Le déficit commercial du Maroc augmente de 10,6% en un an

Le déficit commercial du Maroc a atteint 21,77 milliards de dirhams (MMDH) à fin janvier 2023 contre 19,69 MMDH au cours de la même période de l’année 2022. Selon les données publiées par l’Office des changes, il a ainsi augmenté de 10,6% en un an, alors que le taux de couverture s’est établi à 60% contre 61,5% une année auparavant. L’augmentation du déficit est expliquée par l’évolution observée au niveau des importations et des exportations qui ont bondi respectivement de 6,3% (+3,21 MMDH) et 3,6% (+1,13 MMDH) en l’espace d’un an. En effet, à fin janvier 2023, les importations se sont situées à 54,40 MMDH contre 51,18 MMDH à fin janvier 2022 tandis que les exportations se sont élevées à 32,63 MMDH au lieu de 31,50 MMDH une année auparavant, a indiqué l’Office dans ses indicateurs mensuels des échanges extérieurs du mois de janvier 2023. Selon la même source, la hausse des importations de biens a touché la majorité des groupes de produits. C’est notamment le cas de la facture énergétique qui a augmenté de 30% correspondant à +2,42 MMDH. La raison de cette évolution est à chercher du côté de «la hausse des approvisionnements de l’ensemble des produits énergétiques, en l’occurrence ceux en gas-oils et fuel-oils (+684MDH) due à l’accroissement des prix de 35,5% (8.962 DH/T à fin janvier 2023 contre 6.613 DH/T un an auparavant) », a expliqué l’organisme public relevant, en revanche, que les quantités importées ont accusé un recul de 13,1%. Toujours selon le document, les importations des biens d’équipement ont de leur côté augmenté de 16,8%, en raison de la hausse de 74,6% des achats des moteurs à pistons qui sont passés de 780MDH à fin janvier 2022 à 1.36 MMDH à fin janvier 2023. A noter que les importations de produits alimentaires se sont pour leur part accrues de 4,2% équivalant à +287MDH; tandis que les achats des produits bruts ont en revanche baissé de 18,4% (-633MDH) suite au recul de 61,2% des achats des soufres bruts et non raffinés qui se sont élevés à 586 MDH au premier mois de l’année contre 1,51 MMDH à la même période de l’année écoulée. En parallèle, l’Office des changes annonce une baisse de 7,1% (-881MDH) des importations des demis produits qu’il attribue « à la diminution des achats de l’ammoniac de 57,6% ou -1.109MDH (818MDH au titre du mois de janvier 2023 contre 1,92 MMDH à fin janvier 2022) ». En ce qui concerne les exportations de marchandises, il ressort des chiffres de l’Office des changes que leur accroissement a concerné la majorité des secteurs, essentiellement le secteur de l’automobile, celui de l’électronique et électricité et celui du textile et cuir. Ainsi, les ventes du secteur automobile ont affiché une augmentation de 44,8% (+3,09 MMDH) s’établissant à 10 MMDH à fin janvier 2023 contre 6,91 MMDH à fin janvier 2022. Selon les explications de l’Office, « cette évolution fait suite à la hausse des ventes des principaux segments du secteur, à savoir le segment de la construction (+48,4% ou +1,27 MMDH), celui du câblage (+51% ou +1,19 MMDH) et celui de l’intérieur véhicules et sièges (+26,6% ou +159MDH)». D’après les indicateurs mensuels des échanges extérieurs du mois de janvier 2023, à fin janvier 2023, les exportations du secteur électronique et électricité se sont accrues de 39,2% (+490 MDH), s’établissant à 1,74 MMDH. L’Office des changes justifie cette évolution, principalement, «par la hausse des ventes des composants électroniques de 73,4% (723 MDH à fin janvier 2023 contre 417 MDH à fin janvier 2022) et celles des fils et câbles (+28,2% : 636MDH au titre du mois de janvier 2023 contre 496MDH une année auparavant) ». Au titre du premier mois de l’année 2023, les données recueillies montrent que les ventes du textile et cuir ont bondi de 14,1% (+424 MDH), suite «à la hausse des exportations des principaux segments de ce secteur, en l’occurrence des vêtements confectionnés (+19,3% ou +349MDH) et des chaussures (+26,7% ou +69MDH) », a fait savoir l’Office indiquant que les exportations des articles de bonneterie demeurent, quant à elles, quasiment stables (+0,8% ou +5MDH). Quant aux exportations des phosphates et dérivés, il ressort des mêmes données qu’elles se sont établies à 5,39 MMDH à fin janvier 2023 contre 8,77 MMDH à fin janvier 2022. Comme le relève l’Office, « cette évolution s’explique par la hausse des exportations des phosphates (+3,9% ou +31MDH) et par le recul des ventes des engrais naturels et chimiques (-38,1% ou -2,26 MMDH) et celles de l’acide phosphorique (-56,7% ou -1,15 MMDH) ». Alain Bouithy
Maroc. Les importations de biens connaissent une forte croissance au premier semestre

Dans sa dernière note de conjoncture (août 2022, N°306), la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) – relevant du ministère de l’Economie et des Finances – fait état d’une hausse globale des importations sous l’effet notamment de la flambée des cours des matières premières. S’élevant à 365,6 milliards de dirhams, les importations de biens ont affiché un accroissement de 44,2%, à fin juin 2022, selon le document rendu public récemment. Après avoir examiné les données recueillies, la DEPF explique que «cette évolution fait suite à l’augmentation des achats de la totalité des groupes de produits, principalement les produits énergétiques, les demi-produits, les produits alimentaires et les produits bruts». Dans sa note de conjoncture, la DEPF rapporte que la facture énergétique s’est appréciée de 124,7% à 71,5 milliards de dirhams, représentant 19% des importations totales. Elle attribue cette évolution principalement «à l’accroissement des approvisionnements en gas-oils et fuel-oils (+124,8%)», en raison de la hausse des prix qui ont plus que doublé (9.614 dirhams la tonne à fin juin 2022 contre 4.719 dirhams la tonne un an auparavant). D’après la note de conjonction, «elle revient également, bien que dans une moindre mesure, à l’augmentation du volume des importations de gas-oils et fuel-oils de 10,4% ». La même source ajoute que la « facture énergétique est, en outre, due à la forte progression des importations des houilles, cokes et combustibles solides similaires (+ 193,4%) et à celles de gaz de pétrole et autres hydrocarbures (+70,8%)», peut-on lire. Portées par la forte croissance des achats d’ammoniac (+267,1%), des produits chimiques (+70%) et des matières plastiques et ouvrages divers en plastique (+42,4%), les importations des demi-produits ont affiché une croissance de 55,2% au sixième mois de l’année 2022 pour s’établir à 86,6 milliards de dirhams. Selon la note de conjoncture, les données publiées montrent par ailleurs que la facture alimentaire s’est de même appréciée de 43,4% à 46,1 milliards de dirhams. A en croire la DEPF, cette évolution a été portée principalement par la hausse importante des achats d’orge (+830,8%) et dans une moindre mesure de ceux de blé (+55,1%). En ce qui concerne les importations des produits bruts, il ressort qu’elles «se sont accrues de 82,7% à 24,2 milliards de dirhams, suite à l’augmentation des achats de soufres bruts et non raffinés (+170,1%) et de l’huile de soja brute ou raffinée (+99,3%)». Quant aux achats de biens d’équipement, la DEPF rapporte qu’ils ont atteint 70,8 milliards de dirhams au terme du sixième mois de cette année, après avoir réalisé une croissance de 17,8%. Selon elle, «cette évolution s’explique essentiellement par l’appréciation des acquisitions des parties d’avions et d’autres véhicules aériens (+67,1%) et des moteurs à pistons (+25,6%)». Il est à noter que les importations des produits finis de consommation ont affiché un accroissement de 9,9% à 66,4 milliards de dirhams, sur fond de hausse des achats des parties et pièces pour voitures de tourisme (+20,6%) et de ceux des tissus et fils (+44,7%), a fait savoir la DEPF. A titre de rappel, la situation des échanges extérieurs fait ressortir une hausse du déficit commercial de 48,7% au terme du premier semestre 2022 pour s’établir à 150,5 milliards de dirhams. Dans sa note de conjoncture, la DEPF justifie cette évolution «par une progression des importations (+44,2%) plus importante que celle des exportations (+41,2%), ramenant ainsi le taux de couverture de 60,1% à 58,8%». Comme elle l’a souligné, de même source, rappelons que le taux de couverture pour l’année 2021 aurait atteint 62,3%, soit pratiquement le même taux que celui enregistré en 2020 (62,2%). A en croire la Direction des études et des prévisions financières, « ce taux serait supérieur aux taux de couverture enregistrés depuis l’année 2017». Alain Bouithy
DEPF: Hausse persistante des importations de biens (Maroc)

« Les échanges extérieurs des biens au titre des neuf premiers mois de 2019 font ressortir une hausse, en glissement annuel, du déficit commercial de 2,4% à 154,5 milliards de dirhams », selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF). Le creusement du déficit commercial s’est poursuivi, en relation avec la hausse persistante des importations, notamment des biens d’équipement, des produits finis de consommation et des demi-produits, a relevé la DEPF dans sa note de conjoncture du mois de novembre 2019 soulignant une hausse conjointe des exportations de 3,5% et des importations de 3,1%. En détail, les exportations de biens se sont élevées à 211,4 milliards de dirhams au terme des neuf premiers mois de l’année, grâce particulièrement aux contributions positives des secteurs de l’agriculture et agroalimentaire, de l’automobile, de l’aéronautique et dans une moindre mesure des phosphates et dérivés, a souligné ce Département relevant du ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration. En effet, les exportations du secteur de l’agriculture et agroalimentaire se sont améliorées de 5,4% pour se situer à 45,1 milliards de dirhams à fin septembre 2019, soit 21,3% des exportations totales et contribuant à hauteur de 32% à leur accroissement. Premier secteur exportateur du Maroc avec une part de 26,7%, « les ventes à l’étranger du secteur automobile ont enregistré un accroissement de 4,1% pour s’établir à 56,4 milliards de dirhams, recouvrant une hausse des exportations du segment câblage de 6,3% à 23,8 milliards de dirhams et un léger recul de celles du segment construction de 0,3% à 25,1 milliards », a souligné la Direction. Tandis que les expéditions du secteur de l’aéronautique ont enregistré une hausse de 9,9% pour atteindre 11,8 milliards de dirhams. Concernant les exportations de phosphates et dérivés, les données analysées font état d’une légère hausse de 0,4% pour atteindre 38,6 milliards de dirhams, représentant 18,2% des exportations totales. Sur le registre des baisses, la DEPF a relevé des baisses au niveau des exportations du secteur du textile et cuir, qui ont reculé de 1% pour se situer à 28,3 milliards de dirhams, soit 13,4% des exportations totales ; et des exportations des secteurs de l’électronique, des autres extractions minières et de l’industrie pharmaceutique qui ont accusé respectivement des replis de 6,1%, 9,1% et 1%. Les importations de biens se sont établies à 365,9 milliards de dirhams à fin septembre 2019, en raison essentiellement de l’accroissement des importations de biens d’équipement, des produits finis de consommation et de demi-produits. Selon la DEPF, les achats des biens d’équipement qui représentent le premier poste des importations avec une part de 25,9%, ont connu un accroissement de 8,9% pour atteindre 94,8 milliards de dirhams, contribuant ainsi à hauteur de 71,6% à la hausse des importations totales. Tandis que les importations des produits finis de consommation se sont accrues de 4,3% à 83,2 milliards de dirhams au cours de la même période. Quant aux importations de demi-produits, il ressort des chiffres présentés qu’elles ont enregistré une hausse de 4,3% à 77,5 milliards de dirhams, notamment celles des demi-produits en fer ou en aciers non alliés (+82,2%) et des fis, barres et profilés en fer non alliés (+24,1%). Tout comme les importations des produits alimentaires ont enregistré une hausse de 1,8% à 35,5 milliards de dirhams, a indiqué la DEPF précisant que cette évolution incorpore une hausse des importations de maïs de 12,7% et de thé de 15,9%. Du côté des baisses, on retiendra le recul des approvisionnements en produits énergétiques de 4,5% à 58 milliards de dirhams, soit 15,9% des importations totales, en relation avec le retrait des importations de l’énergie électrique (-93,3%) et de gas-oil et fuel-oil (-3,9%) ; et celui des achats des produits bruts de 8,5% à 16,6 milliards de dirhams, recouvrant une baisse de ceux du minerai de cobalt (-59%) et de l’huile d’olive brute ou raffinée (-75,5%). En dépit du creusement du déficit commercial, il apparaît que « le taux de couverture des importations par les exportations a affiché une amélioration de 0,3 point pour atteindre 57,8%, consécutivement à la hausse relativement plus importante des exportations, impulsée, particulièrement, par la dynamique des métiers mondiaux du Maroc », a fait savoir la DEPF notant que les réserves internationales nettes permettent de couvrir 5 mois d’importations de biens et services. Alain Bouithy