Cameroun et insécurité : un mauvais sort qui s’éternise

PARLONS-EN. La violence s’est enracinée dans plusieurs régions de notre pays. Une barbarie innommable qui dure depuis plus d’une décennie. Le bilan est effroyable : des dizaines de milliers de morts, en majorité des civils. Des familles entières restent introuvables, disparues depuis plus de cinq ans pour certaines. Pas plus tard que le 14 Août dernier, profitant de l’état vétuste de la route entre Maroua et Kousseri, dans l’Extrême-Nord, onze personnes, dont cinq enfants d’une même fratrie, ont été enlevées. Selon certaines sources, il s’agirait d’un kidnapping perpétré par des membres de Boko Haram. Un groupe terroriste actif dans cette région depuis 2014. C’est un choc pour toute la nation, une tragédie encore plus insupportable pour les familles, dont je n’ose imaginer la douleur. Une douleur qui se mêle à la colère, celle d’une politique sécuritaire qui a échoué. Une politique plus réactionnaire qu’anticipative. N’oublions pas que le Cameroun est également empêtré, depuis 2017, dans une guerre de sécession dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Une guerre fratricide qui aurait pu être évitée par un simple dialogue, une écoute des revendications initialement corporatistes. Mais au lieu d’opter pour la carotte, le gouvernement camerounais, fidèle à sa tradition répressive, a choisi le bâton. Conséquence : des milliers de morts, des enfants privés d’école, des villes et villages entiers abandonnés, des compatriotes armés réfugiés dans les forêts, et nos forces de défense contraintes de tirer sur leurs propres frères. Comme le souligne le professeur Kamto dans son programme, le règlement de la crise sécuritaire doit être holistique. Concernant le terrorisme, l’approche doit combiner développement, éducation, sensibilisation et répression. Boko Haram se nourrit de la misère. Il recrute aisément parmi des jeunes désœuvrés, privés de perspectives. Il s’implante dans un espace à l’abandon, où l’école est quasi inexistante. Cette région septentrionale a besoin d’un plan de développement d’urgence, mais ce plan doit être mené de front avec la sensibilisation, la réforme de l’éducation et la traque des assaillants. S’agissant de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, il faut ajouter à ces leviers une approche historiographique. Il est indispensable de restaurer la vérité historique autour de la réunification des deux Cameroun. Beaucoup estiment que l’union s’est faite sur une base d’une duperie. Cette vérité rétablie, il faudra rappeler que la séparation n’est pas une option, et ne le sera jamais. Notre union dépasse les frontières territoriales : elle repose sur un ancrage traditionnel et spirituel. Notre pays a besoin d’un nouveau leadership, clairvoyant et proactif. Le système de 82, incarné par le président Paul Biya, a échoué sur tous les fronts. Par Teddy Patou Journaliste et animateur radio
Lutte contre l’insécurité et le terrorisme : Les États-Unis équipent les Forces Armées Béninoises

Le nouveau geste de l’Ambassade des États-Unis près le Bénin à l’endroit des Forces Armées Béninoises le mercredi 14 août 2024 est symbolique. Il s’agit d’un don d’équipement de protection individuelle composé de casques, de housses balistiques, de plaques balistiques et de vestes de portage, le tout d’une valeur de 840 millions de franc CFA. À la cérémonie de remise, l’Ambassadeur Brian SHUKAN et le Général de division Fructueux GBAGUIDI, Chef d’État-Major Général des Forces Armées Béninoises ont eu des mots assez forts pour traduire l’excellence de la coopération entre les armées américaine et béninoise. Une occasion ppur réaffirmer la détermination des deux armées à s’investir dans la lutte contre l’extrémisme violent et au-delà les bonnes relations d’entente que partagent le Bénin et les États-Unis d’Amérique. « Les États-Unis sont fiers de s’associer au Bénin pour protéger les Forces Armées Béninoises (FAB) qui, à leur tour, protègent la population civile contre l’extrémisme violent afin de promouvoir la stabilité au Bénin », a souligné l’Ambassadeur Brian SHUKAN. Devant le Haut Commandement militaire réuni pour l’occasion, il a ajouté : « l’équipement seul ne suffit pas pour lutter efficacement contre l’extrémisme violent. La lutte doit être soutenue par une approche globale qui soutient les populations vulnérables. Elle nécessite également une coopération étroite, une formation spécialisée et un engagement indéfectible à s’attaquer aux causes profondes du terrorisme ». Ces dernières années, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, les États-Unis ont soutenu financièrement plusieurs programmes au titre desquels des formations au profit des FAB dans différents domaines dont la sécurisation des frontières, la cession d’équipements, le renforcement des capacités de certains personnels des FAB aux États-Unis ou des opportunités économiques pour la résistance au recrutement des extrémistes. Le Haut Commandement militaire reconnait que depuis les premières attaques terroristes, les États-Unis sont restés aux côtés du Bénin et de son armée. Pour le Chef d’État-Major Général des Forces Armées Béninoises, « les États-Unis sont des amis, mieux un pays frère ». Il a rassuré les donateurs que les équipements reçus seront utilisés à bon escient car l’objectif final, c’est de défaire le terrorisme pour permettre aux Béninois de vivre en paix.
Centrafrique : insécurité et psychose dans certains villages du Bamingui-Bangoran

Ces derniers temps, les habitants des villages Miamani et Diki dans le Bamingui-Bangoran vivent avec la peur au ventre. Ils sont terrorisés par la présence des hommes armés non-identifiés, faisant régulièrement usage de violences. La population demande le renforcement du dispositif sécuritaire. En février dernier, les Forces armées centrafricaines et leurs alliés russes avaient mené des opérations militaires contre des groupes armés à Miamani, Chari et Diki. Cependant après le retrait de ces forces, ces hommes armés sont revenus dans ces localités où ils volent des biens et commettent des exactions sur des civils. « Nous sommes sur nos gardes » « Lorsqu’on sort pour chercher à manger, on retrouve des hommes armés sur les axes. Ils nous agressent et nous dépouillent de nos biens. Sur la barrière du Pk 10, ils nous exigent de payer des frais de formalité dont les montants varient de 2.000 à 10.000 francs. Certaines vendeuses de poissons ont été tuées. Ce qui fait que les autres ont peur de continuer ces activités. Ces derniers temps, on ne dort pas bien. Nous sommes sur nos gardes à cause des rumeurs d’attaque », a témoigné Djouma, un habitant de Miamani. Au village Diki, non-loin de la frontière centrafricano-tchadienne, les habitants déplorent aussi les exactions des groupes armés.Ils demandent le déploiement de l’armée nationale dans le leur localité. « Qu’il nous déploie des militaires » « Nous sommes inquiets parce qu’on n’est pas en sécurité. Certains habitants ont même traversé au Tchad. C’est pourquoi, nous demandons au président de la République de penser à nous. Qu’il nous déploie des militaires à Ngolokosso et à Chari pour nous permettre d’être dans la quiétude », a imploré Thérèse, une habitante. Ce vœu a aussi été formulé par le préfet du Bamingui-Bangoran lors d’une visite dans ces localités, les 22 et 23 juin dernier. « Que le gouvernement, à travers le ministère de la Défense nationale, augmente l’effectif des éléments des Forces armées centrafricaines dans ces localités afin de protéger les populations civiles », a fait savoir Jean Gilbert Gbangoudou, préfet du Bamingui-Bangoran. Le 31 juillet dernier, des hommes armés non-identifiés avaient assassiné 13 civils à Diki. Jusqu’à présent, cet événement tragique reste gravé dans la mémoire des habitants. Ils ne souhaitent que la sécurité, surtout après la réouverture de la frontière centrafricano-tchadienne.
Burkina Faso. La Grande-Bretagne prête à soutenir la lutte contre l’insécurité
L’ambassadeur de la Grande-Bretagne au Burkina Faso, Katherine Marjorie Ransome, a rencontré le ministre des Affaires étrangères, de la coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, SEM Karamoko Jean Marie Traoré, le mardi 23 janvier. Lors de cette audience, l’ambassadeur britannique a exprimé sa volonté de relancer la coopération entre les deux pays. Elle a notamment indiqué que la Grande-Bretagne était prête à soutenir le Burkina Faso dans sa lutte contre l’insécurité. « Il était important pour nous de venir comprendre la situation au Burkina en vue de travailler ensemble sur le sujet », a déclaré l’ambassadeur Ransome. Le ministre Traoré a salué cette initiative et a présenté à l’ambassadeur les priorités du Burkina Faso, dont la principale reste la lutte contre l’insécurité. « Les partenaires doivent également faire un lobbying politique auprès de la communauté internationale, pour passer la bonne information et faire comprendre la vision de l’AES », a déclaré le ministre. Le gouvernement burkinabè est disposé à poursuivre la coopération avec la Grande-Bretagne, un pays qui jusque-là, intervient dans des domaines tels que la lutte contre les violences basées sur le genre, et celles liées aux conflits ainsi que l’assistance humanitaire.
Centrafrique : passe d’armes entre F.A Touadéra et l’opposition sur la montée de l’insécurité

Face à la résurgence de l’insécurité dans certaines régions de la République centrafricaine, le président Faustin-Archange Touadéra hausse le ton. Pour le chef de l’Etat, l’opposition est un obstacle au développement du pays. Lors de son adresse à la Nation à l’occasion de la fête nationale, le chef de l’Etat a brisé le silence face au regain de violence que vit son peuple ces deux derniers mois. Faustin-Archange Touadéra n’est pas passé par quatre chemins pour accuser l’opposition démocratique d’en être le responsable. « Depuis plusieurs mois, nous assistons à des manœuvres, à des actes et propos susceptibles de compromettre la sécurité publique ou occasionner des troubles graves, provoquer la haine et enfreindre les lois de la République. Ces propos sont largement publiés par les principaux membres du Bloc républicain pour la défense de la constitution et le Conseil de résistance pour la transition » a affirmé Faustin-Archange Touadéra, président de la République centrafricaine. Dans le chaos Par ailleurs, le chef de l’Etat a indiqué que l’opposition travaille pour replonger le pays dans le chaos. Il cite en exemple, des appels à la violence et des messages néfastes adressés à la communauté internationale sollicitant la suspension des aides au profit du pays. Pour cela, le locataire du palais de la Renaissance promet de les en empêcher. « En appelant à la suspension des aides budgétaires et humanitaires, le BRDC et CRT désirent le maintien de notre pays dans la dépendance et la pauvreté. Depuis quelques jours, nous assistons au passage à l’acte, notamment le commencement d’exécution des plans de déstabilisation du pays. Je tiens à vous assurer que des dispositions idoines sont prises pour empêcher ces actes terroristes » a promis le chef de l’Etat centrafricain. La réaction de l’opposition n’a pas tardé. Le Bloc républicain pour la défense de la constitution (BRDC) balaie du revers de la main les accusations du pouvoir. « Il s’agit d’un discours incendiaire, de victimisation, de division, un discours qui recherche des bouc-émissaires pour justifier l’échec patent de 7 ans d’exercice du pouvoir. Nous nous sommes réunis au lendemain de cette allocution et nous avions failli porter plainte contre lui pour diffamation. Mais, nous avons laissé tomber pour pouvoir préparer des éléments de réponses face à ces nouvelles accusations. Nous ne nous reconnaissons pas dans ces accusations » a réfuté Mahamat Kamoun, opposant et un des leaders du BRDC. Bras de fer Ces derniers mois, la tension est montée d’un cran entre le pouvoir et l’opposition. A l’origine, le bras de fer sur le projet de révision de la Constitution du 30 mars 2016. Un projet rejeté par la Cour constitutionnelle. La célébration du 64e anniversaire de la proclamation de la République centrafricaine a été l’occasion pour Faustin Archange Touadéra de fustiger l’opposition, l’accusant d’être derrière la montée de l’insécurité dans certaines régions du pays.
Insécurité en RDC : le ras-le-bol de l’Euro-député Marc Botenga

COUP DE GUEULE. “ Il s’est avéré maintenant et depuis des années aux Nations unies que le gouvernement rwandais soutient les rebelles du M23 qui sèment la terreur et la mort en République Démocratique du Congo, notamment à l’Est où ce conflit a déjà fait des millions de morts. Nous savons donc toute la responsabilité du gouvernement rwandais dans les massacres au Congo. Mais alors que fait l’Union européenne? Logiquement on s’attendait à des sanctions de la part des pays européens. C’est en tout cas la réponse que réserve l’Union européenne à ce genre d’agression d’un pays contre un autre. Mais non ! les gouvernements européens décident aujourd’hui de renforcer leur coopération militaire avec le Rwanda. La France notamment annonce un renforcement de sa coopération militaire. L’Union européenne quant à elle va donner 20 millions au Rwanda pour sa participation au Mozambique, sans citer les Etats-Unis qui depuis longtemps sont un partenaire important du Rwanda (…) A cela il faut ajouter que tout Etat qui veut vendre des armes à la République Démocratique du Congo doit notifier les Nations Unies. Ce qui bien évidemment ralentit voire empêche la livraison des armes à un pays trop souvent et si souvent agressé. Cette politique où l’on affirme en paroles respecter la souveraineté congolaise alors qu’en réalité notre politique l’entrave et la sape est inacceptable. Il faut arrêter ça tout de suite parce que les congolais ont besoin de paix aujourd’hui.”
Centrafrique : des députés et ressortissants de la Haute-Kotto alertent sur la résurgence de l’insécurité

Les députés et les ressortissants de la Haute-Kotto dénoncent la recrudescence des violences ces derniers jours aux alentours de la ville de Bria. Le dernier évènement en date est celui du mardi 13 septembre 2022, au village Kpassoro situé à 3 km de la ville sur l’axe Yalinga. Une attaque, menée par des hommes armés, a occasionné le déplacement de plusieurs centaines d’habitants vers Bria, chef-lieu de la préfecture. Selon le collectif des députés de la Haute-Kotto, des hommes armés bloquent les principaux axes menant à Bria depuis plusieurs semaines. La présence de ces rebelles empêche les populations de vaquer librement à leurs occupations. Le collectif rappelle au gouvernement, les responsabilités qui sont les siennes. Rétablir la sécurité pour la libre circulation « Nous demandons avec insistance au gouvernement et à la Minusca de prendre les dispositions nécessaires pour rétablir la paix et la sécurité dans la préfecture de la Haute-Kotto afin de permettre la libre circulation de la population. Nous demandons aussi aux organisations nationales et internationales d’apporter une assistance humanitaire d’urgence au profit de ces déplacés et victimes de viol » a lancé le député de Bria 2, Jacques Tafogo, membre du collectif des députés de la Haute-Kotto. Même son de cloche du côté de l’Association des ressortissants de la Haute-Kotto (ASSOREHK) qui condamne, elle aussi, la récente attaque du village Kpassoro, situé à la périphérie de Bria. Néanmoins, elle demande à la population de collaborer avec les forces de défense et de sécurité. « Pour contribuer à la paix, cette paisible population de Bria, de Yalinga et de Ouadda doit absolument coopérer avec les autorités locales, civiles et militaires qui sont stationnées à Bria. Elle doit leur mettre à disposition, les informations en temps réel et dénoncer tout ce qui ne marche pas. Que cette population garde son calme. Le gouvernement qui est censé nous sécuriser, fera quelque chose pour elle » a espéré Richard Tchapka, président de l’ASSOREKH. Si l’attaque perpétrée par des hommes armés, le 13 septembre 2022, n’a pas fait de victimes, elle a néanmoins provoqué le déplacement de plus de 500 personnes de la périphérie vers le centre-ville de Bria.
Visite du Président du Faso à Niamey : L’insécurité dans la zone des trois frontières au menu

Reçu au Palais présidentiel de la République du Niger, le Président du Faso, le Lieutenant-colonel, Paul-Henri Sandaogo DAMIBA, s’est entretenu, dimanche à Niamey, avec le Chef de l’Etat nigérien, Mohamed BAZOUM. Les défis sécuritaires dans la zone des trois frontières et la question du G5 Sahel ont été examinés au cours de cet entretien. Au terme de leurs échanges, le Président Paul-Henri Sandaogo DAMIBA a decliné l’objet de sa visite à la presse. « La question de l’insécurité dans la zone des trois frontières est très préoccupante. C’est donc à ce titre que nous avons rendu une visite ce matin au Président nigérien pour examiner les défis auxquels nous faisons face au niveau de nos zones frontalières et trouver ensemble de nouvelles dynamiques ou de bonnes approches pour essayer d’y faire face », a-t-il indiqué. Le Président DAMIBA a ensuite eu un tête-à-tête avec le Médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Mahamadou ISSOUFOU. Avec le facilitateur, les échanges ont porté sur le processus de Transition en cours au Burkina Faso. Le Chef de l’Etat burkinabè a saisi l’occasion pour traduire ses remerciements à Mahamadou ISSOUFOU pour le rôle qu’il a joué dans la Médiation avec la CEDEAO.