Coup d’État au Burkina Faso : Damiba démis de ses fonctions

Dans une déclaration lue à la télévision nationale, un groupe de militaires annonce la fin de la transition dirigée par le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba depuis janvier dernier. Ce qui était annoncé comme une mutinerie vendredi matin a finalement débouché sur un coup d’Etat. Les putshistes qui se réclament du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) déclarent que »le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba est démis de ses fonctions de président du MPSR. » »Le capitaine Traoré Ibrahim est nommé président du MPSR à compter de ce jour », renseigne le communiqué… Lire la suite sur BBC
Burkina faso: Conseil supérieur de la défense nationale : les grandes décisions

Le Président du Faso, le Lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo DAMIBA, Chef Suprême des Forces Armées Nationales, a réuni lundi 20 juin 2022, le Conseil supérieur de la défense nationale (CSDN) autour de la situation sécuritaire, toujours préoccupante, en dépit des efforts déployés par les Forces de défense et de sécurité sur le terrain de la lutte contre le terrorisme. A l’issue de cette rencontre, des décisions importantes ont été prises pour plus d’efficacité dans les opérations de lutte contre l’hydre terroriste. A ce titre, les membres du CSDN ont décidé de la création d’une Brigade de veille et de défense patriotique (BVDP) sous tutelle du ministère de la Défense nationale et des anciens combattants. Rattachée au Commandement des opérations du théâtre national (COTN), cette brigade va regrouper l’ensemble des volontaires pour la défense de la patrie (VDP) engagés dans les différentes communes du Burkina Faso. La BVDP aura, entre autres missions : – La coordination opérationnelle de la défense civile du territoire ; – La contribution à la recherche du renseignement ; – Et la défense de certaines parties du territoire en cas de nécessité. En outre, le conseil a décidé de la création de deux zones d’intérêt militaire, notamment dans les régions de l’Est et du Sahel. La décision de création de ces zones d’intérêt militaire s’inscrit dans le cadre des sujétions liées aux nécessités de la défense nationale. La zone d’intérêt militaire de la région de l’Est couvre les provinces de la Tapoa, de la Kompienga, de la Komondjari, et du Gourma, et concerne les aires protégées de la région, à l’occurrence : – La réserve d’Arly ; – La réserve de Kourtiagou ; – La réserve de Madjoari ; – Celles de Pama, Singou et du Parc national W. Quant à la zone d’intérêt de la région du sahel, elle couvre la province du Soum. Ladite zone est ainsi délimitée : – Au nord, par la ligne frontalière Burkina Faso – Mali ; – A l’est, par les localités de Soum Bella, Gaskindé, Oka, et Souma ; – Au sud, par les localités de Souma, Filio et Damba ; – Et à l’ouest, par les localités de Tem et Pogol Djambé. Toute présence ou activité humaine est proscrite dans ces zones au risque de s’exposer aux effets des opérations militaires qui y seront conduites. Un délai sera accordé aux populations résidentes pour rejoindre des zones plus sécurisées.
Burkina/Oumarou Paul Koalaga: « la junte doit s’entourer de diplomates aguerris pour les conseiller à mieux négocier avec la CEDEAO »

La junte au pouvoir au Burkina Faso junte « doit pouvoir s’entourer de diplomates aguerris pour les conseiller à mieux négocier avec la CEDEAO afin d’éviter des sanctions plus lourdes avec des conséquences comme ce qu’on voit au Mali », selon le spécialiste des relations internationales Oumarou Paul Koalaga. Dans un entretien accordé à notre confrère Lefaso.net, ce diplomate de formation et, par ailleurs, directeur exécutif de l’Institut de stratégie et de relations internationales (ISRI), pense que « la junte est très consciente du fait qu’aujourd’hui, les choses vont se faire dans les instances sans le Burkina Faso ». Il estime ainsi qu’ »après la rencontre avec les émissaires, après avoir expliqué les objectifs, l’orientation et comment elle compte revenir au sein de ces instances, il faut des engagements précis sans chercher à faire du dilatoire, à vouloir ruser avec les experts ». Selon lui, « ce qu’il faut faire, c’est expliquer clairement les choses et demander un accompagnement ». Car, a-t-il poursuivi, il n’a pas échappé à la junte qu’après la suspendu du Burkina Faso des instances de la CEDEAO, « les sanctions qui doivent suivre après vont d’abord cibler les personnalités de la transition pour mettre la pression sur elles. Si elles montrent de bons gages, elles vont éviter d’autres sanctions ». Pour lui, « mieux vaut montrer une bonne volonté de sortie de crise ». Pour la simple raison que: « si on n’est pas dans une posture de bras de fer, les choses devraient pouvoir aller ». Pour rappel, la CEDEAO a suspendu le Burkina Faso de ses instances vendredi 28 janvier, après le coup d’Etat orchestré par le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) présidé par le lieutenant-colonel Paul Henri SANDAOGO DAMIBA. Adrien Thyg
Burkina Faso: Adresse à la Nation du Lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba (+vidéo)

Peuple du Burkina Faso, Concitoyennes, concitoyens de l’intérieur et de la diaspora, Amis du Burkina Faso, Rarement dans son histoire, notre pays a été autant confronté à l’adversité. Voilà maintenant plus de six ans que notre peuple vit sous le joug d’un ennemi qui a réussi, par ses méthodes cyniques, lâches et perfides, à faire douter notre peuple au point d’ébranler les valeurs qui ont fait son histoire et sa renommée. Je voudrais me recueillir sur la mémoire des hommes et des femmes, civils comme militaires, dont le sang a mouillé le sol de notre Patrie dans cette lutte que nousmenons de façon acharnée. J’ai également une pensée pour tous les blessés qui luttent encore aujourd’hui pour retrouver la plénitude de leurs aptitudes. Aux familles de ces victimes, j’adresse toute ma compassion et tout mon soutien. Au nom de leur sacrifice, j’affirme mon engagement et celui de tout le Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR), à toujours faire obstacle à toute velléité de détournement du processus de refondation de notre Nation, appelée par le peuple de tous ses vœux depuis bientôt une décennie. Aux combattants au front, et à tous ceux qui veillent quotidiennement sur la sécurité et l’intégrité du Faso, je vous adresse mes encouragements et ma sympathie. A vous tous, agents du public, travailleurs du privé et partenaires du Burkina Faso, je salue vos efforts pour le développement de notre pays et vous adresse mes vifs encouragements. Chers compatriotes, L’avènement du MPSR a été imposé par le cours des évènements dans notre pays, fragilisé par tant d’évènements et assailli de toutes parts par des groupes armés radicaux. La gravité de l’heure a imposé à notre armée une attitude que lui impose son devoir. Ainsi, les différentes composantes de notre armée nationale, dans une démarche consensuelle ont décidé d’indiquer la voie pour la restauration de l’intégrité de notre Burkina Faso et la sauvegarde des acquis de notre peuple chèrement acquis. J’ai pris conscience avec toutes les franges de notre armée, de l’ampleur des responsabilités qui sont miennes et de la profondeur des exigences de notre peuple, qui ne demande qu’à vivre et s’épanouir dans la quiétude. Peuple du Burkina Faso, Notre ambition n’est autre que de fédérer l’ensemble des énergies de notre pays, pour jeter les bases d’un Burkina Faso nouveau, débarrassé des oripeaux d’une gestion politique aux antipodes des nouvelles aspirations de notre peuple. Notre agenda est unique et il est clair : la sauvegarde de notre peuple et la refondation de notre Nation. Les indicateurs de mesure de la réalisation de cet agenda demeureront le niveau de restauration de l’intégrité du territoire et la qualité des actions entreprises pour la refondation de notre nation. Je vous donne la ferme assurance que notre engagement n’a aucunement pour but de rétablir un ordre quelconque, mais s’inspire de l’ensemble des exigences légitimes du peuple Burkinabè. Chers compatriotes, Nous tenons là, une grande opportunité pour réconcilier notre peuple avec lui-même et déclencher sa marche triomphale vers l’horizon du bonheur. C’est pourquoi je m’engage à convoquer les forces vives de la Nation pour convenir d’une feuille de route qui aura pour but de projeter et réaliser le redressement, voulu par tous les Burkinabè : un redressement dans lequel, le cultivateur qui n’a rien récolté la saison dernière, ou celui qui a assisté au vol de son bétail, ou encore les femmes chefs de ménage qui peinent à nourrir au quotidien leurs enfants seront pris en compte. Je serai à l’écoute de toutes les femmes et de tous les hommes, de tous les patriotes qui s’engageront honnêtement et de façon sincère et désintéressée à l’édification d’un Burkina Faso prospère et paisible. En prélude à cela, j’ai entamé des concertations avec certaines composantes de la Nation y compris avec les personnalités du régime sortant afin de dégager les grandes lignes qui nous conduiront, à terme, vers des décisions consensuelles et inclusives pour la refondation et la restauration d’une paix durable. D’ores et déjà, je mets en garde tous ceux qui ne seront guidés que par leurs intérêts égoïstes, que je serai intraitable face aux actes de trahison des aspirations de notre peuple. Les fondements de notre Nation seront sauvegardés et les dossiers engagés sur le plan judiciaire seront souverainement conduits par les autorités ayant reçu compétence à cet effet. Lorsque les conditions seront réunies selon les échéances que notre peuple aura souverainement définies, je m’engage à un retour à une vie constitutionnelle normale. Concitoyennes, Concitoyens, Burkinabè de la diaspora, Si les priorités sont nombreuses, il est clair que la priorité principale demeure la sécurité. Il nous faut en effet,réduire significativement les zones sous influence terroriste et les impacts de l’extrémisme violent en redonnant aux Forces de défense et de Sécurité ainsi qu’aux Volontaires pour la Défense de la Patrie, la volonté de combattre et d’aller encore plus à l’offensive avec des moyens adéquats. Ceci est un préalable indispensable au retour progressif de l’administration publique et à la réinstallation des Personnes Déplacées Internes dans leurs villages d’origine. Au-delà des indispensables moyens logistiques, il nous faudra faire appel aux valeurs qui ont fait de notre peuple ce qu’il est. Aucun char, aucun avion de chasse, aucune arme ne vaut l’amour pour la Patrie. Ma conviction est faite que c’est cet amour qui fera la décision et qui nous fera gagner cette guerre. J’appelle toutes les composantes des Forces de Défense et de Sécurité et les Volontaires pour la Défense de la Patrie à se mettre en ordre de marche pour la reconquête de notre territoire. Dans l’union et la cohésion, et avec le soutien de tout le peuple Burkinabè, j’ai foi que nous relèverons ce défi. Amis du Burkina Faso, En ces moments particulièrement difficiles pour notre pays, le Burkina Faso a plus que jamais besoin de ses partenaires. C’est pourquoi j’appelle la communauté internationale à accompagner notre pays afin qu’il puisse sortir le plus rapidement possible de cette crise pour reprendre sa marche vers le développement. Je sais comprendre les doutes légitimes suscités par cette rupture dans la marche normale de l’État, mais je voudrais rassurer l’ensemble des amis du Burkina Faso que le pays continuera de respecter ses engagements internationaux, notamment en ce qui concerne le respect des Droits de l’Homme. De même, le fonctionnement de la justice sera assuré dans le strict respect de son indépendance. Peuple du Burkina Faso La tâche qui nous attend est immense. Heureusement,