Tchad: Message à la Nation du PCMT, Mahamat Idriss Déby Itno

« Tchadiennes, Tchadiens ; Mes chers compatriotes. Il y a 62 ans, le 11 Août 1960, le Tchad, notre grand pays, accédait à la souveraineté internationale. La célébration de cette 62ème, édition de l’anniversaire de notre indépendance, un moment chargé d’histoire, de souvenir et de symboles, m’offre une occasion toute indiquée, pour livrer un message à la Nation. C’est donc avec une légitime fierté et une grande émotion que je prononce ce message destiné à chacune et à chacun de vous, mes chers compatriotes de l’intérieur du pays et de la diaspora. Pour que notre pays jouisse de son droit à l’autodétermination, que des luttes ont été menées. Aussi, en ces instants, ma première pensée va aux pionniers de cette émancipation. Nous mesurons pleinement le sens et la portée des sacrifices consentis pour la conquête de la liberté, de l’indépendance et de la dignité. Je salue vivement la mémoire de ces héros, connus ou inconnus, qui ont su allumer la flamme de l’espoir qui continue d’éclairer la marche du Tchad indépendant et souverain. Tchadiennes, Tchadiens ; Mes chers compatriotes. Si la commémoration de notre indépendance est un moment de fierté et de réjouissances, elle doit surtout servir à marquer un arrêt pour évaluer la marche, la vie et l’état de notre Nation. Ensemble, nous devons nous interroger sur le parcours et l’évolution de l’histoire de notre pays. 62 ans après l’accession à la souveraineté internationale, qu’est que l’on a fait de ce patrimoine commun ? Nous savons tous que notre pays a connu tant de troubles, tout au long de son existence. Beaucoup d’incertitudes, de déchirures, des destructions et de soubresauts ont parsemé ce parcours et freiné son développement. Des moments difficiles devant lesquels, notre Peuple a su se montrer résilient. Face à chaque obstacle, notre Nation a trouvé la force nécessaire pour surmonter, avancer et suivre la trajectoire de son destin. Oui, le Tchad indépendant s’est levé, a appris à marcher et à avancer. Il a, certes, trébuché, fléchi et vacillé à certains moments mais il n’est jamais tombé. C’est bien cette dignité, cette grandeur d’âme et cette foi si vivante qui nous ont permis de surmonter toutes les épreuves. Chemin faisant, nous avons appris que rien ne vaut la patrie. Le seul sacrifice à faire, c’est celui pour son peuple et sa terre. Toutes les grandes Nations sont passées par là et cela doit guider nos actions au quotidien. A cet égard, je me dois de féliciter et remercier toutes les forces vives du pays pour leur sens élevé de patriotisme et de sacrifice qui ont permis de faire face à tous les défis. Tchadiennes, Tchadiens ; Mes chers compatriotes. Nous avons su faire montre de tolérance, de cohésion et d’union autour de notre plus précieux trésor qui est le Tchad. C’est cette grandeur d’esprit et cette résilience qui ont guidé la conduite de la transition. Ensemble, nous avons pu franchir un important palier dans l’évolution du processus de transition et nous devons maintenir le cap. La célébration de ce 62ème anniversaire intervient à un moment clé de cette transition, à savoir le démarrage des assises du Dialogue National Inclusif tant attendu. Oui, dans quelques jours, toutes les filles et fils du pays, sans exclusion aucune vont se retrouver, pour passer au crible les maux dont souffre le Tchad. Dans un élan fraternel, à cœur ouvert et sans passion. Toutes les questions d’intérêt national seront mises sur la table du Dialogue. A cet égard et conformément à mes précédentes déclarations sur la souveraineté du dialogue national inclusif, nous allons, dans les jours qui suivent, prendre un acte qui consacrera officiellement, la souveraineté du dialogue national inclusif dont les résolutions seront exécutoires Au seuil de cette rencontre nationale et en notre qualité de garant de celle-ci, nous avons rencontré, successivement, les représentants de toutes les forces vives de la Nation pour échanger sur les enjeux de cette rencontre et l’importance capitale de sa réussite. Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes face à notre responsabilité devant l’histoire. La responsabilité de libérer nos cœurs, la responsabilité de parler des questions longtemps évitées ou considérées comme tabous, la responsabilité de prendre des décisions difficiles, la responsabilité d’opérer des choix assumés pour enfin écrire ensemble et unanimement la plus belle page de l’histoire du Tchad. La responsabilité de jeter les bases d’un Etat moderne, fondé sur la justice et offrant des perspectives radieuses à tous ses fils et filles. Notre passé douloureux justifie la pleine mesure de cette responsabilité individuelle et collective. Personne, en dehors de nous, ne viendra tourner ces pages sombres et le monde entier va nous regarder. J’en appelle, d’ores et déjà, à la sagesse, à la sincérité, à la tolérance et au dépassement des uns et des autres pour saisir cette chance historique et opérer un sursaut national. « La tolérance est une vertu qui rend la paix possible » disait Koffi Annan. L’agenda commun, notre agenda commun doit être l’avenir de ce pays pour redonner enfin espoir aux millions de tchadiens qui ont tant enduré dans le silence et la résignation. Je voudrais saluer les décisions courageuses des frères et sœurs qui ont décidé, en toute liberté, de revenir au pays et se joindre à la construction nationale. Aussi, je tiens à saluer, une nouvelle fois, l’esprit de consensus, le dépassement de soi et le sens élevé de patriotisme prévalus lors de la signature de l’Accord de Paix de Doha. A cet égard, je lance, une fois de plus, un sincère appel à l’endroit de nos frères politico miliaires, encore sceptiques, à reconsidérer leur position en vue de saisir cette opportunité historique de nouveau départ pour notre cher et un beau pays. Je saisis également cette occasion pour remercier toutes les organisations partenaires et les pays amis du Tchad, pour leur soutien et solliciter encore leur précieuse contribution à l’effet de nous accompagner dans le pari de réussir une transition inclusive, consensuelle et exemplaire. Tchadiennes, Tchadiens ; Mes chers compatriotes. Un célèbre adage de Gandhi disait, je cite « Commencez par changer en vous ce que
Tchad. Quand le costume ne suffit plus

OPINION. Tandis que les dossiers sensibles s’amoncellent sur le bureau du PCMT, les tensions entre groupes armées reprennent de plus belle… avec en fil rouge les interminables pourparlers de Doha entre gouvernement et politico-militaires. La chienlit actuelle ne présage rien de bon au point que l’on se demande si un changement de pouvoir n’est pas nécessaire pour donner un coup de fouet à un pays au statu-quo. Digressions fictionnelles Porter une charge (de plus) contre le gouvernement tchadien ou le PCMT ne sert quasi à rien. Parce qu’ils semblent perméables à la critique. La seule chose qui les ferait réagir est la menace militaire. Cela fait belle lurette que votre serviteur blogueur pense que le jeu démocratique ne changera rien au cours du Tchad, mais il n’a pas voulu l’exprimer ainsi afin de ne pas jouer les chimères et être taxé par la même occasion de soutenir les va-t’en-guerre. Cet affrontement entre les « oppositions réelles » du Tchad, celles qui veulent en découdre militairement, et l’ANT aura-t il lieu ? Quand ? Et surtout avec quelle issue ? Votre serviteur blogueur est incapable de répondre à ces questions, mais tout ce qu’il peut avancer avec certitude est que ce sera dommageable pour la population tchadienne. Une fois de plus. Un affrontement ouvert serait un bienfait si l’on se fie au principe de la « Paix perpétuelle » d’Emmanuel Kant. Le philosophe politique allemand a développé cette thèse pour expliquer que chaque civilisation, chaque société, chaque groupe d’Hommes doit passer par des phases sanglantes pour remettre les choses à plat. Mais au-delà de la guerre pour la guerre, il faut que les révolutionnaires et autres rebelles puissent proposer une voie à suivre après la révolution. LE FACT, DE LA LUTTE ARMÉE À LA PRATIQUE DU POUVOIR Grand lecteur d’essais révolutionnaires, Hissein Habré a très vite fait la transition entre la phase de la lutte armée et celle de la gestion étatique. La création en 1984 de l’UNIR (Union nationale pour l’indépendance et la révolution) marquait cette transformation, non pas idéologique mais dans l’action étatique. L’homme du 7 juin 1982, qui a compris que l’action révolutionnaire à un moment ou à un autre doit aller au-delà des sons de la kalache, savait ce qu’il voulait faire de ce pouvoir conquis par les armes et s’est donné les moyens d’appliquer « son programme ». Même si (selon les modestes connaissances de votre serviteur bloggeur) il n’y a aucun ouvrage qui théorisait sa vision politique, des lignes directrices étaient sûrement consignées. Dans le même temps, HH a mis au placard les combattants des FAN (Forces armées du nord) ou les a cantonnés aux métiers des armes. Était-ce une « erreur » de jugement qu’il n’a pas mesuré à l’époque ? Qu’a proposé, en terme de voie politique à suivre, Idriss Déby Itno après 1990 ? Rien, si ce n’est la gestion au jour le jour de l’État par ses inféodés (compagnons de maquis, proche famille, etc.) saupoudrés de quelques politiciens. Là où les FAN ont cédé la place à l’UNIR, IDI a fait perdurer le MPS (Mouvement patriotique du salut) avec comme symboles de la révolution ce logotype du parti qui n’a jamais changé depuis plus de 30 ans. En cela, il a retenu les leçons des « erreurs » de Hissein Habré. Votre bloguer préféré écrit « erreurs », comme il aurait pu écrire « choix », mais à la différence que ce sont ceux avec lesquels Habré a triomphé de Goukouny Weddey qui se sont retournés contre lui (il y a d’autres raisons certes, mais la mise au placard dont ils ont fait l’objet a participé à leur fronde). On en arrive donc à la question cruciale de savoir ce que prévoit le FACT (Front pour l’alternance et la concorde du Tchad) s’il venait à prendre le pouvoir par les armes au Tchad. Aura-t-il un projet de société orienté sur des (re)structurations fondamentales en phase avec les évolutions (démographiques, sociales et économiques) du Tchad ou nous proposera-t-il des mesurettes soutenues par de bons mots et de promesses pompeuses ? Le FACT au pouvoir sera-t-il un MPS-bis ou un PCC à la tchadienne avec un programme théorisé, à l’instar de ce qu’a fait Mao Tsé-Toung dans son Petit livre rouge (une démonstration de sa vision pour la société chinoise) ? Fin de la parenthèse fictionnelle. Retour à la réalité des Tchadiennes et des Tchadiens. QUAND LE COSTUME NE SUFFIT PLUS Grèves des magistrats et de l’UST (Union des syndicats du Tchad) consécutives à l’arrestation des meneurs de la marche « Anti France » du 14 mai dernier, menace de débrayage du SET (Syndicat des enseignants) en solidarité à l’UST (réponse ce 26 mai), nouvelle marche prévue le 28 mai 2022 par ce qu’il reste de Wakit-Tama, tensions entre groupes d’orpailleurs dans le Tibesti (qui peut à tout moment se muer en confrontation ethnique (si ce n’est déjà la cas). Si cela ne suffisait pas, le pré-dialogue entre gouvernement et groupes politico-militaires s’éternise à Doha… sans aucune lueur de dénouement. Autant de situations complexes auxquelles doivent faire face le PCMT et son gouvernement. Force est de constater que la période de grâce de ce « jeune président qui a stabilisé une situation confuse » est passée. Mahamat Idriss Déby a en face de lui désormais le vrai Tchad. Celui des syndicats, celui des revendications d’une population hagarde privée de tout (même d’hôpital ces derniers jours), celui des conflits en province, ce Tchad économiquement à l’agonie, cet état sans fondation et qui risque de s’écrouler à tout instant. L’étau se resserre sur le PCMT. A force de se comporter comme un président de fait, le voici confronté à des problèmes d’un président de fait. Porter le costume et ses ors est une chose. En assumer pleinement les responsabilité en est une autre. Si, dès sa prise de pouvoir, il s’était cantonné au rôle que lui prescrit sa charte de transition, les uns et les autres auraient peut-être mis en pointillé leurs revendications en attendant d’avoir face eux un chef de l’exécutif avec une légitimité constitutionnelle. S’en sortira-t-il, comme son prédécesseur, par une finesse politique qui tendait à céder un minimum aux revendications pacifiques et à l’achat de conscience
Message à la Nation du PCMT, Mahamat Idriss Deby Itno, à l’occasion du 61ème anniversaire de l’Indépendance du Tchad

« Tchadiennes, Tchadiens ; Mes chers compatriotes. Il y a 61 ans, notre beau pays, le Tchad accédait à la souveraineté internationale. C’est avec une émotion forte et une légitime fierté que je m’adresse à vous, à l’occasion de l’anniversaire de notre indépendance, un moment chargé de tant de symboles et de significations. En ces instants, ma première pensée va aux pionniers de cette émancipation et à tous ceux qui ont lutté pour que notre pays jouisse de son droit à l’autodétermination. Nous mesurons pleinement le sens et la portée du sacrifice consenti pour la conquête de la liberté, de l’indépendance et de la dignité. Je salue la mémoire de ces braves compatriotes qui ont su allumer la flamme de l’espoir qui continue de briller et d’éclairer la marche du Tchad éternel. Mes chers compatriotes, Si la commémoration de notre indépendance est un moment de fierté et de réjouissance, elle doit surtout servir à un profond examen sur la vie et l’état de notre Nation. Nous devons, tous ensemble nous interroger sur le parcours et l’évolution de notre pays. Dans une communion harmonieuse, nous devons nous investir pour consolider les acquis de l’indépendance, de la liberté et de la démocratie. Nous savons tous que notre pays a connu tant de vicissitudes et d’épreuves tout au long de son existence. Dieu merci, notre peuple, qui sait être résilient a pu, trouver les ressorts psychologiques et la force nécessaire, pour faire face aux défis et suivre la trajectoire rectiligne de son destin. Un destin avec des soubresauts mais un destin qui nous a toujours grandit. C’est bien cette grandeur d’âme et cette foi si vivante qui nous ont permis, il y a trois mois, de surmonter la terrible épreuve du décès brutal et tragique du Maréchal du Tchad IDRISS DEBY ITNO sur le champ d’honneur. Comme il nous l’a lui-même, enseigné au fil des trente dernières années, rien ne vaut la patrie et le pays. Le seul sacrifice à faire, c’est celui pour son peuple et sa terre. Cette sagesse qui fait les grandes nations doit nous animer sans cesse et guider nos faits et gestes au quotidien. Et je voudrais, à ce sujet, féliciter et remercier toutes les forces vives du pays pour leur sens élevé de patriotisme et de sacrifice. Avec la grâce sublime de Dieu, le Tchad n’a pas sombré dans l’abime comme d’aucuns le redoutaient. Nous avons fait montre de cohésion fraternelle et d’union sacrée autour de notre plus précieux trésor qui est le Tchad. Ce louable état d’esprit explique clairement les résultats encourageants des 100 premiers jours de la transition. Il serait peut-être fastidieux de faire un bilan exhaustif de cette période mais je relève simplement que tous ensemble, nous avons franchi un important palier dans l’évolution du processus de transition. Mes chers compatriotes, Le Gouvernement de transition est à pied d’œuvre en vue de nous permettre de respecter à la lettre les engagements pris par le Conseil Militaire de Transition devant Dieu et le peuple. La feuille de route adoptée lors du récent Conseil des Ministres qui est assorti d’un agenda bien défini et contraignant, fixe le cap du futur et de l’avenir de notre pays. J’instruis fermement le Gouvernement de transition à veiller à l’exécution rigoureuse et sans tarder des actions indexées dans la feuille de route. Le temps n’attend pas et toutes les diligences possibles et imaginables doivent être mises au point à cet effet. Dans ce vaste chantier de portée nationale, la contribution de toutes les filles et fils du pays est attendue car aucune compétence n’est de trop quand il s’agit de poser les balises de la refondation de la Nation. J’invite toute la classe politique, la société civile et toutes les autres composantes sociales à une totale mobilisation patriotique, à la dimension de notre défi commun. Je note, au titre des actions urgentes à réaliser, la mise en place du Conseil National de Transition qui fera office de parlement. Au regard du rôle combien important du CNT dans le dispositif de la transition, il est impérieux d’accélérer la procédure de désignation des membres dudit organe, suivant la grille de répartition et les critères prévus. De même, je souligne l’impérieuse nécessité d’une conduite rapide de la phase préparatoire des assises du Dialogue National Inclusif. Point n’est besoin de relever que cette rencontre est éminemment importante pour le futur de notre pays. Toutes les filles et fils du pays, sans distinction aucune doivent se retrouver, dans un élan fraternel, pour discuter sereinement et sans passion de toutes les questions d’intérêt national. A terme, le Dialogue National Inclusif doit nous conduire à la tenue des élections présidentielles et législatives libres, démocratiques et transparentes et la mise en place de nouvelles institutions. A ce titre, l’organisation du prochain Dialogue National Inclusif doit se faire avec beaucoup de méthode, de soin et de rigueur. De même, le dialogue franc et sincère appelé de tous nos vœux sera ouvert, de manière spécifique, aux mouvements politico-militaires compte tenu de la particularité des problématiques inhérentes à cette préoccupation. Un comité sera très rapidement mis en place à l’effet de définir les modalités pratiques et opérationnelles de leur participation à cette importante rencontre. Qu’il s’agisse du dialogue sur les questions de portée politique ou de la rencontre autour des dossiers relatifs aux politico-militaires, j’en appelle, d’ores et déjà, à la sagesse et à la lucidité des uns et des autres. Les pratiques mesquines, les calculs politiciens et les combats d’arrière-garde qui ont déjà causé trop de préjudices à notre pays doivent être à jamais bannis. L’agenda commun doit être l’avenir de ce pays qui nous a tout donné. Je saisi cette opportunité pour remercier les partenaires et les pays amis pour leur soutien et solliciter davantage leur précieuse contribution à l’effet de nous accompagner dans cette délicate phase de la transition politique dans un environnement marqué par le défi économique, sécuritaire et sanitaire. Tchadiennes, Tchadiens ; Mes chers compatriotes. La paix, la stabilité et la sécurité sont la matrice qui