Appui financier de l’OPEC FUND à l’étude d’avant-projet du gazoduc Nigeria-Maroc

Appui financier de l’OPEC FUND à l’étude d’avant-projet du gazoduc Nigeria-Maroc

Le projet de gazoduc reliant la République fédérale du Nigeria et le Royaume du Maroc suit son cours et accumule de bonnes nouvelles. La dernière en date concerne la signature de la documentation juridique relative au financement d’une partie de la deuxième phase des études d’avant-projet détaillées dudit projet. Ainsi que l’a annoncé le ministère de l’Economie et des Finances, le Fonds de l’OPEP pour le développement international (OPEC FUND) a accordé un financement d’un montant de 14,3 millions de dollars à l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) au titre de sa contribution au financement de la deuxième phase de l’étude d’avant-projet détaillée (FEED – Front-End engineering design ». Selon un communiqué du ministère de l’Economie et des Finances, la documentation juridique relative audit financement a été signée par la ministre de l’Economie et des Finances (Nadia Fettah), par échange de correspondance, avec le directeur général de l’OPEC FUND (Abdulhamid Alkhalifa) et la directrice générale de l’ONHYM (Amina Benkhadra). Cofinancée avec la Banque islamique de développement (BID), l’étude « consiste à élaborer la documentation pour l’exécution du projet du gazoduc Nigeria-Maroc et à finaliser les analyses techniques, financières et juridiques y afférentes », a indiqué le ministère de l’Economie et des Finances dans un communiqué rendu public vendredi 29 avril dernier saluant un modèle de coopération Sud-Sud. « A travers son appui à ce projet, l’OPEC FUND renforce, par là même, les relations de coopération financière avec le Maroc et contribue à la dynamique économique et sociale du Royaume », a-t-on souligné de même source. Initié par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le Président Buhari, le projet stratégique du gazoduc Nigeria-Maroc a l’ambition d’être un catalyseur du développement économique de la région Nord-Ouest de l’Afrique, rappelle le Département de l’économie. « Il porte une forte volonté d’intégration et d’amélioration de la compétitivité et du développement économique et social de la région », relève-t-il sur son site Internet. Cela devrait se ressentir à travers notamment l’accélération de l’électrification et du développement de l’autonomie énergétique de la région ; le soutien au développement et à l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines. Le gazoduc Nigeria-Maroc devrait aussi contribuer à la dynamisation de l’économie régionale par le développement de filières créatrices d’emplois  ainsi qu’à la réduction du «torchage» du gaz et l’utilisation d’une énergie fiable et durable, assure-t-on. Pour rappel, la signature de cet accord intervient quelques jours seulement après l’annonce du bureau d’études et de conseil australien WorleyParsons indiquant qu’il a obtenu un contrat pour la fourniture des principaux services de conception technique initiale (FEED Phase II) pour le projet de gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP). « La réalisation de ce projet nécessite une expertise du monde entier. L’ensemble des services FEED sera géré par Intecsea BV, notre entreprise de conseil en ingénierie offshore à La Haye, aux Pays-Bas. Cela comprend l’élaboration du cadre de mise en œuvre du projet et la supervision de l’étude technique », selon les explications de la société. Dans un communiqué publié sur son site Internet, le bureau d’études a précisé que « le périmètre FEED onshore, l’évaluation d’impact environnemental et social (EIES) et les études d’acquisition de terres (LAS) seront réalisés par notre équipe à Londres, au Royaume-Uni ». Il a en outre ajouté que « le projet sera également soutenu par notre réseau de bureaux en Afrique et notre équipe mondiale de livraison intégrée à Hyderabad, en Inde. Alain Bouithy

Le gazoduc Nigeria-Maroc sera une réalité

Le gazoduc Nigeria-Maroc sera une réalité

Le Directeur Général de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), Monsieur Yusuf Usman, a indiqué dans une interview donnée tout récemment au quotidien nigérian « News Direct » que l’étude de faisabilité du gazoduc Nigeria-Maroc est achevée et la décision finale de financement était actuellement en cours de validation. Le Nigeria lancera dans la foulée le plan directeur de la décennie du gaz pour consolider la viabilité de ce grand projet. Lancé en 2016 à Abuja, capitale du Nigeria, sous la Présidence du Roi Mohammed VI et du Président nigérian Muhammadu Buhari, ce projet d’envergure reliera les ressources gazières du Nigeria, celles de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Maroc, et favorisera ainsi l’intégration économique de cette région du continent. Ce grand projet empruntera le tracé du gazoduc Ouest-Africain et bénéficiera à plusieurs pays du continent. Nombre de ces pays disposent de gisements de gaz dont la production sera injectée dans le pipeline, tandis que les autres pays non producteurs de gaz en tireront profit à des fins de développement Interrogé sur le calendrier de réalisation du gazoduc, Monsieur Yusuf Usman a précisé que l’étude de faisabilité est achevée et la décision finale de financement était actuellement en cours de validation. Le Nigeria lancera dans la foulée le plan directeur de la décennie du gaz pour consolider la viabilité de ce grand projet. Ce projet du gazoduc s’inscrit bien dans une optique de développement durable qui dépasse le territoire des deux pays signataires; le Maroc et le Nigeria le placent plutôt dans une logique d’intégration régionale. L’impact sur le tissu productif est direct et le gaz naturel importe beaucoup pour les opérateurs économiques. La mise en place du gazoduc va se traduire par une réduction de leur facture énergétique et, par conséquent, les rendre plus compétitifs. La disponibilité énergétique, notamment du gaz, est un enjeu stratégique majeur dont dépend la compétitivité de toute la région, tout en mettant l’accent sur l’ampleur des effets induits par le projet plutôt que sur ce que l’investissement pourrait générer sous forme de recettes directes. Outre le fait d’offrir le débouché européen à toutes les productions gazières de la région, il importe de mesurer les retombées en termes de développement humain et d’investissement industriel, avec ce que cela implique en nombre d’emplois créés dans l’ensemble des pays situés sur le parcours du gazoduc. Reste maintenant à savoir quel sort sera réservé au gazoduc Maghreb Europe (GME) et dont l’Accord expire en 2021. Ce pipeline reliant l’Algérie à l’Espagne via le Maroc, en cas de renouvellement dudit Accord, sera-t-il en mesure de faire concurrence au futur gazoduc provenant d’Afrique subsaharienne ? C’est prématuré de faire des calculs. Le coût du transport, la qualité et les volumes favoriseront plutôt une complémentarité qui permettrait d’avoir une plus grande disponibilité gazière. C’est pourquoi il faudrait privilégier également l’option de la complémentarité. Pour ce faire une idée, il n’a qu’à voir le nombre de gazoducs qui desservent l’Europe, quoique provenant de plusieurs pays. Mieux encore, le Président de la Fédération de l’énergie n’exclut pas le scénario d’un raccordement entre le GME et le gazoduc Maroc-Nigeria. Farid Mnebhi.