Maroc. La confiance des ménages tempérée par de fortes incertitudes

Malgré l’amélioration de l’ICM au quatrième trimestre 2025 Selon le Haut-Commissariat au plan (HCP), l’Indice de confiance des ménages (ICM) s’est établi à 57,6 points au quatrième trimestre de 2025, contre 53,6 points enregistrés le trimestre précédent et 46,5 points le même trimestre de l’année précédente. Cette évolution, issue des résultats de l’enquête permanente de conjoncture menée par l’institution publique auprès des ménages, traduit une amélioration de la confiance des ménages, tant en glissement trimestriel qu’en glissement annuel. L’analyse des résultats de l’enquête laisse toutefois transparaître une certaine prudence. En effet, selon la note d’information du Haut-commissariat, 77,8% des ménages sondés déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 16,9% un maintien au même niveau et 5,3% une amélioration. Ainsi, le solde d’opinion sur l’évolution passée du niveau de vie est resté négatif, à moins 72,5 points, contre moins 72,9 points au trimestre précédent et moins 76,2 points au même trimestre de l’année passée. L’enquête montre également que 49,4% des ménages s’attendent à une dégradation du niveau de vie au cours des 12 prochains mois, 40,7% à un maintien au même niveau et 9,9% à une amélioration. Le spectre du chômage inquiète toujours les ménages La préoccupation des ménages demeure puisque « le solde d’opinion relatif à cet indicateur s’établit ainsi à moins 39,5 points, contre moins 44,3 points au trimestre précédent et moins 46,1 points au même trimestre de l’année passée », souligne l’institution. Bien que le solde d’opinion sur le chômage s’est établi à moins 47,7 points, traduisant une amélioration par rapport au trimestre précédent (moins 56,4 points) et au même trimestre de l’année précédente (moins 77,2 points), il n’en demeure pas moins que 65,2% contre 17,5% des ménages s’attendent à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois. La prudence est également de mise s’agissant de l’achat des biens durables, les ménages jugeant la conjoncture peu favorable. En effet, « 67,1% contre 14,2% des ménages considèrent que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables », d’après le HCP soulignant toutefois une amélioration du solde de cet indicateur qui s’est établi à moins 52,9 points. Il était de moins 57,7 points au trimestre précédent et de moins 71,9 points au même trimestre de l’année précédente. Il est à noter que 58,4% des ménages estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 39,2% déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne et 2,4% affirment épargner une partie de leur revenu ; le solde d’opinion est resté ainsi négatif. Autre enseignement de cette enquête : 48,6% des ménages considèrent que leur situation financière s’est dégradée au cours des 12 derniers mois (le solde d’opinion est resté ainsi négatif, à moins 43,5 points). Il n’en demeure pas moins que 16,4% contre 20,6% des ménages s’attendent à une amélioration de leur situation financière au cours des 12 prochains mois. A moins 4,2 points, le solde de l’indicateur marque « une amélioration par rapport au trimestre précédent (moins 10,0 points) et à la même période de l’année précédente (moins 16,3 points) », selon l’organisme. Enfin, si les perceptions sont moins pessimistes concernant la capacité future des ménages à épargner au cours des 12 prochains mois (10,7% contre 89,2% des ménages), 91,7% des ménages déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des 12 derniers mois. Pour la majorité des ménages, les prix des produits alimentaires devraient continuer à augmenter au cours des 12 prochains mois. Alain Bouithy
Les industriels prudemment optimistes pour les trois prochains mois (Maroc)

L’activité industrielle continue de s’améliorer, selon les résultats de l’enquête mensuelle de conjoncture dans l’industrie de Bank Al-Maghrib au titre du mois de février 2023 suggérant que cela devrait se poursuivre au cours des trois prochains mois. L’enquête auprès des industriels, qui a été menée du 1er au 30 mars 2023, montre ainsi que la production aurait augmenté et le Taux d’utilisation des capacités de production (TUC) se serait établi à 73% après 72% le mois précédent. Etablis sur la base d’un taux de réponse de 63% et synthétisés sous forme de soldes d’opinion, les résultats de ce sondage soulignent que la production aurait connu une hausse dans toutes les branches d’activité à l’exception de la «mécanique et métallurgie» où elle aurait plutôt reculé. De l’avis des chefs d’entreprise opérant dans le secteur industriel, les ventes auraient enregistré en février 2023 un accroissement dans toutes les branches hormis l’«agroalimentaire» et le «textile et cuir» où elles auraient stagné, rapporte la Banque centrale. Selon eux, par destination, les ventes locales auraient stagné au cours du deuxième mois de l’année, tandis que celles destinées à l’export se seraient accrues. S’agissant des commandes, l’enquête révèle qu’elles auraient connu une hausse recouvrant des augmentations dans la «chimie et parachimie», dans la «mécanique et métallurgie» et dans l’«électrique et électronique» et des baisses dans le «textile et cuir» et dans l’«agro-alimentaire », indique BAM. Quant aux carnets de commandes, les opinions des chefs d’entreprise se rapprochent pour dire qu’ils se seraient situés à des niveaux inférieurs à la normale dans toutes les branches d’activité. A l’exception de l’«électrique et électronique» où ils ressortent supérieurs à la normale. Quoi qu’il en soit, et quand bien même un quart des entreprises déclarent des incertitudes quant à l’évolution future de la production et des ventes, les industriels anticipent une amélioration de l’activité au cours des trois prochains mois. Avec un TUC qui se serait situé à 76%, la production de la branche «agroalimentaire» aurait connu un accroissement en février 2023, les ventes auraient pour, leur part, enregistré une stagnation, tandis que les commandes auraient, de leur côté, reculé (avec un carnet qui se serait situé à un niveau inférieur à la normale). Soulignons que l’enquête suggère que les chefs d’entreprise s’attendent à une hausse de la production et des ventes au cours des trois prochains mois, même si 41% d’entre eux déclarent des incertitudes quant à l’évolution future de la production et des ventes. A l’exception de l’« industrie du cuir et de la chaussure » où elle aurait plutôt baissé, la production de la branche « textile et cuir » aurait en parallèle enregistré une progression dans l’ensemble de ses sous branches, d’après Bank Al-Maghrib qui note, dans ces conditions, que le TUC se serait situé à 78%. La Banque centrale rapporte en outre que les ventes auraient affiché une stagnation, reflétant des hausses dans l’«industrie textile» et dans l’«industrie de l’habillement et des fourrures» et un recul dans l’«industrie du cuir et de la chaussure». Dans le même temps, les commandes auraient enregistré une baisse, recouvrant une diminution dans l’«industrie du cuir et de la chaussure», une stagnation dans l’«industrie textile » et une hausse dans l’«industrie de l’habillement et des fourrures », ajoute-t-elle précisant que le carnet des commandes se serait situé à un niveau inférieur à la normale. Au titre des trois prochains mois, les industriels déclarent s’attendre «à une stagnation de la production et des ventes ». Selon les résultats de l’enquête, 37% d’entre eux déplorent un manque de visibilité quant à l’évolution future de la production et 39% pour ce qui est des ventes. Les opinions sont plutôt positives du côté dans la branche «chimie et parachimie» où les industriels estiment que la production aurait progressé et le TUC se serait établi à 72%, les ventes auraient affiché une hausse tant sur le marché local qu’étranger, les commandes se seraient accrues, avec un carnet qui se serait établi à un niveau inférieur à la normale. Sans surprise, les industriels de la branche anticipent ainsi une amélioration de l’activité au cours des trois mois à venir, note la Banque centrale. Les industriels actifs dans la branche «mécanique et métallurgie» assurent que la production aurait baissé et le TUC se serait établi à 69%. Ils estiment, en revanche, que « les ventes auraient progressé, résultat d’une hausse des expéditions à l’étranger et d’une stagnation des ventes locales», selon BAM affirmant que les commandes auraient augmenté, avec un carnet qui se serait établi à un niveau inférieur à la normale. Quand bien même 28% des entreprises déclarent des incertitudes quant à l’évolution future de la production et 27% pour ce qui est des ventes, les opinions des patrons opérant dans cette branche anticipent également une hausse de la production et des ventes pour les trois prochains mois. Enfin, la production aurait augmenté en février et le TUC se serait situé à 78% dans la branche «électrique et électronique », assurent les chefs d’entreprise sondés. Selon eux, les ventes auraient de même enregistré une hausse tant sur le marché local qu’étranger, tout comme les commandes auraient progressé, avec un carnet qui se serait situé à un niveau supérieur à la normale. Pour les trois prochains mois, les industriels indiquent une hausse de la production et des ventes. Toutefois, 45% d’entre eux n’auraient pas de visibilité quant à l’évolution future de la production. Alain Bouithy