RDC: le Conseil de sécurité condamne l’offensive menée par le M23 avec le soutien de la Force de défense rwandaise et exige leur retrait immédiat

À l’unanimité de ses membres, le Conseil de sécurité a adopté, (vendredi 21 février, Dnr) une résolution qui « condamne fermement » l’offensive menée par le M23 en République démocratique du Congo (RDC) et les avancées qu’il réalise dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu avec le soutien de la Force de défense rwandaise. Présenté par la France, porte-plume sur le dossier congolais, le texte exige la cessation des hostilités, invite toutes les parties à conclure un cessez-le-feu et appelle au retrait immédiat du M23 et de ses alliés rwandais. Par la résolution 2773 (2025), le Conseil décide que le M23 doit se retirer de Goma, de Bukavu et de toutes les zones contrôlées, et démanteler dans leur intégralité les administrations parallèles illégitimes mises en place sur le territoire de la RDC. Il demande également à la Force de défense rwandaise de cesser de soutenir le M23 et de se retirer immédiatement du territoire de la RDC, sans conditions préalables. Tout en exprimant son appui aux efforts déployés par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ainsi que par la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour faire cesser les combats, le Conseil demande à ces entités de collaborer étroitement avec la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) concernant l’application du cessez-le-feu. Dans le même temps, le Conseil engage vivement la RDC et le Rwanda à reprendre d’urgence et sans conditions préalables les pourparlers diplomatiques afin de parvenir à un règlement durable et pacifique du conflit. Il réaffirme à cet égard le rôle essentiel que jouent les processus de Luanda et de Nairobi et plaide pour leur harmonisation. Appel à la neutralisation des FDLR et menace de nouvelles sanctions Condamnant par ailleurs l’appui apporté par les forces militaires de la RDC à certains groupes armés, en particulier les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), le Conseil demande qu’il y soit mis fin et que les engagements visant à neutraliser ce groupe soient honorés d’urgence. En outre, il exprime sa volonté d’envisager de nouvelles sanctions contre les personnes qui contribuent à la poursuite du conflit dans l’est de la RDC. Le Conseil demande à toutes les parties d’ouvrir d’urgence des couloirs humanitaires temporaires dans le Nord et le Sud-Kivu pour permettre le réapprovisionnement en articles essentiels et la circulation sans entrave et en toute sécurité des civils, notamment des travailleurs humanitaires. À cette fin, il exige que l’aéroport de Goma soit rouvert immédiatement et que l’aéroport de Kavumu et les points de passage frontaliers restent ouverts pour permettre le passage volontaire et en toute sécurité des civils. Enfin, s’agissant de l’exploitation et du commerce illicites des ressources naturelles dans l’est de la RDC, la résolution invite à redoubler d’efforts pour restreindre l’étiquetage illégal et garantir la transparence et la traçabilité des exportations de minerais. Un texte positif mais tardif pour la RDC, fruit de pressions pour le Rwanda « Ce que vous venez de faire aujourd’hui, c’est ce que nous étions en droit d’attendre du Conseil de sécurité depuis le 26 janvier dernier », a réagi la délégation de la RDC, non sans regretter qu’il ait fallu plus de trois semaines à l’organe pour « réunir l’unanimité ». Dans l’intervalle, la paralysie momentanée du Conseil a « laissé libre cours à la poursuite de l’occupation illégale de territoires de la RDC par le Rwanda et ses supplétifs du M23 », a-t-elle déploré en rappelant le coût humain payé par la population congolaise dans l’est du pays. Elle a cependant remercié tous les membres du Conseil, notamment les A3 (Algérie, Sierra Leone et Somalie) « sans lesquels la résolution n’aurait pu être adoptée par consensus », avant d’appeler à une mise en œuvre du texte sans délai pour stopper cette « aventure militaire ». De son côté, le Rwanda a pris note du vote du Conseil, tout en dénonçant l’intimidation exercée sur les « voix africaines » au sein de l’organe. Condamnant cette pratique, il a dit y déceler la croyance de la RDC selon laquelle « une solution à ce conflit inter-congolais viendra d’acteurs étrangers au continent », même s’ils en sont historiquement responsables. Pour la délégation, toute action ne prenant pas en compte sérieusement les préoccupations sécuritaires du Rwanda ne permettra pas d’aboutir à une solution durable. Elle a ainsi redit que la RDC doit être tenue responsable pour avoir soutenu les FDLR et fait de cette milice génocidaire un allié de ses propres forces. De même, les doléances légitimes des Congolais parlant le kinyarwanda doivent être prises en compte car elles sont la cause profonde de l’existence du M23, a-t-elle ajouté, réaffirmant l’attachement de son pays aux processus de Luanda et de Nairobi. Le Rwanda condamné pour son soutien au M23 De l’avis de la France, le texte adopté « envoie un message clair: il n’y a pas d’issue militaire au conflit dans l’est de la RDC ». L’offensive du M23 soutenue par le Rwanda doit cesser, a-t-elle martelé, appelant à la conclusion d’un accord de cessez-le-feu effectif, inconditionnel et immédiat, suivie d’un retour au dialogue avec l’appui des médiations régionales. Pour cela, « les forces rwandaises doivent se retirer sans délai du territoire congolais » et la MONUSCO doit pouvoir mettre en œuvre son mandat pour le bien des populations civiles sans être entravée dans ses actions et sa liberté de mouvement, a ajouté la délégation porte-plume, selon laquelle une solution politique durable suppose aussi le démantèlement des FDLR. Sur la même ligne, le Royaume-Uni a exhorté les parties à respecter les dispositions de ce texte adopté par consensus, faute de quoi le Conseil devrait « envisager d’autres mesures ». Voyant dans cette résolution une première étape vers la reddition de comptes, les États-Unis ont rappelé que, cette semaine, leur gouvernement a imposé des sanctions à M. James Kabarebe, Ministre rwandais chargé de l’intégration régionale, et à M. Lawrence Kanyuka Kingston, porte-parole du groupe armé, ainsi qu’à deux des entreprises que ce dernier contrôle. Dans cet élan, la délégation américaine a invité les membres du Conseil à envisager l’inscription de