Pool : entre le buffle, le chasseur et l’épine — lecture stratégique et morale des violences politiques

Pool : entre le buffle, le chasseur et l’épine — lecture stratégique et morale des violences politiques

LIBRES PROPOS. Denis Sassou Nguesso, ou l’État qu’il incarne, n’a pas un problème spécifique avec Ntumi en tant qu’individu, mais plutôt avec les populations du Pool, qu’il a souvent perçues comme étant en opposition à son autorité. Que cela soit clairement établi. Une incompréhension récurrente du débat sur le Pool Chaque fois que les violences politiques dont sont victimes les filles et fils du Pool sont dénoncées, une réponse revient de manière presque automatique dans les échanges publics : « débarrassez-vous de Ntumi ». Cette réaction, répétée au fil des années, traduit une lecture réductrice d’une situation pourtant profondément complexe. Dans une précédente publication, nous avions déjà tenté d’aborder cette question en refusant les simplifications faciles. Car réduire les tensions du Pool à un seul acteur revient souvent à masquer les dynamiques structurelles, les responsabilités multiples et surtout les conséquences humaines durables de ces violences. C’est dans cette logique que nous proposons aujourd’hui une relecture à travers une métaphore, non pas pour caricaturer, mais pour mieux éclairer les rapports de force, les logiques politiques et les responsabilités morales en présence. La métaphore du buffle, du chasseur et de l’épine Pour comprendre les violences politiques dans le Pool, nous utilisons l’image du buffle, du chasseur et de l’épine. Dans cette représentation, le buffle incarne Denis Sassou Nguesso, symbole de la puissance de l’État, de sa force institutionnelle et militaire, et de sa capacité de contrainte. Le buffle avance avec lourdeur et détermination, parfois sans percevoir les conséquences de sa course sur le terrain humain qu’il traverse. Le chasseur représente les populations du Pool. Il incarne la vie quotidienne, la survie, la mobilité contrainte, mais aussi la résilience. Le chasseur avance dans un environnement instable, marqué par les tensions, les déplacements forcés et la recherche permanente de sécurité. L’épine, enfin, représente Ntumi, perçu comme un élément de friction, une source de blessure dans le parcours du chasseur. En marchant dessus, celui-ci se blesse, saigne et souffre, ajoutant une douleur supplémentaire à un contexte déjà difficile. Lecture stratégique : comprendre les rapports de force Au-delà de la métaphore, une lecture stratégique s’impose. Dans toute configuration de conflit, il existe des niveaux de danger différents. L’épine est visible, localisée, et peut être contournée ou retirée avec des moyens adaptés, dans un environnement sécurisé. C’est souvent en fuyant la furie du buffle que le chasseur perd le contrôle de sa trajectoire et finit par marcher sur l’épine. Elle représente un problème tactique, souvent circonscrit. Le buffle, en revanche, incarne une force systémique. Il agit à grande échelle, avec un impact direct sur l’ensemble de l’espace traversé. Sa trajectoire, sa puissance et sa dynamique déterminent l’état général du terrain. Dans cette logique, réduire toute la problématique du Pool à l’épine revient à ignorer la structure du danger principal. Le chasseur peut survivre à une blessure, se soigner, s’adapter et même résoudre ce problème dans un cadre apaisé. Mais face au buffle en mouvement, sans espace de protection ni de médiation, les marges de manœuvre se réduisent considérablement. Lecture politique : la confusion des responsabilités Sur le plan politique, cette métaphore met en lumière une confusion fréquente dans les débats publics : celle qui consiste à confondre cause structurelle et facteur déclencheur. En désignant uniquement l’épine comme problème central, on occulte la question de l’environnement global dans lequel elle existe. Or, aucune épine ne peut être analysée indépendamment du terrain dans lequel elle s’inscrit, ni des forces qui l’écrasent ou la renforcent. Ainsi, limiter la lecture des violences dans le Pool à une seule figure revient souvent à déplacer le débat et à éviter les questions de gouvernance, de gestion des conflits et de responsabilité de l’État dans la protection des populations. Lecture stratégique : sortir du piège de la focalisation D’un point de vue stratégique, toute approche durable d’un conflit suppose une hiérarchisation claire des problèmes. Une erreur fréquente consiste à traiter les symptômes comme des causes principales. Dans le cas du Pool, la focalisation exclusive sur l’épine détourne l’attention des dynamiques plus larges. Or, tant que le cadre global reste instable, toute tentative de traitement localisé reste fragile et souvent temporaire. La véritable stratégie de paix ne peut donc pas reposer sur la seule élimination d’un acteur, mais sur la transformation de l’environnement qui produit les tensions et les violences. Lecture morale : responsabilité et conscience Au-delà de la stratégie, une dimension morale essentielle doit être prise en compte. La question centrale est celle de la protection de la vie humaine. Quelle que soit la lecture que l’on adopte des responsabilités individuelles ou collectives, aucune justification ne peut rendre acceptable la souffrance prolongée des populations civiles. La morale impose donc une hiérarchie claire : la protection des vies humaines doit toujours primer sur les considérations politiques, sécuritaires ou symboliques. Dans cette perspective, continuer à exposer durablement les populations du Pool à des logiques de violence, quelles qu’en soient les justifications, pose une question éthique fondamentale. Conclusion : vers une sortie par le haut Ainsi, que le buffle laisse le Pool en paix. Les filles et fils du Pool, en tant que chasseur, sauront eux-mêmes, dans un cadre apaisé, comment gérer l’épine, traiter les blessures et reconstruire leur trajectoire. Mais aucune solution durable ne peut émerger dans un environnement dominé par la peur, la contrainte et la répétition des violences. La paix véritable ne naît pas de la disparition d’un seul élément du problème, mais de la transformation de l’ensemble du cadre qui produit ces déséquilibres. Et c’est à cette condition seulement que le chasseur pourra marcher sans blessure, et que le terrain pourra enfin redevenir un espace de vie et non de survie. Serge Armand Zanzala Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika

Congo : la DGSP prend un camouflé en voulant hypothéquer la paix sans juguler la crise ( lecture en 5 minutes)

Congo : la DGSP prend un camouflé en voulant hypothéquer la paix sans juguler la crise ( lecture en 5 minutes)

HAUT ET FORT. Au lieu de s’attaquer aux problèmes majeurs du pays, les généraux Denis Sassou Nguesso et Serges Oboa ont choisi la pire stratégie et la doctrine de la Bandenbekämpfung. Entre la résurgence des violences dans le Pool et l’organisation d’une présidentielle sans enjeu, les indicateurs financiers, économiques et sociaux passent du rouge au noir . Dimanche 11 janvier 2026, les hordes de soudards de la DGSP se sont rendues dans le département du Pool et du Kouilou pour tuer et semer le chaos, encouragées par leur chef Serges OBOA dont le discours calamiteux, menaçant et condescendant, prononcé lors du port des insignes a suscité indignation et émoi chez les Congolais qui craignent pour leur démocratie. Avec des mots empreints d’autoritarisme, ce général aux pieds d’argile s’est fondu dans une confusion de rôles, crachant sur les dispositions constitutionnelles. À « Mounkala », Ses soudards ont violé le domicile privé de NTUMI, brûlé une moto et menacé de mort, à l’aide d’un poignard, le sieur Brazza. Le convoi d’une dizaine de véhicules, bourré d’éléments, a poursuivi sa route jusqu’au village « NGandou » où ils ont brûlé une deuxième moto. À “Mindu”, ces derniers ont pénétré dans le lieu de culte de Ntumi où ils ont embarqué une moto et son propriétaire. Dans la foulée, les membres du CNR ont prévenu leurs collègues de Mindouli qui ont barricadé la route nationale, revendiquant la remise en liberté du paroissien enlevé, la restitution de la moto et l’arrêt de l’élan machiavélique de la DGSP. La tension est vite montée d’un cran à Mindouli, laissant les coups de feu prendre le dessus. Bilan : 17 morts de part et d’autre. Les combats se sont poursuivis dans la nuit avec les hommes de Ntumi qui ne comprenaient pas pourquoi les corps de Hervé et de Franck ont été brûlés après qu’ils aient été abattus, ou, pour dire mieux, assassinés. En guise de représailles, les éléments de la DGSP à bord de 9 véhicules qui font des allers et retours ont enlevé au village dépôt, MM. Mouanga et Boris qui venaient de la chasse. Quoique l’on dise, c’est un véritable camouflé pour ce corps d’élite qui s’est fait ravir des armes et a enregistré des morts. Les renseignements dont parlait Oboa ne sont que du bla-bla et pures fanfaronades. La preuve, il n’a vu que du feu sur le “voyage” des Américains qui ont fait un aller-retour Washington-Brazzaville via Paris. Pire, il ignore la loi à laquelle il faisait allusion dimanche à Mpila. Or, cette loi n’a jamais été adoptée ni promulguée. Donc, elle ne dispose pas encore de texte d’application. Si Serges Oboa était bien renseigné comme il le prétend, comment n’arrive t,-il pas à se défaire d’un petit nombre de kulunas depuis bientôt 4 mois. À l’évidence, il poursuit cette opération par goût du sang et pour se faire du beurre. S’il veut la tête du criminel ou terroriste Ntumi, pourquoi ne pas agir à l’image de Donald Trump qui a capturé Maduro ? Ntumi n’a-t-il pas signé des accords de paix avec le gouvernement ? Pour ce qui est des élections, les dés ne sont-ils pas déjà pipés ? En tout état de cause, ces élections n’ont pas d’enjeux. Les candidats en lice ne sont que des accompagnateurs du dictateur. Dès lors, il est probable que les violences électorales déstabilisant la paix ne se passent que dans la tête de Serge Oboa qui, disons-le encore, veut se faire du blé et une réputation à la tonton macoute. La paix avec des indicateurs financiers et sociaux au noir intense? Dans son livre « Parler vrai pour l’Afrique », Denis Sassou Nguesso déclare : « La paix signifie la possibilité et la capacité pour nos sociétés et nos économies d’assurer pour chaque humain la satisfaction sans cesse accrue de ses besoins fondamentaux… ». Le vrai problème de la paix, c’est la gouvernance économique, financière et sociale.Selon la loi de finances 2026 (version DGB au 1ᵉʳ octobre), le ministre des Finances Yoka Christian retient un pilotage très « pétrole-centré » tout en affichant un excédent budgétaire global ; mais cet excédent coexiste avec un déficit primaire hors pétrole fortement négatif, ce qui révèle une soutenabilité encore conditionnelle à la rente et au refinancement. Nous y reviendrons avec des chiffres à l’appui. En attendant, il sied de dire haut et fort que la situation du Congo est chaotique contrairement aux mensonges que distillent Anatole Collinet Makosso et ses incompétents qui ont un bilan négatif. Pourquoi n’arrivent-ils pas à payer les 50 mois d’arriérés de pensions de retraite, les bourses, les salaires et émoluments des enseignants communautaures, des agents de santé ou des personnels émargeant au budget de transfert ? Enfin, le communiqué appelant à l’apaisement signé conjointement ce 15 janvier entre les hommes de Ntumi et le ministère de l’intérieur n’accouchera que de souris devant un Serges Oboa qui… Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Congo-paix : Sassou, Ntumi et Cie veulent-ils rééditer leurs desseins machiaveliques ?

Congo-paix : Sassou, Ntumi et Cie veulent-ils rééditer leurs desseins machiaveliques ?

LIBRES PROPOS. La nomination du Dr Gustave Ntondo au poste de Haut- commissaire adjoint par M. Sassou soulève des vagues sous lesquelles se cachent divers agendas, y compris ceux qui pourraient replonger le Pool et le Congo dans « la bêtise humaine ». Au regard des enjeux de l’heure, un rappel sur les sacrifices de chacun pour la paix s’impose. (lecture en 5 min). Le 23 décembre 2017 à Kinkala, un accord de paix avait été signé d’une part par, Jean Gustave NTONDO, représentant de Frédéric Bintsamou (et non du CNR qui était suspendu à l’époque) et d’autre part, par François NDE représentant le gouvernement. Conformément à cet accord de paix, le Gouvernement avait pris des engagements. Dans ce cadre, il est mentionné à l’alinéa 3 de ces engagements « le processus de démobilisation et de réinsertion professionnelle, sociale et économique des ex combattants… ». A la lecture de cette disposition, force est de comprendre que la nomination d’un ou des cadres de Ntumi relève des compétences et de la volonté du gouvernement. Dans le même ordre d’idée, l’article 88 de la Constitution du 25 mars 2015 stipule : « le Président de la République signe les ordonnances et les décrets (…) nomme en conseil des ministres aux hauts emplois civils et militaires ». En des termes un peu plus simples, la responsabilité de nomination incombe à M. Sassou, président du conseil des ministres. Le secrétaire général du CNR et Cie veulent-ils porter les fardeaux des agendas cachés ? Il est difficile de respecter un Homme ou un parti supposé diriger le peuple quand ces derniers ne discernent pas les signes des temps ou encore ne peuvent pas mettre de l’ordre dans leur petite famille. Loin de prendre position pour X, Y ou Z, il est important de rappeler que notre modeste personne a contribué et continue au péril de sa vie pour la paix dans le pool, le Congo et ailleurs. Les cadres du système des Nations Unies, des grandes puissances, des Églises, des sociétés spirituelles secrètes et des FAC peuvent témoigner que depuis1997 jusqu’à ce jour, votre serviteur a été l’unique personne à convaincre et emmener Ntumi et son noyau dur au centre-ville (notamment à la Tour Nabemba) discuter avec le représentant personnel de M. Sassou, Émile Ouosso. Ce dernier avait d’ailleurs pris des risques considérables, bravant les faucons de la paix et divers ministres. Les discussions entre les deux Hommes le 10/09/2011 avaient facilités la tenue de la municipalisation du département du Pool et mettre en échec, les actes de violences que préparaient certains politiques. Avec l’aide de Anatole Collinet Makosso, notre implication a aussi servi à rouvrir les écoles dans le département du Pool. Des officiers supérieurs des services de sécurité qui nous avaient fait signer des documents et même madame Collinet Makosso, nous mettons en garde si le courageux ministre Collinet de l’époque ne rentrait pas vivant à Brazzaville, toute ma famille devrait être decimée. Dans le cas du Pool et même celui du Congo en général, il est dommage de constater que les pacificateurs ou les illuminés soient toujours mal perçus par les obscurantistes. Cet état de choses constitue en soi une menace sérieuse à une paix durable. Pour cette raison, les Congolais doivent se réveiller pour sauver leur pays. Agir autrement serait condamné le pays des décennies de recul sur tous les plans pendant que les pays tels que le Burkina Faso, le Mali ou la Guinée relèvent la tête et osent des nouveaux paradigmes de développement. La paix ne se résume pas à l’absence de la guerre seulement comme le rappelle Denis Sassou Nguesso dans son ouvrage  » Parler vrai pour l’Afrique…  » édition Michel Lafon 2009. Il est temps de plancher sur les vrais problèmes tels que : le système éducatif, sanitaire, juridique et énergétique qui sont aux creux de la vague. Posons nous des vraies questions pour tirer le pays qui se trouve dans la gadoue. Élevons nos débats au dessus des minables contingences matérielles qui font trembler les gueux et haut les cœurs aux Hommes de bonne volonté. Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Les fameuses complicités de Ntumi

Les fameuses complicités de Ntumi

TRIBUNE. Lors de son procès pour tentative de coup d’Etat, la ligne de défense du général Dabira était de nier son intention de vouloir renverser Sassou, jurant plutôt de sa fidélité à celui qui a fait de lui ce qu’il est devenu. Il tentait alors de retourner les accusations sur son principal accusateur, le général Nianga Mbouala Ngatsé, en disant qu’il aurait ouïe dire que ce dernier fournissait des armes à Ntumi, EN VUE D’ATTENTER AU POUVOIR DE SASSOU. Il discrédita donc l’idée que Sassou fournissait volontairement des armes à Ntumi pour entretenir un trouble dans le pays, mais qu’au contraire des hauts gradés pouvaient être complices de Ntumi CONTRE les intérêts de Sassou Nguesso. Je ne saurais le dire en français plus facile que celui de Dabira et ne comprends pas que certains l’aient compris comme une accusation contre Sassou, donné pour être en complicité avec Ntumi via Nianga Mbouala. Cela n’avait pour sa défense aucun intérêt, si non qu’à le clouer de plus bel pour offense au chef de l’Etat qu’il accuse de haute trahison par ouie dire. Ce qu’il souhaitait à tout prix éviter. A supposé que Dabira disait vrai, et que Ntumi avait réussi à tisser des complicités au sommet de la hiérarchie militaire pour se fournir et atteindre son but contre Sassou, il mériterait toutes mes félicitations. Sauf si on croit que tous les officiers mbochis ne forment qu’une seule personne et que, coopérer avec Nianga Mbouala contre Sassou, signifie coopérer avec Sassou lui même contre lui même. Des logiques débiles. En réalité, il faut avoir la médiocrité d’un mauvais scénariste de film de série B, pour aller s’imaginer que deux personnes vont aller s’entendre pour jouer à faire la guerre avec des vrais armes, l’un des d’eux acceptant de séjourner durant près de 10 ans dans la forêt, dans le dénuement le plus total, avec sa mère, épouse et enfants. Il faut également sous-estimer l’orgueil de Sassou (ce qui est un comble pour un type qui ne veut pas lâcher le pouvoir), ou de n’importe quel chef d’Etat à croire qu’il pourrait être satisfait que le monde dise qu’il ne maitrise pas tout son pays, et qu’il y existe des poches de résistance.Et si l’arrange, c’est lui qui niait partout entre 2016 et 2017 qu’il y a une crise dans le Pool. S’il voulait le faire en silence, il n’a pas besoin d’avoir un pion qui lui servirait de prétexte. Et comment Sassou peut-il fournir des armes à un mokongo, le peuple qu’il prend pour sa bête noire (j’y reviens sur un autre poste), et dormir calmement dans son lit à moins de 100 kilomètres de là? Les bakongo qu’il a dans son armée n’ont jamais commandé une bataillon équipée alors qu’ils sont avec lui depuis 40 ans pour certains, ils lui ont prouvé leur fidélité plus que de raison mais ca reste des bakongo, des porteurs d’eau, relégués à des sous postes. Mais voilà le super stratège anti bakongo qui va confier la mission la plus incroyable de l’histoire militaire humaine à un civil total, sans le simple service militaire à son actif, un jeune homme inconnu de 34 ans à l’époque qu’il n’a jamais vu, à qui il va donner des armes capables de mettre en déroutes ses propres bataillons composées de militaires professionnels, bien équipés, accompagnés au début des redoutables troupes angolaises notamment, surentraînées et expérimentées. Tous envoyés pour aller jouer à la guerre dans le Pool avec de vrais morts dans leurs rangs. C’est du délire de dingue! Mais bientôt il va parler. Heureusement. Hervé Mahicka

François Louncény Fall: la crise du Pool a fait à ce jour 81.000 déplacés

François Louncény Fall: la crise du Pool a fait à ce jour 81.000 déplacés

La crise qui secoue le département du Pool depuis la réélection de Denis Sassou Nguesso en avril 2016 a fait à ce jour 81.000 déplacés, selon le Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique centrale, François Louncény Fall. Le diplomate Guinéen, qui présentera le mardi 13 juin courant le dernier rapport du secrétariat général de l’ONU sur la sous-région devant le Conseil de sécurité de l’ONU, était l’invité de RFI. « La situation devient de plus en plus grave dans cette zone. Il y a aussi plusieurs districts de la région du Pool qui ne sont pas accessibles à l’humanitaire, et on craint une crise alimentaire. Une malnutrition nous a été signalée, nous sommes très préoccupés par cette situation et aussi par les centres de santé qui ne fonctionnent pas », a déclaré à RFI François Fall. Dans cet entretien, il a aussi affirmé que « depuis, il n’y a pas eu encore de troupes des Nations unies qui ont pu y avoir accès. Y compris le PAM (Programme alimentaire mondial), le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) et les organisations des droits de l’Homme », estimant qu’il y a beaucoup de problèmes. Outre la situation humanitaire préoccupante, François Fall évoque aussi la question des violations des droits de l’homme qui serait. Et pour cause, « de nombreux témoignages de déplacés – de nombreux déplacés – font état d’exactions commises par les partisans du pasteur Ntumi, mais aussi et surtout par les forces armées congolaises », a-t-il souligné. Même s’il assure avoir lu beaucoup de rapports venant des ONG, le diplomate reconnait qu’« il nous est très difficile de confirmer ou d’infirmer. Ce que je peux dire c’est qu’il y a près de 81 000 déplacés de la zone et ce déplacement continue, du fait de l’insécurité qui ne cesse de croître. Donc, il y a lieu de s’inquiéter sur les droits de l’homme à l’intérieur du Pool », a-t-il affirmé. Face à tous les récits d’exactions attribuées notamment à l’armée congolaise, il a estimé que s’il y avait l’accès, « je pense qu’on aurait fait la lumière sur toutes ces questions. Et cela est de l’intérêt aussi bien du gouvernement congolais, des populations que de la communauté internationale ». François Fall pense que le gouvernement devrait aussi beaucoup plus communiquer sur la situation du Pool, et non pas laisser les ONG seulement dire ce qu’elles veulent. Ce qui est certain, a-t-il soutenu, c’est que le gouvernement seulement n’est pas le seul à intervenir militairement. En effet, il a expliqué qu’« il y a aussi les troupes de Ntumi qui sont en état de rébellion et qui tiennent les populations en otage, il faut le dire également. Et il faut trouver une solution à cela ». Une solution qui ne serait sans doute pas militaire d’autant que les Nations Unies ne sont pas pour cette option. « Le gouvernement m’a dit qu’il était en rébellion, qu’il devait sortir et se présenter devant les juridictions pour être jugé. Nous, ce que nous recommandons, c’est que cette voie-là soit trouvée rapidement, pour que les combats puissent cesser dans cette zone et que les populations soient préservées. Ils ont déjà réglé le problème du Pool dans le passé. Je pense que le gouvernement doit pouvoir le faire », a-t-il rappelé.

Presse : Interpellation du journaliste congolais Ghys Fortuné Dombe Bemba

Presse : Interpellation du journaliste congolais Ghys Fortuné Dombe Bemba

Le procureur de la république du Congo, M. André Oko Ngakala, a procédé, le 11 janvier 2017 à Brazzaville, à l’interpellation du directeur de publication du journal Talassa, M. Ghys Fortuné Dombe Bemba. Il est reproché à M. Ghys Fortuné Dombe Bemba, des faits de complicité avec le pasteur Ntumi. Pagesafirk.info publie le communiqué intégral. «Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Brazzaville, informe l’opinion nationale de ce que Ghys Fortuné Dombe Mbemba, directeur général du journal «Talassa», fait l’objet fait l’objet d’une interpellation par les services de la police judiciaire. Il est à ce jour soupçonné d’avoir commis des faits de complicité d’atteinte à la sécurité de l’Etat en relation avec BINTSAMOU Frédéric alias «Pasteur Ntoumi». Ce dernier sera présenté au parquet de monsieur le Procureur de la République à la clôture de cette enquête conformément à la loi ».

L’appel de Denis Sassou Nguesso aux populations et dirigeants politiques du Pool

L’appel de Denis Sassou Nguesso aux populations et dirigeants politiques du Pool

Le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso, a demandé aux populations et aux dirigeants politiques du Pool de se mettre avec lui pour isoler Ntumi et ses partisans. Il les a invités à rechercher l’ancien ministre délégué à la présidence « dans les buissons, dans les forêts où il se cache » afin de le mettre hors d’état de nuire. « Pour moi, il n’y a pas de crise ! Le pays va continuer sa marche et va se construire. Le programme que le président a annoncé au peuple va être réalisé. Alors, c’est cet appel que je lance aux populations du Pool, au lieu de fuir, d’avoir peur », a-t-il déclaré lors d’une rencontre avec la presse nationale et internationale. Au cours de cet entretien, accordé à son retour d’Addis Abéba et avant son départ pour Marrakech, le président congolais s’est particulièrement adressé aux dirigeants politiques, estimant qu’« ils ne peuvent pas jouer double-jeu, ils doivent prendre position clairement et se mettent avec le président et les populations ». Denis Sassou Nguesso a, par ailleurs, affirmé que le Pasteur Ntumi est recherché comme tous les bandits et qu’« on ne va pas le tuer. Il y a un procès contre lui et on l’amènera en justice, il va répondre à ces actes ».