Les entreprises et les entrepreneurs africains au cœur de la nouvelle stratégie de Proparco 2023-2027

Les entreprises et les entrepreneurs africains au cœur de la nouvelle stratégie de Proparco 2023-2027

Acteur clé du développement, dédié au financement du secteur privé depuis plus de 45 ans, Proparco intervient aujourd’hui dans un environnement international complexe qui a vu ses fragiles équilibres à nouveau déstabilisés en 2022. Face à la crise climatique et à l’augmentation des inégalités, les acteurs du secteur privé africain détiennent les clefs qui permettront au continent de relever ces défis de long terme. Forte de cette conviction, Proparco entend amplifier son soutien aux entrepreneurs africains en adaptant davantage encore son approche aux besoins réels de l’économie et en investissant de nouveaux marchés.   Proparco concentrera 50% de son activité sur le continent africain a horizon 2025 Le secteur privé africain, en particulier les PME et TPE, est plus que jamais le principal moteur de la croissance et de l’innovation sur le continent. Les PME représentent 90% des entreprises formelles et emploient environ 60% des emplois formels1. Or le secteur privé africain a un réel besoin de financement, car sur le continent, seuls 20% des PME ont accès aux prêts bancaires.  Filiale de l’Agence française de développement (AFD), Proparco capitalisera sur son expertise historique sur le continent pour soutenir les entreprises africaines au cours des prochaines années. Les investissements seront à la fois alloués au financement des infrastructures dont le bon fonctionnement est indispensable au déploiement des activités des entrepreneurs africains et à l’accompagnement des PME, TPE et startups à fort impact. L’idée est d’assurer un continuum en agissant sur l’ensemble des leviers permettant de donner aux entrepreneurs les moyens de développer leurs activités.   Climat, inégalités, insécurité alimentaire…un soutien à l’économie réelle qui ciblera les enjeux de long terme du continent Nous vivons une époque de défis majeurs, et sur le continent africain le secteur privé est un vivier d’initiatives, d’innovations et de richesses. Soutenir les besoins réels de l’économie, c’est donc donner au secteur privé africain les moyens de résoudre lui-même les défis du continent, tout en permettant la création d’emplois locaux, non délocalisables et la création de valeur ajoutée sur le continent.  Proparco inscrit son action autour d’enjeux majeurs : une économie durable et résiliente, la protection de la planète et la lutte contre les inégalités. Cela se traduira par un soutien marqué aux projets les plus responsables en matière d’atténuation des conséquences du changement climatique, ceux permettant aux populations de mieux s’y adapter ou permettant de réduire les inégalités territoriales, de genre ou socio-économiques. Proparco mobilisera toute son expertise sectorielle du financement des TPME au renforcement des infrastructures physiques et systèmes financiers locaux en passant par la poursuite de son action dans les secteurs sociaux.  La lutte contre l’insécurité alimentaire, notamment liée à la crise en Ukraine, constituera un autre volet prioritaire de l’action de Proparco, au travers notamment du renforcement des capacités locales de production et de transformation, en répondant aux besoins spécifiques des entreprises africaines fragilisées.   Pour maximiser les impacts sur ces enjeux stratégiques, Proparco affine son analyse et sa méthode de suivi. Les impacts seront identifiés et analysés à tous les stades de la relation avec les partenaires de Proparco : dès le début de l’instruction des projets avec une notation développement durable, pendant leur réalisation, par un accompagnement technique de plus en plus poussé et de long terme et jusqu’à leur évaluation finale avec l’analyse et le suivi des résultats (estimés et effectifs). Ainsi l’impact ne se résumera pas aux résultats finaux et quantitatifs du projet mené par le partenaire, mais également à sa capacité d’évolution sur des critères ESG, qui feront la différence sur le temps long.  Pour accompagner au mieux le secteur privé, Proparco intensifie son action en faveur de l’émergence de nouveaux marches et acteurs Dans ce nouveau temps stratégique, Proparco fait le choix d’explorer plus en avant de nouveaux marchés. Proparco encouragera notamment les investisseurs à faire le pari de l’innovation, en particulier ceux opérant dans des contextes fragiles ou des secteurs naissants, avec la conviction que l’émergence de nouveaux écosystèmes et instruments de financement constituera l’une des clefs d’un soutien réussi au secteur privé.   Françoise Lombard, Directrice Générale de Proparco a déclaré à l’occasion du lancement de cette nouvelle stratégie : « La nouvelle stratégie de Proparco est nourrie par une conviction forte : un bon projet entrepreneurial, en phase avec l’Accord de Paris et qui permet de résoudre les problèmes concrets du continent, mérite d’être soutenu, qu’importe son environnement économique. Nous avons la volonté d’aller là où les autres investisseurs ne viennent pas encore, de déployer autrement les moyens, en étant proches du terrain afin de coller au plus près des besoins de nos partenaires. Nous faisons donc le choix fort d’explorer de nouveaux marchés et de prendre plus de risques pour permettre à des projets innovants de voir le jour ».   Pour soutenir cette ambition, Proparco bénéficiera de ressources supplémentaires, notamment de l’État français et de l’Union européenne, permettant d’augmenter ses capacités d’accompagnement financier et non-financier.  Deux initiatives phares qui illustrent la nouvelle stratégie  Choose Africa, une initiative qui a engagé, via l’AFD et sa filiale Proparco, 3,5 milliards d’EUR entre 2018 et 2022 et soutenu plus de 40 000 entreprises et des centaines de milliers de micro-entrepreneurs. Grâce à cette initiative, près de 8 700 entreprises bénéficient d’un accompagnement technique dédié. Le Groupe AFD contribuera au renforcement de l’initiative dans le cadre d’un second volet.  Digital Africa, filiale de Proparco, qui assure l’accompagnement et l’appui financier en amorçage des start-up africaines. Ses programmes (Talent 4 Startups Bridge, Fuzé, …) complètent ainsi le continuum de solutions mises en œuvre par Proparco et le groupe AFD, afin d’accompagner les entreprises africaines à chaque étape de leur développement : investissement en amorçage (Digital Africa), investissement en capital-risque (Digital Africa et Proparco), financement et accompagnement des institutions financières publiques (AFD) et privées (Proparco), gamme de garanties aux institutions financières (Proparco) et capital investissement pour les PME en phase de croissance et de maturité.  Deux exemples projets   Proparco accompagne depuis 2017 GoMyCode, une startup tunisienne dont la mission est de combler le fossé entre l’infrastructure éducative existante en Afrique et les compétences numériques requises sur le

Appel à candidatures : le Social & Inclusive Business Camp ouvre ses portes à une 6ème promotion d’entrepreneurs africains

Appel à candidatures : le Social & Inclusive Business Camp ouvre ses portes à une 6ème promotion d’entrepreneurs africains

Le Social & Inclusive Business Camp (SIBC) lance le recrutement d’une sixième promotion d’entrepreneurs africains. Les dirigeants d’entreprises impactantes en croissance sur le continent ont jusqu’au 26 juin pour déposer leur dossier, et tenter de participer au SIBC 2022. Devenu un rendez-vous incontournable des entrepreneurs à impact africains, le Social & Inclusive Business Camp accompagnera bientôt une nouvelle promotion de porteurs de projets dans leur changement d’échelle. Depuis 2017, près de 240 entrepreneurs ont bénéficié d’un appui pour préparer leur croissance à travers un programme alliant pédagogie innovante et mise en réseaux avec d’autres entrepreneurs, des mentors, et des financeurs potentiels. UN PROGRAMME POUR BOOSTER LA CROISSANCE D’ENTREPRISES AFRICAINES IMPACTANTES Le SIBC est un programme porté par le Campus de l’AFD et mis en œuvre par un consortium de partenaires internationaux : I&P Conseil, African Management Institute (AMI), ScaleChanger et StartupBRICS. Il a été conçu pour les promoteurs d’entreprises africaines ambitieuses, en passe de changer d’échelle, et porteuses d’innovations sociales et/ou inclusives en réponse à des besoins sociaux non-résolus. L’impact de ces entreprises peut résider tant dans le produit ou service qu’elles proposent, que dans l’inclusivité de leur organisation et leur chaine de valeur (fournisseurs, production, distribution…) notamment au bénéfice de populations vulnérables (femmes, personnes en situation de handicap, populations réfugiées…). Le SIBC propose à ses lauréats un programme complet pour renforcer leurs compétences autour de quatre thématiques clés : le développement de son leadership et la construction de son équipe ; le passage à l’échelle ; la préparation à l’investissement et la mesure d’impact. Ces thématiques sont abordées sous différents formats, dont trois mois de coaching et de formations à distance avec un suivi individuel par un mentor alumni du programme, et une semaine de bootcamp intensif à Marseille, France, en partenariat avec le Sommet EMERGING Valley (événement dédié aux innovations émergentes entre l’Europe et l’Afrique) pour approfondir les thématiques abordées et échanger avec des experts de haut niveau et des investisseurs. AU CŒUR DU SIBC : LA CONNEXION DES ENTREPRENEURS A UN LARGE RESEAU D’ACTEURS Outre le renforcement des capacités des entrepreneurs sur les sujets clés du changement d’échelle, le SIBC fédère autour de ses lauréats un large réseau d’acteurs. Une communauté d’alumni riche de près de 240 entrepreneurs sociaux et inclusifs Depuis 2017, ce sont près de 240 femmes et hommes entrepreneur.e.s qui ont participé au programme. Cette communauté dynamique d’alumni s’engage chaque année aux côtés des nouvelles promotions d’entrepreneurs du SIBC à travers un programme de mentorat personnalisé et lors de sessions collectives. Le programme permet ainsi aux entrepreneurs de mieux se connecter entre eux, de partager leurs expériences et de développer des axes de collaboration (partenariats, accès à de nouveaux marchés, contacts…). Un réseau de plus de 80 financeurs et experts, mobilisés tout au long du programme aux côtés des lauréats Le SIBC fédère chaque année un grand nombre d’experts sur le continent tout au long du programme : investisseurs, spécialistes des ressources humaines, coaches en management ou encore de nombreux dirigeants d’entreprises en croissance. Au cours du Bootcamp et du sommet EMERGING VALLEY, les lauréats du SIBC ont également accès à un panel d’investisseurs et de partenaires financiers, leur permettant de nouer un premier contact, pouvant se concrétiser en un partenariat. Lors des dernières éditions, ce sont ainsi près de 40 financeurs qui ont répondu présents pour rencontrer la cohorte SIBC lors de « speed meetings ». Pour candidater à l’édition 2022, rendez-vous sur la plateforme dédiée.

Les technologies de l’éducation offre aux entrepreneurs africains l’opportunité de concilier profit et utilité sociale en utilisant un modèle d’entreprise innovant

Lancée au Portugal avec la mission ambitieuse de changer la façon dont l’éducation est conçue aujourd’hui, Brave Generation Academy est maintenant à la recherche de personnes ayant la passion de faire la différence pour devenir partenaires dans l’ouverture de nouveaux centres éducatifs en Afrique.« La technologie transforme l’éducation de manière dynamique et positive. Les élèves ont désormais accès à un large éventail d’outils qui changent fondamentalement où, quand et comment ils apprennent. Tous les modèles éducatifs n’intègrent pas ces innovations, il est donc important de comprendre exactement comment la technologie fait progresser l’éducation, et si cela serait bénéfique pour votre enfant. Ce que nous offrons vraiment à nos partenaires, c’est une opportunité de changer l’Afrique, un étudiant à la fois », a déclaré Tim Vieira, fondateur de Brave Generation Academy. Avec un programme en ligne reconnu par les plus grandes universités du monde comme la référence en matière d’éducation internationale, Brave Generation Academy dispose d’un réseau de hubs qui s’intègrent à la communauté et démocratisent l’éducation de leurs apprenants. De plus, les Brave Hubs sont le lieu de rencontre entre l’éducation en ligne et hors ligne. Ils favorisent un environnement de collaboration et de croissance mutuelle, facilitant un environnement de classe dynamique, collaboratif et soutenu par des tuteurs compétents et un coach en apprentissage. Aujourd’hui plus que jamais, une entreprise ne peut exister dans le seul but de faire du profit et ses objectifs ne peuvent être séparés des enjeux sociaux qui l’entourent. Ouvrir un Brave Hub est une opportunité unique de concilier profit et utilité sociale, en ayant un impact positif sur la vie des jeunes grâce à un modèle d’enseignement innovant. Pour ceux qui veulent créer un impact dans leurs communautés et sont prêts à relever le défi d’ouvrir un nouveau Hub dans leurs villes, Brave Generation Academy fournira un soutien et des conseils complets tout au long du processus, offrant une solution sur mesure pour chaque initiative. De plus, l’accès sera également accordé au programme Brave et à la plateforme d’enseignement. Par APO

M. Elumelu met le Japon au défi: “Collaborez avec nous afin de responsabiliser les entrepreneurs africains”

M. Elumelu met le Japon au défi: “Collaborez avec nous afin de responsabiliser les entrepreneurs africains”

Achim Steiner, administrateur du PNUD, loue l’approche du développement africain, alimentée par le secteur privé, de Tony Elumelu ; Le Président sud-africain S.E. Cyril Ramaphosa, a déclaré: “Si vous voulez de bons revenus, comme Tony Elumelu l’a dit, venez en Afrique” ; Lors d’un petit-déjeuner de travail avec le Président du Rwanda et la directrice exécutive de l’UNICEF, M. Elumelu a promu la création d’emplois en Afrique. Au cours d’un discours liminaire enflammé, prononcé devant des dirigeants mondiaux dans le cadre de la 7e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) à Yokohama, au Japon, l’investisseur africain et philanthrope Tony O. Elumelu CON, a défié le gouvernement japonais d’investir 5% des 50 milliards d’USD engagés en faveur de l’Afrique, pour autonomiser les entrepreneurs africains. “Lors de la Conférence TICAD 2016 au Kenya, le Japon avait promis 30 milliards USD pour l’Afrique. Cette année, vous avez généreusement augmenté cette somme pour atteindre 50 milliards USD. Si nous investissons ne serait-ce que 5% de cette somme en faveur de la nouvelle génération d’entrepreneurs africains, conformément au modèle robuste et éprouvé que je prône, consistant à faire parvenir directement le capital à ceux qui sont le mieux placés pour contribuer à la croissance et générer un véritable impact, nous pourrions toucher 500 000 vies dans les 54 pays d’Afrique, élargissant les marchés, facilitant la création d’emplois, améliorant le revenu par habitant, et jetant les bases clés pour une stabilité politique et économique,” a déclaré M. Elumelu. L’intervention de M. Elumelu reflétait sa vision d’une relation entre le Japon et l’Afrique, qui privilégie la prospérité économique partagée. Il a souligné les trois principaux piliers d’une structure transformative audacieuse: un investissement dans les infrastructures, un partenariat avec le secteur privé africain et un investissement dans la jeunesse africaine. Il a invité le Japon à tirer des leçons de l’exemple de la Fondation Tony Elumelu, qui soutient l’autonomie des chefs d’entreprise africains, comme étant le moyen le plus durable d’accélérer le développement de l’Afrique. En cinq ans à peine, la Fondation Tony Elumelu a aidé plus de 7 500 entrepreneurs africains de tous les pays du continent – capital de démarrage, développement des compétences, mentorat et opportunités de réseautage – grâce à son programme d’Entreprenariat de 100 millions USD. Le conseil prodigué par M. Elumelu s’appuie sur sa réussite professionnelle, avec notamment la création de la banque mondiale africaine, United Bank for Africa (UBA), désormais présente dans 20 pays d’Afrique, ainsi qu’au Royaume-Uni, en France et aux Etats-Unis; et de Heirs Holdings, la société privée africaine d’investissement qui investit activement dans des secteurs clés de l’économie africaine et contrôle des millions de dollars via son portefeuille d’investissements. Ensemble, ils emploient plus de 30 000 collaborateurs et transforment les communautés dans lesquelles ils opèrent. “L’Afrique est l’une des destinations mondiales prometteuses pour les investissements. Notre forte densité démographique – près de 1,3 milliards d’habitants – créé l’un des marchés les plus attractifs au monde. Tous les pays accordent beaucoup d’attention à l’Afrique, mais le Japon est-il au centre du débat ou est-il resté sur la touche?”, s’est interrogé M. Elumelu. Sa philosophie a gagné en popularité sur le continent africain, où il est considéré comme le pionnier d’une approche de l’accélération du développement, menée par le secteur privé. M. Elumelu a réitéré son message lors du petit-déjeuner de travail Generation Unlimited avec S.E. Paul Kagame, Président du Rwanda, et Henrietta Fore, directrice exécutive de l’UNICEF, mettant l’accent sur la création d’emplois en Afrique et soulignant le rôle de la jeunesse africaine dans son intervention. Le Président sudafricain et coprésident de la Conférence TICAD, S.E. Cyril Ramaphosa, a corroboré la position de M. Elumelu. “Si vous voulez de bons revenus, comme Tony Elumelu l’a dit, venez en Afrique. L’Afrique présente des rendements ajustés au risque. C’est un marché dans lequel les investissements portent sur des centaines de milliards de dollars – c’est le nouveau profil de l’Afrique actuellement présenté au monde,” a-t-il déclaré. Achim Steiner, administrateur du PNUD, a loué l’approche du développement en Afrique, menée par le secteur privé, de Tony Elumelu. “Je souhaite mentionner mon cher ami et collègue Tony Elumelu car il a fait allusion au rôle essentiel joué également par les entreprises dès lors qu’elles investissent dans l’avenir de la jeunesse. Voilà le type de partenariats qui portera les entreprises et le développement vers de nouveaux sommets à l’avenir,” a-t-il affirmé. S’exprimant au sujet du potentiel du continent africain, le Premier ministre japonais Shinzō Abe a déclaré: “En Afrique, certains pays ont rejoint les meilleurs pays au monde dans le classement évaluant la facilité de la pratique des affaires. L’échelle du marché poursuit son expansion. Nous pouvons envisager un jour où l’ensemble du continent africain deviendra une immense zone économique.” Organisée par le gouvernement japonais, la Conférence TICAD est un forum qui se tient tous les trois ans et vise à faire progresser le développement en Afrique par l’intermédiaire de la population, de la technologie et de l’innovation, réunissant les gouvernements, les dirigeants commerciaux, les entreprises et les autres parties prenantes. L’événement a accueilli des présidents et des dirigeants du secteur privé, dont le Premier ministre japonais Shinzō Abe; S.E. M. Muhammadu Buhari, Président du Nigéria; S.E. M. Abdel-Fattah El-Sisi, Président de l’Egypte et président de l’Union africaine; S.E. M. Cyril Ramaphosa, Président de l’Afrique du Sud; et S.E. M. Paul Kagame, Président du Rwanda, ainsi que de nombreux autres présidents africains. APO 

Afrique: Il faut libérer le potentiel des entrepreneurs africains pour accélérer la transformation industrielle du continent

Afrique: Il faut libérer le potentiel des entrepreneurs africains pour accélérer la transformation industrielle du continent

Les gouvernements africains doivent s’appuyer davantage sur les entrepreneurs du continent pour industrialiser leurs économies, d’après les « Perspectives économiques en Afrique (PEA) 2017″ publiées aujourd’hui (lundi 22 mai, NDR) à l’occasion des 52es Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement. La croissance économique en Afrique a marqué le pas en 2016, à 2.2 %, du fait du recul des cours des produits de base, de la faiblesse de la reprise mondiale et de conditions climatiques défavorables qui ont affecté la production agricole dans certaines régions. Elle devrait toutefois rebondir à 3.4 % en 2017 et 4.3 % en 2018, si le redressement des cours des matières premières, la reprise de l’économie mondiale et la mise en œuvre, dans la durée, de réformes macroéconomiques à l’échelon national se confirment. L’évolution de la situation du continent présente des perspectives encourageantes. La croissance de l’Afrique repose de plus en plus sur des facteurs intérieurs, ainsi qu’en atteste le dynamisme de la consommation privée et de la consommation publique qui, à elles deux, ont contribué à hauteur de 60 % à la croissance du PIB en 2016. Cette croissance s’accompagne également d’avancées sur le plan du développement humain : 18 pays africains avaient atteint un niveau de développement humain moyen ou élevé en 2015. Enfin, l’investissement direct étranger, attiré par les marchés émergents du continent et son urbanisation rapide, s’est maintenu à 56,5 milliards USD en 2016 et devrait atteindre 57 milliards USD en 2017, selon les projections. Auparavant concentré dans le secteur des ressources naturelles, l’investissement s’est diversifié vers le bâtiment, les services financiers, les industries manufacturières, les transports, l’électricité et les technologies de l’information et de la communication. « Bien que les vents contraires des deux dernières années semblent avoir altéré la belle histoire de « l’Afrique émergente », nous sommes fermement convaincus que le continent continue de faire preuve de résilience, avec une croissance continue des économies non-dépendantes des matières premières » a déclaré Abebe Shimeles, Directeur par intérim du Département de la politique macroéconomique, de la prospective et de la recherche à la Banque africaine de développement. « Avec un secteur privé dynamique, un esprit d’entreprise largement répandu et des ressources abondantes, l’Afrique a les moyens d’accélérer encore sa croissance et de la rendre plus inclusive », a-t-il ajouté. Les progrès restent malgré tout inégaux. Les gouvernements des pays africains doivent intensifier leur soutien à la création d’emplois en prenant des mesures plus ambitieuses et mieux ciblées. Malgré une décennie de progrès, 54 % de la population de 46 pays africains sont toujours piégés dans une situation de pauvreté multidimensionnelle – au regard des indicateurs de la santé, de l’éducation et du niveau de vie. En outre, les revendications portant sur de meilleures possibilités d’emploi sont le premier facteur déclenchant des protestations civiles, dont elles ont motivé le tiers entre 2014 et 2016 – une proportion qu’il convient toutefois de replacer dans le contexte d’une diminution du niveau des troubles sociaux. Avec une population active qui devrait augmenter de 910 millions entre 2010 et 2050, la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité reste un défi majeur pour les responsables africains de l’action publique. « La clé d’un développement réussi en Afrique est de nourrir la culture naissante de l’entreprenariat, pour reprendre la célèbre expression d’Hernando De Soto, « el otro sendero » (l’autre voie) vers le développement. Une voie à même de libérer cette créativité débordante et de transformer les opportunités en réussites phénoménales », selon le Directeur du Bureau régional pour l’Afrique du Programme des Nations Unies pour le développement, M. Abdoulaye Mar Dieye. Pour faire du défi démographique une chance pour l’Afrique, celle-ci devra impérativement réussir sa nouvelle révolution industrielle. À l’heure actuelle, vingt-six pays d’Afrique se sont dotés d’une stratégie d’industrialisation. La plupart mettent toutefois l’accent sur les grandes entreprises manufacturières plutôt que sur les chefs d’entreprise des secteurs présentant un potentiel de croissance élevée et de création d’emplois, notamment les start-ups et les petites et moyennes entreprises. Or, ce sont les entreprises de moins de 20 salariés et de moins de cinq années d’expérience qui créent la majorité des emplois dans le secteur formel en Afrique. En outre, l’avènement des technologies numériques et de nouveaux modèles d’activité estompe les frontières entre le secteur manufacturier – qui s’est légèrement redressé et atteint désormais 11 % du PIB africain – et les secteurs des services. Les stratégies d’industrialisation doivent par conséquent soutenir les autres secteurs dans lesquels les économies africaines disposent d’avantages comparatifs, tels que l’agro-alimentaire, les services marchands et les énergies renouvelables. Les nouvelles stratégies doivent en outre éviter de dépendre des activités non respectueuses de l’environnement. « Les économies africaines ne peuvent pas se permettre de rater la prochaine étape de leur transformation productive. Les entrepreneurs doivent être des acteurs de premier plan de la quatrième révolution industrielle en Afrique », a affirmé le Directeur du Centre de développement de l’OCDE et Conseiller spécial auprès du Secrétaire général de l’Organisation sur les questions de développement, M. Mario Pezzini. D’après les Perspectives, les entrepreneurs sont pour l’Afrique un atout essentiel mais largement inexploité. Dans les 18 pays africains pour lesquels des statistiques sont disponibles, les entrepreneurs qui ont créé leur entreprise afin d’exploiter des opportunités spécifiques représentent 11 % de la population en âge de travailler, une proportion supérieure à celle des pays en développement d’Amérique latine (8 %) et d’Asie (5 %). Ils sont toutefois peu nombreux à investir dans les secteurs à forte croissance, à croître suffisamment pour embaucher ou encore à introduire des innovations sur les marchés. Afin de transformer ce dynamisme en moteur de l’industrialisation, les gouvernements africains peuvent notamment viser à améliorer les compétences des travailleurs, l’efficience des regroupements d’entreprises –parcs industriels, zones économiques spéciales– et l’accès des petites et jeunes entreprises au financement, avec des prêts à des conditions abordables et des instruments de financement plus innovants. Les Perspectives économiques en Afrique sont publiées tous les ans par la banque africaine de développement (BAfD), le