Hommage littéraire à Léopold CONGO MBEMBA

Au nom des Ecrivains congolais, dans l’optique des 60 ans de la littérature congolaise Pour Léopold Congo Mbemba – Poète ferme et profond – cet hommage littéraire ! Comme un Grand Poète nous inspire ! De son lointain Canada, Marie-Léontine Tsibinda N’est pas restée indifférente A l’annonce de la disparition De Léopold Congo Mbemba Qui est venue visiter sa mémoire : Je me souviens, dit-elle. 1. Se souvenir de l’homme Je me souviens Je me souviens D’une de nos rencontres Était-ce lors de la fête de l’autre Illustre Léopold Léopold Sédar Senghor de Joal Je me souviens De ta présence amicale De ton regard derrière tes verres D’intello congolo-parisien souriant À la dynamique de la vie Le pas alerte le cœur heureux Et voilà qu’au pays invisible Tu as conduit ta plume Un jour de froid De canard ou de chien Loin de ton soleil royal Des rives de ton Congo natal Pour aller chanter au son de l’arc musical Le soleil des indépendances poétiques Loin des chemins chaotiques D’une vie inachevée Inassouvie dans la flagrance des Maagies À peine posées sur les rayons livresques Aux couleurs du monde Congo-Mbemba Congo-Mbemba Aux pieds du soleil froid de Mpemba Léopold tu reposes désormais ton corps Tandis que ta plume enchantée Reste le vestige de ton étonnant Voyage sur la terre des vivants Adieu étonnant voyageur solitaire Solitaire poète des fleuves Adieu poète du Congo Adieu poète de la Seine Adieu poète du Danube Adieu mouette-météore Des mers poétiques À Dieu ton esprit retourne À la poussière ton corps Adieu solitaire poète des fleuves…Marie-Léontine Tsibinda 2. Perpétuer la mémoire de l’homme par la vigueur de sa plume Le cœur de Moguy, un partage : i[« Le grand poète, Léopold Congo Mbemba, vient de mourir sans mourir n’est ce pas ? Les poètes ne meurent pas. […] J’avais terminé mon livre en évoquant Léopold avec ces mots : ‘‘Sa principale source d’inspiration, il la puisait dans son pays déchiré, le Congo [comme son] ; pour en parler, il trouvait des mots salvateurs, généreux, sans complaisance. Son regard ne se détournait pas des plaies de son pays. Il les dénonçait. Il avait des mots d’homme libre. Noir ? Blanc ? Jaune ? Je ne sais quelle couleur a son visage. Il a celle de la poésie, puissante, terrible, remplie d’espoir. C’est magnifique. » La Plume de Son Congo-Mbemba La plume d’essence Congo-Mbemba Est une plume-maître du silence, Qui a supplanté les astres du bruit, Pour hisser bien haut son mât. Contre les foudres lâches, elle a vaincu, De par son exigence, la potence ; Sans diluer la verve de sa prestance Avec des singeries à sons bien plats. Les tonnerres abâtardis de la nuit Crurent dompter cette plume d’acier, Les ombres assassines du jour Crurent casser la voix de ses mots, Alors qu’elles ignoraient bêtement La racine césairienne de ces mots-enclume, Qui ont su garder belle et intacte Leur mélopée pour survivre aux suppôts. ]i Aimé EYENGUE 3. Pour la postérité, Congo-Mbemba : – Congo Mbemba dit : « Nous ressentons le même effroi et la même révolte devant tout abaissement et toute négation de l’humanité de l’Autre. » Léopold Congo Mbemba, in préface au recueil Le Tombeau transparent. – Congo Mbemba dit : « Nous n’espérons pas la mort d’autrui pour avoir matière à chant, nous militons pour la vie. Nous voulons les gens, même ceux que nous combattons, vivants plutôt que morts. Nous préférons la vie des gens au poème qu’on écrirait à leur mémoire. » Léopold Congo Mbemba, in préface au recueil Le Tombeau transparent. – Congo Mbemba dit : Présence africaine Que le cratère Congo-Mbemba, Tel le volcan Césaire, Continue à cracher du feu sacré.Congo Mbemba est mort, vive le Poète ! Sevran-Les Beaudottes, ce samedi 02 mars 2013