Congo: Message du Président Denis Sassou Nguesso sur l’Etat de la nation en 2018

Congo: Message du Président Denis Sassou Nguesso sur l’Etat de la nation en 2018

Ci-dessous, l’intégralité du message du Président Sassou Nguesso sur l’Etat de la nation devant le parlement réuni au Palais des congrès de Brazzaville« Monsieur le Président du Congrès ; Monsieur le Président du Sénat ; Monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement ; Mesdames et messieurs les membres du gouvernement ; Mesdames et messieurs les parlementaires ; Mesdames et messieurs les ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques; Mes chers compatriotes ; La Constitution du 25 octobre 2015 prescrit au Président de la République d’adresser, une fois par an, un message sur l’état de la Nation au Parlement réuni en Congrès. En m’acquittant de ce devoir, Je voudrais au préalable m’incliner devant la mémoire des êtres chers qui nous ont quittés durant cette année. A l’endroit des familles endeuillées, Je formule l’expression de toute ma compassion. Qu’il me soit donc permis de réitérer l’hommage posthume de la Nation au Vénérable André OBAMI ITOU, ancien président du Sénat, homme de grandeur et de devoir, à la loyauté exemplaire. Mes chers compatriotes ; Notre pays s’emploie à soutenir le fonctionnement régulier et harmonieux de ses institutions. Ici, au Parlement, s’écrivent des belles pages de notre démocratie, en termes de représentation de la Nation et d’armature législative. A ce titre, le Peuple évalue quotidiennement la disponibilité des parlementaires. Nos concitoyens apprécieront davantage les initiatives des sénateurs et des députés si celles-ci pouvaient s’articuler autour de la mobilisation des populations dans des activités agricoles, piscicoles ou d’élevage. Depuis quelques années, le Parlement multiplie les rencontres avec des institutions analogues d’autres pays et des partenaires au développement. Ces contacts accroissent la notoriété du Sénat et de l’Assemblée nationale. En soutien à ces initiatives et sans enfreindre l’intangibilité du principe de la séparation des pouvoirs, J’émets le vœu d’une concertation permanente entre les deux Chambres du Parlement. Des synergies sont également nécessaires entre les pouvoirs législatif et exécutif. De son côté, le Gouvernement met en oeuvre le Plan national de développement 2018 – 2022. L’action gouvernementale requiert rigueur et abnégation, surtout dans l’exécution des politiques publiques et la gestion des proximités avec nos concitoyens. Cet environnement conforte la nécessité d’instaurer une expression plus étendue et mieux régulée de l’Etat de droit. Par rapport à cette question, Je m’étais engagé, dans mon Message du 30 décembre 2017 sur l’état de la Nation, à assurer la mise en place de toutes les institutions constitutionnelles. Cet engagement a été tenu. Le dispositif institutionnel prévu par la Constitution a été intégralement installé. En 2018, notre pays s’est doté : – du Conseil national du dialogue ; – du Conseil consultatif des sages et des notabilités traditionnelles ; -du Conseil consultatif de la société civile et des organisations non gouvernementales ; – du Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap ; – du Conseil consultatif de la Jeunesse ; – du Conseil consultatif de la Femme. Par son originalité, notre expérience confère une assise plus large, diversifiée et sans discrimination, à la dimension participative de notre démocratie. Je salue particulièrement l’élévation, au sein du secrétariat permanent du Conseil consultatif de la Femme, d’une compatriote autochtone, universitaire engagée sur les questions de Genre. Dans cette même optique, la Cour constitutionnelle et la Commission nationale des droits de l’Homme ont été renouvelées, pour plus de dynamisme dans l’exécution de leurs missions. Enfin, les membres de la Haute cour de justice ont pris leurs fonctions. Cette juridiction, en charge de la répression des délits commis par les dirigeants et les hauts dignitaires de la République, est dorénavant installée dans ses attributions. Je demande que les textes réglementaires sous-jacents soient rapidement préparés pour un fonctionnement cohérent et diligent de cette instance. Je pense spécifiquement à l’exercice des poursuites qui doit être l’œuvre exclusive, sans intermédiaire, du représentant du ministère public auprès de cette juridiction. C’est le gage de l’indépendance de la Haute cour de justice. En leur adressant toutes mes félicitations, J’exhorte les membres des différentes institutions constitutionnelles à assumer leurs responsabilités avec efficacité. D’ores et déjà, le Parlement et le Gouvernement s’attèlent à instituer la législation garantissant la déclaration de leur patrimoine, par les dirigeants et les cadres de haut niveau, à l’entrée et à la cessation des fonctions exercées. Enfin, la Haute Autorité de lutte contre la corruption est en cours de création. Désormais, à tous les échelons de l’Etat, chaque acteur est exposé à la rigueur de la loi. Alors, il n’y a plus de place pour les jérémiades. Il n’y a de la place que pour l’action, partout et à tous les niveaux. Qui peut donc dire qu’avec un tel décor judiciaire notre pays n’est pas entrain de réaliser des avancées salutaires dans l’instauration et le fonctionnement des instruments de veille et de promotion de la bonne gouvernance ? La dernière session du Conseil supérieur de la magistrature a pris des décisions qui augurent d’une justice véritablement au service du droit, soucieuse de rehausser le seuil de confiance auprès des populations et de rassurer les milieux d’affaires. Dès lors, continuons à renforcer la gouvernance judiciaire pour mieux rapprocher la justice du justiciable ! Dans cette optique, l’essentiel demeure la mobilisation et l’implication des Forces vives de la Nation. La désignation du Chef de l’Opposition participe de la volonté du Peuple d’instituer une République de partage et de solidarité. En tout état de cause, l’expression démocratique se déploie en toute liberté au Congo. Nul n’y est inquiété et ne le sera pour ses opinions. Le brillant passage de notre pays à l’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, en novembre 2018 à Genève, traduit la portée de nos efforts dans ce domaine. Pour la troisième fois consécutive depuis 2009, toujours animé par la volonté de mieux faire en matière de protection et de promotion des droits de l’homme, le Congo vient de se soumettre magistralement à l’évaluation de la mise en œuvre des recommandations des Nations Unies, à ce sujet. Déjà, en octobre 2018, notre pays avait soumis, avec brio, son 7ème rapport au Comité des Nations