Le chef des opérations de paix plaide pour un soutien renforcé à la force conjointe du G5-Sahel

Le chef des opérations de paix des Nations Unies, Jean-Pierre Lacroix, a demandé vendredi au Conseil de sécurité d’apporter un soutien renforcé à la force conjointe du G5-Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad), alors que la situation au Sahel reste très volatile. Dans un exposé devant les membres du Conseil, le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix a rappelé que l’insécurité et l’instabilité dans cette région d’Afrique « entravent gravement les possibilités de croissance et de développement » et que « les civils en paient le prix le plus élevé ». Il a expliqué que depuis son premier déploiement en 2017, la force conjointe du G5-Sahel « a continuellement augmenté son rythme opérationnel et a réussi à le maintenir, malgré d’importants défis ». La semaine prochaine, le Comité de défense et de sécurité du G5-Sahel devrait approuver le plan opérationnel 2022/2023 de la force conjointe. « Ces dernières semaines, la force conjointe a également démontré sa capacité à monter rapidement une opération ad hoc, l’opération Serres d’Aigle, pour répondre à une attaque imminente visant des populations au Burkina Faso », a souligné M. Lacroix. Il a toutefois estimé que la force conjointe continue à faire face à d’importants défis que le Secrétaire général a soulignés dans une lettre au Conseil de sécurité. Le retour des combattants étrangers de Libye, les défis intérieurs et l’incertitude politique, ainsi que d’importantes lacunes en matière d’équipements et de capacités, exercent une pression accrue sur les forces armées et de sécurité du Sahel qui composent la force conjointe. Une récente évaluation menée par le Secrétariat de l’ONU estime qu’il y a un risque que la force conjointe perde les gains réalisés, au moment où elle reste un élément essentiel d’une réponse sécuritaire collective aux multiples défis auxquels la région est confrontée : terrorisme, faible sécurité aux frontières, trafic de personnes, de marchandises illicites, d’armes et de drogues. Option d’un bureau d’appui dédié « Il est de la responsabilité collective de la communauté internationale de soutenir les efforts louables des États membres du G5-Sahel », a déclaré Jean-Pierre Lacroix. Il a rappelé que la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA) apporte un appui à la force conjointe, mais que cet appui dépend du financement des bailleurs de fonds qui reste imprévisible. Il s’est dit convaincu que seul un bureau d’appui dédié, financé par des contributions statutaires, peut apporter à la force conjointe du G5-Sahel le soutien dont elle a besoin et qui lui permettrait également de devenir plus efficace. « Dans le même temps, un soutien accru nécessite également une collaboration renforcée et des efforts continus de la part des États du G5-Sahel pour renforcer l’appropriation, améliorer la gouvernance institutionnelle et le dialogue », a dit le chef des opérations de paix. « La mise en place d’un bureau d’appui, si le Conseil de sécurité le décidait, nécessiterait la pleine coopération de toutes les entités concernées du G5-Sahel, y compris le Comité de défense et de sécurité et le Secrétariat exécutif, ainsi que des efforts supplémentaires pour renforcer et clarifier le contrôle civil et le commandement et contrôle, ainsi que de renforcer les mécanismes de protection des droits de l’homme ». Prévention des violations des droits de l’homme Dans sa lettre, le Secrétaire général propose aussi la création d’un bureau consultatif, qui apporterait une assistance technique et spécialisée au Secrétariat exécutif du G5-Sahel dans un certain nombre de domaines transversaux. « Je tiens à souligner que le bureau d’appui dédié est notre première option recommandée, et que le bureau consultatif est notre deuxième meilleure option », a dit M. Lacroix Il a noté que des progrès importants ont été accomplis par les États du G5-Sahel dans la prévention et l’atténuation des violations des droits de l’homme par des éléments de leurs forces armées et de sécurité lors d’opérations antiterroristes, mais aussi pour protéger les civils grâce à des patrouilles renforcées. Le chef des opérations de paix a aussi rappelé que les efforts de sécurité à eux seuls ne suffisent pas à faire face à la crise au Sahel et qu’une approche holistique est nécessaire pour s’attaquer aux déficits de gouvernance et aux causes profondes de la pauvreté et de l’exclusion.
Les Etats de la zone sahélo-saharienne nouvelle cible algérienne

TRIBUNE. Il est acquis que tous les pays de la zone sahélo-saharienne subissent les affres assassines des mêmes terroristes aux desseins obscurs véhiculés par des subterfuges religieux pour endeuiller au quotidien des familles et des Nations entières. Le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et la Mauritanie sont ainsi frappés de plein fouet par cette gloutonnerie terroriste qui profite allègrement de la porosité des frontières et des lacunes en stratégies des armées nationales pour la plupart en reconstruction. Plus grave encore, le G5 Sahel, cette force conjointe crée par les cinq pays déjà cités, ne se hâte point à présenter un véritable danger pour les terroristes qui pullulent la zone sahélo-saharienne en raison de lacunes graves en matière de renseignement qui fait que les pseudo jihadistes ont toujours la main sur les Forces de Défense et de Sécurité qui ne font que réagir à leurs multiples coups de mains au lieu d’être au centre de l’action. Mais heureusement, les terroristes sanctuarisés dans la zone sahélo-saharienne subissent également de sévères déroutes, et pas des moindres, de la part des armées nationales. Pour preuve, le 09 janvier 2020, à Chinegodar, dans la région nigérienne de Tillaberi, à la frontière avec le Mali, plus de 63 terroristes ont été tués suite à une riposte des FDS appuyées par la chasse et les drones français positionnés à Niamey dans le cadre de l’opération anti-jihadiste Barhane ainsi que des drones américains qui surveillent le Sahel en permanence. A rappeler que c’est dans cette même région de Tillaberi, également frontalière du Burkina Faso, que 71 soldats nigériens avaient été tués le 10 décembre 2019 à Inates, dans une opération revendiquée par le groupe État Islamique, la pire attaque au Niger depuis le regain des actions djihadistes en 2015 et que le 25 décembre 2019, 14 militaires ont également été tués lors d’une nouvelle attaque terroriste dans la commune de Sanam, également dans la région de Tillaberi. Quoi qu’il en soit, il est certain que le polisarien Adnane Abou Walid Al Sahraoui, le chef de l’Etat Islamique dans le Grand Sahara, une organisation militaire et terroriste d’idéologie salafite jihadiste, et son autre compère polisarien Abdoul Hakim Al Sahraoui, qui pourrait l’avoir remplacé à la tête ce groupe terroriste fin 2019, trouvent refuge en Algérie et auprès du chef polisarien Brahim Ghali, dans les camps des séquestrés sahraouis marocains de Tindouf où ils procèdent à l’embrigadement de jeune sahraouis. Autre chef terroriste connu dans la zone sahélo-saharienne est l’algérien Mokhtar Belmokhtar, leader du groupe « les Signataires par le sang », connu pour être un officier des renseignements algériens. Aussi, tant que les responsables algériens seront impliqués, de près ou de loin, dans les affaires internes des pays de la zone sahélo-saharienne par l’intermédiaire de groupes terroristes qu’ils manipulent afin d’avoir la main mise sur les richesses de ces pays, il ne pourrait y avoir de pays pour ces peuples africains. La zone sahélo-Saharienne est devenue une cible privilégiée des responsables algériennes et ce, pour deux raisons. La première économique en s’accaparant les richesses de ces pays, la seconde, d’ordre interne en détournant l’attention du peuple algérien en créant un conflit externe, seules chances pour le régime algérien de se maintenir au pouvoir. C’est la raison pour laquelle, la lutte sera de longue haleine et ce n’est pas la situation de chaos qui persiste en Libye qui arrangera les choses pour les pays sahéliens. Il faut rester toutefois optimiste, compte tenu des dernières victoires engrangées par les armées nationales des pays sahéliens avec le soutien des partenaires militaires occidentaux, dont la force Barkhane et, de plus en plus, l’appui de pays asiatiques tels la Chine et le Japon. Quant au polisario, il est évident que cette organisation terroriste, plantée en plein territoire algérien, voit ses jours compter suite au message de condoléances transmis par Brahim Ghali aux iraniens suite à la mort du Maréchal Qassem Souleimani. Farid Mnebhi.
Participation remarquée du Maroc au Sommet de Ouagadougou et absence remarquable de l’Algérie

TRIBUNE. Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, a abrité, les 13 et 14 septembre 2019, un Sommet extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avec pour thématique centrale la lutte contre le terrorisme et avenir incertain du G5-Sahel. Un sujet tombé à point nommé pour le pays hôte étant donné que le Burkina Faso sort d’une vague d’attaques terroristes dans le Nord de son pays au cours desquelles il a été déploré de nombreux morts, militaires, gendarmes et civils. Une machiavélique façon pour les terroristes, sans foi ni loi, de marquer ce pays au fer rouge. Outre les 15 pays membres de la CEDEAO, le Sommet connaîtra la participation de plusieurs organisations et pays partenaires dans la lutte contre le terrorisme dans la région dont celui, si précieux, du Maroc. La participation à ce Sommet du Maroc, suite à l’invitation adressée au Roi Mohammed VI par le Président en exercice de la CEDEAO, Mohamadou Issoufou, Président du Niger, témoigne du rôle du Maroc en tant que partenaire de premier plan pour cette organisation régionale et les autres institutions dédiées à la lutte contre le terrorisme et l’insécurité. Elle constitue une reconnaissance de l’appui conséquent et décisif du Maroc dans le combat contre ces menaces puisque ce Sommet extraordinaire a été l’occasion de se concerter sur l’état de la coopération anti-terroriste dans la région et les voies et moyens de la renforcer. Ainsi, le Souverain marocain a dépêché à Ouagadougou, le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale et, surtout, le Directeur Général d’Etudes et de Documentation (Service de Renseignement Extérieur), spécialiste émérite et expert avéré à l’international dans la lutte contre le terrorisme, pour le représenter à ce Sommet. La participation du Maroc à ce Sommet a permis d’apporter des stratégies innovantes contre le terrorisme mais aussi les moyens de s’adapter à ce défi et ce, au moment même où la menace se précise pour les pays du littoral africain jusque-là épargnés par les frappes de la nébuleuse. Lors de ce Sommet, les Chefs d’Etat ont décidé de mettre fin au G5-Sahel, cette force multinationale qui devait comprendre 5.000 hommes, en raison des limites de ladite force et ont tenté de trouver des solutions à l’avancée de ces loups solitaires au Sahel. Il est clair, aujourd’hui, que la MINUSMA (Mission Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation pour le Mali, 13.000 hommes) et le G5-Sahel ne suffisent pas et qu’il est urgent de trouver des moyens de coordination plus élargis et plus efficaces. Chercheurs, responsables politiques, ONG’s et même soldats s’accordent sur une chose : La solution ne peut pas être que militaire. Ce Sommet extraordinaire d’Ouagadougou a traduit non seulement la préoccupation des dirigeants de la sous-région et se veut un signal fort de cohésion dans la lutte contre le terrorisme. Il consacre la nécessité, au-delà des simples discours, de mutualiser les forces pour agir en synergie contre cette pieuvre qui profite de la porosité des frontières mais aussi du manque de concertation et de la faiblesse du renseignement entre ces Etats, pour étendre ses tentacules et répandre son venin. Quant à l’absence de l’Algérie, même en qualité de simple invitée, elle s’explique tout simplement par le fait que ces dirigeants sont les principaux mentors de ces terroristes auxquels ils offrent abris, armes, pitance et hommes, notamment polisariens et algériens, pour déstabiliser ces pays afin de les mettre sous sa seule coupe. C’est pourquoi le tocsin a sonné pour ces dirigeants algériens, cette mafia galonnée chapeautée par le plus grand des voleurs, Ahmed Gaïd Saleh, qui ont dilapidé plus de 1 000 milliards de dollars en moins de 20 ans, appauvrissant le peuple algérien. Un peuple, il faut le reconnaître, qui se morfondait dans des avantages éphémères et se prenait pour le meilleur des peuples africains, guidé par les mensonges de leurs dirigeants et ce, depuis 1962. Triste réalité, pour eux, algériens ! Farid Mnebhi.