La lutte acharnée entre les clans et la gouvernance économique, présagent des temps difficiles pour le Congo et M. Sassou

La lutte acharnée entre les clans et la gouvernance économique, présagent des temps difficiles pour le Congo et M. Sassou

TRIBUNE. Le titre de notre article pose des concepts qui font écho l’un à l’autre. Si la gouvernance économique s’appuie sur la transparence, la responsabilité, l’obligation de rendre compte de ses actes, la participation, l’ensemble des institutions et des procédures établies en vue d’atteindre les objectifs économiques, qui consistent à promouvoir le progrès social, la paix et le développement. Mais, la lutte des clans symbolise les intérêts égoïstes et le danger qui ne devraient laisser personne indifférent, comme le recommande le livre biblique d’Esaïe (Es 58 :1). Selon nos informations, les institutions financières telles que le FMI, ne viendront qu’en balade de santé à Brazzaville le 17 février 2025. Et pour causes ? Non seulement le Congo va entrer dans la période préélectorale précédant l’élection majeure de 2026 basée sur un recensement bidouillé par la ministre Eboucka Babakas (nous y reviendrons) mais aussi les contradictions au sommet de l’État ne rassurent plus les partenaires multilatéraux, bilatéraux et privés à s’engager avec le Congo. Comment expliquez-vous, par exemple, que la loi des finances 2025 (LF2025) votée par le Parlement congolais et promulguée par le Président de la République soit frelatée, dolosive et corrompue, puisque des éléments essentiels de son adoption, notamment les amendements y apportés par le ministre des Finances (lettre n°025/MEF – cab du 31/12/2025 au Président de l’Assemblée Nationale), en font défaut. Or, sur le principe que la loi, expression de la volonté générale (selon Carré de Malberg) est souveraine, et par conséquent, elle est invulnérable, tant elle jouit de l’impunité juridique on peut se demander quelle est la destinée finale de la LF2025 dont le caractère trompeur et corrupteur relève du fait de l’Assemblée nationale elle-même, sans que cela fasse l’ombre d’un seul doute ? Pourquoi autant de bruit et de fureur jusqu’à ce que les ministres confondent leurs rôles, leurs devoirs et leurs obligations sur le principe d’une convention in fine signée entre le Ministre de l’Économie et des Finances et le directeur général de la Banque postale, alors que le Ministre des Finances est le « Grand Argentier » dont la tutelle s’exerce sur la banque centrale, le trésor public, les banques, les administrations, etc. ? Que dire d’une Assemblée nationale qui distrait les populations des vrais problèmes sociétaux en se précipitant sur la déchéance Kignoumbi Kia Mboungou ? Bouya, Collinet, Mvouba, Ngatsé , etc., des sicaires ou agneaux expiatoires de Sassou ? Il faut rappeler qu’à sa nomination, Anatole Collinet Makosso (ACM) avait été défié ouvertement dans l’exercice de son autorité par le clan Jean Jacques Bouya (JJB)- Gilbert Ondongo qui ont été pendant plus de 20 années auparavant les deus ex machina de la machine gouvernementale. La défiance contre ACM a été démontrée ostensiblement par JJB ainsi que ses affidés. Très futé, il a compris par la suite qu’il fallait « tranquilliser » M. Sassou en mettant de l’eau dans son vin, mais rester un étrangleur ottoman en allant jusqu’à se faire nommer en lieu et place de Jean-Baptiste Ondaye , pourtant Ministre de l’Économie et des Finances, sur « les instructions du chef de l’État », par ACM, himself et sous sa supervision, dans « un groupe de travail ad hoc chargé de la mobilisation de la trésorerie de l’Etat », et qui a, entre autres attributions, « de proposer une matrice de mesures immédiates en matière d’équilibre budgétaire ». Le malheur d’ACM est que JJB a marqué de son empreinte la catastrophe abyssale qu’aura été la gestion du pays des 20 dernières années. Le 17 février 2010 lorsque les Conseils d’administration de la Banque mondiale et du FMI ont approuvé le dossier du Congo relatif à l’allègement de la dette au titre de l’initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (PPTE), il est devenue le 28ème pays à atteindre le point d’achèvement de l’Initiative. D’un point de vue technique, une épargne globale au titre du service de la dette d’un montant de 1,9 milliard de dollars américains, dont 1,7 milliard venant de l’Initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés et 201,3 millions provenant de l’Initiative multilatérale d’allégement de la dette (IADM) ont été dégagés. En termes du poids de la dette, le stock global de la dette extérieure du Congo s’élevait fin 2004 (au moment du point de décision) à près de 9,2 milliards de dollars. Fin décembre 2008, ce stock de la dette était de 5,6 milliards de dollars. Après le point d’achèvement, en 2010, le stock de la dette est passé à 2,4 milliards de dollars (1.440 milliards). Ce stock est revenu à 15,8 milliards 25 ans plus tard (près de 10.000 milliards de FCFA) avec une accélération inouïe entre 2019 et 2025 de plus de 85,56% ! M. Sassou avait déclaré : « Pour atteindre cet objectif, nous avons accepté d’engager de sérieuses réformes dans la gouvernance, la gestion sérieuse de manière globale, la lutte contre la corruption, etc. Ce sont des engagements que nous avons pris et que nous devrions honorer ». Parlons donc de déshonneur et de malheur 25 ans plus tard… on pourrait relire cette phrase à l’envers de bout en bout et tout serait aussi juste : « Pour ne pas atteindre cet objectif, nous avons décidé de ne pas engager de sérieuses réformes dans la gouvernance, de continuer la gestion hasardeuse de manière globale, de promouvoir la corruption et la mafia, etc. » En cédant au diktat des délinquants en cols blancs et pseudos, chrétiens et francs-maçons, JJB, Gilbert Ondongo et Rigobert Maboundou, le destin d’ACM a pris une tournure définitivement mauvaise. Les tripatouillages des textes de loi de finances dans le dos du Ministre Jean Baptiste Ondaye démontrent la vacuité totale du PM et de ses cohortes. La Banque Postale du Congo (BPC) est victime, car les 800 millions du GUP et les agios faisaient partie officiellement des garanties de règlement des salaires chaque mois. Mais officieusement, c’est la manne que se partageaient les actionnaires et mafieux du PCT. En réalité, tout comme la BCH, la BPC est en

Congo : développer les infrastructures durables et améliorer la gouvernance économique sont les priorités, selon le Document de stratégie pays 2023-2028 de la Banque africaine de développement

Congo : développer les infrastructures durables et améliorer la gouvernance économique sont les priorités, selon le Document de stratégie pays 2023-2028 de la Banque africaine de développement

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé, le 3 novembre 2023 à Abidjan, le Document de stratégie pays (DSP) 2023-2028 pour le Congo. Au cours des cinq prochaines années, l’institution va appuyer le pays dans le développement des infrastructures durables pour renforcer les chaînes de valeur à forte potentialité de croissance et améliorer le capital humain. Il s’agira aussi de renforcer la gouvernance financière et économique afin d’améliorer le climat des affaires au Congo. Le soutien du Groupe de la Banque sera concentré sur quatre secteurs d’activité : l’agriculture, les transports, la gouvernance économique et financière, et le capital humain. L’accent sera mis également sur les questions transversales, notamment l’emploi, les changements climatiques, le genre. Il sera aussi question d’améliorer l’efficacité dans la mise en œuvre des opérations et la synergie entre les réformes en matière de capital humain et de climat des affaires, ainsi que le développement du secteur privé dans les chaînes de valeur agricoles. « La Banque accordera une priorité aux projets améliorant la productivité agricole, la création d’emplois, l’accès à l’électricité et aux routes, notamment les pistes rurales pour assurer la liaison des zones de production vers les centres de consommation. En outre, elle poursuivra la réalisation des études, l’assistance technique et le renforcement des capacités », a déclaré Serge N’Guessan, directeur général de la Banque africaine de développement pour l’Afrique centrale. Dans le cadre de la première priorité, les interventions de la Banque visent à soutenir l’amélioration de la productivité agricole et l’agro-industrie, le développement de chaînes de valeur et les industries agro-industrielles connexes. Les chaînes de valeur agricoles offrent des possibilités d’assurer la sécurité alimentaire, de diversifier les exportations, la création d’emplois et l’inclusion sociale. Le soutien de la Banque se concentrera donc sur la fourniture d’intrants agricoles améliorés et de technologies modernes afin d’accroître la productivité du secteur. Le rendement moyen des principales cultures est attendu en hausse : maïs (de 1 à 3 tonnes par hectare) ; manioc (4,5 à 9 tonnes par hectare) ; soja (1,5 à 3 tonnes par hectare) ; sorgho (0,5 à 3 tonnes par hectare). Le taux de mécanisation agricole devrait progresser de 20 %, les importations de volailles baisser de 106 000 tonnes par an, celles des produits halieutiques de 32 000 tonnes, l’afforestation de 4 500 hectares et l’agroforesterie de 10 000 hectares. Pour le second domaine prioritaire, l’appui de la Banque se concentrera sur une aide au renforcement des capacités institutionnelles et humaines en matière de gouvernance macroéconomique et financière, y compris la politique budgétaire, la mobilisation des ressources financières internes et la gestion de la dette publique. À terme, il s’agira de porter la part des investissements privés au produit intérieur brut (PIB) de 16,4 % en 2022 à 26,5 % en 2025. La gouvernance du secteur de l’énergie devrait également s’améliorer. Le 31 mai 2023, le portefeuille actif du Groupe de la Banque africaine de développement au Congo comptait dix projets pour un financement total de 362,55 millions de dollars américains.