Tchad. Mahamat KaKa face au poids du sang et de l’histoire

HAUT-ET-FORT. En cherchant à marcher sur les traces de son père, Mahamat Idriss Déby alias Kaka, a lui-même passé la corde autour de son cou, une corde aujourd’hui difficile à détacher. À l’ère des réseaux sociaux, les crimes politiques ne se dissimulent plus aussi facilement. En voulant s’éterniser au pouvoir, Mahamat KaKa porte une lourde responsabilité politique et morale dans l’assassinat de Yaya Dillo, opposant courageux, constant et engagé dans la lutte contre l’injustice. À cela s’ajoutent la mort de plusieurs militants du parti Les Transformateurs, ainsi que l’arrestation arbitraire de son président, Dr Succès Masra pour des motifs clairement politiques. Mahamat Kaka a cru qu’en utilisant l’argent du trésor public, il pourrait acheter le silence et solder le prix du sang de Yaya Dillo. Mais il s’est trompé. Yaya Dillo a bâti une valeur : celle de la justice. Une valeur désormais profondément ancrée dans la conscience du peuple tchadien. L’affolement du régime, notamment après le départ d’Ousman Dillo vers le Soudan, révèle les failles d’un système sécuritaire de la DGRI met de l’ANS plus occupé à surveiller les ragots que les véritables menaces. Face à un renseignement régional plus structuré et plus efficace, le pouvoir tchadien apparaît vulnérable. Comme en 2019, Mahamat Kaka a senti le danger lorsque les Tchadiens ont compris les manœuvres de manipulation. C’est dans cette peur qu’il est allé chercher une protection extérieure, s’agrippant au soutien de la France, craignant que l’orage ne vienne du côté soudanais. Le sang de Yaya Dillo continuera de hanter ce pouvoir. Car l’injustice finit toujours par se payer. Dieu n’aime pas l’injustice, et aucun régime bâti sur le sang ne dure éternellement. Par Makaila N’guebla Journaliste- défenseur des droits humains et militant altermondialiste
Manifestations au Tchad: ce qu’il faut savoir
L’opposition tchadienne manifeste depuis 4H 30 du matin à N’Djamena, la capitale du pays aux sons de sifflets et de concert de casseroles. Les troubles continuent dans la ville où des coups de feu sont tirés et entendus dans plusieurs quartiers où les forces de l’ordre font des patrouilles. Un homme a été tué par balle à Moundou, dans le sud du Tchad, selon plusieurs médias locaux. Les manifestants brûlent des pneus et des drapeaux français. Ils brandissent des pancartes avec les slogans » Oui à un dialogue inclusif », « Non à la monarchisation du pouvoir », « Nous exigeons la dissolution du CMT, « Non au néocolonialisme français », « Macron missionnaire de la Françafrique ». Lire la suite sur BBC