L’Afrique du Nord affiche une bonne performance économique

L’Afrique du Nord affiche une bonne performance économique

La Banque africaine de développement (BAD) a dévoilé, lundi 12 mars, à Tunis, son rapport sur les «Perspectives économiques en Afrique» dédié, pour la première fois depuis 15 ans qu’il existe, à l’Afrique du Nord. Comme annoncé lors du lancement à Abidjan de l’édition 2018 de son rapport phare, la publication a été étoffée de focus régionaux – un pour chacune des cinq grandes régions d’Afrique. Le précieux document consacré à l’Afrique du Nord a été présenté dans les locaux du Bureau régional de l’institution bancaire, à Tunis, par l’économiste régionale pour l’Afrique du Nord, Assitan Diarra-Thioune. Il ressort du rapport que la région Afrique du Nord a signé au titre de l’année 2017 une performance économique supérieure à la moyenne affichée par le continent dans son ensemble (3,6%), qui s’est conclue sur une croissance de 4,9% du PIB réel, en hausse par rapport aux 3,3% enregistrés en 2016. La progression est telle que la région de l’Afrique du Nord s’est placée en deuxième position en Afrique, derrière l’Afrique de l’Est (5,9%), selon l’institution de référence en matière de financement du développement en Afrique. Le rapport a attribué cette évolution notamment à une production de pétrole plus importante que prévu en Libye, qui a permis au pays de voir son PIB bondir de 55,1% en 2017. Mais pas seulement. La banque a également attribué cette progression à la performance du Maroc, «qui a vu son taux de croissance passer de 1,2 % en 2016 à 4,1% en 2017», car stimulé par la hausse de la productivité agricole, qui a profité d’une bonne saison agricole et de pluies en quantité conjuguée aux impacts positifs du déploiement du Plan Maroc Vert. L’institution bancaire n’oublie pas non plus la contribution de l’Egypte dans cette amélioration. En effet, porté par son programme de réformes macroéconomiques et structurelles, le pays des Pharaons affiche lui aussi une croissance enviable de son PIB, de l’ordre de 4% en 2017 En détail, le rapport relève que «d’un point de vue global, la croissance de la région Afrique du Nord est nourrie principalement par le secteur réel, dont de nouveaux secteurs à haute valeur ajoutée comme l’électronique et la mécanique, ainsi que par la consommation privée et publique». Optimiste quant à l’évolution de l’économie de la région, le rapport a affirmé que «les perspectives demeurent positives pour 2018 et 2019 grâce, notamment, aux réformes engagées dans l’ensemble des pays de la région». Ainsi, selon les projections de la Banque africaine, la croissance de l’Afrique du Nord devrait atteindre respectivement 5% et 4,6% en 2018 et 2019. A propos du Maroc, rappelons que la BAD avait estimé en janvier dernier la croissance du PIB réel à 4,1 % en 2017 et avait souligné une année où la saison agricole a été exceptionnellement bonne. Dans son rapport présenté en janvier dernier, la banque notait qu’en septembre dernier, la production de céréales avait atteint 96 millions de quintaux (contre 33,5 millions en 2016). Elle ajoutait que la croissance du pays devrait, en grande partie, être portée par une hausse de la valeur ajoutée du secteur agricole (16,1% en 2017). Le même document avait aussi relevé que la valeur ajoutée non agricole a augmenté plus lentement en 2017 (3,1%), mais plus qu’en 2016 (2.2%) et est principalement tirée par les services et les activités extractives. Et d’ajouter que la croissance du PIB réel devrait atteindre 3,1% en 2018. Commentant les indicateurs macroéconomiques du Royaume, la BAD faisait observer qu’en 2017, le Maroc a poursuivi sa politique d’assainissement des finances publiques entamée en 2011. Le déficit budgétaire devrait ainsi atteindre 3,6% du PIB en 2017 contre 4,1% en 2016, mais est projeté à 3% en 2018. Poursuivants ses analyses, elle ajoutait que les échanges extérieurs devraient s’améliorer par rapport à 2016 grâce à la baisse des importations de blé (due à la hausse de la production et à la limitation des importations) et à l’évolution des exportations résultant des «nouveaux métiers» (automobile, aéronautique, et électronique). Dans son rapport, la BAD estimait aussi qu’«en prix constant, les exportations devraient augmenter de 5,1% en 2016 à 6,6% en 2017, puis à 6% en 2018. Malgré l’alourdissement de la facture énergétique (30% en 2017), la croissance des importations est descendue à 5,7% en 2017 contre 7,2% en 2016, en raison d’une diminution de 22% des importations céréalières». Pour la Banque africaine, le déficit du compte courant devait tourner autour de 4% du PIB pour 2017 contre 4,4% en 2016. « Cette amélioration est due à l’augmentation de l’investissement direct étranger (32%) et des envois de fonds des migrants (2%) par rapport à 2016. La dette publique est en baisse et estimée à 63 % du PIB pour 2017 contre 64,7% en 2016. L’inflation devrait rester faible (0,7%) en 2017 », avait-elle expliqué. A noter que le rapport «Perspectives économiques en Afrique pour 2018» a été élaboré sous la supervision de Célestin Monga, vice-président, gouvernance économique et gestion du savoir, ECVP. La précédente édition avait pour thème : « Entrepreneuriat et développement industriel ». Alain Bouithy

Performance économique : l’Afrique progresse en 2017

Performance économique : l’Afrique progresse en 2017

Les perspectives économiques de l’Afrique se sont améliorées en 2017 par rapport à 2016. Mieux, celles-ci devraient encore s’améliorer en 2018, indique la Banque africaine de développement (BAD) dans une révision de ses perspectives de croissance, publiée jeudi 12 octobre dernier à Abidjan. La croissance du Produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique devrait se situer à 3 % en 2017, contre 2,2 % en 2016 et 3,5 % en 2015, précise le document, qui indique que ce taux devrait croître à 3,7 % en 2018. « Les ajustements apportés aux prévisions antérieures font suite à la publication de nouvelles données par certains pays clés – le Nigéria, l’Algérie et l’Égypte –, qui représentent près de 50 % du PIB du continent et qui ont revu à la baisse leurs prévisions pour 2017 et 2018 », explique Abebe Shimeles, directeur par intérim chargé des Politiques macroéconomiques, de la prospective et de la recherche à la BAD. Toutefois, la performance globale du continent se révèle favorable quand on la compare à la croissance économique mondiale, dont les projections se situent à 3,5 % pour 2017 et à 3,6 % pour 2018. Le document actualisé attribue l’essentiel de la reprise économique de l’Afrique aux facteurs suivants : le redressement de l’économie mondiale et la fin du tassement des prix des produits de base intervenus depuis 2014. « Il faut procéder de toute urgence et de manière soutenue à une diversification économique et à une transformation structurelle pour éviter la répétition de phases successives d’expansion et de récession dans le sillage de la volatilité des prix des produits de base », était-il déjà indiqué dans le dernier rapport Perspectives économiques en Afrique, publié en mai 2017. Une demande intérieure soutenue et des investissements publics réguliers dans les infrastructures ont également contribué au maintien de la croissance dans plusieurs pays. Au-delà de l’accumulation de capital physique, la productivité de ces investissements s’avère importante pour une croissance durable et doit rester un domaine politique prioritaire. Les déficits budgétaire et des comptes courants devraient se résorber grâce à un regain de vitalité des exportations et à une hausse des recettes publiques. Mais pour autant, les gouvernements africains doivent résister à la tentation de « se rattraper » sur les dépenses qui avaient été suspendues ces deux dernières années, car les déficits s’en verront autrement exacerbés. L’Afrique de l’Est demeure la région qui connaît la croissance la plus dynamique : estimée à 5,1 % pour 2016, elle devrait atteindre 5,4 % en 2017 et 5,8 % en 2018. Une forte demande intérieure et des dépenses publiques élevées dans les infrastructures sont les principaux facteurs de cette croissance en Afrique de l’Est. L’Afrique du Nord a enregistré le deuxième plus fort taux de croissance, de l’ordre de 3,1 % en 2016, grâce à la reprise économique en Égypte (4,3 % de croissance) et en Algérie (3,3 %). La croissance de la région de l’Afrique du Nord devrait atteindre 3,1 % en 2017 et 3,6 % en 2018 selon les prévisions, grâce notamment à l’amorce d’une reprise de la croissance économique au Maroc, qui devrait ainsi enregistrer un taux de 4,5 % en 2017 et de 3,9 % en 2018. Toutefois, la Banque met en garde contre les incertitudes politiques persistantes et une réduction de la production pétrolière en Libye, qui continuent de peser sur la croissance dans la région. La Libye pourrait même enregistrer une croissance aux valeurs négatives, avec ‑4,9 % en 2017 et ‑3,9 % en 2018. La croissance de l’Afrique australe est, quant à elle, restée mitigée, à 0,9 % en 2016, contre 1,6 % en 2015. Toutefois, une amélioration escomptée de la performance de l’Afrique du Sud, avec un taux de croissance de 0,3 % en 2016, de 1,2 % en 2017 et 1,3 % en 2018, devrait relancer la croissance globale de cette région. Celle-ci devrait atteindre 2 % en 2017 et 2,3 % en 2018, une amélioration portée par une production minière accrue qui fait suite à une légère hausse des prix des produits de base. De même, en Afrique de l’Ouest et Afrique centrale, régions où la production de pétrole tient un rôle central dans l’économie, la croissance a fortement baissé, passant de 0,5 % en 2015 à 0,4 % en 2016. Dans cette région, la récession économique au Nigeria a complètement masqué les très bonnes performances enregistrées en Sierra Leone, au Togo, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, ces deux derniers pays affichant les économies à plus forte croissance de la région. L’économie du Nigeria, qui représente 72,4 % du PIB global de la région d’Afrique de l’Ouest, s’est contractée de 1,5 % en 2016, alors que l’expansion moyenne des économies des quatre autres pays, qui ensemble représentent 10 % environ du PIB régional, s’est élevée à 6 %. L’Afrique de l’Ouest devrait connaître une amélioration de sa croissance, avec un taux de 2,5 % en 2017 et de 4 % 2018, en raison principalement d’un redressement de la production pétrolière au Nigeria et de la hausse des prix des produits de base. L’Afrique centrale quant à elle a vu sa croissance freinée par les faibles performances de la Guinée équatoriale et du Tchad, dont les économies se sont contractées respectivement de 7,3 % et de 6,4 %, outre la République du Congo qui a connu elle aussi une contraction de 2,4 %. Les données actualisées de la Banque indiquent que la République centrafricaine devrait toutefois enregistrer une croissance en hausse en 2017 et 2018, avec un taux de 1,6 % et 3,1 % respectivement.