RDC. Ce jeu de poker derrière les élections congolaises…

TRIBUNE. Si l’on scrute avec intelligence l’évolution de la campagne électorale en Rd Congo, dans sa dynamique des alliances qui se font et se défont, semaines après semaines, l’on peut aisément saisir que le véritable vainqueur du scrutin du 20 décembre prochain ne figure point parmi les 26 candidats annoncés par la liste de la CENI. Le vainqueur sera celui qui est en train de réussir à manipuler le jeu politique congolais en plaçant ses pions les plus fidèles dans les deux camps, celui du pouvoir et celui de l’opposition. Par combinaison machiavélique des cartes en présence, il se rassure de recomposer progressivement le tableau politique dans son format d’avant 2019. Par ses fidèles collaborateurs interposés, il est en voie de contrôler à distance l’impérium de la future présidence, la composition de la future primature et d’autres postes régaliens. Face à ses concurrents qui ont choisi de l’ignorer et restent aveuglément accrochés à l’immédiateté du pouvoir-os, lui par contre avance masqué, avec une grande maîtrise de la psychologie du jeu et de ses adversaires politiques jusqu’au point de leur imposer son tempo sans avoir émis aucune déclaration dans les médias publics, ni avoir prononcé un seul meeting de campagne. Ainsi donc, les élections congolaises – si du moins elles arrivaient à avoir réellement lieu-, elles accoucheront des rêves brisés. En lieu et place de conquérir les nouveaux espaces de sa souveraineté, le peuple congolais se surprendra désagréablement de s’être jeté dans la gueule du loup et de se retrouver de nouveau soumis, en servitude volontaire, aux ordres du bourreau et de son système cynique et oppresseur qu’il a cru avoir vaincu hier. Par Germain Nzinga