette évolution est due à une baisse des exportations des phosphates et dérivés contrebalancée par la hausse des ventes du secteur automobile, celles du secteur de l’électronique et électricité et celles du secteur textile et cuir ». A ce propos, les dernières statistiques de l’Office des changes montrent que les exportations des phosphates et dérivés ont reculé durant cette période pour se situer à 67,22 MMDH contre 108,39 MMDH à fin novembre 2022. Précisons que cette baisse a concerné les ventes des engrais naturels et chimiques (-35,3% ou -26,33 MMDH), celles de l’acide phosphorique (-44,2% ou -9,30 MMDH) et celles des phosphates (-43,6% ou -5,53 MMDH), comme cela est indiqué. Ces chiffres rendus publics récemment suggèrent en revanche que les ventes du secteur de l’électronique et électricité sont pour leur part ressorties en hausse de 27,3% (+4,56 MMDH) atteignant 21,29 MMDH à fin novembre 2023 contre 16,72 MMDH à fin novembre 2022. En ce qui concerne les ventes du secteur de l’agriculture et agro-alimentaire, les indicateurs des échanges extérieurs montrent qu’elles ont accusé une légère baisse à fin novembre 2023, « attribuable à la baisse conjointe des ventes de l’industrie alimentaire (-0,8% ou -339MDH) et de l’agriculture, sylviculture et chasse (-0,7% ou -244MDH). Ils suggèrent par ailleurs que les exportations des autres extractions minières ont reculé légèrement de 1,7% (-86MDH) durant les onze premiers mois de l’année écoulée. Quant aux exportations du secteur textile et cuir, les chiffres  montrent qu’elles se sont accrues de 5,7%, soit +2,31 MMDH au terme de cette même période, grâce « à l’augmentation des ventes des vêtements confectionnés (+7,4% ou +1,90 MMDH) et des articles de bonneterie (+5,9% ou +465MDH) ». En revanche, les ventes des chaussures ont accusé une baisse de 4,6% correspondant à -147MDH ; tandis que les exportations du secteur aéronautique sont parallèlement restées quasiment stables portant sur un montant de 19,63 MMDH à fin novembre 2023. Alain Bouithy

Maroc. Les exportations de phosphates et dérivés restent sur une tendance haussière

Maroc. Les exportations de phosphates et dérivés restent sur une tendance haussière

La valeur des exportations de phosphates et dérivés a affiché une croissance soutenue au titre du deuxième trimestre de l’année 2022, a annoncé  récemment la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’Economie et des Finances. Les exportations de ce secteur ont ainsi poursuivi leur croissance, en valeur, durant le deuxième trimestre de l’année en cours, a indiqué la DEPF dans sa note de conjoncture du mois d’août dernier (N° 306). La valeur des exportations de phosphates et dérivés s’est en effet renforcée de 85,6% au titre du deuxième trimestre 2022, bénéficiant de la poursuite de la flambée de leurs cours sur le marché international. L’accroissement de la valeur des exportations des dérivés de phosphates de 90,3% et la hausse de la valeur des exportations de phosphate roche de 48,7%, expliquent cette performance, a fait savoir la DEPF dans sa note de conjoncture. Tenant compte d’une augmentation de 82,7% au premier trimestre 2022, la valeur des expéditions de phosphates et dérivés s’est appréciée de 84,3% au terme du premier semestre 2022. Elle a ainsi atteint 57,5 milliards de dirhams, après une hausse de 24,3% un an auparavant. A titre de rappel, l’Office des changes a estimé que « les ventes des phosphates et dérivés ont augmenté de 81,1% pour atteindre 68.773MDH à fin juillet 2022 contre 37.974MDH à fin juillet 2021 ». Dans son rapport sur ses indicateurs mensuels des échanges extérieurs de juillet  2022, l’organisme public avait attribué cette évolution « principalement à l’augmentation des ventes des engrais naturels et chimiques (+22.793MDH) due à l’effet prix qui a plus que doublé (8.823DH/T à fin juillet 2022 contre seulement 3.897 DH/T à fin juillet 2021) ». L’Office estimait, en revanche, que les quantités exportées avaient connu une baisse de 14,3% au titre de la même période. Rappelons également que dans sa note de conjoncture de juillet 2022 (N°305), la DEPF avait fait état du maintien de la bonne performance des exportations des phosphates et dérivés en valeur. Les exportations de phosphates et dérivés ont atteint 47,6 milliards de dirhams à fin mai 2022, en hausse de 96,2%, recouvrant une augmentation de celles des dérivés de phosphates de 101% et de celles de phosphate roche de 58,8%, avait-elle estimé relevant que « la valeur des exportations de phosphate roche a enregistré une appréciation notable grâce à l’effet prix ». Soulignons qu’après analyse des données recueillies, il ressort que la production de phosphate roche a maintenu sa tendance baissière au deuxième trimestre 2022, tandis que la production des dérivés a quasiment stagné, a noté la Direction des études et des prévisions financières dans sa note de conjoncture. Ainsi, comme le montrent ces mêmes données, la production de phosphate roche a accusé un repli de 16,5% au deuxième trimestre 2022 ; tandis que la production de ses dérivés a en revanche connu une quasi-stagnation à -0,3%, après -4% un an auparavant. La DEPF affirme que « cette évolution revient à la hausse de la production des engrais de 2,4% et au recul de la production de l’acide phosphorique de 4,2% ». Selon la même source, la production de phosphate roche a baissé de 13,8% au terme du premier semestre 2022, après avoir affiché une hausse de 2% un an auparavant. « De même, la production de ses dérivés a reculé de 2,4% après -4,6% à fin mars 2022 et +0,9% un an plus tôt », a fait savoir la DEPF. A titre de comparaison, dans sa note de conjoncture de juillet dernier, la DEPF avait constaté un repli du volume de la production de phosphate roche de 11% au titre du premier trimestre. Cette tendance s’était poursuivie au titre des deux premiers mois du deuxième trimestre 2022, avait assuré  la DEPF notant un repli de 18,8% de la production de phosphate roche.« La production des dérivés de phosphates a quasiment stagné lors de ces deux mois, parallèlement au raffermissement de la valeur de leurs exportations de 121,4%, tirant profit de la hausse de leur prix à l’export ainsi que de l’augmentation du volume des expéditions des engrais de 1,4% », avait indiqué la DEPF. Tenant compte de ces évolutions, elle avait conclu que « la production de phosphate roche s’est repliée de 14,3% au terme des cinq premiers mois de 2022 et celle de ses dérivés de 2,7% ». Alain Bouithy

Les phosphates et dérivés contribuent pour près de la moitié à la hausse des exportations marocaines en 2021

Les phosphates et dérivés contribuent pour près de la moitié à la hausse des exportations marocaines en 2021

En 2021, les exportations de marchandises (exprimées FAB) ont affiché une croissance de 25% (+65,8Mds DH), a indiqué l’Office des changes dans son rapport annuel sur le commerce extérieur du Maroc qu’il vient de  rendre public. Après un recul de 7,5% en 2020, elles se sont établies à 328,8Mds DH au lieu de 263,1Mds DH un an auparavant, selon le rapport, qui relate les statistiques annuelles des importations et des exportations de marchandises au titre de l’année 2021. Les phosphates et dérivés dont les exportations ont progressé en 2020, malgré la crise, ont poursuivi leur hausse au cours de l’année écoulée pour atteindre 80,3Mds DH, souligne le document notant ainsi une contribution pour près de la moitié (+44,7%) à la hausse des exportations globales. Portées par les ventes d’engrais naturels et chimiques (+60,2%), de l’acide phosphorique (+74,1%) et des phosphates (+21,9%), les exportations de phosphates et dérivés ont enregistré une croissance de 57,8% (+29,4Mds DH) durant cette même année, a indiqué l’Office des changes dans son rapport. Bien que fortement touchées en 2020, les exportations      du secteur de l’automobile sont de leur côté reparties à la hausse et ont même dépassé leur niveau d’avant-crise, a fait savoir l’OC précisant qu’elles ont affiché une progression de 11,3Mds DH, soit +15,6%, par rapport à 2020 et maintenu la position du secteur en tant que premier exportateur. Ayant atteint plus de 10,1Mds DH correspondant à une croissance de +34,7%,  les exportations de l’écosystème construction ont été à l’origine de cette hausse, selon l’Office des changes. Pour leur part, et après avoir enregistré une stabilité en 2020, les exportations du secteur «agriculture et agro-alimentaire» ont évolué à la hausse au cours de la même année. Les données relatives à cette période montrent qu’elles ont connu une progression de 11,4% équivalant à 7,1Mds DH, suite principalement à la hausse des ventes de l’industrie alimentaire (11,6%) et de l’agriculture, sylviculture, chasse (11,1%). Egalement en hausse, le secteur électronique et électricité a vu ses exportations croître de 30,2% ou +3,1Mds DH au titre de l’année 2021 après avoir stagné en 2020. D’après l’Office des  changes, «cette évolution est liée essentiellement à la hausse des exportations de fils, câbles et autres conducteurs isolés de l’électricité (+1,3Md DH) et de composants électroniques (+1,3Md DH)». Quant aux exportations du secteur textile et cuir et celles du secteur aéronautique, elles se sont redressées en 2021, après avoir accusé des baisses l’année précédente. Selon l’OC, les exportations du secteur textile et cuir ont progressé de 6,5Mds DH ou +21,7% et se sont établies à 36,4Mds DH, niveau proche de celui de 2019 (36,9Mds DH). Ce, en raison de la hausse des ventes de vêtements confectionnés et d’articles de bonneterie, qui ont atteint respectivement +4,5Mds DH et +1,7Md DH l’année écoulée. Enfin, suivant la même tendance, les exportations du secteur aéronautique ont bondi de 3,1Mds DH, soit +24,5% au titre de l’année 2021 sans que le secteur ne retrouve cependant son niveau d’avant-crise. Il est important de noter que les exportations du Maroc au titre de l’année dernière ont été prédominées par sept produits qui ont participé à hauteur de 55,2% au total des exportations. Selon l’Office des changes, il ressort des données recueillies que les engrais naturels et chimiques se sont classés en tête des produits exportés en 2021 (15,7%) suivis des voitures de tourisme (11,4%) et des fils, câbles et autres conducteurs isolés pour l’électricité (8,7%). Les vêtements confectionnés (6,9%) viennent en quatrième position, a poursuivi l’OC ajoutant qu’ils sont suivis de l’acide phosphorique (6%), des crustacés, mollusques et coquillages (3,5%) et des parties d’avions et d’autres véhicules aériens ou spatiaux (3%). Alain Bouithy