Habib El Malki : “Un modèle de développement orienté vers l’export s’impose comme l’alternative la plus adoptée au nouveau contexte d’ouverture et de globalisation des économies”

Comme à l’accoutumée, le Centre marocain de conjoncture (CMC) a proposé un nouveau débat approfondi sur une question d’actualité, mercredi 26 à Casablanca. L’Observatoire privé et indépendant de l’économie marocaine a choisi, cette fois-ci, de braquer ses projecteurs sur la stratégie d’exportation à moyen-long terme au Maroc, à travers le thème du jour : « Le modèle d’exportation à l’horizon 2025 : transformation structurelle, diversification et innovation ». La réflexion concernant cette problématique n’est pas nouvelle, a d’emblée indiqué son président, Habib El Malki, notant qu’elle constitue même un axe principal de sa contribution au débat économique national depuis plusieurs années. Et de rappeler la publication de plusieurs communications et études concentrées au commerce extérieur et aux accords de libre-échange. Pour le président du CMC, les analyses et réflexions menées au fil des années par le Centre marocain de conjoncture ont abouti à un constat, actuellement longuement partagé aussi bien par les décideurs publics que les opérateurs économiques, particulièrement du privé : «Le modèle de croissance actuel, qui est centré sur la demande intérieure, a fini par montrer ses limites intrinsèques ». Un exemple qui traduit ce constat : «Depuis une dizaine d’années, le taux de croissance au Maroc évolue autour de la moyenne de 3,5% par an », a-t-il souligné. Insistant sur l’épuisement graduel du potentiel de croissance, Habib El Malki a également attiré l’attention des participants sur le fait que « le marché intérieur est relativement exigu, il est étroit aussi bien par sa taille que par son pouvoir d’achat ». Ce qui, à l’entendre, devrait inciter à une révision des options stratégiques présidant au modèle de développement dans sa globalité. Ainsi, « un modèle de développement orienté vers l’export s’impose comme l’alternative la plus adoptée au nouveau contexte d’ouverture et de globalisation des économies », a-t-il soutenu. Ce, avec toutes ses implications quant aux priorités en matière de politique économique et aux déterminants relatifs au positionnement à l’international. Dans ce cas, comment pourrait-on rattraper le retard et faire de l’économie marocaine une économie fortement exportatrice, c’est-à-dire une économie compétitive ? « Nous pensons au niveau du Centre que le concept de transformation structurelle représente une véritable boîte à outils », a indiqué le fondateur du CMC, notant que ce concept implique la réalisation d’une économie par la diversification productive. Entendu : la modernisation de l’économie et l’amélioration des infrastructures. Pour toutes ces raisons, la voie devant conduire à un nouveau modèle implique l’engagement de l’économie marocaine, plus que par le passé, dans un effort global d’industrialisation. « Sans industrialisation, il ne pourra y avoir une véritable force de frappe exportatrice. Ceci est largement confirmé par le niveau stationnaire de la part de l’industrie dans le PIB où il évolue aux alentours de 14%. C’est un taux qui reste relativement faible ». Par contre, le secteur des services et activités assimilées représente plus de la moitié de la valeur ajoutée. Dans tous les cas, la somme de ces taux tend à expliquer largement pourquoi la productivité au Maroc reste relativement faible et le système productif limité. Mais au-delà de ce constat, qui semble très réaliste et objectif, « il semble que le Plan d’accélération industrielle (PAI), engagé ces dernières années, a donné des résultats probants que nous considérons comme encourageants, particulièrement dans les secteurs porteurs de nouvelles dynamiques », a admis Habib El Malki. Il a estimé que « l’évolution de ce plan montre la voie à suivre pour la restructuration de l’économie et la diversification des produits et des marchés ». Poursuivant ses analyses, Habib El Malki a également indiqué que la transformation industrielle et structurelle est intimement liée à l’industrialisation et que c’est la condition indispensable au développement des débouchés à l’extérieur. « Sans cette mise en relation entre la transformation structurelle via l’industrialisation, il serait extrêmement difficile de faire de notre économie, une économie largement exportatrice. Parce que les contraintes de la globalisation imposent non seulement l’ouverture mais aussi la compétitivité », a-t-il conclu. A noter que plusieurs intervenants ont apporté leurs contributions sur le thème du jour lors de cette journée. Ils représentaient la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX), le Haut-commissariat au plan (HCP), la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), l’Office des changes, le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS) ainsi que des entreprises qui ont partagé leurs succes story à l’instar de l’OCP et SOMACA. Alain Bouithy
Quel modèle de développement pour l’entrée du Maroc dans le concert des pays émergents ?

L’Association des membres de l’inspection générale des finances (AMIF) a publié dernièrement les actes issus des travaux présentés lors du Colloque international sur le thème « Quel modèle de développement pour l’entrée du Maroc dans le concert des pays émergents ? » L’ouvrage, publié en collaboration avec le ministère de l’Economie et des Finances, est le fruit des réflexions, témoignages et recommandations d’experts internationaux et marocains formulés lors de cette rencontre internationale qui a eu lieu les 2 et 3 juin 2016 à Skhirat, sous le Haut patronage de S.M le Roi Mohammed VI. Il est à souligner que cet événement a été organisé par l’AMIF dans le but d’apporter des réponses aux inquiétudes et interrogations qui se font de plus en plus pressantes sur le modèle de développement actuel et sa capacité à répondre aux nouveaux défis et incertitudes qui se font jour. Et ce, suite aux effets de la crise économique et financière mondiale apparue en 2008 qui ont conduit à s’interroger sur la pertinence, l’efficacité et la validité des paradigmes qui sous-tendent le modèle de développement néolibéral largement inspiré des recommandations issues du « Consensus de Washington ». Dans ce contexte, on ne peut plus difficile et en dépit d’une conjoncture mondiale agitée, il s’est avéré que le Maroc a su asseoir, sous la conduite éclairée de S.M le Roi Mohammed VI, les fondements de la démocratie, le renforcement de la croissance économique et l développement humain. Des acquis et des réalisations engrangés qui ne devaient pas inciter à l’autosatisfaction, a toutefois insisté le Souverain dans son discours à l’occasion du 61ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple. D’où l’intérêt et l’urgence de mener une réflexion sur le modèle de développement à même de garantir au Maroc le saut qualitatif nécessaire pour rejoindre le concert des pays émergents. Soulignons que plusieurs intervenants issus d’horizons professionnels et géographiques divers avaient pris part à ce colloque dont des experts internationaux, personnalités politiques, universitaires, praticiens de la chose économique du secteur privé, acteurs de la société civile, entre autres. A travers cette rencontre internationale, l’AMIF entendait contribuer à promouvoir la culture économique et l’échange fructueux d’idées et de points de vue entre les participants sur la problématique du développement post-crise que restitue l’ouvrage publié . Pour rappel, le colloque a été structuré en trois panels : « Le modèle de développement marocain : état des lieux », « Expériences internationales de développement » et « Quel modèle de développement pour un Maroc émergent ? ». Trois thèmes qui ont ainsi donné lieu à des débats riches d’enseignements qui ont porté sur le diagnostic de l’existant et la consolidation des acquis (forces et faiblesses de l’expérience marocaine), la définition des priorités, ainsi que des compromis et arbitrages possibles… Comme l’a souligné l’AMIF, à l’issue de leurs échanges, les participants ont fait « des recommandations et des propositions innovantes susceptibles de servir de base à l’élaboration d’un modèle de développement durable, performant et inclusif, à même de permettre au Maroc de concrétiser son ambition de rejoindre le club des économies émergentes » Présidée depuis le 28 décembre 2015 par Fouzi Lekjaa, directeur du Budget au ministère de l’Economie et des Finances, l’AMIF a pour but, notamment, de contribuer à tous les travaux ou études de nature à rehausser le niveau de la connaissance en matière administrative, économique et financière.
Maroc/Ouverture de l’année législative : le Roi Mohammed VI pour un nouveau modèle de développement pour son pays.

Entamant son discours d’ouverture de l’année législative, le Souverain marocain a tenu à souligner avec force que la Patrie appartient à tous les citoyens et que l’ensemble des Marocains ont le droit de bénéficier des bienfaits du progrès et des fruits de la croissance. Ainsi, a t’il affirmé, le 13 octobre 2017 dans son discours devant les Parlementaires, que les citoyens marocains étaient à la recherche d’une « justice équitable et efficace », d’un « enseignement de qualité », de « bons services de santé », d’une « administration loin de toute forme de clientélisme ». Or aujourd’hui, le « modèle de développement national s’avère inapte à satisfaire les demandes pressantes et les besoins croissants des citoyens, à réduire les écarts territoriaux et à réaliser la justice sociale » et qu’il était devenu urgent de redresser la situation et de corriger les dysfonctionnements constatés à tous les paliers de l’administration et au niveau des conseils élus et des collectivités territoriales. Pour le Souverain marocain, le temps presse pour créer un nouveau modèle de développement, incluant l’ensemble des composantes de la société marocaine, comme l’ont été d’autres chantiers d’importance stratégique à l’instar de la réforme de la Constitution en 2011 ou encore du projet de la régionalisation avancée. C’est pourquoi, le Parlement, le Gouvernement et les élus marocains devront être à la hauteur de leur responsabilité nationale et ce, dans l’intérêt de la Nation et des citoyens marocains, a insisté le Roi Mohammed VI. Aussi, Sa Majesté le Roi du Maroc a assuré qu’il suivra en personne la conception de ce nouveau modèle et qu’il restait en attente des propositions et des mesures qui seront adoptées pour servir de base à l’élaboration du projet de ce nouveau modèle de développement. L’enjeu ne pouvait être plus clair ! Le Maroc a aujourd’hui besoin d’un modèle de développement équitable et équilibré, offrant de l’emploi, des revenus, des richesse à toutes les catégories de la population, principalement aux jeunes qui sont l’avenir du Royaume du Maroc. N’est-ce pas ces derniers qui ne profitent guère des progrès enregistrés par le Maroc et ce, alors qu’ils constituent plus d’un tiers de la population et dont la grande majorité se trouve exclue et au chômage ? Aussi, le Roi du Maroc a évoqué la création d’un Conseil Supérieur de la Jeunesse, conçu comme un lieu de débat et de conception de solutions innovantes pour permettre aux jeunes de mieux vivre. Quant aux jeunes qui s’activent dans le secteur informel, le Roi a demandé au Gouvernement et aux élus de leur inventer des solutions qui puissent leur permettre de travailler dans les meilleures conditions et dans la dignité. La balle est donc dans le camp du Gouvernement et des législateurs. Avant de clore cette partie de son Discours, le Souverain marocain a tenu à être précis sur un point à savoir sa grande fermeté pour rompre avec le laisser-aller et les pratiques frauduleuses, nuisant aux intérêts des citoyens, et qu’il n’hésitera point à sévir contre quiconque fera preuve de négligence dans l’accomplissement de son devoir national ou professionnel. Par ailleurs, le Roi du Maroc a annoncé la création d’un Ministère délégué auprès du Ministère des Affaires Etrangères, confirmant l’engagement du Maroc en Afrique où résident ses racines. Cette décision intervient dans une conjoncture marquée par une dynamique renouvelée dans l’histoire des relations du Maroc avec le reste du continent africain, renforcée par le retour du Maroc au sein de l’Union Africaine et les multiples les visites historiques du Roi du Maroc dans les différents pays africains, reflète les efforts déployés par le Maroc en vue de promouvoir la situation socio-économique du continent et surmonter les grandes problématiques auxquels il fait face. La création de ce Ministère traduit également les exigences actuelles et l’impératif d’une mobilisation globale à tous les niveaux, pour faire face aux tentatives visant à porter atteinte aux intérêts du Maroc et à son intégrité territoriale. Ce Discours est donc une grande révolution que devrait connaître le Maroc une fois ce nouveau modèle arrêté, avec comme principal objectif de maintenir le cap du développement, tout en s’assurant que chaque Marocaine et chaque Marocain en tire profit. La Patrie appartient à tous les Marocains et ces derniers ont le droit de bénéficier des bienfaits du progrès et des fruits de la croissance, a martelé le Roi du Maroc et il a appelé le Parlement, le Gouvernement et les élus à être à la hauteur de la lourde responsabilité nationale qui leur incombe et à œuvrer dans l’intérêt bien compris de la Nation et des citoyens. Ces parlementaires, ces membres du Gouvernement et ces élus ne sont-ils pas « Comptables devant Dieu, devant le Peuple et devant le Roi » ?