Maroc. Les importations de biens connaissent une forte croissance au premier semestre

Dans sa dernière note de conjoncture (août 2022, N°306), la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) – relevant du ministère de l’Economie et des Finances – fait état d’une hausse globale des importations sous l’effet notamment de la flambée des cours des matières premières. S’élevant à 365,6 milliards de dirhams, les importations de biens ont affiché un accroissement de 44,2%, à fin juin 2022, selon le document rendu public récemment. Après avoir examiné les données recueillies, la DEPF explique que «cette évolution fait suite à l’augmentation des achats de la totalité des groupes de produits, principalement les produits énergétiques, les demi-produits, les produits alimentaires et les produits bruts». Dans sa note de conjoncture, la DEPF rapporte que la facture énergétique s’est appréciée de 124,7% à 71,5 milliards de dirhams, représentant 19% des importations totales. Elle attribue cette évolution principalement «à l’accroissement des approvisionnements en gas-oils et fuel-oils (+124,8%)», en raison de la hausse des prix qui ont plus que doublé (9.614 dirhams la tonne à fin juin 2022 contre 4.719 dirhams la tonne un an auparavant). D’après la note de conjonction, «elle revient également, bien que dans une moindre mesure, à l’augmentation du volume des importations de gas-oils et fuel-oils de 10,4% ». La même source ajoute que la « facture énergétique est, en outre, due à la forte progression des importations des houilles, cokes et combustibles solides similaires (+ 193,4%) et à celles de gaz de pétrole et autres hydrocarbures (+70,8%)», peut-on lire. Portées par la forte croissance des achats d’ammoniac (+267,1%), des produits chimiques (+70%) et des matières plastiques et ouvrages divers en plastique (+42,4%), les importations des demi-produits ont affiché une croissance de 55,2% au sixième mois de l’année 2022 pour s’établir à 86,6 milliards de dirhams. Selon la note de conjoncture, les données publiées montrent par ailleurs que la facture alimentaire s’est de même appréciée de 43,4% à 46,1 milliards de dirhams. A en croire la DEPF, cette évolution a été portée principalement par la hausse importante des achats d’orge (+830,8%) et dans une moindre mesure de ceux de blé (+55,1%). En ce qui concerne les importations des produits bruts, il ressort qu’elles «se sont accrues de 82,7% à 24,2 milliards de dirhams, suite à l’augmentation des achats de soufres bruts et non raffinés (+170,1%) et de l’huile de soja brute ou raffinée (+99,3%)». Quant aux achats de biens d’équipement, la DEPF rapporte qu’ils ont atteint 70,8 milliards de dirhams au terme du sixième mois de cette année, après avoir réalisé une croissance de 17,8%. Selon elle, «cette évolution s’explique essentiellement par l’appréciation des acquisitions des parties d’avions et d’autres véhicules aériens (+67,1%) et des moteurs à pistons (+25,6%)». Il est à noter que les importations des produits finis de consommation ont affiché un accroissement de 9,9% à 66,4 milliards de dirhams, sur fond de hausse des achats des parties et pièces pour voitures de tourisme (+20,6%) et de ceux des tissus et fils (+44,7%), a fait savoir la DEPF. A titre de rappel, la situation des échanges extérieurs fait ressortir une hausse du déficit commercial de 48,7% au terme du premier semestre 2022 pour s’établir à 150,5 milliards de dirhams. Dans sa note de conjoncture, la DEPF justifie cette évolution «par une progression des importations (+44,2%) plus importante que celle des exportations (+41,2%), ramenant ainsi le taux de couverture de 60,1% à 58,8%». Comme elle l’a souligné, de même source, rappelons que le taux de couverture pour l’année 2021 aurait atteint 62,3%, soit pratiquement le même taux que celui enregistré en 2020 (62,2%). A en croire la Direction des études et des prévisions financières, « ce taux serait supérieur aux taux de couverture enregistrés depuis l’année 2017». Alain Bouithy