À Gaza, un cessez-le-feu de plus en plus fragile

À Gaza, un cessez-le-feu de plus en plus fragile

L’ONU a prévenu mardi que le cessez-le-feu à Gaza apparaît de plus en plus fragile, alors que se poursuivent les frappes israéliennes ainsi que les activités armées menées par le Hamas et d’autres groupes. « Loin des projecteurs, la situation à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ne cesse de se dégrader », a dit le Sous-Secrétaire général des Nations Unies chargé du Moyen-Orient, de l’Asie et du Pacifique, Khaled Khiari, lors d’un débat au Conseil de sécurité consacré à la question palestinienne, dans un contexte de fortes tensions régionales.  Bien que des efforts diplomatiques soient en cours afin de consolider le cessez-le-feu à Gaza et mettre en œuvre la phase II du Plan d’ensemble du Président américain Donald Trump visant à mettre fin au conflit dans l’enclave palestinienne, les pourparlers relatifs au désarmement du Hamas et des autres groupes armés n’ont, à ce jour, abouti à aucun accord, s’est-il inquiété, évoquant des craintes quant à un éventuel retour à des hostilités généralisées. Violence des colons en Cisjordanie Le haut responsable onusien a également signalé qu’en Cisjordanie, la fréquence et la gravité des agressions perpétrées par les colons continuent de s’intensifier.  Des communautés palestiniennes entières sont désormais régulièrement confrontées à des actes de violence meurtrière, de vandalisme et de harcèlement, souvent en présence de soldats israéliens, voire avec leur participation, a-t-il dénoncé, exhortant dans la foulée les autorités israéliennes à prendre des mesures immédiates pour y mettre un terme. Il a également indiqué que la situation dans les camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie demeure alarmante. Les opérations militaires israéliennes et les restrictions d’accès ont entraîné le déplacement prolongé de plus de 33 000 résidents issus des camps de réfugiés de Jénine, de Tulkarem et de Nour Chams.  Ces camps demeurent en grande partie désertés, marquant ainsi la crise de déplacement la plus vaste et la plus durable qu’ait connue la Cisjordanie depuis plusieurs décennies. Tony Blair met en avant des progrès L’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, est intervenu en sa qualité de membre du Conseil exécutif du Conseil de la paix dans le cadre du Plan d’ensemble américain visant à mettre fin au conflit à Gaza.  Il a exhorté les membres du Conseil de sécurité de l’ONU à apporter un soutien politique « clair et constant » à la mise en œuvre du Plan d’ensemble, et à mobiliser des contributions financières en faveur de la réponse humanitaire et du relèvement à Gaza. « L’espoir réside dans les progrès substantiels réalisés dans la mise en œuvre du plan du Président [Trump] », a-t-il affirmé. Ces avancées se traduisent notamment par la création du Comité national pour l’administration de Gaza et par le déploiement progressif de la force internationale de stabilisation, qui a déjà achevé sa mission d’évaluation préalable.  L’ancien Premier ministre britannique a également mis en avant les efforts de mobilisation financière, indiquant que plus de 7 milliards de dollars d’engagements fermes avaient été réunis pour soutenir Gaza.  Opération dans le camp de Qalandiya De son côté, le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, a exprimé, mardi la préoccupation de l’ONU concernant des informations selon lesquelles l’armée israélienne a mené lundi une opération de 18 heures à l’intérieur et aux abords du camp de Qalandiya, situé dans le gouvernorat de Jérusalem, en Cisjordanie. « Cette opération a impliqué des fouilles à grande échelle, des détentions et des restrictions de mouvement, entraînant des blessures, des dégâts matériels et le déplacement temporaire de Palestiniens », a-t-il noté. Les forces israéliennes ont également fermé des barrages routiers existants et érigé des monticules de terre dans les zones avoisinantes, provoquant la fermeture temporaire d’écoles et de cliniques, tout en entravant l’accès des ambulances. Le porte-parole a souligné que cette opération s’inscrit « dans une tendance récurrente ayant entraîné des pertes humaines, des déplacements de population, des dommages aux biens civils et des restrictions d’accès, en particulier dans les camps de réfugiés ».  ONU