Le FMI approuve un décaissement de 52,6 millions de dollars en faveur du Niger

Le Fonds monétaire international (FMI) annonce avoir achevé la deuxième revue de l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) en faveur du Niger et les consultations de 2022 au titre de l’article IV, permettant ainsi le décaissement de 52,6 millions de dollars. « Les perspectives économiques à court et moyen terme du Niger demeurent globalement favorables », a déclaré récemment Mme Antoinette Monsio Sayeh, directrice générale adjointe du FMI. Portée par l’investissement privé et les exportations de pétrole à travers le nouvel oléoduc, la croissance devrait rebondir cette année et s’accélérer par la suite, a-t-elle indiqué. Selon Mme Mme Antoinette M. Sayeh, « la mise en œuvre de façon résolue du programme de réformes structurelles des autorités visant à renforcer le capital humain, à s’attaquer aux sources de fragilité et à diversifier la base de production du pays en favorisant le développement du secteur privé, devrait permettre de créer les conditions d’une croissance à long terme soutenue et résiliente aux chocs et d’une réduction de la pauvreté ». Malgré un contexte difficile, elle note que les résultats obtenus dans le cadre du programme sont satisfaisants dans l’ensemble. Il faut dire que tous les critères de réalisation quantitatifs ont été remplis à fin juin et fin septembre 2022, et cinq des six objectifs indicatifs ont été atteints à fin septembre. Cependant, a-t-elle poursuivi, « la valeur actualisée de la nouvelle dette extérieure contractée ou garantie par l’État a dépassé son plafond en novembre 2022. La mise en œuvre du programme de réformes structurelles des autorités est également globalement en bonne voie ». Quoi qu’il en soit, Mme Sayeh estime qu’une consolidation budgétaire graduelle se justifie pour répondre aux besoins de dépenses rendues urgentes par la crise alimentaire et la détérioration de la situation sécuritaire dans la région du Sahel, et pour effectuer des dépenses pressantes et prioritaires dans les domaines de l’éducation, des infrastructures et des filets de protection sociale. Pour autant, elle est persuadée que « les autorités doivent éviter que les déficits budgétaires de grande ampleur s’enracinent afin de préserver la viabilité des finances publiques et de la dette publique et revenir à la norme de déficit budgétaire de l’UEMOA d’ici 2025 ». Pour se ménager l’espace budgétaire nécessaire pour engager les dépenses prioritaires, le FMI soutient qu’il est essentiel que les autorités fassent progresser le programme de mobilisation des recettes intérieures. Pour le Fonds, elles devraient par conséquent accélérer la mise en œuvre des réformes visant à réduire les exonérations et l’évasion fiscale et à réviser le code des impôts pour simplifier le régime fiscal et accroître son efficacité, et à améliorer l’administration des recettes grâce à la dématérialisation. D’après l’organisation financière internationale, il convient également de mettre en place de manière urgente, avant le début des exportations de pétrole, un cadre transparent de gestion des ressources pétrolières. De plus, les pouvoirs publics doivent accroître l’efficacité et la qualité des dépenses et veiller à ce que les résultats des entreprises publiques s’améliorent afin de se ménager l’espace budgétaire pour engager les dépenses sociales et d’investissement prioritaires. Il est en outre également essentiel que les autorités redoublent d’efforts en vue de préserver la stabilité et la solidité du secteur financier, a estimé directrice générale adjointe du FMI arguant que cela devrait favoriser l’essor du secteur privé et une croissance inclusive. En particulier, la restructuration du secteur de la microfinance demeure indispensable pour promouvoir l’inclusion financière et accroître la résilience des plus vulnérables aux chocs. Par ailleurs, des progrès sur le plan de la gouvernance sont indispensables pour s’attaquer aux sources de fragilité du pays et améliorer le climat des affaires et des efforts doivent être fournis « pour remédier aux insuffisances persistantes du dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) et les mesures prises visant à rendre publiques les déclarations de patrimoine des hauts fonctionnaires sont opportunes à ce titre », a ajouté Mme M. Sayeh. Enfin, a-t-elle conclu, il est crucial que le pays renforce la résilience du secteur agricole aux chocs climatiques et favoriser la diversification des exportations pour favoriser sur le long terme une croissance inclusive Adrien Thyg