La BEI Global s’associe à des banques éthiopiennes pour débloquer des financements en faveur du climat

La BEI Global s’associe à des banques éthiopiennes pour débloquer des financements en faveur du climat

La branche développement de la Banque européenne d’investissement, EIB Global, a signé des accords d’assistance technique avec Zemen Bank SC, Dashen Bank SC et Hibret Bank en Éthiopie. Ces accords les aideront à renforcer leur capacité à identifier, évaluer et gérer les risques liés au climat, en les intégrant à leurs stratégies commerciales et à leurs opérations quotidiennes. Les banques seront ainsi mieux armées pour évaluer l’impact potentiel du changement climatique sur leurs clients et encourager les investissements qui renforcent leur résilience face aux phénomènes météorologiques extrêmes tels que les inondations et les sécheresses. De plus, les capacités des banques sont renforcées pour analyser les impacts de l’évolution des politiques climatiques internationales sur les entreprises et les secteurs d’activité tributaires des exportations. La collaboration aidera également les institutions financières participantes à développer des stratégies de financement et de conseil durables pour développer les prêts verts, aidant ainsi l’Éthiopie à atteindre une économie durable à zéro émission nette d’ici 2050, comme indiqué dans sa stratégie de développement à long terme à faibles émissions. L’annonce a été faite lors d’une cérémonie de signature entre EIB Global et les trois banques locales en marge de la deuxième édition du Sommet africain sur le climat qui se déroule dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba. L’opération est la première du genre en Éthiopie et est mise en œuvre dans le cadre du programme de la Banque européenne d’investissement pour des systèmes financiers plus écologiques , financé par le gouvernement allemand par le biais de l’Initiative internationale pour le climat ( Fonds IKI) et étroitement coordonné avec le Partenariat NDC. Les partenariats avec Zemen, Dashen et Hibret s’inscrivent dans le prolongement d’un récent protocole d’accord entre EIB Global et la Banque nationale d’Éthiopie visant à renforcer leur coopération et leur soutien aux objectifs de développement vert de l’Éthiopie par un soutien technique et financier. Le programme GFS avec la Banque nationale d’Éthiopie prévoit l’élaboration d’une taxonomie verte nationale pour guider les investissements durables. L’objectif est de garantir que le secteur financier du pays puisse gérer efficacement les risques liés au climat et accroître le financement des investissements verts. Leyla Traoré, responsable de la représentation de la BEI en Éthiopie et auprès de l’Union africaine, a déclaré : « Les institutions financières jouent un rôle essentiel dans la gestion des risques climatiques et l’orientation des flux financiers vers des projets zéro carbone et résilients au changement climatique dans divers secteurs de l’économie. Nos objectifs en matière d’action climatique sont inébranlables et, grâce au partenariat d’EIB Global avec les banques éthiopiennes, nous souhaitons contribuer à la construction d’un système financier plus résilient au changement climatique et aider le pays à atteindre ses contributions déterminées au niveau national (CDN) en vue des objectifs de l’Accord de Paris. » Jochen Flasbarth, secrétaire d’État allemand au ministère fédéral de l’Environnement, de l’Action pour le climat, de la Protection de la nature et de la Sûreté nucléaire, a déclaré : « Transformer le système financier mondial et aligner les flux financiers sur les objectifs de l’Accord de Paris est essentiel pour relever les défis du XXIe siècle. Il s’agit notamment de gérer les risques climatiques pour le système financier et de soutenir une croissance durable et inclusive. Les gouvernements, les régulateurs, les banques centrales et les acteurs du secteur privé ont tous un rôle important à jouer pour favoriser la transition et préserver la stabilité financière à long terme. L’Initiative internationale pour le climat (IKI) Allemagne soutient des initiatives telles que le programme de la BEI pour des systèmes financiers plus verts, afin de contribuer à la mise en place de systèmes financiers adaptés au climat et à la création de systèmes financiers résilients et durables au service des citoyens. » Zemen Bank est une banque commerciale privée qui a commencé ses opérations en 2008 et compte 132 succursales et plus de 1 900 employés travaillant à travers l’Éthiopie. S’exprimant sur l’accord d’assistance technique, Dereje Zebene, PDG de Zemen Bank, a souligné que cette assistance permettra à la banque d’atteindre ses objectifs stratégiques d’alignement de ses activités de financement sur les investissements en faveur de la résilience climatique. « Pour Zemen, il s’agit d’une étape importante vers le respect des exigences nationales en matière de durabilité et des informations connexes, telles que définies dans la nouvelle directive sur la gouvernance d’entreprise, qui comprend plusieurs exigences obligatoires en matière de durabilité. » « Cet engagement permettra à la banque de comprendre l’impact du risque climatique et d’œuvrer en faveur d’un financement vert en diversifiant son portefeuille pour y inclure des produits verts. Il renforcera également nos efforts en faveur des objectifs de développement durable », a-t-il ajouté. Hibret Bank a été créée en 1998 en tant que cinquième banque privée en Éthiopie et compte actuellement 496 succursales et plus de 5 600 employés permanents dans tout le pays. Mme Tsigereda Tesfaye, PDG par intérim d’Hibret Bank, a déclaré : « Hibret Bank souligne l’importance d’intégrer les principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans ses activités bancaires, non seulement pour des raisons éthiques, mais aussi pour sa réussite à long terme. Hibret Bank a également lancé une politique ESG fin 2022 dans le cadre de ses efforts pour soutenir des projets et des pratiques durables. L’accord de coopération avec la BEI témoigne de l’engagement de notre banque en faveur des critères ESG et des principes d’une banque éthique. Nous sommes reconnaissants à la BEI pour l’assistance technique fournie en matière de financement durable. Nous sommes convaincus que cette assistance technique nous donnera un levier pour atteindre nos objectifs à long terme en tant que banque et soutenir la croissance durable de l’Éthiopie en tant que nation. » Dashen a ouvert ses portes en janvier 1996 et compte actuellement 906 agences, dont 60 % hors d’Addis-Abeba. La banque emploie également plus de 11 000 salariés permanents. Asfaw Alemu, PDG de Dashen Bank, a déclaré : « Nous sommes ravis de collaborer avec la BEI Global sur cette initiative importante. Cette initiative constitue une étape importante

Accroître les financements et l’investissement en faveur de l’adaptation au changement climatique

Accroître les financements et l’investissement en faveur de l’adaptation au changement climatique

L’impératif mis en exergue par l’OCDE et la BAD Mobiliser davantage d’investissements pour renforcer la résilience face à la hausse des températures et à l’intensification rapide des phénomènes météorologiques extrêmes. Tel est le défi auquel tous les pays sont aujourd’hui confrontés. Comme le souligne un récent rapport intitulé « Accroître les financements et l’investissement en faveur de l’adaptation au changement climatique est devenu un impératif », l’accélération de ces investissements constitue une composante cruciale des efforts plus généraux nécessaires pour accroître la résilience. Selon le document élaboré par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD), la situation demeure préoccupante. En 2024, les températures moyennes mondiales ont temporairement dépassé le seuil de 1.5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Une évolution bien plus qu’inquiétante d’autant plus que « l’augmentation rapide des pertes économiques dues à des événements climatiques extrêmes a des conséquences profondes sur les plans social et économique », rappellent les auteurs dudit rapport. Citant des données de la Banque mondiale (2024[1]), le rapport indique qu’environ 1.2 milliard de personnes sont exposées à un risque élevé de pâtir d’évolutions et d’événements extrêmes liés au climat, tels que les vagues de chaleur, les inondations ou les sécheresses. Pour l’OCDE et la BAD, ce risque touchera de manière disproportionnée les communautés vulnérables : jusqu’à 132 millions de personnes risquent de basculer dans l’extrême pauvreté en raison de l’évolution des régimes météorologiques d’ici à 2030 (Jafino et al., 2020[2]). Malgré la gravité de la situation, les apports de financements consacrés à l’adaptation sont entravés par plusieurs obstacles et contraintes interdépendants, souligne le rapport, préparé en contribution aux travaux du Groupe de travail sur la finance durable dans le cadre de la présidence sud-africaine du G20 de 2025. L’immédiateté du coût de l’investissement constitue l’une des principales difficultés sous-jacentes. Parmi les autres obstacles qui présentent des difficultés particulières pour les pays en développement, on peut citer les défis macroéconomiques, notamment une marge de manœuvre budgétaire limitée, le coût élevé du capital et les niveaux d’endettement existants. Le manque de données appropriées et de capacités permettant d’évaluer, de comprendre et de gérer les risques physiques liés au changement climatique ainsi que le manque d’accès à des outils adaptés de gestion des risques qui encouragent les investissements dans la réduction des risques climatiques, comme l’assurance et la réassurance, ainsi qu’une offre insuffisante dans ce domaine, entravent également la mobilisation des flux financiers. A tous ces obstacles s’ajoutent : l’insuffisance de la coordination et les carences des cadres institutionnels au niveau national, qui font obstacle aux apports de financements publics et privés ; les difficultés auxquelles se heurtent les pays en développement pour avoir accès aux financements concessionnels internationaux, notamment les obstacles institutionnels et le manque de coordination sans oublier le fait que nombre d’investissements dans l’adaptation ne génèrent pas de flux financiers directs. Intégrer les considérations climatiques dans les processus et outils budgétaires Ledit rapport met en lumière également les obstacles à l’investissement public national en faveur de l’adaptation, alors que les finances publiques nationales constituent une source essentielle. Dans un contexte marqué par de fortes tensions budgétaires, une fragmentation institutionnelle et des demandes concurrentes de ressources publiques, « les carences des systèmes de gestion des finances publiques entravent l’investissement public dans l’adaptation », constatent l’OCDE et la BAD. Selon le rapport, très peu de pays disposent d’une vision globale de l’impact de la hausse des températures et des phénomènes extrêmes sur leurs besoins et leurs dotations budgétaires. Autre observation relevée par les auteurs du rapport : les bénéfices de l’investissement dans l’adaptation présentent souvent des caractéristiques non marchandes qui peuvent ne pas être prises en compte par les outils qu’utilisent les pouvoirs publics, comme l’analyse coûts-avantages. D’après ces derniers, les spécifications et les critères d’évaluation utilisés dans les processus de passation des marchés peuvent dissuader d’investir dans l’adaptation s’ils empêchent le recours à d’autres solutions. Autre problème relevé : les flux de financement public national à l’appui de l’adaptation ne sont guère transparents. S’il existe des raisons économiques et financières évidentes d’investir dans l’adaptation, le sentiment que les rendements sont faibles nuit à l’investissement privé (Tall et al. 2021[3]). Mais pour l’OCDE, la déconnexion entre les rendements sociaux élevés de l’investissement et les faibles rendements de marché s’explique principalement par un ensemble d’obstacles sous-jacents (OCDE, 2024[4]). Lesquels incluent notamment les externalités et les décalages, les risques perçus, le moment de la concrétisation des rendements, l’accès au crédit et aux instruments financiers, ainsi que la stabilité de la réglementation et la confiance des investisseurs. Alain Bouithy 1 : Banque mondiale (2024), Rising to the Challenge – Climate Adaptation and Resilience, Banque mondiale, https://www.worldbank.org/en/publication/rising-to-the-challenge-climate-adaptation-resilience (consulté le 28 janvier 2025). 2 : « Revised Estimates of the Impact of Climate Change on Extreme Poverty by 2030 », Policy Research Working Paper, https://documents.worldbank.org/en/publication/documents-reports/documentdetail/706751601388457990/revised-estimates-of-the-impact-of-climate-change-on-extreme-poverty-by-2030 (consulté le 20 février 2025). 3 : Enabling Private Investment in Climate Adaptation and Resilience, Banquemondiale, Washington, D.C., http://hdl.handle.net/10986/35203 (consulté le 11 avril 2023). 4 : OCDE (2024), Climate Adaptation Investment Framework, Green Finance and Investment,Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/8686fc27-en.

Le Groupe de la Banque mondiale annonce une réorientation stratégique pour l’agro-industrie et le doublement de ses financements dans ce secteur

Le Groupe de la Banque mondiale annonce une réorientation stratégique pour l’agro-industrie et le doublement de ses financements dans ce secteur

Le Groupe de la Banque mondiale a annoncé (mercredi 23 octobre, Dnr) un recentrage stratégique de son action dans l’agro-industrie, qui vise à mettre en place un écosystème complet autour de ce secteur. La réorientation du Groupe s’opérera à la fois par de nouvelles approches de travail et par une augmentation conséquente de ses niveaux d’investissement, l’objectif étant de doubler les engagements dans l’agro-finance et l’agro-industrie pour les porter à 9 milliards de dollars par an d’ici à 2030. Cette démarche renouvelée intervient alors que le paysage de l’agro-industrie est traversé par quatre tendances de fond : le changement climatique, les innovations financières, les avancées du numérique et les solutions contre la fragmentation. Elle répond également à la nécessité de satisfaire une demande alimentaire qui devrait augmenter de 60 % dans les prochaines décennies et à un besoin crucial d’emplois dans les marchés émergents. « Nous sommes à la croisée des chemins, et l’avenir dépendra de la voie que nous choisissons aujourd’hui, a déclaré le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga. Avec cette nouvelle approche écosystémique, il s’agit pour la Banque mondiale de passer d’actions fragmentées à une constellation de solutions qui vont de l’entreposage à la logistique en passnt par la production, mais avec le souci de toujours placer au centre les petits exploitants agricoles et les organisations de producteurs. » Cette approche est rendue possible grâce aux efforts déployés par le Groupe de la Banque mondiale au cours des 16 derniers mois pour « devenir meilleur » et être capable d’agir de manière plus simple et mieux coordonnée. À la faveur de cette démarche d’intégration accrue, toutes les ressources de l’institution seront réunies pour offrir un soutien complet et des solutions adaptées. La Banque déploie un continuum de compétences, où la BIRD et l’IDA apportent leur expérience dans le renforcement des capacités et des services du secteur public, et IFC et la MIGA leur expertise des financements et du secteur privé. Cette mutualisation des activités produira des effets tangibles tant pour les entreprises que pour les partenaires publics et devrait permettre de mobiliser 5 milliards de dollars supplémentaires auprès du secteur privé d’ici à 2030. Voici comment pourrait se décliner cette approche : Les branches du Groupe de la Banque mondiale dédiées au secteur public peuvent aider les pays à élaborer des réglementations et des normes, par exemple pour garantir que les produits satisfont aux exigences des marchés d’exportation. Elles peuvent apporter des conseils sur les questions foncières ou développer des réseaux nationaux d’irrigation. Dans le domaine du financement climatique, elles peuvent aider les pouvoirs publics à réaffecter une partie des 1 250 milliards de dollars de subventions allouées aux combustibles fossiles, à l’agriculture et à la pêche pour encourager des pratiques plus écologiques, débloquant ainsi une source importante de financement pour le secteur agricole. Les équipes du Groupe de la Banque mondiale dédiées au secteur privé peuvent actionner quant à elles tous les leviers de financement, des prêts et prises de participation à l’atténuation des risques au moyen de garanties, contribuant ainsi à remédier aux difficultés d’accès. Conçue dans un souci de simplification, la nouvelle plateforme de garanties du Groupe de la Banque mondiale marque une étape essentielle de cette transformation en facilitant la fourniture de solutions sur mesure qui répondent aux besoins divers de ses partenaires. L’ensemble des institutions du Groupe de la Banque mondiale peuvent travailler en synergie pour aider les petits exploitants agricoles à s’intégrer dans les chaînes d’approvisionnement. La BIRD peut œuvrer auprès des organisations de petits exploitants et producteurs pour améliorer leur productivité et leur résilience aux aléas climatiques, et les doter ainsi des capacités nécessaires pour fournir durablement de grandes entreprises et satisfaire leurs exigences en termes de quantité, de régularité et de normes. IFC peut intervenir à un stade ultérieur, non seulement pour fournir des financements pour l’achat d’équipements par exemple, mais aussi pour relier les coopératives à des entreprises qui sont à la recherche de sources de production fiables, dès lors qu’elles sont prêtes à recevoir des investissements privés. L’augmentation de la productivité et des recettes agricoles permettra de créer des emplois, d’accroître les revenus et d’améliorer la qualité de l’alimentation et de la nutrition. L’adoption de pratiques de production climato-intelligentes sera synonyme d’une réduction des émissions et de la pollution de l’air et d’une eau plus propre. Et tout cela contribuera à une meilleure qualité de vie.

Le Fonds vert pour le climat approuve 80 millions de dollars de financements pour des projets conduits par la FAO au Congo et en Jordanie

Deux projets conçus par la FAO, l’un axé sur l’agroforesterie en Afrique subsaharienne, l’autre sur la gestion de l’eau au Proche-Orient, ont reçu mercredi 17 mars 80 millions d’USD, ouvrant ainsi la voie à l’amélioration des moyens de subsistance de plus de 250 000 petits exploitants. Le Conseil d’administration du Fonds vert pour le climat (FVC) a approuvé ces financements destinés à des initiatives en République du Congo et dans le Royaume hachémite de Jordanie. Pour les deux projets, il s’agit d’un premier financement du FVC dans ces pays, ce qui illustre la volonté de la FAO d’élargir le recours aux outils mondiaux de l’action pour le climat dans le secteur de l’alimentation et de l’agriculture. Le portefeuille du FVC investi dans des projets FAO s’élève à présent à 878 millions d’USD, dont sont bénéficiaires 15 projets. «Nous sommes reconnaissants de ce vote de confiance à l’appui des efforts de la FAO visant à renforcer l’efficience, l’inclusivité, la résilience et la durabilité des systèmes agroalimentaires, et nous nous réjouissons de voir le FVC acquérir un rôle de plus en plus éminent dans ce domaine», a déclaré le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu. L’Initiative PREFOREST au Congo bénéficie d’un cofinancement de l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI), qui rassemble six pays de la région entrés en collaboration avec un nombre important de donateurs spécialistes des questions forestières. Le Fonds international de développement agricole (FIDA) participe lui aussi à ce cofinancement. Ces deux nouveaux projets répondent à l’objectif de la FAO d’accroître et d’élargir l’appui aux investissements liés au climat dans l’agriculture qui offrent un intérêt socioéconomique et environnemental et aident les petits exploitants des pays vulnérables à progresser sur la voie d’un développement résilient et à faibles émissions. Une agriculture qui s’accommode des arbres au Congo Le projet PREFOREST en République du Congo réduira de 16,7 millions de tonnes le volume des émissions de gaz à effet de serre sur 20 ans en détournant de façon durable les agriculteurs congolais de l’essartage par brûlis dans l’agriculture et la collecte de bois de feu, au profit de démarches agroforestières dans lesquelles l’arboriculture se combine à la production agricole végétale et animale, cette nouvelle approche devant se solder par l’amélioration et la pérennisation de leurs moyens de subsistance. La déforestation et la dégradation des forêts engendrent actuellement environ 81 pour cent des émissions de gaz à effet de serre du Congo, ce qui révèle une faible productivité agricole et met en évidence d’importantes possibilités de réduction de ces volumes. Ce projet, qui vise directement plus de 40 000 petits exploitants situés dans des secteurs géographiques clés du pays, a cependant pour ultime ambition d’être bénéfique à plus d’une personne sur six dans le pays, de par leur adoption de pratiques meilleures et l’élargissement des possibilités d’activités qui s’offre à elles. PREFOREST, premier projet forestier financé par le FVC dans le bassin du Congo, est une pièce maîtresse du dispositif mis en place par le gouvernement en vue de réduire de moitié les émissions du pays d’ici à 2035, déclare Mme Rosalie Matondo, Ministre congolaise de l’Économie forestière. L’aide de 28,9 millions d’USD accordée par le FVC se voit augmentée d’un cofinancement de 9 millions d’USD du Gouvernement congolais, auxquels s’ajoutent 7 millions d’USD octroyés par le CAFI et un apport de 1,6 million d’USD du FIDA, ainsi que des investissements du secteur privé drainés par ce dernier. Un volet central de ce projet prévoit le renforcement de l’accès des communautés locales à la terre et de leur accession à des droits d’usufruit foncier, qui peuvent sous-tendre l’élaboration de modèles microéconomiques plus rentables et un mode pérenne d’exploitation des ressources naturelles. L’eau pour les moyens de subsistance en Jordanie Le premier en date des projets financés par le FVC en Jordanie, qui doit être mis en œuvre par la FAO et le Programme des Nations Unis pour le développement (PNUD), vise 210 000 personnes environ – dont près de la moitié sont des femmes – dans des secteurs du bassin de la mer Morte particulièrement vulnérables au stress hydrique d’origine climatique. Il a pour ambition de renforcer la capacité d’adaptation des communautés et des institutions et d’augmenter le degré d’efficience des dispositifs de gestion des eaux. Il promeut des solutions innovantes, notamment la collecte des eaux de pluie des toits, l’introduction de techniques novatrices en matière d’irrigation et de cultures et une plus grande utilisation des eaux recyclées. Le projet dispensera aussi des informations utiles aux femmes rurales par le biais de services de vulgarisation. En rehaussant la productivité agricole et en favorisant l’adoption de pratiques agricoles plus durables, l’amélioration de l’accès à l’eau fait escompter un effet doublement positif – sur les revenus des petits exploitants et sur l’environnement. Ce projet contribue à la capacité d’adaptation de la Jordanie aux effets du changement climatique tout en épaulant le secteur agricole dans la poursuite de ses objectifs de développement durable à long terme, selon M. Nabil Masarweh, Ministre jordanien de l’environnement. L’aide du FVC, qui s’élève à 25 millions d’USD, se trouve renforcée par des apports de la FAO et du PNUD de 1 million d’USD chacun, à quoi s’ajoutent 6,1 millions d’USD octroyés par le Gouvernement jordanien.  

Gabon : la Banque mondiale approuve un prêt de 9 millions de dollars pour lutter contre le coronavirus

Gabon : la Banque mondiale approuve un prêt de 9 millions de dollars pour lutter contre le coronavirus

Mardi 19 mai dernier, la Banque mondiale a approuvé un prêt de 9 millions de dollars, de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD). Ce financement est destiné à renforcer la lutte contre la pandémie de COVID-19 (coronavirus) au Gabon, a indiqué l’institution financière internationale. Comme l’a relevé la Banque mondiale dans un communiqué, le Projet de préparation et de riposte stratégiques au COVID-19 vise à renforcer le système de santé notamment dans la prévention, la détection et la prise en charge des cas, conformément au Plan de préparation et de riposte au COVID-19 du Gabon. La même source explique que « cet appui prévoit entre autres la mise à disposition d’équipements et de fournitures, tels que des ambulances médicalisées, équipements de protection individuelle et kits de diagnostic pour le dépistage en laboratoire », a-t-elle souligné. Et d’ajouter: il financera aussi la formation du personnel de santé et la mise en place de deux nouveaux centres de diagnostic du COVID-19. Alice OUEDRAOGO, représentante résidente de la Banque mondiale au Gabon, précise que « ce projets’inscrit dans la continuité de l’engagement de long terme fourni par la Banque mondiale pour renforcer les systèmes de santé au Gabon, y compris le projet en cours de préparation sur les soins de santé de base ». Et de conclure qu’il vient complémenter les efforts d’autres partenaires au développement dans le cadre d’une riposte coordonnée ». Martin KAM

La BEI apporte des financements au secteur privé et à la production agro-alimentaire (Maroc)

La BEI apporte des financements au secteur privé et à la production agro-alimentaire (Maroc)

La Banque européenne d’investissement (BEI) vient d’annoncer qu’elle apporte un soutien financier d’envergure au secteur privé et à la production agro-alimentaire au Maroc qui aura un fort impact économique et social sur plusieurs régions du Maroc. L’institution financière a, en effet, décidé de soutenir à hauteur de 25 millions d’euros, soit environ 266 millions de dirhams (MAD), Zalar Holding, leader du secteur avicole marocain. Cet appui financier permettra de renforcer l’intégration verticale du groupe avicole, présent sur l’ensemble de la chaîne de valeur de la filière, dans un double objectif de performance et de compétitivité, a indiqué la Banque européenne dans un communiqué. S’inscrivant pleinement dans les objectifs du mandat extérieur de l’Union européenne comme du plan d’accélération industrielle 2014-2020 du Maroc pour faire émerger des champions dans des secteurs à haut potentiel, ce financement va concrètement permettre « l’agrandissement des installations de stockage des céréales relevant de l’activité de négoce afin de soutenir la capacité de production d’aliments pour animaux, la construction de fermes de reproducteurs, l’extension des capacités des couvoirs, la construction de fermes d’élevage », a expliqué la BEI. Ce fond vise aussi « la modernisation de certaines fermes existantes », a relevé l’institution financière précisant que toutes ces infrastructures sont situées dans les quatre principales régions de consommation du Maroc.De même source, la banque a assuré qu’une attention particulière a été portée aux aspects environnementaux et sociaux du projet avec la mise en application prévue des meilleurs standards internationaux en matière de suivi technique et de gestion environnementale. «Avec de tels projets, nous aidons les entreprises à faire des investissements durables pour accroître leur compétitivité, nous les soutenons dans leur développement à l’international », a déclaré la vice-présidente de la BEI, Emma Navarro, soulignant que cet important financement reflète le soutien accru de la Banque européenne au secteur privé et à la production agro-alimentaire. «Le développement des infrastructures comme la modernisation des procédés sont de surcroît une source d’emplois nouveaux et de formation au cœur des territoires ruraux. En agissant ainsi, nous améliorons la vie quotidienne des habitants. Nous créons de nouvelles perspectives d’avenir pour les jeunes générations », a-t-il souligné lors de la cérémonie de signature. A propos des répercussions économiques et sociales dudit projet de développement, les deux parties ont indiqué que celui-ci contribuera notamment « à la création de 448 emplois directs au sein de Zalar Holding et sur plusieurs régions du Maroc 1214 emplois indirects ». En plus d’améliorer concrètement la vie quotidienne des habitants en milieu rural, il « ouvrira la voie à des formations spécifiques pour les collaborateurs de Zalar Holding », considéré comme le seul acteur verticalement intégré sur l’ensemble de la chaîne de valeur et dont les activités, portées par plus de 2.200 collaborateurs, sont réparties sur l’ensemble du territoire national, principalement autour des zones d’influence de Casablanca et Fès. S’exprimant au nom du groupe bénéficiaire de cet appui financier, l’administrateur directeur général de Zalar Holding, Ali Berbich, a déclaré : « Nous sommes fiers de bénéficier de la confiance de la BEI, véritable Banque de développement européenne qui partage notre vision et privilégie les financements de projets d’investissements solides et durables en Afrique ». Il est à souligner que la banque d’affaires Ascent Capital Partners et le cabinet DLA Piper sont intervenus respectivement en tant que conseils financier et juridique exclusifs de Zalar Holding sur cette opération et que la BEI a été conseillée, de son côté, par le cabinet juridique ASAFO & Co. Partenaire stratégique du Maroc, la Banque européenne d’investissement a consacré plus de 5 milliards d’euros, correspondant à plus de 53,5 milliards de dirhams (MAD), depuis une dizaine d’années à l’appui de projets dans des secteurs clefs de l’économie marocaine. Ses actions ont porté sur plusieurs secteurs tels que l’énergie, les transports, l’eau et l’assainissement, l’éducation, la santé, le logement social, l’industrie, le soutien aux entreprises ou encore l’innovation. Alain Bouithy

IDA -2019: La communauté internationale réaffirme son soutien aux pays les plus pauvres du monde

IDA -2019: La communauté internationale réaffirme son soutien aux pays les plus pauvres du monde

Une alliance mondiale de partenaires du développement a annoncé récemment son engagement à entretenir la dynamique de la lutte contre l’extrême pauvreté, en mobilisant 82 milliards de dollars au profit de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres. Dans un communiqué, le Groupe banque mondiale explique que cette enveloppe de financement, dont plus de 53 milliards de dollars sont destinés à l’Afrique, aidera les pays à répondre aux besoins de leur population, stimuler la croissance économique et renforcer la résilience aux chocs climatiques et aux catastrophes naturelles. « En prenant cet engagement aujourd’hui, nos partenaires montrent qu’ils sont plus que jamais déterminés à mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée dans les pays les plus pauvres et les plus vulnérables du monde », déclare David Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale. « Nous les remercions pour cette nouvelle preuve de confiance dans les capacités de l’IDA à produire des résultats de développement bénéfiques pour celles et ceux qui en ont le plus besoin. » Les pays bénéficiant de l’aide de l’IDA abritent désormais les deux tiers de la population pauvre mondiale (pratiquement 500 millions d’individus). Grâce à ce financement, l’IDA va pouvoir étoffer ses interventions en appui à la création d’emplois et la transformation économique, la bonne gouvernance et la responsabilisation des institutions. Elle pourra également accompagner les pays confrontés aux défis du changement climatique, des inégalités hommes-femmes et des situations de fragilité, de conflit et de violence — en particulier dans la région du Sahel, autour du lac Tchad et dans la corne de l’Afrique. L’IDA entend réaffirmer son aide aux mesures visant à faciliter la croissance et l’intégration régionale, y compris à travers des investissements dans des infrastructures de qualité. Le guichet de l’IDA consacré au secteur privé continuera de contribuer aux efforts de la Société financière internationale (IFC) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) pour mobiliser, malgré un environnement difficile, les capitaux privés nécessaires face à l’ampleur des besoins dans les pays en développement. Les ressources de l’IDA sont reconstituées tous les trois ans ; cette 19e reconstitution couvre la période courant du 1er juillet 2020 au 30 juin 2023. Ces nouveaux financements viendront appuyer des projets qui parviennent à changer profondément la donne pour les populations : des services essentiels de santé, de nutrition et de population au bénéfice de plus de 370 millions de personnes ; des accouchements dans de bonnes conditions de sécurité pour 80 millions de femmes, grâce à du personnel médical qualifié ; l’élargissement de l’accès à Internet haut débit pour 50 à 60 millions de personnes ; la vaccination de 140 millions d’enfants ; une meilleure gouvernance dans 60 pays grâce au renforcement des capacités statistiques ; une augmentation de 10 GW de la capacité de production d’énergie renouvelable. Afin de renforcer l’équité et la croissance économique, l’IDA s’attèlera également à des enjeux de développement plus larges, qu’il s’agisse d’améliorer la soutenabilité de la dette et la transparence, d’exploiter le potentiel transformateur des technologies de paiement numérique et de les adapter, de renforcer l’État de droit, d’investir dans le capital humain en créant des débouchés pour tous — y compris les personnes handicapées — ou de redoubler d’efforts pour déployer une couverture santé universelle. Parallèlement à toutes ces priorités, l’IDA attachera une importance accrue à l’anticipation des crises, au renforcement de la résilience et au soutien des plans d’action nationaux face au changement climatique. Cinquante-deux gouvernements ont contribué au succès de cette nouvelle reconstitution des ressources de l’IDA, sachant que d’autres engagements devraient se concrétiser prochainement. Les remboursements de prêts de l’IDA, les contributions de la Banque mondiale et les fonds levés sur les marchés des capitaux sont également venus abonder cette reconstitution. Grâce à ce modèle de financement unique en son genre, l’impact sur le développement des actions de l’IDA est nettement supérieur celui qu’obtiendrait n’importe quelle autre institution agissant seule. Avec CM

Renforcement de la veille sanitaire en Afrique centrale : la Banque mondiale décaisse 280 millions de dollars au profit de la région

Renforcement de la veille sanitaire en Afrique centrale : la Banque mondiale décaisse 280 millions de dollars au profit de la région

La Banque mondiale a approuvé récemment deux financements de l’Association internationale de développement (IDA) et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), à hauteur de respectivement 220 et 60 millions de dollars, pour renforcer les systèmes de santé et assurer l’efficacité de la veille sanitaire en Afrique centrale. Il s’agit du quatrième projet financé au titre du Programme de renforcement des systèmes régionaux de surveillance des maladies (ou REDISSE, selon son acronyme en anglais). Multisectoriel, le programme REDISSE a pour objectif de renforcer les capacités nationales et régionales de gestion des menaces à l’interface entre les hommes, les animaux et les écosystèmes, source de la plupart des agents pathogènes connus et nouveaux susceptibles de provoquer des épidémies. « Le programme s’intéresse aux failles et aux insuffisances des systèmes de surveillance, de préparation et de riposte aux maladies dans les pays participants [Angola, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République du Congo et Tchad] et soutient les initiatives engagées par les autorités pour renforcer la résilience des systèmes de santé humaine et animale afin de mieux prévenir et contrôler les flambées épidémiques », explique Jean-Christophe Carret, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la République démocratique du Congo, la République du Congo, la République centrafricaine et le Burundi. Ce nouveau projet servira de plateforme de haut niveau pour harmoniser les décisions politiques et les mesures réglementaires en privilégiant une approche transversale visant à améliorer la coopération et la coordination de la surveillance des maladies et de l’anticipation des épidémies en Afrique centrale. Surtout, il renforcera les capacités des systèmes publics de santé humaine et animale des pays participants. Enfin, un dispositif permettra, le cas échéant, de débloquer rapidement des fonds face à l’apparition de foyers épidémiques ou d’autres urgences sanitaires. Cette quatrième opération vient compléter d’autres initiatives financées par la Banque mondiale pour renforcer les systèmes de santé, la sécurité sanitaire et la préparation aux pandémies en Afrique. « Nous nous félicitons de pouvoir étendre le programme REDISSE à l’Afrique centrale, alors que la République démocratique du Congo mène actuellement une longue bataille contre la deuxième plus forte épidémie d’Ebola de toute l’histoire et que ses voisins renforcent leurs capacités de surveillance et de riposte pour limiter les risques de contamination transfrontalière, affirme Deborah Wetzel, directrice de la Banque mondiale pour l’intégration régionale de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Ce nouveau projet s’inscrit dans notre stratégie de promotion d’actions collectives face aux risques de fragilité. Il va aider les pays bénéficiaires à affronter certaines des maladies les plus graves et à sauver des vies », ajoute-t-elle. Avec l’approbation de cette nouvelle enveloppe de financements, le programme REDISSE représente désormais pour le Groupe de la Banque mondiale un investissement significatif de 662 millions de dollars en soutien à la surveillance des maladies, aux capacités de diagnostic et au renforcement des ressources humaines et des systèmes de riposte d’urgence. L’enveloppe sera répartie comme suit : 60 millions de dollars pour l’Angola, 15 millions de dollars pour la République centrafricaine, 150 millions de dollars pour la République démocratique du Congo, 15 millions de dollars pour la République du Congo et 30 millions de dollars pour le Tchad. Le secrétariat général de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, qui accueillera l’entité chargée de l’exécution du projet, se voit également allouer 10 millions de dollars. Avec BM