Mali: une croissance de 5% attendue en 2025, portée par le lithium et l’agriculture (FMI)

Mali: une croissance de 5% attendue en 2025, portée par le lithium et l’agriculture (FMI)

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 5% au Mali en 2025, soutenue par la performance de l’agriculture, le démarrage de l’exploitation du lithium et la progression des services, selon un communiqué publié jeudi soir à l’issue d’une mission du FMI à Bamako. Malgré un contexte difficile marqué par l’insécurité, des inondations et la baisse de l’aide extérieure, le FMI salue la résilience de l’économie malienne, dont la croissance était estimée à 4,7% sur les deux dernières années. La première mine de lithium, exploitée par une entreprise chinoise dans le sud du pays, a été inaugurée fin 2024, alors que la seconde, portée par un opérateur britannique, doit prochainement entrer en production, renforçant ainsi les perspectives de croissance. Le FMI met, par ailleurs, en garde contre les effets négatifs de la réduction de l’aide internationale et des perturbations dans le secteur aurifère, tout en appelant à des réformes structurelles pour préserver la stabilité macroéconomique, réduire les incertitudes et renforcer la transparence. MAP

2035 : La géopolitique du cobalt et de lithium

2035 : La géopolitique du cobalt et de lithium

TRIBUNE. L’année 2035 ne dit pas grand-chose aux africains et pourtant en Occident elle représente un tournant décisif nommé : le « Tout électrique », en d’autres termes à partir de cette année sera décrétée la fin de la production de voitures thermiques circulant au diesel ou à l’essence. Place sera faite aux voitures électriques. Et à propos de la construction d’une voiture électrique, l’on est sans ignorer que la batterie joue un rôle fondamental dans la mesure où c’est elle qui recharge la voiture pour la mettre en mouvement. Et ces batteries se font grâce aux matières premières ( cobalt, lithium) que l’Europe ne possède pas. Et la RDC est le pays qui détient la plus grande réserve inexploitée de lithium et de cobalt. Pour être plus précis, la RD Congo porte dans son sous-sol les deux principales matières premières sur lesquelles compte le monde pour faire fonctionner la nouvelle voiture électrique. Si le lithium se trouve en Australie et Argentine, la RDC à elle seule possède 80% de la réserve mondiale du cobalt. Les congolaises et les congolais ont tort de ne pas se demander sur quoi compte l’Union européenne lorsqu’elle lance son vaste plan de voitures électriques à partir de 2035 avec des minerais qu’elle ne possède pas. Dans l’ère de nouvelles technologies qui se profilent à moyen terme, la RDC sera au centre des enjeux mondiaux comme ce fut le cas en 1886 avec la production locale du caoutchouc à l’invention de l’automobile. Sa population fut contrainte de produire de l’hévéa pour faire tourner l’industrie de Benz Patent Motorwagen et de Daimler. 10 millions de congolais virent leurs mains coupées et périrent suite aux sévices accompagnant cette production de l’hévéa. Outre la pollution qui sera occasionnée dans les mines d’exploitation de cobalt et de lithium, c’est surtout le plan de sous-traitance par un pays étranger, le Rwanda, qui sera au cœur du problème. Beaucoup ne le savent peut-être pas, mais une nouvelle usine de montage de véhicules électriques a déjà été construite depuis 2022 dans la zone industrielle de Gahanga, dans le district de Kicukiro au Rwanda. Elle est spécialisée dans le montage, la vente et l’entretien de «véhicules électriques à énergie nouvelle». Pourquoi au Rwanda et pas ailleurs ? Sûrement dans la continuité du plan de commercer les minerais congolais par le biais d’un pays africain voisin, chargé de faire la guerre par procuration en RDC pour créer les conditions favorables aux pillages des minerais. La révolution industrielle à l’horizon 2035 sera extrêmement déterminante pour le destin des congolais. Ce qui aux yeux des occidentaux rend importantissime le scrutin qui élira le président en tête du Congo jusqu’à 2028 et le suivant jusqu’à 2033. Si le peuple congolais va continuer à se comporter avec légèreté, c’est ailleurs qu’est en train de se décider son sort. La guerre à l’Est et probablement autour de Kinshasa dans les prochains mois pourra devenir le passage obligé des inventeurs de la voiture électrique. À moins que les congolais voient loin, et q’au scrutin 2023, ils s’imposent un nouveau type de scrutin présidentiel pour se donner un dirigeant visionnaire capable de sortir le pays du cercle vicieux de l’EAC et de toute organisation qui a pris la triste habitude de bâtir sa prospérité sur les ruines de la RDC. Par Germain Nzinga

Accord RDC-Zambie: pourquoi le lithium est un minerais si stratégique?

Accord RDC-Zambie: pourquoi le lithium est un minerais si stratégique?

TRIBUNE. Dans sa définition selon Wikipédia, le lithium est un  » métal alcalin, le plus léger de tous les métaux. (Élément de symbole Li, de numéro atomique 3, de masse atomique 6,941.) . Il est utilisé dans la fabrication de différents types de verre, de céramiques, de graisses lubrifiantes, de caoutchouc, d’émaux, de batteries et d’aluminium de première fusion. On l’utilise également dans la fabrication de certains alliages. Les principales réserves sont situées au Chili (7.500 000 t), aux Etats-Unis (4.000 000 t), en Chine (3.500 000 t) et en Australie (850 000 t), selon les estimations de juin 2011. AVEC SON POTENTIEL, LA RDC EST LEADER MONDIAL Et voilà que la RDC se révèle avec son potentiel immense de plus d’une centaine de millions de tonnes , localisé au Katanga, précisément dans la province du Tanganyika ayant une frontière maritime avec la Tanzanie et terrestre avec la Zambie. En Afrique, trois autres pays sont en lice : Mali, Namibie et Ghana avec un potentiel moindre. « LE MONDE » NOUS REGARDE Dans sa livraison du 28 décembre 2021, le journal français Le Monde commence par se demander si  » La République démocratique du Congo (RDC) sera-t-elle demain au cœur de la transition énergétique mondiale ? C’est en tout cas l’ambition des autorités congolaises qui mettent en valeur les ressources du pays en lithium, un minerai indispensable à la production de batteries pour véhicules électriques, et sa compétitivité pour qui voudrait y installer des usines de production  » avant de souligner que  » Le pays a des arguments : il détiendrait les plus grandes réserves de lithium de roche dure inexploitées au monde. Seule une dizaine de kilomètres de son sous-sol a été étudiée sur la centaine qui regorgerait de ce minerai. Mais, d’ores et déjà, une réserve de 132 millions de tonnes prouvées et probables, c’est-à-dire exploitables de manière rentable, a été découverte « . Quoi de plus normal que l’Autorité établie, en l’occurrence le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’investisse sérieusement dans la définition des aspects juridiques, techniques et financiers garantissant l’implantation et la production de l’industrie du lithium. Mais, surtout – ça, on ne le dit pas assez alors que c’est prioritaire – dans la définition des aspects sécuritaires et diplomatiques! En effet, ce serait la pure et pire naïveté que de croire les  » décideurs  » se mettre à l’écart en laissant aux Congolais l’exercice du droit de vie ou de mort sur le lithium. Aussi, après l’interminable bataille autour du barrage hydroélectrique d’Inga, du cuivre, du cobalt, du coltan, il faut *désormais* se préparer à la  » guerre  » autour du Lithium, de façon à faire de ce métal alcalin un *instrument de paix* . LA RDC SORT SON JOKER ET SE POSITIONNE COMME PAYS SOLUTION DANS LE CHANGEMENT CLIMATIQUE. Voici un métal alcalin qui tient en laisse la planète Terre du fait d’être indispensable dans la fabrication des batteries électriques. Mais avec un plus : il est déterminant dans exploitation des énergies renouvelables. Bref, la survie de l’Environnement en est tributaire. Dans ce monde qui se redessine sous nos yeux, la RDC se révèle ce qu’elle est en tant que « pays-solution  » dans le changement climatique en cours. C’est là que la RDC – autrefois acteur méconnu de la fin de la Seconde guerre au travers de l’uranium de Shinkolobwe – doit sortir son Joker dans le nouveau monde en construction. Et ce moment, on s’en doute, est là, avec la rencontre des Présidents Félix Tshisekedi et Hakainde Hichilema le vendredi 29 avril 2022 à Lusaka. Dans son speech, le Chef de l’Etat congolais s’est dit convaincu que réunis, les deux pays seront  » beaucoup plus forts » et, au travers du pouvoir dont ils vont disposer,  » être le maître de leur destin ». Dans pareilles circonstances, conseille le sage, il vaut mieux être à plusieurs que seul. Là, la RDC et la Zambie y sont pleinement.