La République du Congo ouvre la voie au pétrole et au gaz africains

La supermajor française du pétrole et du gaz TotalEnergies a annoncé en mai son intention d’investir 600 millions de dollars en République du Congo (RDC) avant la fin de l’année 2024. Le financement soutiendra l’exploration et améliorera la production dans le champ offshore profond de Moho Nord, qui produit actuellement à un taux de 140 000 barils par jour (bpj), représentant environ la moitié de toute la production pétrolière congolaise. Grâce à ses capitaux supplémentaires, TotalEnergies espère augmenter ce taux de 40 000 bpj – un coup de pouce bienvenu qui aidera sans aucun doute la ROC à se rapprocher de son objectif de doubler son taux journalier total pour atteindre 500 000 bpj. En plus de ses activités sur le champ de Moho Nord, TotalEnergies détient également le permis Marine XX de la ROC. Le site a récemment accueilli deux plates-formes de forage qui, selon TotalEnergies, faciliteront de nouvelles découvertes, que la société prévoit d’ailleurs d’effectuer avant la fin de l’année. TotalEnergies a bien sûr une présence significative sur le continent, avec un portefeuille diversifié construit sur 80 ans. Cependant, ce nouvel engagement dans Moho Nord n’est qu’un des nombreux développements qui reflètent la confiance internationale dans le secteur des hydrocarbures congolais et justifient que la ROC serve de modèle à d’autres nations africaines. Prendre de l’avance La réussite de la ROC dans le domaine du pétrole et du gaz découle d’une reconnaissance et d’une volonté d’agir sur des opportunités à multiples facettes. Avec des réserves prouvées de 1,8 milliard de barils de pétrole et de 284 milliards de mètres cubes de gaz naturel, la République démocratique du Congo n’a pas été victime de la stagnation due à la bureaucratie et aux délibérations interminables qui ont frappé d’autres pays africains. Au contraire, la République démocratique du Congo a entrepris de créer un environnement commercial favorable à l’intérieur de ses frontières afin d’attirer et de retenir les investissements étrangers. Dirigés par Bruno Jean-Richard Itoua, le ministre congolais des hydrocarbures, les efforts de la République démocratique du Congo pour revigorer son secteur des hydrocarbures ont été ouverts et inclusifs, incorporant de nombreux partenariats mondiaux et de multiples points focaux à travers le spectre de l’industrie. Au cours des remarques faites lors du forum Invest in African Energy 2024 à Paris, Itoua a confirmé la formation par la ROC d’un plan directeur du gaz et d’un code du gaz complet. Le gouvernement créera également une société nationale du gaz au troisième trimestre 2024. M. Itoua a expliqué comment, à l’avenir, la ROC orientera le gaz, le gaz naturel liquéfié (GNL) et le gaz de pétrole liquéfié (GPL) principalement vers le marché local, tout excédent étant réservé à l’exportation vers la sous-région afin de répondre aux besoins énergétiques de l’Afrique d’abord, plutôt qu’à ceux de l’Europe. Il a également évoqué l’importance de la coopération entre les secteurs public et privé pour atteindre les objectifs de son ministère, à savoir augmenter la production de 60 % au cours des deux prochaines années, tout en s’efforçant de réduire la pauvreté énergétique et de financer la transition énergétique. « Peut-être 95 % des investissements dans le secteur pétrolier au Congo proviennent des IOC (compagnies pétrolières internationales) », a déclaré M. Itoua. « Notre responsabilité [en tant que gouvernement] est de créer le meilleur environnement commercial, le meilleur réseau juridique et les meilleures installations pour attirer les investisseurs et les partenaires intéressés à construire des solutions avec nous. » La vision d’Itoua, qui reflète l’approche de son gouvernement en matière de revitalisation du secteur des hydrocarbures de la ROC, est essentielle pour comprendre comment cette petite nation est en train d’écrire sa propre grande histoire de réussite dans le domaine de l’énergie. Pendant la période qui a précédé l’annonce par Itoua d’un nouveau plan directeur pour le gaz, grâce à l’environnement favorable existant dans la ROC, la confiance des investisseurs et les activités d’exploration et de production étaient déjà en hausse. Projets en amont et en aval Dans le cadre de l’initiative de la ROC visant à doubler sa production totale d’hydrocarbures, Trident OGX Congo, société de services pétroliers et gaziers basée à Pointe-Noire, a entamé son projet de sept ans visant à augmenter la production par fracturation hydraulique dans les champs pétrolifères de Mengo-Kundji-Bindi II. Avec un financement de 300 millions de dollars de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) pour lancer le programme, les opérateurs s’attendent à ce que l’installation attire à terme 1,5 milliard de dollars d’investissements, crée de nouveaux emplois, donne un coup de fouet économique à la région et augmente le niveau total de production de pétrole de la République démocratique du Congo de 30 %. La compagnie pétrolière et gazière anglo-française Perenco a été active au large des côtes, acquérant des données sismiques 3D en avance sur son calendrier d’exploration prévu pour les permis Tchibouela II, Tchendo II, Marine XXVIII, et Emeraude que la compagnie détient. Témoignant également de la facilité de faire des affaires sous la direction actuelle du ROC, Trident Energy – la compagnie pétrolière et gazière internationale basée à Londres qui s’est engagée à redévelopper les actifs à mi-vie – a annoncé en avril de cette année qu’elle avait conclu des accords avec Chevron et TotalEnergies en vue d’acquérir des intérêts dans des champs du ROC. Après approbation finale, qui devrait intervenir avant la clôture du quatrième trimestre 2024, les accords permettront à Trident Energy de détenir une participation directe de 85 % dans les champs de Nkossa et Nsoko II, une participation directe de 15,75 % dans le champ de Lianzi, ainsi que le contrôle opérationnel de ces trois champs. Trident Energy détiendra également une participation de 21,5 % dans le champ en eaux très profondes de Moho-Bilondo, que TotalEnergies continuera d’exploiter. Jean-Michel Jacoulot, directeur général de Trident Energy, a commenté l’accord en ces termes : « Cette transaction s’inscrit dans notre stratégie d’acquisition et d’exploitation d’actifs de grande qualité, de manière sûre, efficace et responsable. « Forts de nos succès continus en Guinée équatoriale et au Brésil, nous sommes enthousiastes à l’idée